CONCLUSION
On a dit que les nouvelles métbodes de comptabilité ne sont claires et intelligibles que pour ceux qui les ont imaginées. Cette assertion est souvent exacte. J'espère cependant avoir évité recueil d'une trop grande prolixité et d'une excessive concision. Toute
Ecfoirer les opérations par les détails, et, par là, ctéer un contrôle qui ne trompe jamais, tel est le but de la comptabilité.
Depuis longtemps l'industrie manufacturière s'appuie sur la comptabilité; sans ce précieux flambeau, elle n'oserait engager ses capitaux; elle risquerait de les compromettre par une timidité trop grande ou par une confiance excessive non moins funeste. Les livres lui sont indispensables, et l'on ne conçoit pas comment l'agriculteur ne s'en est point encore emparé. Qu'est-ce en effet qu'une exploitation rurale, si ce n'est une manufacture où l'on fabrique du blé, du colza, des pommes de terre; manufacture lapins importante de toutes, puisqu'elle s'adresse à nos premiers besoins et dont les détails compli-
méthode exige, pour être comprise dans son j qués ne le cèdent à nulle autre branche d'industrie.
ensemble et bien saisie dans ses détails, qu'on ne se contente pas d'en faire une seule fois la lecture. Que ceux, qui au premier abord n'ont pas aperçu parfaitement l'enchaînement des différens" comptes, relisent cet article, et s'il reste quelque chese de vague et d'obscur dans leur esprit, qu'ils se gardent bien de se laisser dominer par le découragement. Qu'ils commencent leur comptabilité , même sans comprendre entièrement la marche que je propose ; les faits s'éclaireront les uns par les autres , et se caseront naturellement. Cette assertion peut paraître paradoxale, mais elle ne l'est aucunement, j'en ai l'expérience.
Je terminerai par donner un conseil aux comptables : Les erreurs commises sur les comptes de culture sont importantes sans doute, puisqu'elles déguisent le véritable produit, et peuvent entraîner le cultivateur dans les spéculations les plus hasardées ; cependant celles que l'on commet sur les comptes courans, ou de personnes, sont encore plus importantes. Si l'erreur est au détriment du comptable, c'est souvent pour lui une perte irréparable ; si elle est commise au détriment d'autrui , on soupçonnera la bonne foi de celui qui tient les livres, si, trop confiant dans son savoir, il s'obstine à soutenir qu'il n'a pu se tromper. Cette bonne opinion que les comptables ont de leur infaillibilité leur nuit singulièrement dans l'esprit de ceux avec lesquels ils sont en compte. Il vaut mieux, sans doute, être renommé pour son exactitude et son habileté ; mais une erreur franchement reconnue et corrigée lui forme une réputation de probité et de délicatesse; et celle-là en vaut bien une autre.
Antoine.
A l'excellent article sur la comptabilité agricole que nous venons de donner et que nous devons à l'obligeance d'un des professeurs les plus distingués de l'institut de Roville, nous ajouterons une note sur le même sujet,qui nous a été communiquée par M.Dailly, membre de la Société royale et centrale d'Agriculture, un des plus grands propriétaires ruraux de Seine-et-Oise et dont les établissemens sont renommés surtout par le bon ordre qui y règne, par leur bonne administration et la simplicité des moyens employés pour en assurer la prospérité.
Pour bien comprendre la nécessité d'une ' comptabilité, le cultivateur, avant tout, doit se pénétrer de cette idée qu'il est fabricant de denrées. Pour lui point de succès à espérer, | s'il ne s'efforce d'établir son prix de revient à ! un taux qui lui présente des bénéfices en réalisant au cours des marchés. Il doit donc se ; rendre compte de tous ses frais de culture et chercher dans les diverses ramifications de l'ensemble les parties sur lesquelles frapperont les économies.
Si nous avons obtenu quelque succès dans la carrière que nous parcourons depuis lon- | gués années, nul doute que nous n'en soyons redevables à notre comptabilité. Il nous est aussi difficile de concevoir une ferme sans te- . nue de livres qu'une maison de banque, une | manufacture sans écritures régulières. Vou- I loir faire de l'agriculture sans tenue de livres, I c'est naviguer sans boussole, c'est se livrer au ! hasard ; et que d'agriculteurs, cependant, ont | aventuré leur fortune pour avoir méconnu cette vérité! Des livres régulièrement tenus auraient ouvert leurs yeux sur l'abîme où courait se perdre leur patrimoine et qui ruinait l'avenir de leurs enfans ; certes le temps consacré à cet examen n'eût point été un temps perdu.
Dès son entrée en ferme, le cultivateur prudent doit procéder à un inventaire. Pour y parvenir, nous pensons qu'il ne pourrait mieux faire que d'adopter les méthodes en usage et qu'on trouve exposées dans les ouvrages qui traitent de la tenue des livres du commerce, et nous renvoyons à cet égard aux auteurs qui ont écrit sur cette matière.
Un livre auxiliaire abrégera, singulièrement les écritures du journal et du grand livre. Ce livre auxiliaire n'est point circonscrit dans des formes invariables, il se plie aux circonstances locales et chacun peut l'appliquer à ses différens besoins.
L'exposé suivant met en relief la méthode que nous avons adoptée dans notre faire-valoir, et chacun des douze mois correspond à un cahier de 18 feuilles. Ainsi:
cochons l
vacherie 2
basse-cour. .... 3 troupeau de brebis 4 id. déjeunes montons • • '*
écurie G
Consommation des
ino