DES INSECTES NUISIBLES EN AGRICULTURE
aggloméré les cendres, auquel cas il faudrait recommencer l'opération. Le sable fin, tant qu'il n'est pas mouillé, s'attache au corps toujours glulineux de l'animal et paraît opérer sur lui, soit en gênant ses mouvemens de progression, soit de toute autre manière, un effet si désagréable, qu'il rebrousse immédiatement chemin dès qu'il rencontre un pareil obstacle. O. L.-T.
Art. IV. — Des insectes nuisibles.
Partie i. — Tableau des insectes nuisibles dans l'agriculture et l' économie rurale.
Quoiqu'on décrive spécialement aux articfes de la vigne, de l'olivier et des principales cultures, les divers insectes qui ravagent ces végétaux, l'agronome n'en doit pas moins étudier avec soin les races malfaisantes qui dévastent ses productions les plus essentielles, comme les céréales et frumentacées, les plan tes légumineuses, les herbes potagères, les arbres fruitiers, enfin qui attaquent les comestibles en général, ou les bestiaux et autres animaux domestiques. Non seulement il s'agit de rechercher les procèdes les meilleurs pour la destruction de ces petits et dangereux assaillans, mais encore comment on doit s'opposer à leur multiplication. En effet, SI l'on ne connaît pasles habiludesou mœurs des insectes, on ne pourra point les anéantir aussi avantageusement, puisque les méthodes doivent être appropriées aux genres d'ennemis que l'on veut combattre avec succès.
Insectes destructeurs des céréales.
"hc^ graminées, en général, sont infestées par trois principales classes d'insectes : 1° des Coléoptères ; 2° des Lépidoptères ; d° e[ des Diptères.
Parmi les premiers, le Taupin strié {Elater striatus, Fabr. ), dans l'état de larve, cause de grands dégâts en rongiant les racines du froment; mais personne n'ignore que la famille des Charançons ou Becmares, et surtout la Calandre (Calandra f^ranaria), ne détruise immensément de grains, en dévorant, à l'état de larve surtout, l'intérieur farineux du blé. Sa forme est assez connue pour nous épargner sa description. La tête de l'insecte parfait porte un bec ou trompe longue, cylindrique, un peu courbée, avec des mandibules dentelées, des màchoil'es velues. Le corps est de forme elliptique, déprimé, dur; les pattes sont robustes et avec des crochets pour se cramponner. La Koulcur de l'animal est brune, Irès-ponctuée. On a remarqué que même niouliu* et nu-lée au pain, la calandre n'a pas les qualités vésicantes attribuées aux autres coléoj)tères; elle contient plutôt du taîuiin. Tous les moyens préconisés pour la destruction de cet insecte dans les greniers sont insnffisans; seulement le froid arrête leur multiplication et leurs ravages; aussi une ventilation fréquente et l'agitation par le crible et la pelle sont avantageux, car ces insectes ai-
ment le repos et la chaleur. Par le mouvement on force plusieurs de ces larves à fuir; on les amasse alors avec di-s balais en un tas, et on les tue avec del'eau bouillante, ou on les écrase. — Le riz est également attaqué par une Calandre ( Curculio oryzœ).
Le Curculio sanguineus est aussi ennemi du seigle, et l'orge est atteinte par une Altica cœrulea.
En Provence, il est une autre larve qui endommage beaucoup les grains, et qu'on nomme Cadelle [Tenehrio mauritanicus, L., rangée parmi les T'rog'o^.y/Ya. Fabr). Cette larve grosse et vorace, ronge également le pain, les noix, et n'épargne pas même les écorces d'ai'bres ; mais à l'étal parfait, l'insecte ne louche plus au blé. En le tenant dans des sacs, on le met à l'abri de la cadelle ou Trogossite mauritanique ( fig. 724).
Fig. 726.
