‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 269 sur 369 · LIV. TH · texte numérisé non relu

LIV. TH

ou 5 ares. Le magasin à foin et les greniers au-dessus des Stables, des e'curies et des hangars, présentent un développement de plus de 400 met. cubes pour le logement des fourrages, et sulfisans pour 4 mois d'hivernage.

Les hauteurs sont, pour Pelage souterrain, 2m 50, le bâtiment d'habitation 6 met., les étables et écuries 4 met., la grange et le magasin ;i fourrages 5 met.

Autre exemple pour une ferme de même étendue que la précédente, et exploitée de même.

Le major Beatsoiv, dans son nouveau système de culture publié en 1820, a proposé comme très commode le plan suivant :

Fig. 245.

Fig. 244.

La maison d'habitation est placée à 10 met. en avant desbâtimens d'exploitation; dans ses étages souterrains elle ressemble à la précédente, et on y place le fournil, le cellier aux boissons et le bûcher. La laiterie peut y être également souterraine ou bien être placée avec son échaudoir au rez-dechaussée comme dépendance, et du côté du nord.

Fig. 243. Plan de la maison d'habitation: — I, cuisine; — 2, buanderie; — 3, cabinet du fermier; — 4, salle à manger ; ■ — 5, laiterie ; — 6, échaudoir et chambre à fromages.

Fig. 244. a, sellerie, hache-paille, coffre à avoine (2m X 8m) ; — b, écurie pour 4 à 5 chevaux (4m x 8m); — e, étable pour 4 veaux (2m x 8m); — d, étable pour 12 vaches (?m x 8m ) ,- — e, cour à fumier avec toits à porcs; ( » om x î «■) ; —•/, étable pour 1 4 vaches ou bêtes à l'engrais (7m x 8m), et magasin à foin au-dessus; — g, grange (lom x 7); — ht cellier aux racines (5,50™ x &■* ); — i, hangar aux voitures (5m x 5m); __. #, salle fermée aux !

Fig. 243.

instrumens (2,5m x 5m ); — /, salle fermée aux outils (5«» X 2m ) ; — m, logement d'un serviteur ou surveillant, avec un ler étage au besoin ( 4m x 3m ) ; — n, bûcher ( 3m — „ 2m ); — o, basse-cour ; — p, latrines; — q, puits , mar-e ou citerne , avec auge pour les bestiaux ; — r, mare pour les porcs.

La maison d'habitation couvre avec la laiterie 130 met. de superficie ; les bâtimens d'exploitation 364 ou 370 met. au total 500 met. car. ou 5 ares comme précédemment. La superficie totale enceinte par les bâtimens est également environ de 7 ares; savoir : 1 are 30 pour la maison d'habitation, et 5 ares 90 pour les bâtimens d'exploitation (22 met. de long, sur 2/ de largeur). La grange a 70 met. de plancher sa hauteur est de 3 l/2 à 4 met., sa capacité est de 250 à 300 mètres cubes. Les greniers à fourrages au-dessus des écuries, des étables, des hangars et des salles, ont une capacité de 413 met. cubes, et le cellier aux racines de 100 met. cub^

Dans les 2 exemples qui précèdent, nous avons établi le plan et l'étendue des batimen* pour une ferme de 34 hecl. en terre A froment de lre classe, avec culture alterne et nourriture des bestiaux à l'ttable. On sent assez que si la ferme, quoique de même étendue, était en terre à froment de 2'", 5'' ou 4e classe, ce plan pourrait être non-seulement modifié suivant les besoins, mais que l'étendue décroîtrait proportionnellement avec le volume ou la valeur des récolles, au point qu'une ferme de r, t hect. en terre à frqment de 4e classe n'exigerait pas des batimens plus vastes qu'une ferme de 10 à 19 liect. en terre à froment de l'e classe, le poids des récoltes, dans les 9 cas, élant à peu près le môme, et le nombre des bestiaux qu'on peut entretenir dans l'une et dans l'autre élant peu différent.

A surface égale et à classe correspondante, les récoltes, sous le rapport du volume, ne diffèrent pas beaucoupdansles terres à seigle et dans celles à froment et exigent, par conséquent, une capacité à peu près égale pour les loger; mais elles ont une bien moindre valeur, et, ainsi que nous avons déjà eu l'occasion de le faire remarquer, elles ne peuvent payer, pour les batimens, une renie aussi élevée. Ces batimens doivent donc être plus légers et présenter moins de commodités dans leur construction, surtout relativement à la maison d'habitation qui peut être plus modeste.

Dans les terres à céréales de printemps, les récoltes étant à surface et classe égales, moindres et moins assurées, le fermage ne peut èlre aussi élevé que dans les 2 divisions précédentes, ce qui nécessite une diminution dans l'étendue et les frais de construction des batimens ruraux.

