DU PRODUIT COMPARÉ DES ÉTANGS
beaucoup baisser et n'être que le 1/3 de celui que nous venons de donner comme terme moyen. Dans le temps où l'on voulait tout mettre en étangs, on agit comme dans toute circonstance où l'engouement tient lieu da raison. On fil de très grandes dépenses pour mettre en étangs des fonds qui produisent très peu en poisson, et qui auraient pu produire de bons bois ou être labourés et cultivés avec quelque avantage. Les chaussées qui environnent ces fonds, souvent de trois côtés, coûteraient maintenant beaucoup plus à faire que le fonds n'aurait de valeur vénale.
Dans les fonds de qualité moyenne dont nous avons parlé, le produit de l'assec est regardé comme double de celui du poisson; le produit de l'avoine est de 20 à 25 hectolitres par hectare.
Dans le Forez le produit donné par M. Durand est plus considérable; les frais d'empoissonnage sont aussi plus forts; leur empoisson nage d'un an pèse 7 à 8 onces , pendant qu'il ne pèse que moitié dans l'Ain. Le produit brut en poissons y serait de 100 fr. par hectare et par an, dont ils ôtent moitié pour frais d'empoissonnage, de garde et de pêche ; il resterait en produit net 50 fr. Le produit de la pêche de deuxième année s'évalue à l/8e de moins que celle de première année. Le produit en assec, au contraire de ce qui se passe dans le département de l'Ain , est regardé comme inférieur à celui du poisson, en sorte que le produit net moyen annuel de l'hectare du terrain en étang serait de 40 fr. Cependant les étangs se sont relativement moins accrus que dans le département de l'Ain; mais l'usage des pêches d'un an et du labour des étangs est devenu tout-à-fait général.
M. de Morogues évalue le produit annuel à un cpiintal de poisson par an et par hectare. Si on évalue le quintal de 25 à 30 fr.,et qu'on ôte moitié pour l'empoissonnage, le chômage, ce qui est sans doute beaucoup, on aurait 12 à 15 fr. par an pour le produit net moyen de l'hectare d'étang. Ailleurs il ne porte ce produit net qu'à 5 fr. Ces deux chiffres, donnés par un propriétaire qui habite le pays, seraient assez difficiles à concilier etne s'expliqueraient que par la grande différence de valeur du poisson dans les différens cantons de la Sologne. Mais ces résultats, en prenant même le plus fort, prouvent surabondamment que le produit des étangs, non alternés en labourage, est peu considérable.
Enfin M. de Marivaux estime le produit en poisson annuel, d'un hectare de première qualité, dans la Beauce, à 32 fr. 50 c, déduction faite de l'empoissonnage et des frais; si on retranche les frais de pêche et le chômage de la onzième année, ce produit se réduit à 28 fr. ; il est de très bons fonds, dans le département de l'Ain, qui donnent un produit triple.
Le résultat de ces comparaisons de produits serait donc évidemment que l'assolement alternatif en labour et en poissons est sans comparaison le plus favorable au produit; d'ailleurs il fournit tous les 2 ou 3 ans, sans engrais, une récolte abondante de paille qui est une ressource très précieuse pour le domaine; il est encore moins malsain, parce que la terre de l'étang, labourée en planches bombées, à mesure que par l'évaporation de l'été le sol se