Parmi les Lé[)idoptères funestes aux fiumen lacées, VJlucite des grains ou teigne des blés [fig. 725) ( Alucita granella ), qui jadis causa tant de ravages dans l'Angoumois, et sur laquelle Duhamel et TiLLET ont publié un traité en 1762, est la plus connue. On sait que cette fausse teigne parait offrir plusieurs espèces, car celle qui exerça tant de destruclion sur les seigles et même l'orge en 1770, a été rangée dans le genre Mcophora ,\.-a\\\\ et une autre, aussi commune sur les froniens,est rapportée par le même entomologiste, parmi les Yponomeuta. Ces larves ou chenilles grises-blanches sinsinuent une seule en ctiaque grain, y dévorent toute la farine, puis lient plusieurs de ces grains ensemble, et forment des tuyaux d'une soie blanche, dans lesquels elles passent à l'état de nymphe pour se transformer en teignes. L'œuf de ce lépidoptère est insinué dans le grain par un trou imperceptible, à sa partie la plus tendre; la larve se tient renfermée dan^ l'enveloppe du grain, c'est la nu-sure de sa nourriture et de sa taille, nuis elle soulève une calotte tégumentaire du son pour sortir.— On n'a encore trouvéaucun moyen bien efficace de faire périr ce dangereux ennemi dont la propagation est si énorme, sinon par la chaleur de 36 à 40 degrésRéaum..qui peut le faire périr sans altérer le germe du blé. Les saisons chaudes lavoriveut la multiplication des ahiciles; elles fui'-nl le gi-and jour et le niouveiiienl; c'est pourquoi il convient de remuer souvent les tas de blé et de ramasser toutes les larves qui s'en échapiuiit poui- les dè«
656 AGRICULTURE : ANIMAUX NUISIBLES. liv. i".
tvwre.LaP/ialœnasecalina {iiiia\oitev aussi { oxlraieiit leur substance. On ne doit donc
les épis (le seigle.
Parmi lesDiptères, on avait fait peu d'allention à ces petites espèces de niouc/ies qui causent des ravaj^es secrets dans les moissons, a\aut Olivier. Ce savant entomologiste a conuiiencé cette importante recherche, quoique déjà Linivé avait dit {Jeta StocAhulm, 1760, p. 182 ) que la seule espèce décrite |)ar luisons le nom deMuscn frit détruisait, chaque année, la cinquième partie de toute la récolte d'orge du royaume de Suède, ou plus de cent milles tonnes, d'une valeur de plusieurs millions. Olivier s'est assuré que diverses mouches du genre Oscina ( les Ose. pumilionis^ Uneata^ etc. de Kabricils) piquent, soit les collets des tiges, soit le chaiiuje tendre du blé, y déposent leurs œufs, e! les jeunes lapves décorant la substance interne, interceptent ainsi la sève nourricière, en sorte que l'épi demeure sec et stérile. On ne saurait dire combien les moissons perdent ainsi de grains. Il parait que la Tephntis strigula, Fabr. , cause les mêmes dommages. Quant aux espèces de Sapromyza (de Falle\ el MEIGE^), mouches trèspetites, noires ou cendrées, lisses, avec de fortes pattes et de gros yeux, leurs larves s'insinuent aus^i dans le chaume des céréales et d'autres graminées, à l'époque de la sève sucrée, ou avant la fructihcation qui est ainsi empêchée. Cette étude n'a pas été encore bien approfondie, car on doute même si l'ergot du seigle n'est point une maladie engendrée par l'effet de la piqûre d'une moniche, comme L. Martin, agronome anglais, l'a pensé.
Nous pourrions joindre à ces faits ceux concernant d'autres graminées, soit des pays chauds ( comme la Canne-à-Sucre, attaquée par des Coléoptères, etc. ), soit de contrées tempérées et même froides qu'infestent les Phalœna calamitosa, mcsomela, panthera^ secalina^ etc.
On sait aussi que les sorghos, millets, les semences des panics et autres frumentacées, sont la proie des Anobium paniceumel minutum, Fabr., que les Ténébrions, les Blaps détruisent les farines ( Blaps niortisaga, {fig- 726); la larve du Tenebrio molitoitst fréquente dans les moulins, y dévore la farine et le son; elle est recherchée pour nourrir les rossignols. UHispa atra concourt à disséquer aussi diverses tiges de graminées. Enfin nous n'énumérons point ici les funestes passages des sauterelles qui, loin d'épargner les moissons, semblent les dévorer avec plus de prédilection que les autres végétaux. Nous devons renvoyer ce genre de calamité aux causes générales qui mulliplient immensément, en certaines années, les insectes, surtout dans les climats secs et chauds, comme après des hivers trop doux, qui en ont épargné les larves, ou chenilles et œufs : il en est parlé plus loin.
