CHAPITRE IV. — Mesures générales d'amélioration
L'agricullure d'un pays ne peut obtenir de gtands développemens que par les efforts simultanés de tous les ha bilans et le concours d'un gouvernement éclairé.
Les industries agricole , manufacturière et commerciale réagissent l'une sur l'autre en se prêtant un mutuel appui dans le phénomène de la production. Toutes, elles profitent des enseignemens des sciences; aussi n'estce que dans les pays arrivés au plus haut degré de civilisation que l'agricul lure peut atteindre le plus haut point de perfectionnement.
L'agriculture ne prospère jamais dans un pays, que lorsqu'il y a harmonie partout, que là où chacun agit d'après les mêmes principes pour arriver à un but commun, à savoir la prospérité générale fondée sur la richesse particulière. Parmi les élémens de cette économie intérieure, il ne faut pas oublier les
bons rapports qui doivent exister entre l'étendue superficielle des terres arables et celle des prairies, étangs, forêls, etc. Une bonne division des héritages est aussi un élément général de prospérité sur lequel nous allons revenir.
Les élémens de succès pour les cultivateurs sont, d'une manière générale, l'instruction, 1 activité, la prudence, la sobriété, le respect des lois, la persévérance à provoquer, établir et conserver des institutions utiles, telles que écoles d'enseignement primaire et d'élémens d'agriculture, sociétés et comices agricoles, banques agricoles de circulation ou de crédit, caisses d'épargne, compagnies d'assurance et autres améliorations dont la nécessité se fait sentir dans le pays. Ils doivent aussi prêter secours et assistance à l'autorité dans les efforts qu'elle fait pour améliorer l'état physique, industriel et moral du pays
citap. 4. MESURES GENERAI
Quant au gouvernement, tes devoirs sont plus étendus; il doit provoquer toutes les lois et toutes les mesures administratives qu'il juge utiles; prêter son concours aux ha bi tans dans les efforts qu'ils font pour déraciner des abus ou introduire des améliorations; éclairer les populations en organisant un système d'éducation générale en rapport avec les besoins du pays, et spécialement en créant partout où la nécessité s'en fait sentir des chaires d'agriculture à l'imitation de celles qui existent en Allemagne. Il peut aussi instruire et éclairer les intérêts en publiant des instructions, des tableaux statistiques de la production et de la consommation, soit des localités particulières, soit du pays en général, tl doit protéger partout par des lois et par une police bien organisée, les propriétés et les citoyens, procurer enfin à la masse de la nation toute la sécurité et tout le bien-être compatibles avec la nature humaine et les circonstances où la population se trouve placée.
Il est loin de notre pensée d'avoir eu la prétention d'énumérer les devoirs réciproques des cultivateurs et du gouvernement, un pareil travail ne trouverait pas ici sa place et serait au-dessus de nos forces; nous avons voulu seulement indiquer les principaux points de contact qui existent entre les administrateurs et les administrés. Nous terminerons ce chapitre en indiquant avec les détails qu'elle mérite une grande mesure d'intérêt agricole dont on s'est encore trop peu occupé en Erance, et qui mérite cependant, à tous égards, de fixer l'attention du gouvernement et des cultivateurs; nous voulons parler de la réunion des propriétés morcelées.
De la réunion des propriétés morcelées.
Nous avons vu qu'un des plus puissans élémens de la prospérité agricole d'un pays était les bons rapports qui existent entre la superficie des terres arables et celle des prairies, étangs et forêts; mais cette prospérité ne dépend pas moins de la bonne division des héritages. S'ils sont trop étendus, la culture en est souvent négligée; s'ils sont trop circonscrits , ou si la terre est morcelée indéfiniment, il en résulte d'autres inconvéniens que nous allons signaler. Nous avons établi dans le chapitre précédent qu'il existait en Erance environ 3,000,000 de chefs de famille propriétaires fonciers, et 125,000,001) de parcelles, ce qui forme en moyenne 2G à 27 parcelles par propriétaire, et a peine 2/3 (Ta r peut en moyenne par propriété. Si l'on réfléchit qu'il existe encore en Eranceun trèsgrand nombre de propriétés étendues, on ne pourra s'empêcher d'être effrayé du morcellement auquel la terre doit être parvenue dans quelques-uns de nosdépartemens pour amener un pareil résultat. Aussi lorsqu'on jette les yeux d'un point élevé sur quelques parties de; notre territoire, on est frappé de l'extrême division de la propriété foncière. Le sol ressemble à un véritable échiquier ou à une carte d'échantillon aux mille nuances diverses. Mais si l'on réfléchit que ce morcellement tend chaque jour