‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 44 sur 304 · DEGRÉS DE FERTILITÉ DES TERRES · texte numérisé non relu

DEGRÉS DE FERTILITÉ DES TERRES

iiière à pouvow facilement être mêlée avec le sol.

Sous un terrain argileux ou glaiseux on trouve aussi qnelqiiefois une couche/de terre sablonneuse: si elle n'est placée ni trop près de la superficie du sol , ni à une trop grande profondeur, c'est-à-dire si elle est à trois ou

3uatre décimètres (1 pied ou 1 pied {) auessous de la surface, et si sa couclie est assez é;Kiisse, elle produit un soi éininemiiient fécgnd, qu'on qualifie de pesant ei chaud tout à la fois, qui ne souffre jamais de l'humidité en en laissant toujours écouler la partie surabondante.

Le sol où la terre végétale n'a qu'une petite épaisseur et recouvre une couche inférieure ds sable , est fortement exposé aux sécheresses, lors même qu'il parait très-fertile dans les saisons humides.

Quelquefois la couche de sable ou de gravier est très-mince, et recouvre elle-inênje une couche d'argile imperméable. Si le terram n'a pas de pente, l'eau s'amasse dans la couche de sable comme dans un réservoir et reflue vers la surface; alors il s'y forme des fondrières, des places humides , ^e terrain devient froid et stérile, parce que l'eau entraîne les particules d'engrais dissoutes, et les dépose dans la couche de sable où elles sont à peu près perdues pour la végétation. Cette espèce de terrain est une des plus mauvaises , si on ne l'améliore par des saignées qui fournissent un écoulement à l'eau : mais à l'aide de ces saignées, ce terrain peut être complètement corrigé.

Plus le sable qui est au-dessous d'un sol déjà sablonneux est sans fond et mouvant, })lus ce terrain est sec. Si à une certaine profondeur, le sable prend plus de consistance, et que l'écoulement de l'humidité soit ainsi un peu arrêté, le sol a plus de fraîcheur et est meilleur.

Quelquefois, surtout dans les montagnes et sur les plateaux des collines de formation tertiaire, le sous-, ol est composé de pierres qui ne laissent souveiit qu'une épaisseur de quelques pouces à la couche végétale. — Lorsqu'il est composé de pierres à chaux, c'est la circonstance la plu"^ favorable ; à la superficie de la couche, cette pierre est le plus souvent délitée et pleine de crevasses ; elle absorbe l'eau , et les racines des plantes, notamment du sainfoinel desarbres et arbrisseaux, y pénètrent très-bien. Les roches calcaires elgypseuses sont donc moins stériles que lesautfes.

Le schiste argileux, couvert d'une légère couche de terre végétale, se délite lorsque la charrue l'entame ou enlève des morceaux; ori [)eul ainsi rendre plus profonde et améliorer la couche arable.

Le terrain qui n'a que peu d'épaisseur, et qui rec()u\re le granit et autres roches presque indécomposables, ne peut s'améliorer qu'en y transportant de la terre végétale ou des déblais et démolitions pour en augmenter la couche.

Lorsque la couche intérieure est composée de cailloux roulés, s'ils sont suffisammeulr*'couverts de terre végétale, ils ne sont i)as nuisibles ; et même, si le terrain est argileux, ils peuvent être très-utiles en procurant un écoulement aux eaux surabondantes.

.Si

L'ocre ou la mine de fer limoneuse, que l'on trouve assez fréquemment au-dessous de la superficie du sol, est très-nuisible à la végétation, qu'il empoisonne, pour ainsi dire, lois(|u"il n'est pas recouvert d'une couche d(; terre végétale assez épaisse pour qu'il ne soit pas atteint par les racines. Il est ordinairement au-dessous d'une couche de terre âpre et de couleur brune, de même nature que lui, (|ui devient plus dure à mesure qu'elle descend, et est enfin transformée en pierre. Les arbres dépérissent aussitôt que leurs racines atteignent cette terre.

