LIV. VU
lilés et ses échantillons. Les ardoises dont on fait le plus fréquent usage à Paris, et qui viennent d'Angers, sont grandes, carrées, fortes et larges; elles ont 50 cent, de long sur 22 de large. Il faut 54 ardoises de Fumay, pour couvrir 1 met. carré, et seulement 40 de celles d'Angers. Le poids des 1(4 est de 13 kil., et celui des 40 d'Angers de 15 kil. 60 cenligr. Les charpentes sont moins chargées avec les ardoises de Fumay qu'avec celles d'Angers , mais les lres exigent plus de clous.
Joises d'Angers <f Fumay 100 ans et plus.
Les tuiles sont des pierres plates artificielles qui se fabriquent comme les briques et avec les mêmes terres, et qui doivent, pour être d'un bon usage, présenter les mêmes qualités que celles-ci. On en fabrique, dans un très grand nombre de lieux de la France, et, dans beaucoup d'endroits, on leur donne des formes et des dimensions particulières. En général, il faut compter 36 tuiles en grand moule par met. carré de toiture, ou bien un mille de tuiles couvre 27 à 28 met. de toiture, et 55 en petit moule et 18 met. car. par mille, en supposant qu'on ne laisse à découvert que le tiers de la longueur de la tuile ; il faut 7 lattes et 52 clous pour fixer celles-ci aux chevrons par met. carré; en tuiles courbes ou pannes, il n'en faut que 20 par met. carré.
Les toitures en tuiles sont pesantes et exigent une forte charpente; mais elles sont plus durables, moins chères que l'ardoise, et plus propres à la couverture des maisonsdansles localités humides ou exposées aux vents violens. Dans ces localités, on les place souvent sur un lit de mortier qui, par la pression, monte dans tous les joints; ce qui rend les combles plus salubres, dispense d'un plafonnage et conserve mieux les récoltes.
Le bois sert aussi à couvrir les maisons ; tantôt la toiture est formée de planches à joints recouverts, tantôt le bois est réduit en bardeaux ou lames de 18 millim. d'épaisseur sur 20 centim. de largeur et 32 de long; le chêne est surtout le bois qu'on emploie à ce dernier usage. Lestoilures en bois sont légères, économiques, mais périssables; pour augmenter leur durée, on les recouvre de peinture ou de couches de goudron.
On fait aussi des toitures légères avec divers métaux, réduits en feuilles minces, principalement \ejer, le plomb ou le zinc Ce dernier métal, fort employé aujourd'hui, donne des toitures très légères, peu dispendieuses et très propres.
Les toits en chaume sont ceux qui recouvrent presque partout la demeure du pauvre, et dont on se sert souvent aussi pour abriter plusieurs dépendances des maisons de ferme. Le chaume est léger, exige une charpente peu coûteuse et est formé de matériaux qu'on a partout sous la main ; il est chaud en hiver et frais en été, mais ces avantages sont rachetés par des inconvéniens fort graves. D'abord il n'est pas de toiture plus exposée que celle-là aux incendies si redoutables dans le3 fermes. Ensuite le chaume retenant avec persistance l'eau de pluie, devient alors très pesant et charge beaucoup les murs d'appui et la carcasse du toit; il donne en outre naissance à des végétaux qui, en entretenant une humidité constante, le détruisent promptemenl ou rendent les eaux qui s'en écoulent impropres aux usages domestiques; enfin, par son peu de durée, il cause, surtout dans les bàtimens étendus, une assez grande dépense en paille, au dé triment des terres et des récoltes.
On a proposé divers enduits pour rendre les toitures en chaume de paille, roseaux ou bruyères, plus durables et moins sujettes à être dévorées par les flammes. Celui de M. Gavrian, qui consiste en cendres de houille, briques pulvérisées ou s4>le fin, ïnélés à de
chap. S-. RÈGLES PRATIQUES SUR LA
l'argile, de la chaux en pâte, du sang de bœuf et de la bourre parait être réellement utile. Cet enduit ne se pose pas sur le chaume fait à l'ordinaire, mais sur des paillassons d'un pouce d épaisseur qu'on cloue sur la charpente. Un toit ignifuge, dans ce système, revient dans nos départemens du Nord, à 1 fr. 85 c. le met. carré ou 7 fr. 30 c. la toise carrée et ne pèse que 22 kil. Un chaume ordinaire, de 24 cent, d'épaisseur, coûte, dans les mêmes circonstances, 7 à 8 fr. et pèse, à l'état sec, 24 à 25 kil. et plus.