D'ailleurs, les graminées produisent deux pnncipes essentiellement nutritifs, la fécule, dans leurs graines ou périsperme, et la matière sucrée dans leurs tiges les plus succulente. Si elles président surtout à l'alimentatian de l'iiomme, elles attirent pareilleuient un friand nombre d'autres animaux qui eu
pas êire surpris que la plupart des insectes phytophages les dévastent de préférence.
Aous en verrons encore des exemples en traitant des espèces qui saccagent nos autres comestibles, également farineux ouféculens: genre de trésor dont chaque être prétend tirer sa partaux dépens de l'avare dépositaire.
§ II. — Insectes attaquant les cultures potagères et auti-es.
Nous sommes loin de vouloir exposer ici l'histoire complète de la multitude de ces ennemis;cependant il importe d'appeler l'atlention journalière sur desespècesd'in^ectes qu'il serait dangereux dignorer, puisqu'on leur livrerait en quelque sorte le champ de bataille sans défense.
Ce qu'on nomme plantes o/(?>ace>$' consiste en herbes dont les racines, les liges et feuilles, non moins que les fruits ou fleurs, servent à notre nourriture. Elles sont également i-avagées sous terre, dans leurs racines, |)ar les Courtilières ou Taupes-grillons {Gr^llus gr^llo-talpa{fig.l'21), el par les î'rrj-è/rt«cj des Hannetons {Melolontha vulgaris)^ comme par une foule d'autres scarabéides. Tous les agriculteurs connaissent ces races si détestables pour les jardins. On ne peut y porter remède qu'en s'efforçantd'en écraser le plus possible. Les Scarabéides lamellicornes (à antennes en feuillets ) sont particulièrement dangereux aux plantes potagères; les Géotrupes fouillent les fumiers et terreaux; le Lœthrus cephalotes^Y&.BK.^ avec ses mandibules tranchantes, coupe les jeunes pousses, les germes des yi\An\çs\\es Scarabœus ^tercorariuseivernalis, \eTrox horridus^ Fabr.; l'Or^-tes nasicorne {Oryctes nasicornis,/ig.728)^ sous Fig. 729. Fig. 728.
Fig. 731. Fig. 730.
les couches de tan, ne blessent, ne déchirent, n'arrachent, ne rongent pas moins déjeunes plantes que les autres Phyllophages et Xylophiles ; les Scarabœus fullo, Melolontha villosa.,Jarinosa, desTnchius, des Cetonia,coupent les feuilles et fleurs ; les Passalus charpentent de grosses patates, les Lucanus; les Sinodendrum ( Sinodendron e.ylindruiue ) {/ig.729), taillent, avec leurs fortes mâchoires, les tiges prinlanières des arbres. Ce sont les fumiers et autres engrais ou matières excrémenlitielles qui amassent surtout une multitude d'espèces de Bousiers, Copns; VAphrodius fimetarius, les Coprophuges et C'oprobies, Onthophages ( Onthophage taureau ) {fig. 730\ de la même famille, ne se bornent pas à placer leurs œufs et leurs larves dans
CHAI'. 10'. INSECTKS MlISIfil.F.S
ces (Icbi-is de végétaux ou de matières en décoiiipohilion, ils nuisent au développement des plantes qu'on y sème; tels sont encore les Escarbots {Hcstcr uf/fro/or)(fy.7Sl) et les Bo-strichcs [Bostriche capitcin) {/7g. 732).
" Dès l'état colylédo-
naire, la plupart des légumes de nos jardius sont dévorés par les Alt/ses, qu'on appelle Puces, parce qu'à laide de leurs grosses et longues cuisses, elles sautent.
(Telles sont les Chrjsomelœ saltaioriœ de Lin. )Le dommage est d'autant plus grand que les cotylédons , en périssant si tendres sous la morsure de ces petitsinsectes, laissent mourir la plante qu'ils étaient destinés pour ainsi dire à allaiter dans son enfance.
Les plants d'asperges sont non seulement désolés par le Cnoce'us usparpcrl, d'un rouge ponceau, et rendant un petit cri lorsqu'on le saisit, mais encore par le C. duodecim punctatus.