Ibfév, 1834. — L. Hép.icart de Thcry.

Section vi. — De laphorométrie , agronométrie, statique agricole, ou du degré de fertilité des terres.

On désigne sous ces noms la méthode par laquelle les Allemands ont cherché, dans ces dernières années, à mesurer exactement les variations de la fécondité du sol, à les évaluer en chiffres, et à les rendre comparables en les rapportant à une commune échelle. Thaer a le premier ouvert cette voie, que de AVuLFEN et DE VoGHT out cusuile élargie et affermie.

Thaer suppose qu'««e terre cpii donne annuellement, dans une récolte moyenne, 12 /iec^o/.84<^/e//-owe/2fparheclare, possède 100 A^^v(\^à&fécondité , suppléant, parce motabstrait, à tout ce que nous ignorons des qualités réelles du sol. Ces 100° nesontpasépuises après la récolte , mais ils ont subi une diminution ; et, pour reconnaître la valeur de cet abaissement, Thaër a eu recours à deux procédés qui se sont contrôlés l'un l'autre : 1° il a pris l'ensemble des résultats fournis par des exploitations bien dirigées dans des années moyennes; 2° il a aussi fondé ses déductions sur les analyses qu'Einhof a faites de différentes céréales , d'après le principe que les récoltes absorbent les sucs nourriciers contenus dans le sol en proportion directe de la substance nutritive qu'elles-mêmes contiennent, surtout dans leurs graines. Au moyen de ces deux ordres de considérations, il a trouvé qu'une récolte qui succéderait immédiatement et sans engrais à celle que nous avons prise pourtype, produirait? hectol. 70 du même grain; d'où il a déduit, par une simple règle de proportion, un épuisement de 40 p. 0/0 sur la première récolte. Par le même procédé, il a été conduit à attribuer un épuisement de 30 p. 0,0 au seigle, de 25 p. 0 0 à l'orge et à l'avoine. Or, il résulte de là que pour donner un hectolitre sur un hectare, le fi'O'uent consomme 3° 21 de fécondité, le seigle 2,34, l'orge 1,G4 et l'avoine 1,18.

On a clifférens moyens de réparer le déficit de la fécondité, ou de l'augmenter ellemême, entre autres les engrais, le repos de la terre ou sa conversion en pâturage, et la jachère. Thaër estime qu'un chariot de fumier de 2,000 livres augmente de 2° 55 la fécondité d'un hectare; il ne cherche pas d'ailleurs à faire exactement la part de lu qualité du fumiei ni celle de l'état de la terre. Il regarde au contraire cette dernière londition comme influant directement sur laccruis.sement de la fécondité par le repos. Selon

AS

AGRICULT

lui, une lerre qui a 10° gagne j)ar année 4° •20° 0°

50° ir

(iO"elc. 12°

— De même ramélioration par la jachère est proportionnelle à la ttioondité de la lerre, au moment où elle reçoit les cultures. Tliaer estime cet effet à JO" pour une terre qui en possède déjà 40, et il l'augmente d'un degré par chaque dizaine de degré au-dessus de cette limite inférieure.

