TOME IV
426 ADMINISTRATION RURALE
tion qui consiste en des claies de menu bois, de végétaux ligneux ou autres dont on forme des clôtures et qu'on enduit des 2 côtés de terre grasse et argileuse.
Nous ne parlons pas ici des bois employés à la memriserie et aux menues constructions rurales, telles (pie clôtures, pilotis, endiguages, etc., parce qu'on trouvera à cet égard des détails à la page 135.
Dans les bois qu'on destine aux constructions rurales, il faut s'attacher à faire choix de ceux qui sent parfaitement sains et qui ne présentent aucun des défauts signalés à la page 114.
Ces bois doivent avoir atteint un degré' parfait de dessiccation, parce que les bois qui contiennent encore de leur eau de végétation ou de l'humidité occasionnent tôt ou tard de graves inconvéniens dans les habitations ; ils sont sujets à la pourriture et attirent plusieurs insectes qui s'y logent, les minent et ne tardent pas à les détruire; ils donnent naissance à des végétations cryptogames ou champignons qui les font promptemenl pourrir et les entretiennent dans une humidité constante qui rend les habitations insalubres; enfin ils éprouvent, en se desséchant, un retrait quelquefois si considérable qu'ils occasionnent la déforma-
tion des parties où ils entrent, rompent les assemblages et causent la chute des pierres et la ruine des édifices.
La toiture des bàtimens ruraux se compose ordinairement d'une carcasse à jour qu'on recouvre de divers matériaux sur lesquels coulent les eaux pluviales. Cette carcasse se fait presque partout en bois de charpente pour les grands bàtimens et en menus bois pour ceux qui sont de petite dimension. Dans les villes, on fait aussi usage pour cet objet du fer forgé qui procure beaucoup de solidité, de la légèreté et plus d'espace disponible à l'intérieur. Espérons que cette matière sera bientôt d'un prix assez modique pour qu'on puisse s'en servir au même usage dans les constructions rurales.
Les matériaux employés pour couvrir cette carcasse sont très nombreux ; nous allons passer en revue les principaux :
En Bourgogne et dans le département du Lot et de l'Aveyron, ainsi qu'ailleurs, on se sert de pierres calcaires ayant la propriété de se diviser naturellement en plaques peu épaisses. Ces pierres malheureusement exigent de très fortes charpentes et chargent beaucoup les murs ; mais elles ont une longue durée et sont d'une solidité à toute épreuve. Dans quelques autres localités, on emploie de même quelques calcaires schisteux qui se soulèvent en feuillets minces et forment des couvertures très propres.
Les matières dont on se sert le plus communément pour la toiture sont les ardoises et les tuiles.
Les ardoises, dont on fait principalement usage en France, sont des schistes argileux, des phyllades ou micaschistes qu'on extrait aux environs d'Angers (Maineet-Loire), Charleville ou Fumay ( Ardennes), Saint- Lô ou Cherbourg (Manche), Grenoble (Isère), Traversac et Villac (Dordogne), Brives (Corrèze jL Blainont près Lunéville (Meurthe), Redon (llle-et-Vilaine), etc.
Les bonnes ardoises ont le grain fin et se coupent avec netteté; elles sont légères, peu épaisses, dures, rendent un son clair et pur quand on les frappe, sont compactes, et n'absorbent qu'une très petite quantité d'eau quand on les plonge dans ce liquide; il en existe de blanchâtres, de verdâlres, de noires, de violettes, etc.; mais celles de la meilleure qualité sont ordinairement d'une couleur qui porte le nom spécifique de gris d'ardoise, comme celles d'Angers, ou noires ou vertes.
On distingue les ardoises par leurs qualités et par leur échantillon; chaque localité a, se» diverses qua^