‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 267 sur 369 · C. Des bàtimens d'exploitation · texte numérisé non relu

C. Des bàtimens d'exploitation

S'il fallait présenter dans ce paragraphe toutes les considérations auxquelles donnent lieu soit la construction, soit la distribution, la forme, etc., de chaque portion des bàtimens ruraux en particulier, nous serions obligés d'entrer dans des détails étendus que ne çom-

porte pas 1 étendue de cet ouvrage ; nous croyons donc «levoir nous restreindre ici à quelques observations d'un in [ôrêt pratique et d'une application usuelle.

Waistell à qui Ion doit un fort bon traité sur les constructions rurales publié à Londres en 1827, a partagé tous les bàtimens d'exploitation et dépendances en il classes suivant le service auquel ils sont destinés ou leur analogie ; nous en ajouterons 2 autres qui formeront ainsi 13 classes distinctes que nous allons passer en revue.

l'e classe. Granges, gerbiers, aire à battre, logement de la machine à battre. Les granges sont inutiles ou moins grandes dans les pays où l'on met les céréales en meules; Waistell pense que les granges en forme de rectangle sont proportionnellement plus dispendieuses que celles de forme carrée; cependant. en Belgique, on donne partout la préférence aux granges longues et peu élevées. Il est avantageux que ces bàtimens présentent 2 portes charretières à 2 venlaux pour que les voitures chargées de récoltes entrent par l'une et en ressortent vides par l'autre. Dans quelques lieux on ne conserve qu'une fenêtre à l'extérieur sous laquelle s'approchent les voitures et qui servent à rentrer ces récoltes.

Nous avons vu précédemment que 3,5 kil. de gerbes occupaient environ l pi. cube ( 1 quint, met. environ l met. cube); cette donnée va nous servir à déterminer la capacité qu'il faudrait donner à une grange dans le cas où il s'agirait de la construire à neuf.

Supposons, par exemple, qu'il s'agit d'engranger par année 50,000 gerbes de 6 kil. chacune ou 1 80,000 kil. de diverses espèces de grains, dans une grange à laquelle on veut donner 36 pi. (12 met.) de largeur et 12 pi. ( 4 met. ) de hauteur ; quelle longueur ce bâtiment doit-il avoir?

Voici le calcul qu'il faut faire :

180,000 kilog. à 3,5 kilog. par pi. cube

exigeront une capacité de.

Deux travées pour l'aire à battre, chacune

de 14 pi. de largeur sur 36 pi. de longueur et 12 pi. de hauteur; capacité.

Total de la capacité de la grange . . Le corps delà grange à 36 pi. de largeur

et 12 pi. de hauteur, c'est une surface

en coupe transversale de . . . . Le toit à 36 pi. de largeur et 18 pi. de

hauteur au milieu ; sa surface en coupe

transversale est de 32 4 pi.

Dont il faut déduire l/5 pour

les solives des travées ci. . 108 Reste pour la coupe transversale du toit.

Total de la coupe transversale disponible.

Ainsi chaque pi. de longueur de bâtiment donne une capacité de 648 pi. cubes; il faut donc, pour connaître la longueur de la grange, diviser par ce nombre la capacité totale qu'elle doit avoir, ou 63,524 pi. Le quotient donne pour cette longueur, en nombre rond 99 pi., non compris l'épaisseur des murs des extrémités ou de refend s'il y en a, c'est-à-dire 7 travées distantes environ chacune de 14 pi.

Dans une grange bien construite, les récoltes doivent, au moyen d'un bon système de ventilation, être maintenues sèchement et à l'abri de l'humidité qui peut y causer un dommage considérable, ainsi que de l'attaque des animaux nuisibles (voy. t. I, p. 318).

2e Classe. Greniers ou chambres à grain. La ventilation , la sécheresse et la sécurité contre l'attaque de la vermine sont les conditions principales que doivent remplir ces sortes de bàtimens; à cet égard nous renvoyons à ce que nous en avons déjà dit, t. J, p. 320.