Parmi les^/f^ca, si funestes aux plantes potagères, la plus nuisible de ces puces de jardin est la Chrysomela oleracca, d'OLiviER. Les plantes semi-flosculeuses sont également désolées par la Chrysomela sericea (rangée sous le genre Cryptocephalm) , et les artichauts éprouvent les plus grands dommages de UCassida viridLS,^^.{Casside vcrte)[fig.ToZ'. Les plan tes lili»cées et les oignons reçoivent de graves atteintes de Ja Chrysomela merdi^era et d'au très C/TOcem- de Geoff. (Z^wadeFAit.) Des Donaci'es,ou Lepturus, onl des larves qui s'enfoncent jusque sous les eaux pour ronger les racines de la berle (Sium latijolium). La même plante nourrit une espèce de Charanconitc, le Lixtts paraplecticus, Fabr. {Curculio, L.), auquel on attribuelacause delà paraplégie des chevaux qui l'avalent. Ce même insecte habite aussi sur le Vhellandrium aquaticum, autre ombellifère, mais vénéneuse par elle-même.
D'autres Chfysoiiu;lide<t, les Chr. helxines et nemorum {Chrysomèle sanguinolente) (/?)?. 734), n'épargnent pas non plus les herbes des jardins, comme celles des prairies; elles s attaquent surtout aux jeunes feuilles les ])lus tendres, au lieu que les Curciilionides recherchent les tiges et les sommités. On trouve les Laitues et autres syngenèses atla(|uées spécialement par les Chrysomèles.
Les plantes de la famille des crucifères, comme choux, raves, etc., sont moins ravagées par des coléoptères (excepté lePsylliodes napi, les T/irips, les Cislèles {Cistèle sulfureuse) {fîg.Tih), le Curc-'lio alliariœ, que par des lépidoptère-s particuliers }icesvégélaux,et dont les chenillesmontrent une prédilection dans leur goût pour cette classe de saveur spéciale. En effet, les papillons dits ^/vj.07cnirvs [Papil. raparia çXnoparia, hrassiraiùi) ; plusieurs Phalènes {Phal. oleracea, Ph.caja,
EN AOPJCULTTT.K. i.',7
\a Noctua gamma, funeste aux potagei s, elc}, à l'état de larves, rongent mil el jour lents feuilles, d'autres espèces, la^ Phal. brumaia, urticata, cœruleo-cephala^t^ic, partagent leur choix sur d'autres herbes de nos jardinages ou sont moins exclusives. Le houblon est rongé par une Pyrale et par VHepiala humularia {Hrpiale du houblon)' fig.lZb)\\e cerfeuil, Fig. 736. Fig. 737. Fig. 739.
Fig. 738. Fig. 7-40.
parlaPhalœna umbeilafia,\a capucine par des Brassicaires, l'œillet par une Chenille arptnteuse, les pois par la Phalœna exsoleta, les laitues par la Phal. togata, le trèfle par la Phal. antennulata, etc. On connaît peu de moyens de se garantir contre ces ennemis, si ce n'est un écnenillage assidu et le secours de quelques oiseaux insectivores; car toutes les lotions et liqueurs fétides préconisées contre ces insectes nuisent également aux plantes potagères.
Il est, parmi les hémiptères, plusieurs races de Punaises terrestres ou Geocorises pentatomes, qui fréquentent les végétaux crucifères ; telles sont les Cimex oleiactus et or^ natus des choux. Une autre grosse espèce, le Lygœus ou Cimex aplerus {Lygée aptère) {fîg.lZl\ infecte également 1rs jardins.
Les diptères offrent des espèces très-malfaisantes pour nos potagers; ce sont les grandes Ti//ulaires terricoles, doul les larves s'enfonçant sous le terreau, le tan, les engrais, pénètrent jusqu'aux racines des plantes, et causent des dommages d'autant plus grands qu'on ne les aperçoit pas d'aboid pour y remédier. Ainsi la Tipula oleracea, commune également dans les prairies, et la rujja des asperges, ravagent les légumes de toute sorte. î.a Tipula hortulana abonde au printemps. Ou connaît les Bibions précoces [Bibio, Geoffr. ou Hirtea, Fabr.), dites mouches de Saint-Marc et de Saint-Jean : le mâle est noir, la femelle présente un thorax rouge. On regarde sa larve el celle tie la Thcrcta {Bibio plebeia,\'\\ïiR.], avec celle du Nemotc- ///.$•/«>/«.*■, comme pernicieuses aux bourgeons des plantes qui en périssent. D'autres tipules passent Ihiver dans nos maisons ^les 7 Wchucera di} IMeic.e.n') ou se cachent sous de vieux champignons (les ilJycetobia, Boletophila); enfin, un autre genre de diptères ou mouches, V Kristhalis naicis.\i,V KliV^-^Mcrodon de Meigen;, à létal de larve, se niche dans
558 A(;PJCULTURE : A NI Aî ATX NUISIBLES.
If (oriif (les bulbes de narcisse pour le dévorer.
