SUBSTANCES SALINES
Numéros.
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On voit que l'effet, peu sensible sur le n° 1*'' qui n'avait reçu qu'une livre et demie de sel , s'est élevé à son apogée sur le n° 2, qui en a reçu 3 liv., pour aller en diminuant jusqu'au n° 6, qui en a reçu 12 liv. dont la récolte s'est réduite à 48 liv. ou un peu plus du tiers du n° 2. Sur la deuxième coupe l'effet a été à peu près le même; cependant les pluies ont lavé les n"' où le sel était eu excès, qui ont alors un peu augmenté en produit.
La dose la plus convenable pour les fourrages légumineux serait donc de 3 liv. (Ikil. 50) par are, 3 quintaux par hectare, ou moitié de celle qui convient aux terres ensemencées en graminées céréales.
La proportion la plus productive /jowr les pommes - de - tene serait, comme pour les grains, de 6 liv. ( 3 kil. ) par are : c'est la dose du moins qui a donné plus de vigueur aux tiges.
Pour le lin, 5 liv. (2 kil. 50) par are paraissent la dose la plus convenable. Cependant le produit en grains n'est pas plus considérable que celui du lin non salé; une dose de 8 liv. a donné un produit sensiblement moindre que 5 liv.
Il en est de l'emploi du sel comme de l'emploi de la chaux; à moins de très-fortes doses , il produit peu d'effet sur les sols humides ; 6 liv. de sel par are répandues sur un pré froid et un pré sec, ont doublé le produit du dernier, et n'ont fait que changer la couleur du pré humide. Sur une avoine en terrain frais, l'elfet a été très- peu sensible, tandis que la vigueur s'est beaucoup accrue sur une avoine en sol sec. Enfin, des lots pris sur un sol humide et tourbeux ont reçu par are 6 , 12, 24 liv.de sel; les deux premiers n^^avaient de l'avantage sur les parties non salées, et les deux derniers ont beaucoup plus produit que les autres.
3 quintaux sur les fourrages légumineux ont produit le même effet par hectare que 5 milliers de plâtre, d'où il résulte que le sel marin pourrait remplacer le plaire dans les pays où ce dernier est rare et cher. Mais ce qu'il y a eu surtout de remarquable, comme pour les engrais calcaires , c'est V amélioration de qualité dans le fourrage des prés humides; les bestiaux l'ont consommé avec autant de plaisir qu'ils semblaient en avoir peu avant l'expérience.
\2effet général du sel sur les récoltes de toute espèce , est sans doute d'augmenter leur saveur, de les rendre plus agréables et probablement plus nourrissantes pour les bestiaux : nous pensons qu'il en estdemême des produits destinés aux hommes. li est à
croire en outre que les produis» qui conviennent mieux à l'instinct f;t à lappétil des animaux donnent aussi à leur chair plus de qualité et de saveur, ce que seuiblerait d'ailleurs prouver le haut prix que les gourmets attachent au mouton de pré salé. L'effet général du sel sur les récoltes a été d'augmenter tous les produits, mais en plus grande proportion les produits f<diacés. Aussi la dose pour les fourrages n'est-elle que moitié de celle des grains.
Les engrais salins réussissent à peu près aussi bien en poudre qu'en dissolution; comme le premier moyen est beaucoup plus commode, il est par conséquent bien préférable, d'autant plus qu'en employant le sel en dissolution, pour que son effet ne soit pas nuisible ei pour qu'il puisse couvrir toute l'étendue, il faut l'employer dissous dans beaucoup d'eau.
§ II. — De l'hydroclilorate ou niuriate de chaux {Chlorure de calcium).
Les effets du muriate de chaux sur la -végétation a\a\^ini été jusqu'ici très-conteslés ; il serait toutefois assez important que son action favorable sur le sol fût constatée, parce qu'il s'offre souvent en grands résidus dans les fabriques de produits chimiques. Dans les expériences de M. LEcoQ,ses effets ont été presque égaux à ceux du muriate de soude; toutefois il a semblé moins énergique sur les luzernes, et la dose la plus fécondante, au lieu d'être de 3 liv. par are, comme pour le sel marin, serait entre 3 et 6.
Son emploi est plus embarrassant que celui du sel marin à cause de sa déliquescence; il est parla même raison d'un transport plus difficile et ne pourrait pas être répandu en poudre.
On s'est borné ici à des expériences en petit; mais celles de M. Dubuc, de Rouen, lui sont très-favorables. Il pense que les cendres lessivées, le charbon, la sciure de bois, les plâtras, doivent lui servir d'excipient pour le répandre, et que 30 kilog. sufhraient pour l'amendement, d'un hectare.
Son ejfet a été grand sur le maïs, les pommes-de-terre, sur des arbres et arbustes de différentes espèces. Il pense qu'il conviendrait beaucoup au chanvre, au lin, aux graines oléagineuses ; il a doublé le volume des ognons et des pavots auxquels il l'a appli que.
§ III. — Du sulfate de soude.
Le sulfate de soude a été employé sur un pré et une terre semée en froment, à la dose de 3, 6 et 12 liv.
Numéros.
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Il en résulte que dans les terres la dose la plus convenable serait de 6 liv. (3 kil.) par are, plutôt néanmoins au-dessus qu'au-dessous, et que dans les prés l'elfet avantageux croîtrait jusqu'à 12 liv, et peul-être au-delà; — Ou peut se procurer ce sel à très-bas pris dans les fabriques de soude.
§ IV. — Du nitrate de potasse ou salpêtre.