yiu moyen de l'écheUc phorométrique de Thaer, de même qu'avec celles de ses successeurs, il est facile d'apprécier la valeur comparative des divers assolemens, et de discerner celui qui épuise le moins le sol^ mais le svstème sur lequel elle s'appuie est incomplet. Toutes les terres ne peuvent pas se ranger dans une seule catégorie ; elles ne cèdent pas toutes les 40i00 de leur fécondité; elles ne mettent pas toutes en action les engrais dans la même proportion; elles ne reçoivent pas toutes un même accroissement de valeur par la jachère. Les termes de la formule doivent ôire également changés suivant les climats. Ainsi, leur valeur peut être affectée de plusieurs variables dont les quantités fixées par Thaër sont, pour ainsi dire, les coefTiciens. Ainsi, par exemple, suivait M. de Gas- PAKi>', il V a dans le midi de la France des terres qui, sans engrais et au moyen de la jachère seule qui revient tous les 2 ans, peuvent produire 8 hectol. 16 par hectare; elles possèdent donc 63° de fécondité, et, pour qu'il puisse y avoir égalité entre les récoltes avaul et après la jachère, il faut que celle-ci fournisse les 25''68 dont les 8 hectol. 16 ont épuisé le sol. Or, ïhaër n'aurait admis dans ce en s que 12°30 de restitution ; il y aurait donc dans ces terrains une faculté de réparation double de celle des climats où il observait; et, eu donnant ces 12''30 pour coefficient à la formule de la fécondité croissante du sol. il fautlrait, pour le cas qui nous occupe, multiplier ce coefficient par 1 en Allemagne et par 2,08 dans le midi de la France, pour avoir la vraie valeur de ce terrain. Celte distinction ne tarda pas à être faite. IM. de AVulfen conçut que la fécondité devait résulter et des principes nutritifs contenus dans le sol, et de l'aptitude de ce sol à les mettre en action pour les approprier à la végétation. Il vit donc dans la Jécondité \-d résultante de la richesse du sol en matières organiques assinulables par les végétaux, et de sa force ou de son activité a les rendre susceptibles de cette assimilation, en les élaborant dans un lenips plus on moins long, et en transforn)ant ainsi la richesse en fécondité. C'est d'après ce point de vue qu'il donna à l'agronomélrie le nom de statique agricole. Les ouvrages où M. de Wulfen a exposé ces idées neuves sont restés inconnus en France; nous ne pouvons donc donner à nos lecteurs qu'une idée imparfaite de son système d'après le peu que les journaux allemands en ont dit.

1" Le produit en céréales est dans un rapport direct avec la fécondité du sol.

2° Lorsque le nombre des degrés de la fécondité est connu (c'est-à-dire, aj)paremment,

miE : SOL MV. 1".

lorsqu'on a fixé arbitrairement un ::i)nil)i-e (|uekonque, qui sert ensuite de mesure invariable, pour représenter le proikuL d'un champ), on trouve les nombres qui doivent représenter les deux facteurs de la richesse et de l'activité, dont le produit forme la fécondité, au moyen de la différence des produits que donne une même plante cultivée deux fois de suite sur le même champ , en la supposant chaque fois précédée d'une jachère, afin que l'activité reste égale à eliemên)e; celte diff('rence est au degré de fécondité indiqué par la première récolle ce que l'épuisement est à la richesse. La proportion ainsi posée donne le facteur de la richesse, par lequel on divise le nombre des degrés de la fécondité pour avoir le facteur de l'activité. M. de Wulfen a donné dans la langue algébrique un procédé général qui sert à déterminer ces deux facteurs.

3° La valeur numérique de l'activité doit toujours être une fraction de l'nnité; car il n'y a jamais qu'une portion de la richesse qui se transforme en fécondité, et par conséquent celle-ci est plus faible que celle-là. Le produit de la multiplication de la richesse par l'activité est donc toujours moindre que le nombre qui représente la richesse.

4° L'épuisement du sol par les céréales est proportionnel à la quantité de matière nutritive contenue dans le grain, et cet épuisement doit être soustrait du nombre qui exprime la richesse.

5° On peut compenser la diminution de l'activité du sol , ou produire un effet analogue à une élévation de celte activité, par de fréquentes cultures données au sol.

Dans ses estimations et ses calculs, M. de Wulfen pai'aît n'avoir été guidé que par des \\\ts a priori %\. des déductions d'observations vagues, banales et peu nombreuses; lui-même n'a pas entrepris les expériences nécessaires pour confirmer la justesse de ses ingénieux aperçus, et pour donner à ses déterminations le degré de précision convenable.