Au lieu de chaume on se sert, en quelques endroits, de rvseoux ou de bruyères qui sont à meilleur marché, préférables sous plusieurs points de vue, mais exposés aux mêmes accidens.
Les autres substances dont on recouvre encore la toiture des bàlimens ruraux sont : Vécoice de bouleau, qu'on emploie dans le Nord et qui forme des toits presque impérissables; le bùume asphalte, mêlé d'une certaine dose de sable, qui sert à enduire les planches qui forment le recouvement; les toiles imprégnées de goudron ou de bitume et clouées sur desvoliges, etc.
Les planchers sont composés de diverses matériaux, suivant leur destination. Dans un grand nombre de localités les étages inférieurs servant à l'habitation , ceux surtout qui sont au niveau du sol, sont pavés en pierres de grès, de granits ou autre, ou dallés, ou établis en carreaux ou bien en briques de champ. Il vaut mieux élever ces planchers au-dessus du sol, et les construire en planches de bois, ce qui rend les pièces plus chaudes et plus saines; parfois on les fait aussi en béton, en mortier, en résidus des salpètriers ou en plâtre. Ceux des étages supérieurs sont en bois, en plâtre ou en carreaux. Les planchers des écuries , des étables , des laiteries , etc. , devraient toujours être pavés au mortier de chaux hydraulique; ceux des granges et magasins peuvent être en mortier, bétons, plâtre ou résidus des salpètriers, etc.
Il nous resterait encore beaucoup de choses à dire sur les autres malériaux ou objets divers qui entrent dans la construction des bâtimens ruraux tels que le fer qu'on y emploie sous tant de formes diverses, le plomb qui sert pour les toitures et les conduits , les enduits, les objets de vitrerie, les badigeons, les peintures, etc., mais nous croyons devoir nous borner à ces notions générales et terminer cette section par l'énoncé de quelque règles simples et utiles à observer dans les constructions rurales.
B. Règles pratiques sur la construction des bâtimens ruraux.
Nous avons vu dans le paragraphe II de la section II, la manière dont on établit un projet de construction; ce serait ici que nous devrions présenter des règles sur l'exécution de tous les travaux; mais ces règles, embrassant une grande partie de la science des constructions , ne peuvent être développées ici avec tons les détails qu'elles comportent et nous nous lenfermerons dans celles qui sont de l'intérêt le plus générai et le plus immédiat dans l'architecture rurale.
La saison la plus favorable pour élever les bâtimens ruraux est le printemps, où la température est douce et où les journées commencent à devenir longues, parce que les constructions ont le temps de sécher et les mortiers celui de durcir pendant Télé, et qu'on peut les occuper à l'automne. Les réparations doivent être faites en toute saison et aussitôt qu'elles sont devenues nécessaires.
En règle générale il ne faut jamais construire sur un terrain compressible, et les fouilles de terres pour les fondations doivent être poussées jusqu'à ce qu'on trouve un terrain incompressible ou au moins assez
CONSTRUCTION DES BATIMENS. %W AVt
ferme pour soutenir sans céder le poids des constructions. Plus un bâtiment aura d'élévation ou plus la charge qui pèsera sur ses murs sera considérable, et plus aussi il faudra observer cette règle à la rigueur; c'est faute d'y avo'-r égard qu'on voit si souvent des ouvrages encore neufs tomber en ruine ou éprouver des accidens fâcheux, au grand détriment des propriétaires, des locataires ou des entrepreneurs.
Quand un terrain, à une certaine profondeur, n'offre pas la j^ésistance Ttécessaire , on cherche à y suppléer, soit en y battant des pilots , soit en y plaçant des grillages en bois, ou des assises de pierres plates de grande dimension qui supportent le poids des constructions.
Il est indispensable de prendre pour les fondations une largeur plus grande que celle du mur afin d'obtenir plus de stabilité. Cette largeur peut dépasser de 5 à 6 cent, celle du mur, mais en général elle doit être proportionnelle à la hauteur ou le poids de ce mur, c'est-à-dire que plus un mur à de hauteur et plus il pèse sur les fondations, plus celles-ci auront d'empâtement. Il est aussi nécessaire de donner à un mur en fondation une épaisseur en rapport avec la résistance du terrain et celle des malériaux qui le composent, et de se rappeler que des murs souterrains qui supportent des berceaux de caves, ou soutiennent des terres, exigent une force plus considérable pour résister à la poussée des terres et à celle des voûtes qui tendent à les renverser.
