DES INSECTES NUISIBLES EN AGRICULTURE 7G
^ VI. — Des insectes nuisibles auxbesliaux et autres animaux dumestiqucs.
La grandeur et la puissance des animaux, de l'homme lui-même, ne les mettent point à l'abri des insultas des moindres races, et le chétif Cousin suffit pour tourmenter ce roi du monde. Aucune race n'est plus importune sous tous les climats; car il n'est point de relation de voyages qui n'entretienne des insupportables cuissons causées par les nuées inévitables des Moustiques et maringouins {Culex pipiens et pu/icarius), non seulement sous les climats brùlans, mais jusque sous les cieux glacés des Lapons et des Esquimaux, et non pas uniquement pour la peau nue de l'homme, mais pour les bestiaux qui ne peuvent se soustraire à leurs dards acérés et brûlans. Il y a plus : d'autres moustiques encore plus petits et noirs se miiltiphent sous les humides ombrages des forêts; décrits sous les noms de Rhagio par Fabr., et deiS/mM/fM/zzparMeigen, leur piqûre imperceptible est tellement fatigante lorsqu'ils pénètrent même dans les parties génitales si sensibles des bestiaux, qu'ils excitent une sorte de rage et jettent ces animaux dans des états convulsifsde fui eurqui les font périr. On sait quelle frayeur causent les Taons, Tabanus bovmus etc. Taon des bœufs ^ /7^.766), à des troupeaux de bœufs; ils les mettent en fuite Une espèce appelée tsnltsaljaan^uh'i^^ est redoutable même au lion, et poursuit les hommes avec férocité. Une autre espèce, le CArj.iO/7.yc<5ecHr/t'/îss'at laque aux yeux des chevaux et les aveugle au milieu des campagnes sans qu'ils puissent retrouver- leur chemin.
Joignonsàcesinsultans Diptères tant d'autres espèces piquanles, le Stornoxe [Siomoxe jnquant){Jlis.lQl), le ConopsCakitrans^Conops rufipède (j^g.lOS), qui, suçant le sang des
jambesà l'homme , dans lej!
tempsoia^eux, et surtout aux bestiaux, ne leur laisse aucun repos jour et nuit; et ces Syrphus qui ressemblent à des bourdons velus, dont la seule approche, annoncée par la .sibilaiion de leui's ailes vibrantes, fait frissonner toute la peau du corps qu'ils menacent.
Les plus dangereux des Diptères Alhéricèies sont les C<£'j7/-<-i , sans contredit. Leur famille semble instituée pour vivre dans la peau et le corps même de nos bestiaux, le bœuf, le cheval, l'âne, le chameau, le mou ton, le renne {OEstre du renne {Jîg.ldii). le cerf, les antilopes, leiièvie, ou lu plupart des herbivores; rhouime lui -même a eu est point exempt en Amérique. Le genre entier disClfeji/u\ présente l'aspect dune grosse mouche velue, dont les poils colorés par zones imileul ceux des bourdons; ils ont les ailes grandes; les femelles portent à l'extrémité de leur abdoujen un sl>lel perçant, composé de plusieurs lames pour ouvrir la peau dure duu animal, et pour y faire pénétrer d<;s œufs qui doivent s'y changer en larve rongeante; ces larves, en etfel, creusent leur niil dans les tissus cellulaires, j^ompent lessucs et foruieut une sorte de cautère naturel sur le dos des bestiaux, qui ne peuvent s'engurauti|-,et à tel puint que des oiseaux du genre .^«/^//a^a viennent en quelques pays extraire avec leur bec ces dangereuses larves. M. Clauk, savant vétérinaire anglais, qui a fait un ouvrage sur ces œstres, en énumère trois familles d'après le lieu d'habitation qu'elles choisissent sur les bestiaux . les œstres qui vivent sous la peau y forment des tumeurs ou bosses remplies de pus dont ils s'engraissent ; tels sont les cuticules puinores -y ceux qui s'insinuent dans le nez, les sinus frontaux et l'arrière-bouche ou pliarynx, comme chez le mouton, sont les cavicuLes lymptiivoi es ; enfin ceux qui, déposes vers l'anus du cheval, uu pénétrant par les voies digestives jusque dans l'estomac et autour du pylore, sont \q^ gas tricote s chylivures : il est à remarquer que la nature a donné à ces larves, non des pattes, mais des poils épineux qui leur permettent de s'accrocher aux intestins des bestiaux ; elles ne se laisseni expulser, avec les excrémens, qu'à répo(jue de leur dernière mélamorphose , pour se reproduire dans une vie libre et exlé- I leui e ; en ce derniei" étal, ces œstrt-s ne mangent point. Ou les trouve IréqueiUant les bois et les pâturages; ils haU quelquefois entrer leurs auls par centaines dans uu animal qui n'en péril pas; cependant \ alisneri cl d'autres auteurs uni aitribué aux œtitres desaccidensgraves et même dis causes d'epizuolie. Les œstres du lièvre t-t d'auiies longeurs apparlienueul au genre Cuuùe/a.
Après ces insecles, il en est sans doute de moins dangereux, les J'anjsio/nes, uu Jsilus ( A. c/iiOnJormts et A. jorcipulus ), les Ant/irax, dont la piqûre inllauimatt)ire cause une sorie de furoncle ou charbon; les / o/«ceilOy les Mulio, les jLn/pts, les BonibyliuSy ties Neniotelus, etc. Toutefois, il n'en résulte que des tourmens passagers, comiiie on pourrait le dire des Bourdons et Cue'pes ; mais il est une autre classe plus dommageable.
Ltsancieusont i\\)\iiW Bupreste l insecteau- <|uel ils atlribuaieut la mort ou <e ^onllement (les bœufs quand ils l'avalaient. Ce nesl point notre genre Bupreste qui produit cet accidtîut attribué plutôt de nos jours à une sorte dempanseuient ou d'enflure, d'iudigeslioa d'herbes et contre laquelle on a préconisé l'emploi du vinaigre ou du set ; mais il parait vraisemblable que des insectes vésicans, tels
AGRICULTURE : AÎVIMA.UX NUISIBLES