3e Classe. Ecurie , cour à panser les chevaux ,

ADMINISTRATION RURA.LK. lïv. xr.

fenil, chambre au hache -paille, au coffre à avoine, sellerie ou salle aux harnais. Notre livre consacré aux. animaux domestiques contient tout ce qu'il est nécessaire de savoir sur la construction, l'aérage et la salubrité de ces bàtimens. Nou3 reviendrons seulement sur le détail de leurs dimensions que nous n'avons précédemment donné qu'en gros.

pi. carres.

432 pi.

Un bon cheral de taille moyenne exige pour

1° La longueur du râtelier ou mangeoire, non compris les poteaux, barres ou planches de séparation entre les stalles .... 5 pi. carres.

2° La longueur de la stalle, y compris la largeur de la mangeoire ou du râtelier et un passage derrière l'animal 18

Ce qui fait pour chaque cheval à ï'e'curie. 60 ?° Le magasina fourrage, sellerie, chambre au coffre à avoine, au hache-paille, etc., en supposant une écurie de 8 à 16 chevaux pour chacun . 15

Au total, pour chaque cheval . . • . , 75 pi. carrés, de surface de bâtiment.

Il est avantageux d'établir des séparations entre les chevaux. Ces bàtimens ne doivent pas avoir moins de 8 à 9 pi. de hauteur et le plus souvent 10 à 12. Il faut éviter de placer au-dessus les greniers à fourrages avec plancher à claire voie. La ventilation doit s'opérer par o"es fenêtres suffisamment spacieuses et par de petites ouvertures, qu'on peut fermer au besoin et qu'on établit à diverses hauteurs. Le plancher doit être légèrement en pente, et en matériaux imperméables pour que l'urine ne s'infiltre pas et ne s'y corrompe pas. Il serait avantageux que le bas des murs fût recrépi en ciment hydraulique.

4« Classe, fâcherie, étables pour les bœufs de trait ou à l'engrais, les animaux malades, cellier, silos, caves ou magasins à racines fourragères, fenil, chambrée aux machines à nettoyer et couper les racines, hacher les fourrages et cuire les alimens, fosse à urine. Ces constructions doivent, ainsi que nous le disons dans le livre de l'éducation des animaux, satisfaire à peu près aux mêmes conditions que les précédentes. Voici le détail de l'étendue qu'il convient de leur donner pour chaque tête de gros bétail.

A. Une vache, de taille plutôt grosse que petite, nourrie constamment à fe'table ou en partie au pâturage exige pour lo La longueur de la mangeoire ou râtelier

20 La longueur de la stalle, y compris le passage derrière les animaux et la largeur de la mangeoire 11

Ce qui fait par vache à l'étable . . 49 3° Magasin à fourrage, au hache-paille, etc., en supposant réunies de 15 à 30 vaches ; par tète 11

Au total pour chaque tête d'animal. 6l pi. carrés, de surface de bâtiment.

B. Pour un bœuf de trait plutôt fort que de petite taille.

1/2 carrés.

1° Longueur de mangeoire.

2° Longueur de la stalle.

pi.

66 pi. caries.

Ce qui fait par bœuf à l'étable .... 3° Le magasin à foin, la salle au hache-paille, etc., pour une étable de 15 à 30 bœufs pour chacun . .

Au total pour un bœuf de trait. . . de surface de bâtiment.

C. Pour un bœuf d'engrais de forte taille , comme une vache ou 60 à 62 pi. carrés de surface de bâtiment.

D. Pour déjeunes bètes'a. cornes.

Un jeune animal au-dessous d'un an 25 à 30 pi. carrés, de t à 2 ans 30 à 40 de 2 h. 3 ans 40 à 50 En moyenne, 40 pi. carrés de surface de bâtiment par tcle d'animal.