Mais ce qui manquait à sa théorie sous ce rapport, M. de Voght, propriétaire du domaine de Flotbcck, près de Hambourg, s'est chargé de le suppléer, el les expériences auxquelles il s'est livré ont été si bien faites , si variées, si fréqueumientré[jélées,qu'elles doivent nous inspirer une pleine contiance.

Eu adoptant le système de M. de Wulfen, le propriétaire de Flotbeck y a introduit un changement important. Au mot activité il a substitué le mot puissance, qui exprime une autre manière d'envisager les faits. En effet, selon M. de Wulfen, l'effet de l'activité sur la richesse est une fécondité inférieure à cette richesse, parce que, selon lui, les substances organiquescontenuesdansle sol sont les seules matières qui puissent fournir des principes nutritifs aux plantes, et que leur propre masse est toujours supérieure h celle de ces principes élaborés. Selon M. de Voghl, au contraire, l'elfet de la puissance sur la richesse est une fécondité supérieure à celle richesse, parce que, suivant lui, la terre a la faculté d'absorber les fluides atmosphéricjues qui s'insinuent aussi dans les végétaux à travers les suçoirs de leurs racines, soit directement, soit* après s'être combinés avec quel-

qiics-uns des élémens de l'humus. Il résul le de la que les sols (|ui ont le moins iX activité aux yeux de l'un, ont le plus de puissance aux yeux de l'autre, et réciproquement que ceux qui ont le \Aw% à' activité on\ lemoins de puissance, c'est-à-dire que les deux échelles sont inverses l'une de l'autre.

Pour point stable de la sienne, M. deVoght a pris un champ de 21 ares, qui, ayant reçu 5 voilures de fumier demi-consommé, formant ■485 pieds cubes, avait produit 840 liv. de blé, mesure de Hambourg, ou 400,81 kil. (environ 6 hectol. 35 lit.); il a désigné celle fécondité par le chiffre 720, terme qui a déterminé le nombre des divisions dans une étendue donnée de son échelle, et qu'il a choisi parce qu'il croyait rapprocher ainsi sa mesure de celle de M. de Wullén. Au moyen de celte unité métrique, il pouvait désormais apprécier la fécondité relative de ses autres pièces de lerre, par une simple règle de proportion, en connaissant leur [)roduit. Parmi ces essais, il en est un qu'il faut distinguer, parce qu'il a servi d'étalon , de norme pour la détermination des deux facteurs de la fécondité. Situé immédiatement à côté du premier, il produisit 700 livres de blé la même année, sur la même surface de 21 ares et dans des circonstances du reste égales, mais sans avoirété fumé.Ilpossédaitdonc600°de fécondité. Ce point établi, on examina tour-à-tour avec soin ses propriétés physiques et chimiques, ainsi que les plantes qu'il produisait naturellement, et on lui assigna pour l'expression de sa puissance le nombres, par la même raison qui avait fait choisir le nombre 720 pour l'expression normale de la fécondité. Pour trouver la richesse naturelle de ce sol ou la décomposition précédente des substances organiques qu'il contenait, il n'y avait plus qu'à diviser le nombre 600, exprimant la fécondité, par le chiffre 8 de la puissance; on obtint ainsi 75.

Le champ qui avait reçu 5 voitures de fumier par *Jl ares ayant manifesté une fécondité cle 720°, et sa puissance élant la même que celle du second champ, puisqu'il était dans des condi'ions identiques, si ce n'est celle du fumier, il en résulte que 435 pieds cubes de fumier par 21 ares ont augmenté la richesse de 15° et la fécondité de 120"; ainsi chaque voilure de fumier a augmenté de 3° le facteur de la richesse. Tel est l'effet que M. de Voght attribue en moyenne à l'espèce de fumier qu'il emploie.