§ III. — Insectes dévastateurs des arbres fruitiers.
Le nombre en est si considérable que nous insisterons peu sur ceux qui n'.itlaquent que les troncs ou parties ligneuses; on en traite d'ailleurs à l'article des arbres forestiers; nous ferons observer toutefois qu'on a passé sous silence des Bup/estùles ei £/aler cieusant fortement les bois, comme le dermestoïdes^ la Lampyris cœrulea^ V Omalisus suturalis^ les Lymexylon navale {LymexjLon natal) (fig.lZS), si pernicieux aux chantiers; des Mister, des Erotylus^ des Mordella, des Dendroj)ha^u<:^ les Ceramhyx, Leptura {Lepture éperonnée) [fig. 739), etc. On ne peut négliger la larve de Saperda ou Ceramhyx carcharias^ qui détruit si souvent les plus belles plantations des peupliers; ni celle du C. linearis, qui ravage les jeunes coudriers; ni \es, Necydalis, rongeant les saules {Nëcydale Jauve){fig.l 40), ni la Chrysomela populi, ni la Galeruca calmariensis {Galéruque de la tanaisie) (/i'g.74l), Fi"'. 743. destructive des char-
milles, etc.
Aux premiersjours du printemps, unearmée immense de Chenilles assiègent nos arbresà fruit, s'ypromènenl pour les ravager, et menacent toutes nos espérances ; telles sont les Processionnaires ' 742.(-So;?2èrJ: neustria), lesPhal. castralis,kiemalis, geometra, etc., sur les abricotiers , pruniers, cerisiers, et les Pyraiis poinana ( Pyrale des pommes) ( fig. 742), vitis, Phal.
anliqua , brumata, etc. , sur les arbres poiriers, etc.; la Phal.
groseillers; la Tinea [Yponomeuta) padella^en société nombi'euse sur les arbres à noyaux; les Cossus ligniperda, \^f,PLthYocampa, les espèces poilues, sur une foule d'autres végétaux.
Sans doute nos fruits courent les plus grands risques eu présence de tant de rongeurs; mais ceux ci ont aussi pour ennemis, outre les oiseaux, des races vengeresses, les larves iVIchneumonides et de Chalcides, qui détruisent bon nombre de ces chenilles en les perçant de leurs dards, et en les chargeant de leurs œufs. Ainsi le Calosoma sycophanta fait une grande consommation des processionnaires; une armée de légers coureurs, d'autres coléoptères carabiques, avec les Cicindèles, \es Staphylins, se régalent chaque jour de cette abondante pâture; mais cela n'emj)èihe pas les soins indispensables de l'échenillage.
Ensuite arrivent les immenses générations des Pucerons et autres Aphidiens. Peu de jeunes végétaux en sont exempts, et ces hé miplères en extraient une sève sucrée qui,
3 pepjDs, pommiers ^rossulariata^ sur les
exsuctnnt ensuite de leur corps, nUire les Fourmis nuisibles à leur tour par leur acidité et leur instinct déprédateur.
On a tenté diverses lotions amères ou fétides contre les pucerons et les fourmis qui les suivent. Ces mojens sont préférables aux fumigations étouffantes du soufre brûlant qui tuent les jeunes pousses, et aux corps gras ou résineux qui fatiguent également les végétaux. C'est ainsi qu'on a conseillé des lotions avec de l'eau imprégnée d'essence de térébenthine délayée avec de la terie, selon de Thosse ; depuis peu l'on a découvert un moyen plus efficace dans des aspersions faites avec de l'eau chargée d'essence de houille fétide; c'est ainsi qu'on parvient à écarter le Puceron lanigère, si funeste aux pommiers de la Normandie, qui s'est tant répandu depuis l'an 1812, et que l'on croit originaire de l'Américiue. Toutefois, il ne faut pas moins laisser multiplier les larves des Coccinella^ dites lions des pucerons, parce qu'elles en font un énorme carnage sans toucher aux végétaux. LesJirotyles leur ressemblent dans d'autres contrées [Erotyle bigarré) (fig. 743). Il en est de même des larves de Syrphus et autres Muscides {Musca, L.), qui sucent avec une étonnante rapidité ces pucerons, espèce de bétail nourricier pour ces races carnassières, et pour des Némotèles, des Hémérobes.