Les murs d'un bâtiment doivent être élevés d'aplomb et toutes leurs parties liées et cimentées avec soin, L 'épaisseur qu'il convient de leur donner varie avec leur élévation , leur largeur, la nature des malériaux ou la charge, soit en planchera ou en toiture, soit en denrées qu'ils devront supporter. Un mur à charge égale devra être d'autant plus épais que les moellons ou les pierres qui servent à le construire seront plus tendres. La forme de ces moellons influe également sur l'épaisseur; plus ceux-ci approcheront de la forme d'un parallèlipipède, et moins il sera nécessaire de donner d'épaisseur; c'est ainsi qu'on voit les murs en briques plus minces que les autres. Les qualités du mortiert contribuant aussi beaucoup à la solidité des murs, font aussi varier l'épaisseur; dans les pays où la chaux est d'excellente qualité, les murs peuvent avoir l/5e et même l/4 d'épaisseur de moins que dans ceux où elle est de qualité médiocre.
Rondelet a établi ainsi qu'il suit les limites entre lesquelles sont comprises les épaisseurs qu'il convient de donner aux bâtimens en maçonnerie à plusieurs étages des particuliers, savoir : pour les murs de face, 15 i> 24 po. ; pour les murs mitoyens, 16 à 20 po., et pour les murs de refend, 12 à 18 po.
Dans les pays humides, pour les murs en fondation, ceux des celliers et des caves, et la partie inférieure des murailles, on doit faire usage de mortiers ou cimens hydrauliques au moins pour les enduits, tant pour la conservation des constructions que pour rendre celles-ci plus saines et plus propres.
Dans la construction des murs en maçonnerie de moellons bruts, les pierres qui forment les paremens exigent des soins particuliers tant pour le choix que pour la pose ; celles qui se placent à l'intérieur demandent un peu moins d'attention.
Les murs en moellons sont plus destructibles que ceux en pierre de taille la moins dure. Un mur en moellons de 2 pi. d'épaisseur peut n'équivaloir sous le rapport de la solidité qu'à un mur en pierre de 1 pi. j mais aussi il peut coûter 4 fois moins.
Plus des bàlimens sont spacieux, plus ils doivent aussi avoir d'élévation, et dans un édifice à plusieurs étages ceux-ci doivent êlre d'autant plus élevés qu'ils
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sont placés plus inférieurement; les élages supérieurs n'ont pas besoin proportionnellement d'une aussi grande éleva lion que les inférieurs.
Dans un édifice à plusieurs élages il est prudent de ne pas élever ceux-ci avec trop de rapidité; le poids des pariies supérieures pourrait nuire aux. fondations ou aux parties inférieures, si dans celles-ci les mortiers n'avaient pas eu le temps de se durcir et de se consolider. Le temps qu'il faut laisser reposer ainsi des constructions dépend de la saison ou de la qualité d<s chaux; 20 à 50 jours pour chaque étage paraissent plus que suffisais.
C'est une bonne méthode, quand les toits des bàtimens d'exploilalion sont couverts en chaume, d'élever de dislance en distance les murs de refend au-dessus de ces toits, pour empêcher, en cas d'incendie, la communication du feu à toutes les pariies de la ferme.
La charpente des planchers se pose ordinairement au fur el à mesure qu'on élève les murs ; celle des combles, après que ceux-ci ont atteint leur hauteur totale.
Les bois employés aux constructions rurales peuvent résister de 2 manières principales aux poids qui les chargent ; savoir : verticalement et horizontalement.
Les p èces de bois de chêne placées debout ou verticalement, el qui ont pour longueur moins de 12 fois leur diamètre, résistent à la pression à raison de 40 livres par ligne carrée de section horizontale; mais l'expérience a démontré que dans les constructions il était dangereux d'employer de celte façon des bois qui aient plus de 10 fois leur diamètre pour longueur, el de les chargerde plus du dixième de larésistance qu'ils peuvent supporter. Le châtaignier, le frêne, le hêtre el l'orme résistent à peu près autant que le chêne. Les autres bois de i/oe à l/3 de moins.