Nous ferons aussi observer que, dans le système du

BATIMENS D'EXPLOITATION

pâturage à classe et à nature de terre égales, une partie îles récoltes élant consommée sur place, le matériel mort et le personnel ne sont pas, pour une même étendue, aussi coDsidérablei que dans le système de la slabulalion permanente, et que les batimens qui servent à loger les bêles de rente n'ont pas besoin d'être établis avec autant de frais et de soin dans ces 2 cas.

Il est encore utile de remarquer que les observations précédentes ne sont applicables qu'aux fermes d'une même localité et qu'elles ne seraient pas toujours exactes si on les étendait à des pays différens. Il est, par exemple, des terres à seigle en Belgique qui donnent des produits et paient un fermage 3 lois plus forts pour une surface égale que quelques terres à fro« ment de même classe ou même de classe supérieure dans quelques départemens de la France, cl où le fermier belge a droit par conséquent à des batimens plus spacieux, plus commodes et plus agréables.

A ces exemples trop peti nombreux de la disposition et du plan des établissemens ruraux, nous ajouterons un modèle proposé par Waistell dans son Architecture rurale, pour une ferme de grande dimension et où on nourrit et engraisse beaucoup de bêles à cornes qui passent l'hiver dans de vastes cours garnies d'appenlis pour les garantir des injures du temps. Nous ne donnons pas ici les mesures, parce qu'on peut aisément agrandir ou diminuer les dimensions des diverses parties , suivant l'étendue de la ferme et les besoins de l'établissement qu'on se propose de former sur ce modèle.

Fig. 246.

Fig. 246. Plan de la ferme -.maison d'habitation; — a, cuisine ; — b, parloir; — c, cabinet du fermier; — d , salle de réception; — e, fournil; — /, laiteiie; — g, garde-manger;

— h, brasserie pour les usages domestiques; — i, bûcher; — A, salle au chai bon de terre; — /, salles pour les cendres et divers objets de ménage; — m, salle aux débris de la cuisine ou autres pour les porcs; — n, remise pour un cabriolet ; — batimens d'exploitation ; — o, hangars pour les chars et charrettes ; — p, chambre aux outils; — I, cinq réduits à porcs;

— 2, étable pour 6 veaux ; — 3, étable pour 4 bêles à cornes; — A > magasins à fout rages servant aussi de passages pour distribuer les alimens aux animaux; — 5,6,7,8,9, étables pour 4 bètesà cornes; — 10 citerne et lieu pour laver les tubercules ou les racines ; — 11, étable pour les taureaux ; —

Fig. 247.

12, trois appentis pour les bêles à cornes; — 13, passage pour la distribuliou de la paille ; — 14, magasin à paille; — 15, machine à battre; — 16, chambre pour le grain battu; — 17, gerbes non battues; — 18 , manège de la machine; — 19,

— salle ouverte pour usages divers; — 20, magasin à foin et machine à hacher les fourrages; — 21, 23, écuries pour 6 chevaux chacune ; — 22, 24. sellerie, salle aux équipages ; — 25, cour de la maison ; — 26, trois cours pour les bestiaux;

— 27, cour des écuries ; — 28, deux réservoirs pour les cours à bestiaux; — 29, quatre petits toits à porcs, avec auges extérieures ; — 30, mares à laver les porcs; — 3l, écurie pour les chevaux de maître.

Fig. 2i7. Vue perspective de la feimo et de ses dépen«j dances.

3° De la construction des bâtimens ruraux.

La construction des bâtimens ruraux est un sujet important quia donné lieu, dans les pays où l'agriculture prospère, à la publication d'ouvrages intéressans : tels sont ceux de Perthuis, Cointeraux, Morel de Vindé, Lasteyrie,Léoi\hardi, en France; Waistell, GooDwiN,LouDON,etc, en Angleterre; Meiners , Gilly, Voit, Trtest , Sturm, etc., en Allemagne. Nous engageons ceux qui désireraient étudier plus amplement celte matière à les consulter, et nous nous bornerons ici à quelques notions sommaires sur les matériaux qui entrent dans les constructions rurales, a donner quelques conseils sur la manière de les établir.

À. Des matériaux employés aux constructions rurales.

La connaissance parfaite des diverses espèces de matériaux de construction qu'on rencontre dans un pays et les ressources dont on peut disposer à cet égard est indispensable pour celui qui veut entreprendre des constructions quelconques; il ne lui importe pas moins de connaître la qualité de ces matériaux ainsi que leur vrix rendu à pied-d'œuvre.