CttAP. 2c.

En Angleterre, dans beaucoup de fermas à laiterie des districts à pâturages, on donne aux bêles à cornes une largeur de mangeoire supérieure à celle que nous indiquons et que nous regardons comme suffocante, et qui est quelquefois du double p!us grande.

Dans les étables belles, où ou pratique un passage en avant des bêles à cornes pour distribuer les alimens, et derrière elles un espace large et enfoncé dans lequel se rendent les urines et où on accumule le fumier, il faut, par tète d'animal, une longueur double de celle que nous venons d'indiquer.

Dans les grands établissemens , il est avantageux d'avoirdes étables se'/ ailles, soit pour les animaux de différentes races, soit pour ceux d'âges divers ou pour les bêles qui n'onl pat'la même destination.

Les endroits où l'on dép Bm\eJoin et les racines doivent être secs et très propres, afin que ces alimens ne contractent pas de mauvaise odeur ou des qualités qui dégoûtent les bestiaux el leur font constamment rejeter une nourriture qui leur répugne.

La salle à cuire b's al mens doit être à portée des magasins à foin ou celliers à racines el pommes de terre.

Dans les étables où l'on établit des réservoirs à urine, il faut calculer que ebaque bêle à cornes de laiMe ordinaire, nourrie constamment à l'élable, soit en vert, soit en sec, donne, terme moyen, un pi. cube (34 déc. cube) d'urine en 24 beures.

5e Classe. Bergerie. Les moutons de forte taille, dont l/4 à 1/5 consistent en brebis portières el qui ne sont soumis à la tonte qu'une fois par an, exigent 15 po. de cièclie ebacun el occupent, en moyenne, 10 pi. carrés de surface; ceux qui sonl tondus 2 fois paraît, 13 po. de crèche et 9 pi. carrés de surface, les agneaux de 4, 6, ou y mois, 9, 10 et 11 po. de crècbe. On comprend dans celle estimation l'emplacement nécessaire aux crèches, aux claies de séparation, au passage et aux agneaux.

Les portes et les fenê'res d'une bergerie doivent être vastes, d'une élévation de l 4 à 15 pi., le sol et le bas d. s murs cimentés el imperméables; il sérail convenable qu'il y eût auprès une petite cour où les moutons pussent prendre l'air à volonté. Un magasin de 12 à 13 pi. de largeur, 38 à 40 de longueur el 13 à 14 de hauteur, suffit au service journalier des fourrages et racines, pour 500 à 800 bêles, et au temps delà tonte, pour tous les travaux de celle opération.

6e Classe. Toits ou réduits à pofvs, poulaillers, cabanes pour les oise ux et autres petits animaux domestiques , etc. Ces bàlimen6 doivent êlr.i placés de façon qu'on y puisse communiquer facilement de la cuisine ou de la maison d'habitation, mais toutefois sans nuire à !a salub ilé de l'air de celles ci. Il ne faut pas les entasser dans un seul endroit, ni les faire trop sur baissés ou en contre-bas du sol. etc.

7e Classe. Cours , appentis , abris pour les bestiaux, cours à fumiers , bassins à purin, etc. Les cours à besliaux doivent être exposées au midi et abritées des vents froids par les bàlimens les plus élevés de la maison de ferme ou par des arbres. Les appentis sont établis plus économiquement contre les murs de ces bàlimens que quand il faut les construire exprès. Ils ne doivent pas avoir moins de 7 pi. de bauleur à l'entrée. Les cours où sent les dépôts à fumiers se placent commodément ù peu de dislance des étables ; elles dnivenl être pavées, glaisées ou cimentées pour en rendre le sol imperm eable aux urines, et creusées en fond de chaudière, c'^st-à-dire un peu enfoncées au milien où se trouve ur, puisard ou réservoir qui sert à rassembler le purin , Quelques fermiers les chargent de terre meuble ou »'je débris qui, en absorbant les unnes, forment des composts qu'on enlève de temps à aulre pour

BATIMENS D'EXPLOITATION. 417

répandre sur les champs. On éloigne de ces cours les eaux pluviales et courantes qui en lavant le fumier lui enlèvent son arlivilé, el, quand cela est possible, on recouvre le dépôi de c< lui-ci par un toit, ou au moins on l'abrite contre le solei1 et le préserve d'une trop forte évapora tion ou du dessèchement par des plan talions d'arbres. Les voilures doivent puu\oir en approcher facilement.

