‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 4)Chapitre 291 sur 369 · GROS TRAIT · texte numérisé non relu

GROS TRAIT

«;> jours de pâturage à 300 kl. . .

30 chevaux de 5« aunée, 180 jours d'écurie k 125 kil. par jour .......... 225

185 jours de pâturage à 300 kil. . . . 555

Total des foui rages consommés annuellement. 4,843 2b

Ainsi dans le système d'éducation adopté, le haras paye les 4,843, 25 quintaux métriques de fourrages consommés soit à l'état sec, soit au pâturage, par une somme de 7,1 89 fr., c'est-à-dire à raison de 1 fr. 48 c. environ le quintal , en supposant que les chevaux sont vendus, tout dressés, au bout de 5 années, au prix moyen de 1,200 fr. par tête.

2° Chevaux de car/osse de premier choix.

Les poulinières qui composent le haras doivent être encore ici choisies avec soin , maison peut les faire travailler, aussi bien que l'étalon, et payer ainsi un partie de leur nourriture, le travail ne nuisant aucunement à leur destination. Les jeunes chevaux sont propres au marché des l'âge de 4 ans, et leur éducation n'exige pas des connaissances et une expérience aussi étendues, ni des so us aussi attentifs que celle des chevaux de selle de 1er choix. On peut aussi or^aniserle haras sur une plus petite échelle, et le composer d'un étalon et de 20 poulinière* seulement, Les Irais d'établissement du matériel vivant sont alors :

Pour un étalon de Ie'' choix. . . . 2,000 fr. 20 jument à S00 fr- . . • 10,000 Total du capital 12,000 fr.

Frais annuels d'entretien du haras.

a Remonte du haras tous les 10 ans; dépense annuelle 1,200 fr. . c.

b. Intérêt du capital à 7 l/2 p. 0/0. ... 780 .

e. Nourriture; étalon. Avoine 10 lit. par jour , pour Tannée 40l»ec*'

Jumens. Avoine 10 lit. pendant 200

jours • 400

Total de l'avoine . . . -MO

On suppose ici que le travail des 21 bêles couvre le.-, fraisât 'avoine consommée, de façon que la recette n'a besoin que de balancer la consommation du fourrage, qui consiste en foin, savoir :

Four 200 jours de nourriture sèche à l'écurie h raison de 1 quintal par jour pour les 21 bê-

20O'Iu'nt. i met.

Pour 165 jours de pâturage a 2 1/2 quint, par jour, pour les 21 bêtes 4l2

Total.

d. Soins et pan^emens. Salaire d'un garçon d'écurie, indépendamment des aides qui dirigent les animaux pendant le travr.il 300

e. t.o. reniant de 21 bêtes à 6 fr 126

Total des liais annuels d'entretien du haras. . a, 106

Le produit annuel consiste , terme mo) eu,

en 14 poulains, qui par conséquent retiennent chacun à i 72 f. environ.

Frais annuels de t éducation des poulains jusqu'à [âge de 4 ans.

m. Avoine, 1" année, 210 jour» à 3 1/2 lit. par tète et par jour. . • . 2" année, 1 80 jours • 4 lit. . • 3* année , pas d'avoine. • • •

4* année, 210 jour» à 8 ht. . .

Total. .

339 hect. d'avoine à 6 fr. l'hect,

b. Soins et pansement. Salaire de 2 garçon» d'écc.He pour tes 66 poulains, à raison de 300 fr. 600

Dépenses pour dresser annuellement 14 poulains, à 12 fr. chaque

Médicamens, objets divers pour 56 têtes à 2fr.

e. Logement pour 56 jeunes bête», k 3 fr. .

Total de» frais annuel» pour les élève». • .5,149 Recette annuelles.

14 poulains de 4 ans à raison de 600 f. chaque. 8,400 A déduif? pour accidens, etc., 16p. 0/0 de la valeur des animaux. • • 1,344

Reste. .

Frais à soustraire.

Recette nette annuelle du haras.

Fourrages consommés annuellement à l'écurie ou au pâturage.

Quint met.

a. Par les 21 bêtes adultes du haras. . . . 612 50

b. 14 poulains de ire année, 35 Vil. par jour; pour 2i0 jours

: 4 poulains de 2e année, 180 jours à l'écurie à 35 kil. par jour

186 jours de pâturage k 1 quint, par jour. .

1 4 r ralaîns de 3e année, 365 jours de pâturage à 125 kil , . . . 456

14 poulaiDs de 4e année, 210 jours d'écurie à 6 S kil 136 50

155 jours de pâturage k 160 kil 232 50

Total des fourrages consommés annuellement. 1,759 25

Dans le système adopté, et en supposant qu'on vendit les jeunes chevaux dressés à 4 ans pour 600 fr., les fourrages sont payés à raison de 1 fr. 8 c. environ le .quint, métrique, ou moins avantageusement que dans l'éducation des chevaux de selle, les circonstances locales étant supposées les mêmes.

