‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 82 sur 304 · OPÉRATIONS AGRICOLES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS AGRICOLES

couper le gazon sur le côté opposé au versoir; D, pièce servant à diriger la charrue; E, réunion par une charnière en fer des deux parties de la charrue; elle donne non seulement la facilité de mieux diriger la charrue, mais en même temps celle de replier le train de derrière sur le train de devant porté par les roues; ce qui rend le transport très-facile; F est le versoir de la charrue ; il a 1 pi. 8 po. de long. »

Une autre machine au moyen de laquelle on peut obtenir des résultats d'une régularité remarquable, est celle de Rey de Pla- NAzu. Elle se compose {Jig. 78), : 1» d'une partie A armée de 3 à 6 coutres équidistans,

Fig. 78.

En Bretagne, sur les landes, on préfère l'étrapa (voy. /f^.67, ^a^<? 116), très-commode pour couper entre deux terres les racines d'une certaine ténacité.

Ailleurs on choisit Vécobue (voy. fig. 66, page\\%)^ avec laquelle il est facile de lever des plaques de 2 à 5 po. (0 m. 054 à 0 m. 135) de long sur 6 à8 po. (0, 162 à 0, 217) de large.

LouDON nous apprend que dans les contrées marécageuses de l'Ecosse, où l'écobuage se pratique sur une gi-ande échelle, on a généralement recours aune charrue {fig. 7^) Fig. 76.

dont le contre est remplacé par un disque métallique tranchant, tournant sur son axe, duut le soc large et plat est relevé en arèle acérée, disposée de manière à diviser le gazon en lanières d'une largeur voulue à mesure qu'il est soulevé par le soc, et dont l'eutrure est réglée, comme dans la charrue belge, par une roulette ou un sabot.

Dans le déparlement du Tarn, M. de Villeneuve a introduit une autre charrue, dont il a donné le dessin {fg. 77), et la description

Fig. 77.

suivante : «^, deux roues, dont l'une a été enlevée, afin de mieux laisser voir tous les détails de l'arrière-train; £, soc en fer, ayant 1 pi. 2 po. de long sur 10 po. de large, terminé en pointe; C, fort couteau en fer, destiné à

droits ou môme recourbés en arrière afin de présenter moins de résistance dans le sol, et assez finement acérés pour couper le gazon en bandes parallèles, ordinairement de 8 à 10 po. (Om. 217 à 0 m. 271), sans exiger trop d'efforts de la part du conducteur; —2° d'une partie B, espèce de soc plat, en forme de bêche à deux ou trois compartimens,de largeur égale à l'écarlement des coutres, destmée à pénétrer le sol à la profondeur voulue, et à détacher les bandes de gazon dont je viens de parler en plaques régulières, par un travail à angle droit du premier, comme on a cherché àVindiquer {fg. 70); — 3° et enfin, d'un avant-train propre à recevoir indistinctement et tour-à-tour les deux parties A et B. Mais, malgré l'économie de temps et de main-d'œuvre que peuvent présenter les machines perfectionnées dont je viens de parler, elles ne sont guère connues que sur de grandes exploitations et dans les contrées où la pratique de l'écobuage est fréquente. La charrue <2 veA-roir ordinaire, nonobstant l'irrégiilarité de ses résultais , attendu qu'elle se trouve partout, est assez communément employée. Entre des mains exercées, si on remplaçait le coulre par un disque coupant et tournant, et si, comme cela se pratique en Angleterre, au dire de sir John Sinclair, on adaptait seulement un soc à écobuer, elle deviendrait, à peu de frais, d'un usage infiniment plus commode. — Au reste , quoique l'emploi des instrumcns mus à bras d'homme soit certainement plus dispendieux , il est cependant assez commua, non seulement

parce qu'il ne nécessite aucune forle dépense d'acquisilion première, mais aussi parce que tous les terrains ne se prêtent pas éj,'alemeiit, par leur régularité, à i'écobuage aux charrues.

On ne donne pas toujours aux plaques de gazon la même épaisseur. OrdinaiieiTient on écroûte seulement le sol à la profondeur de un ou deux pouces ( 0 m. 0,27 à 0 m. 0,54 ).

11 est des circonstances où, pour augmenter la masse des cendres végétales et de la terre brûlée, il ne peut y avoir que de l'avantage à pénétrer plus avant.

Lorsque les plaques ont été détachées d'une manière ou d'une autre, pour les faire sécher, on les laisse quelques jours sens-dessus-dessous, et on les retourne ensuite, afin d'exposer la facegazonnée au soleil. Enfin, s'il en est besoin, on les oppose deuxà-deux, par leur sommet, en forme de petites tentes, comme nous l'avons représenté figure 70.

Art. h. — Du brûlis des terres contenant des végétaux.

On n'emploie pas les produits de I'écobuage exclusivemeut en les soumettant à l'action du feu; on les utilise encore, quelques-uns du moins, comme engrais et comme amendemens, soit en les enterrant à la charrue sur le sol même dont on vient de les arracher, soit en les déposant au fond de chaque tranchée de défoncement, soit enfin de toute autre manière. Je n'ai à ni'ocuper ici que des brûlis.