8e Classe. Hangars, appentis pour les véhicules et les instrumens, salle à outils, magasin à serrer les lai es. Toutes ces conslrui lions doivent être 1res légères el avoir au moins 7 a 8 pi. à l'entrée ; quelquesunes doivent être fermées par despoites, el entre autres le magasiu aux laines qui, de plu?, doilélre sec, éloigné de loule cause qui pourrait causer un incendie el à l'abri des larcins ou des animaux destructeurs. Souvent on construit au-dessus de ces bàlimens des greniers à fourrages ou à grains qui s'y trouvent bien placés. Dans un grand établissement il est utile d'avoir une salle fermée pour déposer tous les vieux objets qui, sans cette précaution, disparaissent quelquefois ou sonl perdus par suite de négligence ou d'infidélités.

9e Classe. Salles à chauler les blés, à abattre les animaux, à saler les viandes, etc. Une seule salle peut suffire à ces divers services, mais il faut qu'elle soit dallée, mastiquée dans le bas des murs et qu'un robinet y fournisse de l'eau en abondance.

1 0e Classe. Forge, ateliers, magasins aux matériaux de construction. La forge, dans les établissemens qui en onl besoin, doit être séperée des autres conslructionsdecraintedufeu ;lesaulres bàlimens, sous le rapport des dimensions, seront proportionnés à l'activité qui règne dans les ateliers ou à la consommalion des matériaux el placés suivant les besoins du service, eu veillant toutefois à ce qu'en les desservant on ne puisse nuire à l'activité ou à la facilité des travaux agricoles.

11e Classe. Chambres aux grosses provisions de ménage. Il faut, pour cet objet, un bâtiment ou portion de bâtiment placé à la portée de la maison d'habitation et qui soit sec, frais, suffisamment spacieux et pourvu d'eau.

1 2<- Classe. Puits, citernes, lieux d'aisance, etc. Dans les petites exploitations, les puits, citernes ou pompes seront placés près de la maison d'habitation; dans les fermes plus étendues, où il y en aura plusieurs, on les placera près de cette maison et près des et u ries1, des étables, des bergeries el des bàlimens où s'exercent quelques arts agricoles. Dans loule ferme il devrait y avoir 2 cabinets d'a-sance au moins pour les gens de service, l'un à l'usage des femmes près de la maison d habitation, et l'autre pour les hommes, non loin des écuries ou des étables; ceux de la maison d'habitation devraient de même ôire doubles, l'un pour la ménagère el les jeunes enfans et l'autre pour le fermier, les amis et les visiteurs.

15e Classe. Bâtimenscii s'exercent un ou plusieurs arts agricoles. Il en est un très grand nombre qu'il est indispensable de séparer de ta masse des aulres bàlimens, tant pour les rapproi lier des moteurs naturels ou bs placer el les exposer convenablement que pour Éviter les incendies que quelques unsd'entre eux pourraient allumer el qui pourrait 6e communiquer à la

totalité des bàlimens d'exploitation. Au reste, ils doivent être à portée des magasins, silos, celliers ou caves qui leur fournissent leurs matières lre* ou qui servent à emmagasiner leurs pioduils, el le plus souvent élre pourvus a'eau en abondance.

2° Exemples et modèles de bàlimens ruraux.

Nous allons présenter dans ce paragraphe

AGRICULTURE

103e livraison.

Page 1