Si un champ ayant reçu le même engrais eût, dans des circonstances égales, produit plus de 840 livres, 1050 par exemple, c'eût été le résultat d'une plus grande puissance. Pour la déterminer, on chercherait d'abord la fécondité que supposent 1050 livres proportionnellement à 840 livres; on diviserait ensuite les 900° trouvés par 90, nombre qui exj)ri me la richesse dans ce cas, et l'on trouverai t 10" de puissance. Si avec la même quantité d'eugrais il produisait moins de 700 livres de blé, qui ne supposent que 600° de fécondilé, ce serait dans l'abaissenu'nt de la puissance du sol qu'il faudrait chercher la cause de rabaissement du chiffre de la fécondité, et l'on y parviendrait par un procédé analogm*. ("est amsi qtie M. de Voght a mesuré la puis-

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sance du sol par l'effet d'un engrais de même quantité et de même qualité sur ce sol, toute» les autres circonstances élant exactement les mêmes.

Des influences étrangères, notamment lesphénomènes atmosphériques, peuvent faire varier la puissance du sol. Pour échapper autant que possible à ces causes de trouble, M. de Voght a choisi comme base de son système la récolte sur laquelle l'action atmosphérique se fait le moins sentir, savoir, le froment. D'ailleurs il tient note de la température etde son influence sur les phases de la végétation; puis, combinant ces observations avec le jugement porté par les praticiens sur \d. productivité de l'année pour chaque espèce de plantes cultivées I)ar lui, il apprécie de combien pour cent elle a été au-dessus ou au-dessous des années moyennes, et hausse ou baisse en conséquence le chiffre de la puissance, qui, par sa multiplication avec celui de la richesse resté le même, lui donne la différence en plus ou en moins de l'année par rapport à une année moyenne. Une seule année ne suffit pas, au reste, pourfixer irrévocablement la puissance du sol; il faut des comparaisons multipliées pour arriver à une certitude raisonnable.

Ainsi les premières bases de la phoromé- Irie étant une fois posées, on apprécie avec la plus grande facilité le degré de la puissance quand celui de la richesse est connu, ou le degré de celle-ci quand celui de l'autre est déjà déterminé ; on peut savoir avec une exactitude auparavant impossible à atteindre, de combien on augmente la fécondité par- une égale quantité de fumier, sur des champs de puissance différente, et de combien par conséquent le produit sera plus considérable. La phorométrie fournit par là le moyen de connaître ce qu'il faut d'eugrais à tel ou tel champ pour le faire arriver à une fécondité moyenne, au-delà de laquelle les effets de l'engrais deviennent plutôt pernicieux qu'utiles. Elle nous apprend qu'il y a une proportion à garder entre les degrés de la puissance et ceux de la richesse, selon la fertilité plus on moins grande du sol , et selon l'espèce des végétaux qu'on y veut cultiver. C'est ainsi, par exemple, qu'à Flotbeck le colza exige 1000 degrés, et n'en supporte guère plus de 1200, et que par conséquent pour être cultivé avec avantage, il doit être placé sur des terres dont la puissance soit au moins de 10°. Les pommes-de-lerre fines exigent 800°, les pommes- de-terre communes 600°, l'orge 650 à 700, la spergule 500, etc. Par des expériences continuées pendant plusieurs années, M. de Voght a trouvé que la production de 100 livres de froment épuise P'19 de richesse, et enlève 5 à 10 p. 0/0 de la puissance; que le seigle exerce le même effet sur la puissance, mais qu'il épuise la fécondité de 10 p. 0/0 de moins; que l'orge épuise la richesse à l'égal du seigle , et l'avoine à l'égal du froment; que, néanmoins, les grains de printemps ne détériorant pas le sol, la fécondité n'est diminuée que de l'épuisement de la richesse; que le sarrasin rend l\ la puissance ce qu'il enlève à la richesse; que les vesces et la spergule pioduisent le même effet, ou même peuvent quelquefois ajouter à la puissance et à la richesse ; que le colza

épuise la richesse, de 1» 60, tandis qu'il élève la puissance de 5 p. 0 0; que les pommes-de-terre enlèvent 1/10 de degré à la richesse, mais qu'elles rendent 1 l/2à2p.0 0 à la puissance; enfin, que la troisième coupe du trèfle, enterrée de 3 à 6 pouces, augmente la puissance de 5 p. 0 0 et la richesse de 6 à 12". Au moyen de ces données,il esl facile de calculer TauRaientation ou la diminution de la fécondité selon l'état préexistant de ses deux facteurs.