Outre les pucerons, il y a des Psylla, des Kermès, qui fatiguent d'autres végétaux, comme le Kermès du figuier, celui du châtaignier, etc.
Les Cochenilles ou Coccus se multiplient aussi de préférence dans les serres d'orangerie, sous les feuilles des hespéridées, surtout par la chaleur humide; il faut les en délivrer le plus qu'on le pourra.
Enfin, dès avant la maturité de nos fruits, ils sont déjà rongés au cœur par une foule fie larves appelées des vers, et qui appartienneiit à plusieurs races d'insectes.
D'abord, les fruits farineux ou féculens sont recherchés par les Bruchus, Geopf., les Ptinus fur, et P. latro, P. scotias, P. sulcatus, leaJnobium ou Vrillettes ( Vriliette marquette) {ûg. 744), les Byrrhus piiula et autres à l'état de larve, les Anthrenus qui n'épargnent rien ; ainsi le Bruchus pisi se niche dans les pois et vesces ; plusieurs Anthribus ou Rhinomacer, et des Rhychœnus attaquent beaucoup d'autres semences légumineuses ( Rhinomacer curculionoide) ( fig. 745 ). Les Fig 746. Fig. 749. Fig. 745.
Fig. 747. Fig. 748.
ForJicuLes auricularia et mlnor causent de grands dégâts parmi les fruits de nos jardins {Forjicule biponctuée, mâle) (y%". 746J.
DES INSF.CTES ÎSIIISIBLES EN AT-RICIUITL RE.
KiK.7r>0.
La plupart des prélentliis vers qui se trouvent dans les fruits pul|)eux, les cvrises, les framboises et fraises, viennent de teignes; cipend.int il en est aussi beaucoup (|ui sont dus n des œufs de mouches des {genres Carpomyza^ Tephritis (Fabr. et Latb.) et Ortalis (le EAt-LE.\. Ainsi, à rile-de-France, presque tous les jeunes citrons sont percés par la larve du Tefmritis citri ; nos bigarreaux contiennent frétpiemraent celle de VOrialis Musca) cerasi; les noyaux, les pépins des autres fruils, dès leur naissance, reufernient des œufs déposés par ces genres de diptères encore peu étudiés dans leurs espèces. Les mouches à ailes vibrantes, qui jjianent sur les fleurs, appartiennent à cette famille.
Les fruits oléagineux, noix, noisettes, au contraire, voient leur coque percée par des Curculio nucum {Charançon des noisettes) [fig. 747) ou des Attelabus {Attelabe du coudrier, fig. 748); il n'est pas jusqu'à des Acarus ou Mites qui ne s'y recèlent. D'ailleurs, chacun connaît assez les insultes des Guêpes, des Fourmis, des Bourdons, contre les fruits les plus sucrés, et les piqûres de quelques Cjnips sur les ligues ; des Diplolèpes élevant des galles sur plusieurs rosacées (Diplolèpe de la galle {fig. 749), et celles de diverses Punaises, Tingts pyri ., etc., qui en sucent les sucs en même temps qu'elles y répandent leurs odeurs fétides ou dégoûtantes.
Les Mouches à scie{Tenthredo)., sans attaquer les fruits eux-mêmes, sont fort nuisibles à beaucoup d'arbustes, notamment aux rosiers, en perçant, rongeant, trouant, à l'aide de leur instrumeijt dentelé, les jeunes tiges et les feuilles de plusieurs arbres de la n)ême classe, les pruniers, les poiriers, etc. Ainsi ces hyménoptères ont des larves à pieds nombreux, simulant des chenilles, qui dévorent le feuillage de nos arbres à pépins et à noyaux, et qui s'opposent aussi à la multiplication de leurs fruits.
§ IV. — Insectes pernicieux aux prairies.
