‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 34 sur 304 · SOLS SABLEUX · texte numérisé non relu

SOLS SABLEUX

jusqu'à eux. — Par cette dernière raison, elles exigent de moins frtWjuens labours. 0\\\ qu'on leur donne sont faciles, et l'on est presque toujours à même de les donner en temps opportun. — Tous les engrais conviennent à ces sortes de terres. Elles ne sont point assez froides pour retarder les bons effets des fumiers peu décomposés, pas assez chaudes pour rendre dangereux les effets des fumiers actifs. Pour peu {|u'elles aient un peu de fond, elles se prêtent encore à l'emploi modéré de la chaux. En un mot, dans des circonstances favorables, on peut les regarder presqu'à l'égal des suivantes, comme types des meilleures terres.

Les terres sablo-argileuses d'alluvion récente et submersibles sont fréquemment recouvertes, à l'époque des inondations, d'une couche souvent assez épaisse, d'un limon qui a été tenu plus ou moins long-temps en suspension dans les eaux, et transporté par elles parfois à de fort grandes distances. — La nature de ce limon varie nécessairement en raison de celle des terrains que dépouillent les cours deau auxquels il doit sa formation. Onctueux, doux au toucher, il contient ordinairement, en quantité prédominante, de l'argile, d'autres fois du calcaire, toujours beaucoup d'engrais et de substances végétales à divers degrés de décomposition. En se mêlant progressivement par suite des labours aux sols qu'il recouvre, il leur communique en partie ses propriétés fécondantes, et conserve avec eux le nom de terres limoneuses, terres de vallées, etc.

Il n'est personne qui n'ait entendu vanter la fécondité prodigieuse des terres limoneuses des bords du Nil, et les effets remarâuables des débordemens annuels de ce euve. — S'il menace de loin en loin de ne pas sortir de son lit, l'Egypte redoute une famine. — L'autorité prend des mesures extraordinaires pour prévenir les suites d'un tel événement. — En France, nous avons aussi des terres limoneuses d'une fertilité qui ne peut être bien appréciée que par ceux qui les ont vues couvertes de leur luxueuse végétation, et surtout qui ont été à même de les cultiver. — Telles sont celles de la plupart des îles et des rives de notre belle Loire. — Sur divers points, les cultures épuisantes du lin, du froment et du chanvre, peuvent s'y succéder sans interruption et donner constamment, à l'aide de fumures moyennes, d'admirables produits. —Aux céréales d'automne, qui sont fréquemment submergées et détruites par les inondations d'hiver, on est souvent dans l'obligation de substituer celles de printemps ; aussi en sème-t-on rarement au-delà du besoin de chaque famille, la terre étant plus avantageusement occupée par les plantes textiles. — Les linsy sont dequalitésupérieure;on acommencéà introduire ceux de Flandre, qui, loin de se détériorer, semblent aucontraire s'améliorer. — Quant à la culture des chanvres, elle y prend annuellement plus d'extension à mesure que le commerce apprécie davantage la boulé de ses produits. — Dans ces sols favorisés le besoin des prairies artificielles se fait rarement sentir; car chaque coin de terre, dès qu'il est abandonné sans cultures, se couvre de riches pâturages.

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Les graminées qui y croissent sponlauéniciit arrêtent, lors des grandes eaux, le limon forliiisant; elles aiigniciilent ainsi peu-à-peu l'élévation du sol et résistent aux elTorts désastreux des forts couians. C'est pourquoi on \ahse en pâtures ou en prés les parties les plus exposées des rivages que Ion détend en outre par des plantations d'osiers et par le coucha;4e périodique de celles de leurs branches qui se'trouvent directement sur les bords du fleuve. — Les frênes, les ormeaux cultivés en têtards, donnent de trois en trois ans des coupes superbes, et produisent chaque été par leurs feuillages un riche supplément de fourrage. — Les peu|)lierscroissenl avec une rapidité remarquable. — Les arbres fruitiers, à pépins surtout, se couvrent d'abondaus et d'excellens fruits. Les noyers, les châtaigniers, les mûriers blancs, etc., etc., ne prennent nulle part un développement plus grand et plus rapide. — Enfin, les légumes d'été et les racines alimentaires que chaque habitant cultive avec parcimonie dans son petit jardin, acquièrent un volume considérable sans rien perdre de leur goùl : privilège particulier à ces sortes de terrains, dans lesquels l'humidité féconde qui développe, est combinée en de justes proi^ortions avec la chaleur qui luùrit et qui donne la saveur.

Toutes les terres de nature sahlo- argileuse sont faciles à travailler. Celles dont je parle jcluellement sont tellement divisées entre les petits propriétaires ou leurs fermiers, que chacun cultive sa parcelle sans le secours (le la charrue. — Les labours se font au moyen dune large houe {fig. 22 ). — On dirait un

Fig. 22.

vaste jardin entretenu avec le plus grand soin.

Tant que les sables sont mélangés à une certaine quantité de terre végétale, on peut leur demander d'utiles produits. — Nous venons de voir que leur fertilité augmente à mesure qu'ils prennent plus de consistance, jusqu'à former sans nul doute les meilleures terres connues. — Elle diminue au contraire a mesure qu'ils perdent trop de leur adhérence.— Le premier degré de cette progression décroissante, est le passage des terres h froment aux terres à seigle. — En , pratique une telle modification en résume une foule d'autres.

Dans ces sortes de terres, les végétaux qui fout la base des assolemens sont le seigle, l'oige, l'épeautre et le sarrasin, |)armi les

f)laules panaires; — le sainfoin, la lupuli-ie, e mélilot, les cicers, les lenlillons et quelques autres, parmi les fourrages verts; — les raves ou tnrneps, et les navets, parmi les racines alimentaires; — euûa la Davelte^ laca-

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