Quelquefois on fait brûler à la surface du terrain tous les végétaux frutescens et suffrutescens qu'il a produits; plus communément on ne brûle que leurs racines, après les avoir réunies, comme je l'ai indiqué au commencement de l'article précédent, en petits morceaux, auxquels on met le feu avant leur entière dessiccation. De cette sorte, on enrichit le sol de stimulans favorables à un surcroît de fertilité, sans diminuer sensiblement la proportion des matières fermentescibles qui sont restées dans la couche de terre labourable, mais aussi en ne soumettant qu'une faible partie de celle-ci à l'action du feu.

On brûle assezsouvent les chaumes , et parfois même, dit-on, dans le Lincoln, de la paille, qu'on répand à cet effet à la surface du sol dans la proportion d'environ 5 tons par acre, ou 12.^0 kilog. par hectare. Aux environs de Bayonne et ailleurs, dans le midi et l'ouest de la France, en Espagne, etc., la première de ces pratiques s'est continuée sans interruption.

Pour les résidus tourbeux et les plaques gazonnées qui retiennent fort peu de terre, les ouvriers les amoncèlent à la dislance de 10 à

12 pi. (3 à 4 mètres). Il est facile de les enflammer au moyen d'une petite quantité de cendres incandescentes prises sur les tas dont la combustion s'achève.

Il arrive fréquemment dans les marais, dit John Sinclair, au lieu d'amasser les gazons en tas, de les brûler incomplètement en les laissant répandus à la surface dans l'état où

DE L'ÉCOBUAGE.

les a laissés \n Dêche h écobuer, et celte pratique est suivie d'excellens effets.

Mais.^ lorsque les plaques contiennent une plus grande quantité de matières terreuses, tous ces procédi's deviennent insuffisans. Voilà celui qui a été recommandé le plus communément, d'après notre célèbre Duhamel. — On construit avec les plaques, en les superposant à plat, la face gazonnée la première, de petits fours (Yoy. fîg. 70) d'un à deux pieds de diamètre dans œuvre, au bas desquels on a soin de ménager, sous le vent, une ouverture carrée de 8 à 10 pouc. (0'" 217 à 0" 271 ), et qui se tei-mincnt à la partie supérieure |)ar une autre ouverture destinée à activer, au premier moment, la combustion des broussailles diverses dont on a rempli complètement la cavité du four avant de l'achever.— Dès que le bois est allumé convenablement, on ferme, avec de nouvelles plaques, la porte et la cheminée; on bouche même les fentes par lesquelles la fumée pourrait s'échapper trop abondamment, précisément comme les charbonniers le font à leurs fourneaux. — Dans cet état, la combustion continue lentement jusqu'à ce que la masse entière ait subi ses effets.

Un tel moyen est incontestablement fort bon; toutefois, par sa ré^iularité même, il entraîne des frais de main-d'œuvre considérables. Il est un autre procédé plus simple, fort en usaye dans la Catalogne française et espagnole, dans une grande partie de la Provence, et, d'après M.Gaston de La Beaume, dans toute la belle vallée du Grésivaudant. Voici la description qu'en a donnée mon vénérable collègue M. DE Lasteyrie: «Comme les plaines de la Catalogue sont dépourvues de bois, les cultivateurs vont chercher sur les coteaux ou montagnesvoisines des broussailles, des racines de lavande, de romarin, etc., pour la combustion de leurs terres(l). Après avoir labouré une ou deux fois le champ qu'ils veulent brûler, ils placent sur toute la superficie, à des distances convenables, de petits fagots pour l'ordinaire de forme pi-esque ronde et quelquefois plus alongée : un ouvrier forme les monceaux, que les Espagnols nommentyb/-/7z;^t/.*-, par allusion à l'habita lion des fourmis; on leur donne 1 mètre de base sur 3 ou 4 d'élévation, et on ramène avec un râteau la terre qu'on range autour des fagots jusqu'à ce qu'il s'en trouve une suffisante quantité pour la formation du monceau. On recouvre le fagot des mottes de terre les plus grosses, ayant soin de laisser au sommet une petite ouverture pour le passage de la fumée et de l'air. C'est par cette ouverture qu'on met le feu, après avoir recouvert le fagot de quelques poignées de chaume, de paille ou autres combustibles facilement inflammables.... Ceux qui construisent les/b/vn/o-t/j'se contentent de laisser, dans la partie supérieure, de petits interstices entre les mottes pour donner accès à l'air. Après avoir entassé sur le fagot de petites mottes, on recouvre celles-ci avec la terre fine que l'on enlève au moyen d'uue houe

(1) Cette méthode décrite ici pour la combustion des terres dépouillées de végétation dont nous nous occuperons plus spécialenieut dans la section suivante, est cependant applicable et souvent appUqué« aux brûlis des plaques engazonnées. C'est sous ce point de vue que je la reproduis ici.

AGRICULTURE : OPERATIONS AGRICOLES

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