La grande calamité pour celles-ci vient de la famille des Sauterelles et Criquets. Personne n'igaore les déplorables déprédations du passage des Sauterelles {Gryllus migratorius., Gr. apricatorius, Gr. lineola et autres espèces), qui, après avoir tout ravagé, finissent par se dévorer elles-mêmes. On a vu des milliards de ces insectes entassés par les vents sur certaines contrées, à tel point qu'on les ramassait par boisseaux et dans de grands sacs. Les Gryllus campestris et notre Grillon domestique, faisant entendre son cri nocturne près des foyers, dans les chaumières, viennent fureter daiKs nos provisions; tous ces insectes rongent les herbes, ronime les autres Criquets {Acndium), et les Truxales {Gryllus acrida), notamment le T. à grand nez {/îg.làO), \es f,Vinài's Sauterelles, Locusta viridissima des campagnes, la Sauterelle grise {fig. 7.51 ).
C'est encore à l'état de chenilles que les Phalœna calamitosa^ la Noctua graminis, les Tinéides du genre des Cramhus, désolent surtout les meilleurs pâturages et se multiplient au milieu des foins. Ces insectes
sont en même temps dégoûtans pour les bestiaux, qui ne peuvent pas s'em|)êcher d'en avaler. Plusieurs de ces petits papillons qui en naissent, et qui, d'ailleurs, sont fort jolis, ont été décrits et figurés par Hubner, par Germar, etc. 11 faut y ajouter aussi d'autres Alucites que celle du froment, ou des Adela., des JEcophora, dont le nombre et les espèces font même le désespoir des plus habiles entomologistes.
Les Cicadaires ou Cigales et Randtres, le Cercope écumeu.v {Cicada spumaria., Cercopis sanguinolente {fig. 752), si remar<|uables au printemps dans les prairies, par l'écume qu'elles y déposent, épuisent de sève ou font faner plusieurs glumacées dans leur fructification naissante. Tous ces épis bianchissans et stériles de seigle et d'autres céréales ont été atteints, soit |)ar \a Phalœna secalina, soit par les Cicadaiivs, tandis (|ue les larves des Tipules travaillent dans les racines, tiue des Tanypus, autres ti[>ulaires culiciformes. se creusent des demeures dans des galles, que diverses mouches déjà notées, en traitant des céréales, n'épargnent pas lesaulies graminées. 11 faut ciler encon* \eSepsi\- cyn/psea, «;spèce de mouche attaquant les fleurons des s\ngenèsjs, etc., et diverses Cctoities rongeuses, comme la C. dorée {fig. 751), et la C. à deux cornes {fig. 754).
Insectes attaqi^ant les provisions animales et végétales, ou cjuiestibles.
1° \jes substances végétales. — Deux fléaiix en ce genre nous ont été communiqués avec les substances commerciales des deux mondes; ce si'iit l«-s Blattes et les Termites. La Blaltaorientitlis et la B. americana, L. ou Knficrlac/i. Blatte américaine {fig. 757), est commune aussi dans les régions septentrionales. On ne peut conserver aucun genre de comestible qu'elle ne dégrade et n'infecte ; elle butine de nuit dans les habitations, ronge particulièrement les farines, le pain dans les boulangeries, les moulins, les cuisines, etc. ; de plus, elle répand une odeur détestable,-
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AORICULTURR : AJNlMAUX NUISIËLES.
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rarement elle se sert de ses ailes, mais elle court très-vite et fuit i'eclat du jour, dans des fentes et des trous, ce qui empêche qu'on ne détruise ce malfaisant orthoplère.
Fig. 758.
Les Termites sont des névroptères plus particuliers aux climats chauds, également ennemis du jour comme tous les voleurs. Ainsi le Ternièslucijuge [fig. 756 et 757) qui représente la larve, Termes lucifugum)^ malheureusement multiplié dans les chantiers de Rochefort , y a déjà causé les plus grands dommages parmi les magasins de la marine.
Les TVrm/fe^, appelés aussi /oMr/72M-^/artc^e.r, ont plusieurs rapports avec les fourmis, et vivent en sociétés composées de trois ou quatre sortes d'individus à l'état de larve, de nymphe et dinsecte parfait; également lahorieux , voraces, et d'autant plus dévastateurs qu'ils sont omnivores, ils se creusent des roules souterraines dans les objets qu'ils rongent. Le Termes atroce, le mordant, le belliqueux, le destructeur ou le fatal, le pou de bois, le voyageur, sont autant d'espèces ravageuses ; celui à cou jaune ( Termes flavicollis) attaque, en Provence, les olives.
