‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 126 sur 369 · LIT. V · texte numérisé non relu

LIT. V

sonnage; il propose donc, pour se diriger dans ce point important, de peser les carpes de la pêche d'un étang, et pour avoir le nombre de têtes d'empoissonnage à y mettre, il divise le poids total par le poids particulier qu'il veut avoir pour les carpes de sa pêche. Il ajoute 1/5% pour couvrir les chances de la mortalité et les pertes probables; il proportionne ensuite à ce nombre celui des tanches et des brochets qu'il doit y ajouter. Ce système serait facile et commode à adopter si le principe sur lequel il se fonde était bien avéré; mais il est douteux qu'un étang produise toujours le même poids de poissons, et l'expérience et la raison prouvent que le poids est moindre lorsque la quantité d'empoissonnage est trop forte ou trop faible.

Dans la Brenne la proportion de Vempoissonnage est beaucoup > moindre. M. de Mari v aux, auteur d'un bon écrit sur les étangs de ce pays, évalue de 9 à 1100 têtes de carpes l'empoissonnage d'un étane de 10 hect., proportion d'un tiers plus faible que la proportion moyenne admise dans l'Ain. Nous pensons que cette quantité résulte dans ce pays de l'expérience comme celle admise dans î'Ain. La faible quantité de la Brenne peut venir de ce que le sol serait de moindre qualité ou de ce qu'on compte pour la surface a empoissonner tout le terrain, même les parties non inondées de l'étang; lorsque les étangs sont laissés en pâturage comme dans la Brenne, on comprend dans l'étang une assez grande étendue que l'eau ne couvre point. Dans l'Ain, on base, et avec raison, rigoureusement la quantité de l'empoissonnage sur l'étendue du sol inondé, et par millier de carpes on met en moyenne 20 à 25 brochets et 50 tanches.

En Sologne , M. de Morogues donne pour les étangs de lre qualité la proportion de 400 d'empoissonnage par hectare de terrain toujours couvert d'eau; elle serait presque double de la nôtre si la base sur laquelle on l'établit était la même ; mais en Sologne on ne compte rigoureusement que le sol que l'eau couvre encore dans les grandes sécheresses, pendant que nous comptons tout le sol que peut couvrir l'eau pendant que l'étang est plein. Ce qu'il y a dé particulier dans l'aménagement d'étangs de ce pays, c'est qu'on ne met point de brochets dans la pêche et qu'il en reste ou s'en insinue presque toujours quelques-uns, qu'on y accuse d'apporter dans l'étang plus de dommage que de profit. On conçoit que des brochets d'une grosseur sans proportion avec celle de l'empoissonnage per/ent être nuisibles, mais en revanche ils sont très profitables lorsque l'empoissonnage du brochet est fait d'une manière rationnelle. En Sologne, où l'on pêche à 2 ans, sans alternance d'assec, les brochets qui restent dans les biefs comme résidu de pêche, et ceux qui ont été mis comme empoissonnage la lrc année, peuvent faire beaucoup de dégât et occasionner plus de perte que de profit, surtout s'ils sont plus forts que le reste de l'empoissonnage. Dans l'Ain on pare à cet inconvénient en ne mettant le brochet que la 2e année.

On aurait donc tout intérêt en Sologne à imiter la pratique du Forez, où l'on égoutte rigoureusement tous les étangs qu'on doit empoissonner l'année d'aorès ; on les laisse au

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moins 15 jours en vidange , afin que les feuilles de toute espèce et les brochets périssent et ne viennent pas surcharger on détruire l'empoissonnage qu'on doit y mettre,

Il est tout-à-fait reconnu que la carpe est meilleure et plus belle dans les étangs où il se trouve du brochet que dans ceux ou il y en a peu ou point. Le brochet débarrasse l'étang de la feuille, du petit poisson qui le chargerait et nuirait à la nutrition et à la croissance du poisson de la pèche; d'ailleurs en pourchassant la carpe et la tanche, il les empêche de s'abandonner librement à leurs amours qui les épuisent, les maigrissent et les arrêtent dans leur développement.

Les brochets, dans l'empoissonnage à un an, ne donnent pas toujours de profit, mais encore y sont-ils utiles pour débarrasser la feuille.

§ IL — Tôche à un an.

La première condition pour une pêche à un an, c'est de recevoir l'eau dans son étang le plus tôt possible et d'empoissonner avant l'hiver; l'empoissonnage qu'on sort d'étangs où il est très nombreux et se nuit réciproquement se trouve très bien d'être mis au large et d'avoir une nourriture abondante; il commence donc à profiter pendant les temps doux de l'hiver et du premier printemps.

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