3° Chevaux de gros trait.

Cette Branla de l'économie rurale n'exige pas l'avance d'un capital fixe pour le matériel vivant , attendu que les jumens poulinières sont en même temps les bêles d'attelage de rétablissement agricole. Le poulain à sa naissance ne coûte dans ce cas d'autres frais que ceux pour taire couvrir la jument, et de sa nourriture pendant l'interruption de son travail. Voici le calcul des dépenses de l'éducation d'un poulain de 4 ans , auquel on ne donne pas d'avoine.

fr. a.

a. Prime pour la monte 6

b. Interruption du travail de la jument pendant 1 20 jours , soit avant, soit après la mise bas, à 1 fr.

80 c. par jour 96

Frais de production du poulain à sa naissance. .102 »

c. Aliment pendant 210 jours de la ire année, 8

hect. d'avoine à 5 fr 4 0 »

d. Son f pendant les 4 années 30 •

e. Logement pendant .4 années, à 3 fr 12 •

Total des fiai- pour un cheval de 4 ans. . , 184 »

Recette.

Prix de vente du poulain

Réduction pour risques et pertes 16 p. 0/0.

Reste.

A déduire les Irais.

Recette nette.

Fourrages consommés.

210 jours à 2 kil. .

fr.

ire année, 2e —

Total.

Ainsi , en se livrant à l'éducation du cheval de gros trait , les fourrages dans le mode indiqué seraient payés à raison de 1 fr. 23 c. environ le quintal métrique, moins que dans l'éducation des chevaux de selle et plus que pour ceux de carrosse.

4° Chevaux de labours de taille moyenne.

Le mode d'éducation et les élémens du calcul pour celte espèce de chevaux sont peu différens de ceux des chevaux de gros trait ; on peut établir le dernier de la manière suivante.

fr. c.

a. Monte de la jument. .;.... 4 »

b. Interrupton du travail de cet animal pendant

120 jours, à raison de 60 c. . . . . 72 »

c. Allmcns, 8 hect. d'avoine la 1" aaaée. . . 40 >

d. Soins pendant 4 années 30 •

t. Logement ? pendant 4 années 12 i

Total des frais d'un cheval de 4 ans. « .158 »

Recette.

Prix de vente du cheval 32» »

Déduction de 16 p. 0/0 5 I 80

Reste. . . 268 20

A déduire les frais. . .158 ■

Reste net.

Fourrages consommés.

1" année, 210 jours à 2 1/2 kil. .

Quint, met.

Total.

Les fourrages , dans ce mode d'éducation et pour les chevaux de cette qualité , et en supposant que l'animal est veudu au prix de 320 fr., sont payfcsur le pied de l fr. 8 c. le quintal métrique, comme pour les chevaux de carrosse.

5ii.

Des bêtes à cornes.

Examinons d'abord les bêtes à cornes sous un point de vue général et principalement sous celui des avantages que peut procurer leur éducation; nous nous occuperons ensuite de les étudier sous le rapport des diverses spéculations auxquelles leur éducation peut donner lieu.

Les bêtes à cornes fournissent des élèves, du lait, des animaux pour le trait ou la boucherie. Leur éducation réussit principalement dans les pays plats, bas, littoraux, un peu humides, où la rigueur des saisons froides est tempérée par la quantité d'eau hygrométrique répandue dans l'atmosphère, où le sol est argileux, profond et couvert d'une végétation

L1V. vu.

active et abondante, sur les loams fertiles ou bien dans les pays de montagnes où il existe des vallées fraîches, humides, et de riches pâturages. Ce bétail est en général d'une santé agreste et robuste, il est peu sujet aux accidens ou aux maladies; il s'accommode facilementau climat du pays où on le transporte ou au régime auquel on veut le soumettre; sa nourriture verte ou sèche peut être plus grossière, et celle qui sert pour l'hivernage moins délicate sans qu'il cesse de se maintenir en bon état; enfin les végétaux qu'il consomme sont plus variés que pour les autres animaux, circonstances qui rendent sa nourriture plus économique et plus facile.

Le fumier des bêtes à cornes se décompose avec lenteur, et son action, plus durable, convient mieux au développement successif des végétaux. Ce fumier est propre surtout aux terrains chauds et secs, mais réussit également bien, quand il est travaillé convenablement, dans tous les terrains et pour la culture de toutes les plantes agricoles. Pour une quantité donnée de nourriture, il est plus abondant que celui des autres bestiaux et jouit de l'avantage important qu'on peut en accroître la proportion en augmentant la litière des animaux, sans le rendre trop sec on pailleux, par suite de la quantité plus considérable d'urine que rendent les bêtes bovines et de l'état de mollesse de leurs déjections stercorales qui, suivant M. Block, contiennent j usqu'à 84 p. 0/0 d'eau. Néanmoins, au pâturage, ce fumier est moins profitable que celui des moutons, parce qu'il n'est pas réparti aussi également ou exige pour cela du travail et qu'il est souvent détruit parles insectes.