La résistance des pièces de bois placées horizontale-
la hauteur des pièces et en raison inverse de leur longueur; ce qui démontre qu'il est plus avantageux de chercher la résistance des solives dans leur hauteur verticale que dans leur largeur.
On doit chercher à employer les diverses espèces de bois aux services auxquelles elles sont le plus propres. Le sapin , par exemple, est préférable pour les pièces de longue portée toutes les fois qu'on craint de charger les murs, et le chêne quand les pièces reçoivent des assemblages compliqués et résistans. Les gites des planchers qui reposent sur terre doivent être toujours en chêne.
Il faut éviter les bàlimens trop larges qui exigent des charpentes trop longu s, compliquées, difficiles à exécuter et dispendieuses ; 10 à 12 met. sont des limites au-delà desquelles on éprouve des difficullés pour se procurer des bois , et, dans les constructions rurales, il faut autant que possible adopter des plans qui n'exigent que l'emploi de bois de petit échantillon , qui sont les plus communs, à meilleur marché, et qui permettent l'emploi de bois moins résistans.
li importe pour la solidité des bàlimens que les solives principales des planchers et les fermes des toitures, portent sur les pleins des murs et non pas sur les vides, où elles ne trouvent pas de points d'appui suffisans.
Les toitures élevées et en pente raide sont nécessaires dans les climats pluvieux et dans ceux où la neige tombe en grande quantité et séjourne long-temps sur les bàlimens ; elles nécessitenldesboisde plus fort échantillon, tant par leur plus grandi' étendue que pour résister aux vents qui ont sur elles plus de prise. Un tiers de ladistance qui sépare tes murs d'appui ou les faces opposées d'un bâtiment parait être la moindre hauteur qu'on puisse donner, dans les départemens du
nord de la France, aux toits en tuiles et en ardoises; la moitié de cette distance est nécessaire pour l'écoulement des eaux, quand ces toits sont en chaume ou en roseaux.
La disposition et la construction des foyers et des tuyaux ou conduits de cheminées, exigent des soins particuliers, autant pour la solidité des bàlimens que pour prévenir les accidens du feu. En général, tous les
bois doivent être assez éloignés du feu
pour qu'ils ne
reçoivent qu'une faible chaleur, même par un feu continuel el soutenu. On doit éviter aussi de fa re passer les tuyaux qui conduisent au dehors les produits de la combustion à travers des pièces ou greniers qui contiennent des récolles ou des matières sèches et inflammables; si ces tuyaux traversent des toits en chaume, il est bon de les isoler de la paille, par des enduits épais en terre, ou mieux de couvrir autour d'eux, un certain espace en pierres, tuiles ou ardoises.
Dans tous les travaux de construction, il faut donner beaucoupd'altention ala mise en œuvre des matériaux, qui esl fort importante. Des matériaux excellens et d'un prix élevé peuvent, sous la main d'un ouvrier inhabile, négligent ou peu délicat, ne donner que des constructions médiocres, d'une chélive apparence et d'un mauvais service, tandis qu'on peut souvent tirer un fort bon parti de matériaux inférieurs, mis en œuvre avec soin et intelligence.
En résumé , les causes combinées de la durée des bàlimens sont : 1° la résistance du terrain ; 2° celle des matériaux; 3° les soins apportés à la mise en œuvre de ceux ci ; 4° enfin l'observation de toutes les conditions d'équilibre de ces matériaux, telles que les prescrivent les lois de la mécanique.
Pour la bonne et rapide exécution des travaux de construction, il est indispensable de prendre des mesures d'ordre bien entendues; ainsi, on veillera à ce que les matériaux arrivent en temps opportun à pied d'oeuvre, à ce qu'ils soient déposés sur les chantiers où ils doivent recevoir des façons ultérieures , que ceux-ci soient assez spacieux pour que les travauxpuissent s'exécuter sans encombre; à ce que le nombre des travailleurs soit suffisant, les travaux distribués avec assez de régularité et d'ensemble pour qu'ils ne soient pas entravésles uns parles autres, mais marchent tous avec la célérité désirable, et enfin à ce qu'il y ait un bon système de surveillance qui oblige les ouvriers à mettre tous les matériaux en œuvre avec le soin el l'atlenlion convenables, etc.
Nous terminerons ici ce que nous avons cru qu'il était utile de rappeler sur un sujet qui intéresse à un si haut point l'administrateur et en engageant les lecteurs qui désireraient avoir des notions plus étendues, à consulter les ouvrages où il a été traité avec l'étendue qu'il comporte.