Malgré ses immenses travaux, M. de Voglit n'a pu arriver à un ensemble systématique de faits généraux et constans; car chacune de ses données devra subir, dans les différentes localités, une correction dépendant de la différence du climat et même du sol ; mais il a établi, sur de solides fondemens, une méthode dont l'adoption procurera aux agriculteurs tous les avantages attachés à la précision et à l'exactitude, et qu'il serait inutile d'énumérer.

Pour la compléter, M. de Voght a dressé une table destinée à faciliter, dans les pays où l'agriculture est le plus avancée, l'application de l'échelle phorométrique à l'appréciation des récoltes exprimées par les poids et les mesures de ces pays. Pour connaître ce qu'un champ, de quelque fécondité que ce soit, peut produire :

D'hecloru. par hectare en France, difisez le degré fie fccoodité par a8,5û

Busbels . acre. . Angleterre . Ji.gS

Vii-rlel. . bnnder. Brabani l5,6i

.Muti. . . juchari. Suisse fBeroe) 140,07

Meizen joeh. . Autriche. ••••••••• 54,66

Scheflïl. . morgen, Prusse.. 6o,sl

Tonne mesore. tonno areal.HolsleÎD*. • • • • • • • 75

Tcb>-!Ter(, dréialine. Bussie £0,60

Réciproquement, pour remonter du produit exprimé en mesures locales de superficie et de capacité, on le multiplierait par le nombre indiqué pour chaque pays; de cette manière la table phorométrique, désignant purement et simplement le rapport du produit à la faculté productive, ne fait rien préjuger sur les circonstances dont celle-ci dépend, et rend ainsi inutiles des descriptions toujours plus ou moins vagues. Son adoption introduirait plus d'uniformité dans la langue agricole. J. Yu>g.^

Sectioiv VII. — Fonctions des sols dans la végétation.

De la germination des graines et de leur premier développement dans les substances terreuses.— Pour observer l'influence diverse des substances que renferment les sols sur la germination, on en mit des quantités égales dans des vases d'une égale capacité , d'un pouce et demi de profondeur et de quatre pouces carrés de surface, exposés à l'air au mois de juillet, de manière à ceqri'ils pouvaient par un temps serein recevoir l'.uit à neuf heures la lumière du soleil. On les arrosa tous en même temps, et aussi souvent que l'eau de la pluie ne paraissait pas suffisante. L'arrosage de la terre arable ordinaire servait de guide, y ayant mis des grains de froment de la même espèce.

Dans le sable quartzeux, les graines germèrent en peu de jours; les tiges prirent la longueur d'nn pouce, mais se flétrirent et séchèrent rapidement par un temps d'été.

Dans le sable calcaire, elles gernxèrenl de

.AGRICULTURE : SOL. Liv.l"^^'.

mt"'me en peu de jours, devinrent de la hau leur d'un pouce et demi, et parurent crolli e plus vigoureusement que dans le sable di' quartz; mais les tiges seflétrirentet séchèrent par un temps chaud.

Dans la glaise maigre, les semences germèrent bien ; il se développa une radicule et une plumule d'une ligne et demie; mais elles moururent avant d'avoir [)ercé la surface de la terre, qui se couvrait d'une croûte serrée; les germes paraissaient être trop faibles pour se faire jour au travers de cette croûte.

Dans la glaise grasse on obseï vait la même chose, mais à un .degré plus fort; la radicule ei la plumule ne parvenaient pas à une ligne de longueur, et mouraient bientôt.