Le gros bétail exige peu de soins et de frais pour le conduire, le panser et le soigner; il s'accommode très bien de la stabulation permanente et y prospère, ce qui le rend plus propre aux fermes à blé, aux exploitations à culture alterne sans pâturages, à celles qui exigent une grande abondance de fumier. A l'élable, il occupe comparativement peu de place; ainsi une vache exige 2 fois moins d'espace que 10 à 12 bêtes à laine qui, dit-on, en représentent le produit; il endommage moins les herbages qu'il broute à une certaine hauteur, sans ébranler ou arracher les plantes qui les composent; on peut l'entretenir très bien ou l'engraisser avec certains alimens économiques que fournissent les arts agricoles, tels que les tourteaux de graines oléagineuses, les résidus des brasseries, distilleries, féculeries ou fabriques de sucre de betterave*, ce qui rend son éducation avantageuse dans les établissemens ruraux, où l'on réunit à l'exploitation des terres celle de ces différens arts , ou ceux où on peut se procurer ces résidus à bon compte.

Relativement aux produits, la chair ou viande des bêtes à cornes forme la base principale de la nourriture animale de l'homme, surtout dans les villes, et à mesure que te condition des populations agricoles s'améliore, on voit aussi augmenter dans le même rapport la consommation de la chair de ces animaux, ce qui, pendant long-temps encore, maintiendra ce produit à un prix avantageux. Il y a dans le gros bétail, à poids vivant égal , plus de viande nette que dans les bêtes à

laine. Ces produits sont aisés à récolter ou à transformer en denrées d'une conservation facile, aisément transportable et d'un emploi à peu près général. Les produits qu'il fournit peuvent être en partie consommés sur la ferme. Enfin, comme ils sont d'une utilité journalière, ils trouvent presque constamment un marché ouvert sur lequel leur prix n'éprouve que de faibles variations.

Les bêles bovines se transportent elles-mêmes au loin facilement et avec rapidité, ce qui ouvre pour leur vente de plus vastes débouchés. Leur valeur vénale, qui se détermine d'après le poids, la condition, l'âge, la race et la qualité de la viande, est assez fixe pour servir de base à des calculs exacts et à des spéculations sûres.

Même quand elles sont en petit nombre sur nn établissement rural, les bêtes à cornes rendent les mêmes services, les mêmes produits et au moins autant de profits que quand elles forment de grands troupeaux, ce qui les rend éminemment propres aux petits établissemens.

Le gros bétail peut servir au trait et on peut l'employer à cet usage sans qu'il perde de sa valeur et sans diminuer sensiblement ses produits.

Les bêtes à cornes sont précieuses dans les fermes à blé où l'on fait beaucoup de paille et où ce produit a peu de valeur, en ce qu'elles peuvent en consommer, soit comme aliment, soit comme litière une très grande quantité et la convertir en un fumier abondant et d'un grand nrix pour l'agriculteur. Il en est de même aans les exploitations qui contiennent des pâturages dont les herbes sont grossières, et que le gros bétail seul peut consommer avec profit, ou dans les localités basses, humides, marécageuses où les autres espèces de bestiaux ne pourraient prospérer, etc.

1° De l'éducation des élèves.

L'éducation des élèves paraît présenter des avantages dans les localités où Ton a des herbages étendus et de qualité médiocre, et où on récoltedes fourrages communs qui permettent de se livrer à cette branche d'industrie avec économie. Il est en outre nécessaire qu'on ait dans un certain rayon un écoulement sûr des produits, ou bien un ou plusieurs marchés actifs sur lesquels les élèves trouveut un placement facile et constant.

Dans ce mode d'éducation , les élèves qu'on ne nourrit souvent qu'avec parcimonie n'acquièrent leur développement qu'avec lenteur et ne sont propres à la vente que dans un âge plus avancé; mais il est des localités où on trouve plus profitable de faire choix de races hâtives, et d'accélérer encore leur développement par une nourriture plus abondante et plus substantielle. C'est à l'administrateur à calculer auquel de ces deux modes il convient de donner la préférence.

Les animaux qu'on élève ainsi sont destinés à servir comme vaches ou taureaux à la propagation, ou bien au trait ou à la boucherie ; nous allons nous occuper d'eux sous ces divers rapports.

A. Vaches et taureaux d'élève.

Nous supposons dans notre formule que les animaux sont de taille moyenne et que les génisses ne sont considérées comme vaches de produit qu'à l'âge de 3 ans accomplis , et les taureaux comme propres à la repro-

4GRICVLTURE.

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