Son succf-s sur It sol. contesté par quelquesHins, a été fort grand dans de nombreuses expériences faites en Anj^lelene. Les essais comparatifs avec le se! marin paraissent lui avoir donné l'avantage. En Angleterre le prix du salpêtre qu'on extrait de l'Inde est assez peu considérable pour qu'il puisse encore être employé avec avantage par l'agriculture.
La dose lapins utile du salpêtre est à peu près la même que celle du sel marin ; elle varie de 3 à 5 quintaux par hectare. On l'a employé avec succès sur les diverses céréales; cependant son effet a été plus remarquable sur les prairies naturelles et sur les trèfles.
Cl'rling l'a mêlé avantageusement avec les cendres, ce qui lui a permis d'en diminuer la dose. M. John Lee, qui l'a employé pendant quinze ans , pense qu'il fait produire en proportion plus de paille que de grains, et que son effet se prolonge sur la T récolte; mais d'autres agriculteurs ne partagent pas cette opinion.— On esi peu d'accord. \ur la nature des terrains auxquels convient le mieux l'application du salpêtre; son effet a été avantageux sur un grand nombre de variétés de sols, mais il semble a\oir été plus satisfaisant sur les terrains calcaires.
§ V. — Remarques générales.
M. Lecoq a encore constaté plusieurs circonstances de l'emploi des substances salines. Ainsi, il les a répandues en poussière au printemps sur les plantes en végétation. Une partie de sol semée en froment sur laquelle, au mois d'octobre, il répandit une dose de sel, a été moins productive qu'un autre lot contigu salé au mois de mars.
Le moment le plus favorable pour donner le sel aux pommes-de-terre serait celui qui précède le bultage;il en serait sans doute de même du mais ; dans ce cas, c'est sur ce sol, et non sur les plantes en végétation que le sel est répandu.
L'effet produit par les substances salines est instantané, mais il est peu sensible pour les sols humides et de peu de durée. Elles agissent à petites doses, toutes circonstances qui lui donnent la plus grande analogie avec le plâtre : c'est donc comme stimulant que ces substances agissent, et l'on n'a point à craindre qu elles épuisent le sol, à la condition qu'on y joiudra une quantité de fumier proportionnée au produit, comme on le fait pour les sols amendés par les engrais de mer.
Après tous les développemens que nous venons de donner, nous sommes bien en droit de conclure que les substances salines aident puissamment la végétation; mais leur effet malheureusement n'est pas uniforme ^ n'est pas général, et ce n'est que sur certains s )ls qu'il se produit. Depuis le mémoire de M. Lecoq, M. DE ÛOMBASLE a cssayé le sel sur son sol; mais, comme la chaux, il ne lui a pas réussi. Nous avons fait nous-mêmes, a ce sujet, des essais assez nombreux: au printemps dernier, nous avons employé les doses les plus productives des expériences de M. Le-
AMENDEMENS. liv. !•';
coq avec deux variétés de sel : le sel ordinaire du commerce et le sel de morue; cette csernière variété moins chère nous semblait devoir être plus énergique à cause des parties animales qu'elle contient. Ce sel, répandu sur quatre portions de prés de position et de sol variés, n'a produit aucun effet sensible : emjiloyé sur des portions d» champs de froment, en sol de gravier, en sol argilo-siliceux et en sol calcaire, il en a été de même; enterré à la première façon des pommes-deterre et au buttage du mais, il n'a donné aucuti résultat; il a seulement semblé exciter un peu plus la vigueur des vesces d'hiver.
A. Puvis.
Section iv. — Des am ndemens par le mélange des terres.
Si les amendemens stimulons, dont il a été question dans la section précédente, s'appliquent à des sols très-divers, ce qui doit êtie puisqu'ils agissent plutôt en excitant les lorces végétatives qu'en modifiant les propriétés physiques du teirain, nous avons vu au con- • Iraire que les amendemens calcaires, dont il a été traité dans la 2" section, ne conviennent qu'aux terres de nature sableuse ou argileuse. Il nous reste à indiquer les amendemens qu'il convient d'employer sur les sols naturellement calcaires, et à citer quelques faits isolés fournis par la pratique de diverses localités, et qui n'ont pas encore trouvé place.
Les terres oii domine la chaux sont les plus ingrates et les plus dilficiles à amender cotivenablement. L'argile paraitl'amendement le plus favorable; l'humus, surtout lorsqu'il est d'une couleur noire ou très-foncée, donne aussi de bons résultats. Mais ou ne peut dissimuler que le transport et le mélange de l'argile ne soient souvent difficiles et dispendieux. Cependant, lorsqu'elle se trouve constituer le sous -sol des terrains calcaires ou sableux, on peut la ramener à la surface avec de grands avantages. Si la charrue à deux socs, ou deux charrues à versoir marchant l'une derrière l'autre, ne peuvent l'atteindre, on remplacera la seconde charrue par celle à deux socs, ou l'on aura recours au moyen pratiqué par M. Vilmorin pour approfondir 'a couche arable (voir page 50, article Soussol).
Lorsqu'on ne se trouve pas dans cette situation favorable, il faut le plus ordinairement se borner à l'emploi des engrais, qu'on doit choisir, pour les terrains calcaires, ^'u«e nature grasse et d'une couleur noirdtr
M. Puvis recommande aussi le brûlement de la terre argileuse, qu'il considère à peu près comme le seul amendement pour cette nature de sol, comme le seul moyen d'y produire un effet analogue aux amendemens calcaires sur les autres terres. Il regarde donc en quelque sorte l'argile brûlée, dont il sera parlé à l'article Ecobuage, comme le complément du système général des amendemens et de leur application à tous les terrains.
Notre savant collaborateur cite encore les faits suivans, dont l'application, dans des circonstances analogues, pourra être tentée par les cultivateurs intelligens.
L'argile est très-employée dans l'offricuiturâ
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