Parmi les Lépidotères. nous avons sigoalé déjà ceux qui ravagent le blé dans les greniers; mais la farine nourrit spécialement une espèce de larve de Tinéide {Phalœna, L.; Aglossa farinalis, Latr.), Phalène de la Jarine (^^.758),ainsi désignée parce que l'insecte parfait n'a point de trompe, et ne mange plus en ce dernier état, tandis qu'il est fort vorace et gras à l'état de ver. Parmi les Coléoptères à longs becs , plusieurs Rynchènes et autres Curculionides se multiplient dans les fécules, comme le Curculio palmarum qui vit de sagou. Divers Mélasomes nocturnes, outre les Blaps déjà signalés, viennent saccager les subslances alimenlaii-es ; tels sont les P/mélies, les Erodies, les Nyctélies, tous privés d'ailes. Il faut y joindre des Opatrum, les 7enebrio culinaris et cndaverinus de Fabr., Ténébrion de la farine ou des trogossites {fig. 759). D'autres fourragent dans les meilleurs champignons comestibles , comme les Boletophagus taxicornes.
2° Rongeurs des substances animales.— Le nombre de ceux-ci est considérable. Parmi les Coléoptères les plus destructeurs, il faut placer en première ligne les Dermestes laniarius, lardarius, trijusciatus, etc., le Dermeste du lard {fig. 760); la Vrillette{Anobium pertinax), (jui, étant touchée, contrefait la morte et se laisserait plutôt brûler que de se
Fig. Î63.
remuer; les Pti' nus, les £ruchus déjà signalés; la Necrobia violacé a et les Nitidules {Nitidule biponctuée ) (/f^'.76I), qui détruisent les chairs salées non moins que les charognes. On, ne peut passersous silence aussi le grand rongeur des pelleteries , Dermestes pellio , les Staphyhns , les Silpha et Nécrophorcs que toute chair attire d'abord.
La famille des Teignes est surtout la plus coupable de ces goûts carnivores, à l'état de larves. Telles sont surtout les Botys, qui pénètrent dans les matières les plus grasses, et V Aglossa pinguinalis {Aglosse de lagraisse) {fig.7&'2), rongeant les cuirs ou peaux à l'état frais. On ne peut pas garantir les tapis et autres tissus eu lairie ou en poils, contre les ravages perpétuels des Tineatapezana,sarcttella,pcUionella,flavifrontella, etc. {Noctuelle i/a/?ec^/îe(/î"j^.763), et de tous ces vers rongeurs qui se pratiquent des fourreaux de leurs excréniens, avec une si redoutable industrie.
On sait aussi combien plusieurs Diptères , en été, hâtent la corruption et le dégât des viandes , par leurs œufs bientôt transformés en vers ou larves des Mouches créophtles. Ainsi les Musca vomitoria , grosse espèce bleue; la Musca camaria, dite vivipare, car ses œufs éclosent immédiatement ; la Musca cœsar, si commune sur les charognes; la Musca putris.^(\\\\ recherche les corps pourris, les ulcères (la piophyla de Fallen), les Mjwches duvieuxjromage {Musca casei),mér'i\.eii\. d'être remarquées. Elles prouvent, par les œufs déposés dans ces matières animales, que les vers ne s'y engendrent point spontanément, comme le suppose le vulgaire. Leurs larves semblent avoir la propriété de hâter encore la putréfaction des matières qu'elles dévorent. On peut ajouter à ces espèces les Scatophaga {Musca stercoraria , L.) et les vers des latrines ou autres lieux analogues, des Eristhalis tenax {vers à queue de rat) dont la vie est si dure, E. sepulchralis^ cryptarum , etc.
Joignons à ces espèces celle qui contribue à faire aigrir le viu ou la bière et le cidre, la Musca cellaria {NotophUa de Falleii); elle dépose ses œufs dans les vaisseaux à vin des caves et celliers; on en accuse également ÏIps cellerier{fig.im). Enfin, les Acarus {Mite domestique {fig. 767 grossie à la loupe), se développent par myriades sans nombre dans les vieux fromages, les viandes sèches ou fumées, comme sur toutes les matières animales en putréfaction; la nature faisant ainsi servir les débris de la mort à la multiplication de la vie.
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