Dans la terre argileuse plastique, le développement était moindre encore que dans les précédentes.

On ne pouvait plus remarquer aucune germination dans l'argile exempte de sable; les semences, pendant quinze jours, y restèrent sans développement, soit que la terre fût mouillée ou sèche, à l'ombre, ou au soleil. Cette argile formait une masse très-ferme et très-consistante.

Lesmi'^mes graines qui paraissaientmortes, mises dans une terre arable ordinaire, germèrent en quelques jours, et poussèrent de belles tiges.

Dans le carbonate de chaux, les graines germaient e[i peu de jours; leurs tiges parvenaient à une hauteur considérable; beaucoup de petites racines se formaient, et paraissaient parfaitement saines.

Dans la magnésie carbonatée, es graines germaient bien aussi en peu de jours, parvenaient vite à une hauteur considérable, et les plantes étaient d'une belle couleur verte et pleines de suc.

Elles poussaient dans l'humus de la même manière que dans la magnésie.

Les semeflces confiées à la terre de jachère et à la terre arable germaient et se développaient bien; seulement les plantes parais^ saient croître moins vite que semées dans l'humus et dans la magnésie; ce qui résulte sans doute de la grande proportion d'eau que retiennent ces dernières substances , et de leur porosité, qui permet aux plantes d étre en contact avec l'atmosphère.

Ces résultats montrent que la porosité er l'humidité des terres sont deux des cond,tions les plus indispensables pour la végétation, et que l'argile pure a une influence nuisible moins par sa grande faculté de retenir l'eau que par sa grande ténacité et sa con si>.tance , enfin, parce qu'elle oppose mécaniquement des obstacles au développement de la jeune plante, et quelle la prive du contact de l'air, indispensable à la végétation.

On peut conclure, des données qui précèdent, que les sols servent essentiellement :

1" A offrir aux graines les conditions d'humidité, de température, de présence d'oxigène qui déterminent la germination;

2° sV présenter des interstices dans lesquels les radicules et les plumules puissent s'insinuer, et que les racines, les tubercules elles tiges puissent ensuite élargir, afin de se dévelopjitîr gr.uiuelleraent en assurant à la plante une s^rte de scellement ou de base

L'aspecl parliculier aux sols trop arp^ilcux, ou trop sableux, ou meubles et offrant les conciliions physiques utiles, se dénote en général très-bien après le labour et le 1" hersage. Ainsi la terre argileuse humide reste en moites ou tranches consistantes, comme l'in (lique X^fig. S7, et en sillons informes, Fig. 37.

SeCTIOx\ VIII.

-Moyens d'apprécier les qualités des sols.

Les propriétés et l'apparence physique peuvent servir très- utilement à apprécier les qualités des sols; nous citerons aussi les indices que l'on peut tirer des plantes qui cioissent spontanément ; enfin nous inditiuerons les réactions chimiques qui permettront de faire facilement l'analyse des terres.

§ \". — Par aspect et es propriétés physiques.

Une terre brune ou de couleur jaune, et divisée, offrira les 1'" indices de Jertilité. A quelques centimètres, elle devra être assez humide et tenace pour s'agglomérer sous la pression des mains, et redevenir pulvérulente ou facilement divisible entre les doigts.

Au V aspect, on peut souvent reconnaître wwsolde mauvaise nature , lorsque, par exemple, les parties sableuses ne contractent aucune adhérence entre elles, ou qu'au contraire, fortement plasticjues, elles présentent de très-lai-ges crevasses dcrant les sécheresses, ou se couvrent dVau pendant les pluies, ei adhèrent très-fortement ;iu\ pieds comme à tous les ustensiles aratoires.

Le sol sableux est alors , au contraire, pulvérulent, en grains sans adhérence, offrant à peine des traces de sillons, comme on l'a indiqué dans \2t. fin,. 38.

Fig. 38.

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