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Quant au nombre d'heures dont se compose la journée des bêles de trait, il l'évalue terme moyen, à 11 heures pour les jours d'été, et à 8 pour ceux d'hiver; ce qui donne pour le nombre d'heures de travail de l'année, les résultats suivans :
| ['Dans tel terrains.
Pour les chevaux.
Pour les bœufs
de lre classe.
M. de Dombaôle, malgré tout le soin qu'il a mis à régler chez lui le travail des attelages, de manière à employer ses chevaux toute l'année et à peu près sans interruption, nous apprend (Ann. de Roville, t. VI, p. 59), qu'il n'a pu parvenir à obtenir plus de 241 journées moyennes de 8 h. de trav. effectif ou 1928 h. par an. Les quantités de travail indiquées ci-dessus pour les bœufs sont bien moindres quand, au lieu de les faire travailler constamment , on ne leur fait faire qu'une seule attelée par jour. Thaer établit que, dans les pays où l'on fait ainsi travailler ces animaux, un attelage de rechange de 4 bœufs fai' seulement un peu plus d'ouvrage que 2 chevaux, et même avec celte condition que l'attelage de rechange est conduit au charretier dans les champs par un jeune garçon. Il est des contrées où le nombre des bœufs de rechange est égal comme cidessus a celui des animaux qui travaillent , d'autres où ce nombre n'est que la moitié, c'est-à-dire un bœuf de rechange pour 2 qui travaillent, et d'autres enfin où l'on n'entretient qu'un bœuf de rechange pour 4 ou 6 bœufs d'attelage.
Ces dernières manières d'employer les bœufs au travail sont bien loin, comme on le voit, de faire un emploi économique de leurs forces; elles conviennent mieux dans les établissemens où ces animaux sont plutôt considérés comme des bêtes de rente qu'on engraisse dans le cours de Tannée et qu'il faut ménager, que comme des bêles de trail dont il s'agit de comparer le travail à celui des chevaux. On conçoit au reste que dans les fermes mal administrées, où les attelage! chôment une partie de l'année et où l'on se sert d'instrumpns grossiers qui nécessitent l'application d'un grand nombre d'animaux dont on fait ainsi un emploi si peu judicieux, il peut èlre plus avantageux d'employer des bœufs, même de cette manière, que des chevaux qui resteraient la plupart du temps dans 1 inaction et perdraient annuellement de leur valeur.
î* La qualité du uavail. On la reconnaît à la perfection avec laquelle un travail est effectué , les condi-
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COMPOSITION DES ATTELAGES. 43.1
lions à remplirpour atteindre celle perfection étant variables avec la nature des travaux.
C'est un fait qui parait démontré que les bœufs attelés au joug sont plus propres que les chevaux aux labours, et que leur travail, surtout dans les sols argileux, tenaces, pierreux ou monlueux , ou quand il s'agit de défoncer à 9 ou 12 po. de profondeur, ou de rompre des gazons ou de vieux pâturages, esl exécuté d'une manière plus régulière et plus parfaite. Ainsi, dans les fermes où les terres onl été négligées et sont en mauvais élat, celles où l'on a besoin de labours soignés et multipliés , on peut employer les bœufs à ces trauvaux , quoique sur les terres fortes, qui ne produisent pour eux que de la paille et du foin, leur nourriture soit plus dispendieuse que sur les terres d'une moindre cohésion , plus propres à la culture cle<* racines qui conviennent mieux à ces animaux. Les bœufs sont également employés avec avantage dans tous les autres travaux qui exigent des efforts soutenus et patiens, et on peut les appliquer au manège, aux transports sur les terrains escarpés , à l'extraction des bois de* forêls, etc. Ces animaux paraissent perdre une parti.- 1 e leurs avantages quand on les attelle au collier, mais ils sont alors plus lestes et font plus d'ouvrage.
Les chevaux de leur côté sont moins pesans que les bœufs; ils plombent moins les terres labourées et leur conservent mieux leur élasticité et leur légèrelé, ce qui les rend plus aptes aux hersages et autres façons qu'on donne auxchamps,etqui, n'offrant qu'une faible résistance, peuvent être exécutés avec célérité. Ce sont aussi ces animaux auxquels on doit donner la préférence quand il s'agit de transports, surtoutde ceux qui se font au loin et avec rapidité ou qui ont lieu dans des routes difficiles et en mauvais élat.
Le directeur de Roville nous apprend (Ann. t. Ier, p. 164) qu'il a appliqué sans inconvénient ses bœufs à tous les travaux de culture autres que les labours , qu'il les a attelés à la herse , à l'extirpateur, à la houe à cheval, et que partout ils se sont comportés avec autant de docilité et de régularité que les chevaux ; mais, pour obtenir ces résultats, il faut qu'un établissement agricole soit aussi habilement administré que celui que nous venons de citer et que les services divers y soient organisés avec le même soin.
3° La célérité du travail. La célérité est une chose très désirable dans tous les travaux agricoles surtout dans nos climats septentrionaux où le nombre des jours favorables aux travaux agricoles est toujours borné. C'est à l'extrême mobilité des saisons en Ecosse que tous les écrivains anglais attribuent l'abandon général des bœufs dans l'agriculture de ce pays , tandis que la douceur et l'uniformité du climat dans quelques districts de l'Angleterre, rendant les travaux des champs faciles à toutes les époques de l'année, les onl fait conserver. D'un aulre côté, la célérité, quand elle n'exclut pas la bonne qualité du travail et qu'elle ne peut porter aucun préjudice à la santé ou à la vigueur des moteurs, est toujours une chose utile qui permet d'obtenir le concours tic ceux-ci à un prix moindre et plus avantageux.
La célérité dans le travail des animaux suppose 2 conditions ; 1° que les animaux peuvent supporter pendant un certain temps un travail extraordinaire f 2° que leur allure est vive et accélérée.
Relativement au 1er point, le cheval en général l'emporte sur le bœuf, et on peut, en augmentant la quantité de ses alimens et en les lui donnant de qualité supérieure , obtenir de lui une quantité de travail très considérable; néanmoins , il parait démontré que le bœuf jouit de la même faculté ; Sinclair parle d'un habile agriculteur anglais qui, en nounissant ses bœufs avec de l'avoine, leur faisait supporter des travaux ex-