Les matériaux dont on se sert pour les constructions rurales sont très variés ; on doit s'appliquer à faire choix, parmi les diverses espèces dont on peut quelquefois disposer, de ceux qui, à prix égal, résistent le mieux aux influences atmosphériques et aux chances de destruction et remplissent le mieux le but auquel les constructions sont destinées.

Les murs des bâtimens se construisent le plus communément «n pierres à bâtir , de dimensions plus ou moins considérables, réunies par un mortier quelconque, en briques . en terre ou en bois, ou en ces divers matériaux réunis en proportions diverses.

La charpente est construite en buis d'essences diverses et pourrait l'être économiquement en fer dans plusieurs cas.

La toiture est en bois de charpente ou bois de petits échantillons et recouverte en tuiles, ardoises, chaume, plomb, zinc, etc.

Li s pierres qui entrent dans les constructions sont : les calcaires grossiers, les marbres ou la craie, 'es schis tes, les granits, les grès, les silex, les porphyres, les laves et autres pierres volcaniques. Ces pierres présentent des variétés infinies sous le rapport des propriétés physiques, suivant les localités, la carrière dont on les lire et le lit dont on les extrait.

Les qualités qu'on doit rechercher dans une pierre à bàùr, c'est la solidité pour résister au poids des construcl'ons, la propreté de ne pas s'égrener à l'air ou d éclater et de s'effleurir par la gelée, de se laisser tailler sans beaucoup de main-d'œuvre à la pointe ou au ciseau et de soutenir le choc des outils sans se rompre ; la propriété de résister au feu dans les incendies et celle de pouvoir être employée indifféremment dans tous les sens, sont aussi des qualités désirables*

Une bonne pierre a bâtir rend un son clair quand on la frappe, elle ne se délite pas dans l'air et dans une atmosphère ou une situation hamide, n'absorbe qu'une petite quantité de ce liquide. Son grain est fin, serré, homogène est d'une couleur généralement égale et uniforme ; elle ne présente pas de cavités, excepté dans quelques pierres siliceuses, telles que les meulières et les pierres volcaniques, les laves poreuses ou scorifîées.

ADMINISTRATION RURALE. liv. vu.

La France est très riche en pierres pouvant être employées aux contructions et on en compte au moins 800 espèces distinctes; presque chaque localité possède une pierre à bâtir qui lui est propre et qu'on y trouve généralement à meilleur compte que les autres.

Les dimensions sons lesquelles s'exploitent les pierres sont aussi utiles à connaître; généralement parlant, les pierres réduites en moellons de l/3 à l/<2 pi. cube sont d'un prix moins élevé que les pierres d'appareil de grande dimension. Elles sont aussi plus faciles à transporter, exigent moins de main-d'œuvre, se prêtent plus facilement aux divers genres de constructions et sont par conséquent plus propres aux constructions rurales.

Nous comprenons dans les pierres de construction celles qui servent au pavage des salles, écuries, étables, cours, elc. ; les meilleures sont les grès, les roches granitiques, les laves et les basaltes.

Les briques sont des pierres artificielles, formées avec des terres argileuses, et durcies au mo\en du feu dans des fours appropriés à cet usage. Les briques peuvent se fabriquer partout où on rencontre des terresargileuses qui ne contiennent pas de chaux, mais elles n'ont pas partout les mêmes qualités, et celles-ci varient suivant la nature des argiles mises en œuvre, le travail plus ou moins parfait auquel on les a soumises et le degré de cuisson.

Les bonnes briques sont celles qui sont bien cuites, légères relativement, dures et rendant un son clair quand on les frapne; leur surface n'est ni déformée, ni vitrifiée par un feu trop violent. Quoique les argiles, après la cuisson, affectent des couleurs souvent très différentes, cependant, les briques de bonne qualité sont le plus communément d'un ronge foncé; telles qui sont moins rouges ou d'un rouge pâle sont moins sonores et moins durables. Les plus mauvaises brigues sont celles qui, soumises à l'humidité, puis à la gelée, s'égrènent, se gercent et se décomposent, ou celles qui n'offrent au choc aucune résistance.

Les briques n'ont pas partout les mêmes dimensions; celles (pi 'on fabrique le plus ordinairement ont -2 4 cent., 36 (i) po. ) de longueur, t -2 cent., 18 ( 4 po. 6 lig ) de largeur et fi cent., 10 (-27 lig. ) d'épai-seur ou un volume de 1,80 décim cube ( 90 po. cubes ).

Dans que'ques pays, on est dans l'usage, surtout pour la clôture des propriétés rurales, d'établir les murs en maçonnerie dite à pierres sèches; mais comme la plupart du temps on préfère" lier les matériaux de construction, de façon qu'ils ne puissent se délai lier d'euxmêmes ou être anacliés sans un certain effort violent, on enduit les pierres et souvent on les recouvre avec un corps pâteux ou un mélange de corps imprégnés d'eau qui a la faculté de durcir en se séchant avec le temps.

