II. Meules avec support
Mais, ainsi établis, les meules ou gerbiers ne sont complètement garantis, ni, par le pied, de l'humidité du sol et surtout de l'attaque des rats et des souris; ni, quant à leur élévation, de l'attaque des vents violens qui parviennent quelquefois à les renverser ; ni enfin, par leur couverture, de l'infiltration des eaux pluviales. Voyons quels sont les différens ou au moins les principaux moyens qu'on a employés ou proposés pour y remédier.
Quant au pied d'abord, nous citerons en premier lieu les meules dites à V américaine , également indiquées par M. de Morel-Vindé. Un châssis en bois, le plus souvent carré {fig. 444), afin d'être moins cher; quelquefois aussi octogonal {fig. 445 ) ou même circulaire, est établi à 2 pi. environ au-dessus de terre, sur des supports placés au centre ainsi que sous chacun des angles du châssis. La meule est ensuite élevée sur ce châssis, soit au moyen de quelques planches à clairevoie posées en travers des bâtis qui le composent, soit en formant également une lra couche de fagots.
par M. le vicomte de Morel - VinrDÉ. Paris*1
AGRICULTURE : CONSERVATION DES RECOLTES
Fig. 444.
Fig. 445.
Les supports sur lesquels le châssis luiïnême doit être établi peuvent être de diverses sortes. Les plus simples sont des pieux ou potelets enfoncés, et, mieux encore, scellés en terre. On peut, soit en en brûlant le pied, soit en les recouvrant d'une forte peinture à l'huile, au goudron ou au bitume, les pré- Server de l'humidité. Enfin, pour empêcher les rats et les souris de parvenir à la meule, on place quelquefois au haut des potelets des entonnoirs renversés en fer-blanc.
Des dés en pierres, en maçonnerie ou en briques, peuvent remplir le même office, d'une manière même plus durable; et, en en établissant la partie supérieure en forme de saillie horizontale assez considérable, on peut également ôter tous moyens d'accès aux animaux destructeurs.
Enfin, on a employé en Angleterre des cippes en fonte {fig. 446), qui offrent principalement l'avantage de ne permettre aucunement la communication de l'humidité du sol.
Quant aux moyens de résistance contre la violence des vents, on les a cherchés dans l'établissement d'un poteau ou mât au centre de la meule. Telle est la meule anglaise dont nous donnons ici le dessin '(fig. 447 ) et Fig. 446. Fig. 447.
dans laquelle le mât central et les 4 contrefiches qui le consolident, sont assemblés dans un châssis octogonal qui lui-même est exhaussé sur les cippes en fonte dont nous avons précédemment parlé.