‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 270 sur 369 · AUX CONSTRUCTIONS · texte numérisé non relu

AUX CONSTRUCTIONS

La terre employée aux constructions rurales peut être mise en œuvre de différentes manières.

Tantôt on la gâche avec de l'eau et on s'en sert pour combler les intervalles entre les pièces de bois qui forment la carcasse .les bâlimens, comme nous le dirons plus loin, et tantôt pour enduire des constructions en menus bois, en paille, en roseaux, etc. Toutes les terres grasses peuvent servir à cet usage, et elles y sont d'autant plus propres qu'elles sont plus homogènes et qu'elles ont plus de ductilité et de liant.

La 2e manière de se servir de la terre dans les constructions rurales esl ce'le qu'on désigne sous le nom de pisé el qui consiste à tasser la terri' légèrement humectée entre des planches de bois solidement assujetties et, à élever ainsi par parties des murs 1res solides, dont on relie les portions par une légère couche de mortier. Celte bâtisse économique, qu'on peut considérer comme composée de grandes briques crues formées sur place, est 1res usitée dans nos départemens de l'Ain, du Rhône, de l'Isère, dans l'ancienne Normandie, etc., et convient aux bâlimens ruraux, surtout aux c'ôlun's. Quand on la recouvre d'un enduit, elle est suscepti le d'une très grande durée, et il existe des constructions en pisé qui remonlenl à plusieurs siècles.

« Toutes les terres, suivant Roi^delet, qui ne sont ni trop grasses ni trop maigres, toutes celles qui soutiennent un talus rapide, sont bonnes pour piser; la meilleure est la terre franche qui est un peu graveleuse ou argile sablonneuse, que l'on passe à la claie fine pour enlever les graviers, et qu'on purge soigneusement de tout débris de racines, de fumier, etc. Quand ces terres sont trop maigres, on se trouvera bien, suivant l'expérience que j'en ai faite, de les humecter avec un lait de chaux, au lieu d'eau pure. »

Les bois servent de plusieurs manières dans les constructions rurales. On les emploie le plus communément sous forme de solives ou de charpentes , pour construire les planchers, les toitures, les appentis, les escaliers. Le meilleur bois pour ce service esl sans contredit le chêne, dont on fait principalement usage dans le nord de la France, surtout lorsque les pièces doivent recevoir des assemblages compliqués tl résistans, mais il est toujours d'un prix élevé, et, au-delà d'une certaine dimension, on trouve de l'avantage à lui substituer, pour les pièces de longue portée, le sapin, pariout où il est commun et où on craint de charger les murs, ainsi qu'on le voit dans le Midi; il faut, toutefois, éviter de se servir de celui-ci lorsqu'on redoute la pourriture par le contact des maçonneries ou terrains humides On emploie encore le bois :"> la construction de toutes les parties des édifices, soit à l'étal presque brut, soit en planches, après un travail plus ou moins régulier. Ce genre de conslruc'ion est commun dans la plupart des pays de montagnes, surtout Jans le nord de l'Europe el en Suisse, el les bois résineux sont ceux qui méritent dans ce cas la préférence et ont la plus grande durée. I nfin, on fait usage du bois d'une manière mixle, c'est à-dire qu'on en construit des espèces de cadics ou comparlimens, dont on remplit les vides avec diflérens matériaux de construction ; c'est ce qu'on nomme pans de bois, quand les bois sont recoupés et assemblés avec soin et lorsque leurs vides sont comblés avec des pierres, des silex ou briques liées avec du plâtre ou du mortier, et construction rustique ou coiombage, quand les bois, revêtus encore de leur écorce, sont à létal presque brul el qu'on remplit les intervalles avec de la lerre grasse mélangée parfois avec du la paille hachée, du foin, de la bourre, etc., pour en mieux lier toutes h s parties.

On donne le nom de torchis à une sorte de construc»

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