4° Des citernes.
C'est une chose d'un très grand intérêt dans une terme, que de se procurer de l'eau en assez grande abondance pour tous les besoins du service, et ceux qui ont de bonnes eaux à leur disposition ne peuvent se former une idée des embarras qu'on éprouve lorsqu'on en manque; on a vu, après des sécheresses, les animaux périr de soif dans les pays où l'on ne sait pas se procurer ce précieux liquide, et quand la nature ne l'offre pas spontanément à l'agriculteur. Lorsqu'on est à proximité de courans d'eau quelconques, on doit en rapprocher autant que possible la maison de ferme; mais lorsqu'on est privé de cet avantage, il faut chercher par d'autres
CIIAP. 3e.
nio\ eus à se procurer cette eau si nécessaire à la santé el à la vie des bestiaux et pour tons les usages domestiques. Ces moyens sont les suivans :
a. Les sources naturelles qu'on recherche et dont on recueille les eaux. Quand ces eaux sont suffisamment abondantes elles procurent la plupart du temps une boisson salubre et un liquide applicable à tous les usages domestiques et agricoles; quelques constructions bien simples suffisent ordinairement pour utiliser les taux sourcillantes.
b. Les étangs, mares, résewoirs, abreuvoirs artificiels [dacés, soit près des bâtimens, soit dans les enclos et les pâturages; nous en avons fait connaître la construction aux p. 1S4 et 205.
c. Les puits, soit simples, soit artésiens. Les 1ers doivent être creusés assez profondément pour qu'ils ne soient pas à sec dans la saison de Tannée où l'on en a le plus urgent besoin. Quant aux seconds, il ne faut en entreprendre le percement que lorsqu'on aura la certitude d'après des expériences faites antérieurement dans le pays ou d'après des connaissances géologiques précises du terrain à forer, qu'on pourra se procurer, sans des frais trop considérables, des eaux jaillissantes et que ces eaux seront propres aux divers usages agricoles. Le sondage, par le procédé chinois ou par percussion, introduit avec succès en France par M. Selligds, paraissant être plus économique, méritera dans ce cas la préférence.
d. Les citernes. Ce sont des lieux souterrains et voûtés, construits pour servir de réservoirs aux eaux de pluie qui tombent sur les toitures. Ces eaux sont recueillies à mesure qu'elles coulent des toits dans des gouttières qui régnent à l'enlourdes bâtimens el qui les conduisent dans la citerne. Ces gouttières ont l'avantage de préserver le pied des bâtimens des dégradations que leur causent toujours les eaux qui dégouttent des toitures.
Chaque pays où les citernes sont en usage a une méthode différente pour les construire ; dans les uns on les bâtit en béton, dans d'autres en maçonnerie ordinaire, en briques, en cendiée de Tournai, etc. Le meilleur mode de construction est la maçonnerie en pierres de construction ordinaire, de bonne qualité, cimentée avec du mortier de chaux hydraulique ou enduite de mastic bitumineux ou de ciment durcissant et faisant corps dans l'eau.
Une citerne doit être placée dans un lieu à l'abri des rayons du soleil ; si ce sont des arbres qui l'abritent il faut les éloigner suffisamment pour que les feuilles ne puissent tomber dans ses eaux; les bords en seront assez élevés au-dessus du sol pour que les animaux ne puissent y tomber; son entrée ou son ouverture sera tournée du côté du nord ; elle sera souterraine pourque les rigueurs de l'hiver n'y gèlent pas l'eau et que les chaleurs de l'été ne causent pas la corruption de ce liquide ou une évaporation considérable.
Pour construire une citerne de forme ronde ou rectangulaire, on creuse d'abord le sol à la profondeur voulue, on l'affermit en le battant, on y établit une couche de sable, puis une bonne couche de glaise bien corroyée, on pave ensuite ou l'on dalle à mortier de chaux hydraulique ou au ciment; on élève ensuite les murs à la hauteur déterminée, puis on construit la voûte en ménageant les ouvertures nécessaires pour puiser l'eau et descendre dans la citerne quand on veut l'inspecter, la nettoyer ou donner l'air nécessaire pour que l'eau ne s'altère pas. Lorsque les murs sont élevés, on les glaise en dehors et enfin on bat la terre qui recouvre le tout.
Ordinairement l'eau qui découle des toitures est