Les corps qu'on emploie à cet usage sont : la terre grasse, le plâtre et la chaux mélangée avec différentes substances.

La terre la plus propre pour assujettiret lier les matériaux de construction est celle qui est un peu grasse, de nature argileuse et qui, en se desséchant, acquiert une certaine dureté. Des constructions établies de cette, manière n'offrent pas une grande solidité ou beaucoup de durée, mais elles sont économiques et faciles à réparer.

Le plâtre ou sulfate de chaux qui a éprouvé la cuisson est excellent pour lier les matériaux de construction et former des enduits, dai»s les endroits ou les lieux secs seulement; dans les localité» humides ou dans les parties de bâtimens sujets à l'humidité il se détériore assez prompiement. Le bon plâtre est celui qui est cuit à point et récemment préparé, qui absorbe avec avidité l'eau qu'on lui donne en quantité convenable et

cn.\r. 3». MATÉRIAUX EMPLOYES

qu'on a garanti du contact de l'air qui lui enlève la faculté de faire corps quand on le gâche avec l'eau.

La chaur est, comme chacun sait, le produit de la cahinalion, dans des fours, do certaines pierres calcaires qu'on rencontre abondamment dans un grand nombre de terrains. Celte chaux, imprégnée d'eau ou éteinte, et mélangée à d'autres substances, forme alors des composés connus sous le nom de mortiers, cimens, bétons, etc., qui servent à réunir les matériaux de construction ou à les enduire, ou avec lesquels on moule ou forme des murs et des portions d'édifices.

Les substances qu'un mélange ainsi à la chaux sent des déliris de briques, de carreaux, de tuiles ou poteries de grès et d'argile réduits en grains plus ou moins grossiers, les sables granitiques schisteux ou vohaniques, les arènes, les grès, les psammiles, les pouzzolanes ou sables terreux volcaniques, les cailloux, etc.

Les pierres calcaires offrant des couleurs, une contexlure, une dureté et une composition susceptibles de variera l'infini ne produisent pas des chaux également bonnes; mais aujourd'hui on parvient par des mélanges factices à améliorer beaucoup leur quai lé.

Les chaux françaises, suivant M. VicAT,dont les travaux ont répanlu tant de lumière sur ce sujet important, peuvent être classées sous S catégories :

1° La chaux grasse double de volume et au-delà par l'extinction ordinaire, et supporte la plus grande quantité de sable; on peut l'employer dans la maçonnerie ordinaire, quoiqu'elle durcisse lentement ; mais il faut la rejeter dans les fondations, les travaux souterrains ou hydrauliques, parce qu'elle est dissoluble dans une eau fréquemment renouvelée.

2o La chaux maigre augmente peu ou point de volume à l'extinction; elle supporte peu de sable, produit un mortier qui durcit promplement à l'air, mais elle est aussi dissoluble dans l'eau.

3° La chaux moyennement hydraulique se prend en masse après 13 à 20 jours d'immersion dans l'eau, durcil avec une grande lenteur et n'acquiert jamais qu'une faible dureté.

4" La chaux hydraulique prend en 6 ou 8 jours et acquiert en un au une dureté égale à celle de la pierre tendre.

b" La chaux éminemment hydraulique prend dans l'eau du 2e au 4e jour; au bout d'un mois elle est fort dure et au 6e mois se comporte comme des pierres calcaires d'une dur té moyenne.

Ou «ionne aujourd'hui le nom de ciment à des mortiers naturels ou à des mélanges artificiels qu'on soumet à une caKination ménagée, qu'on réduit en poudre et qui se gâchent comme le plaire. Ces cimens jouissent en général de la propriété de prendre en fort peu de temps, même sous l'eau, el d'acquérir la dureté des pierres sans qu'il s'y produise de fissures ou de retrait; tels sont les cimens préparés à Pouilly, à Vassy, à IfOfème, etc.

Dans les constructions rurales, il faut autant que possible n'employer que des chaux de bonne qualité. Dans les fondations, les étages souterrains, la partie inférieure des habilitions ou des bâlimens, souvent même dans les enduits extérieurs et intérieurs, on fera usage de préférence des chaux hydrauliques ou des cimens qui contribuent éminemment à la conservation el à la salubrité des habitations.

Le béton esl un mélange de chaux et de cailloux ou d'éclats «le pierres avec lequel on moule on forme d'une seule pièce des murs, des caves, des fondations ou des massifs qui acquièrentavec le temps une grande solidilé.

AGRICULTURE

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