DE LA CAROTTE ET DE SA CULTURE
qu'on cultive les carottes dans cette dernière espèce de terre, on aura soin, quelque temps avant la réeolte,de couper une partie des taries, afin que la surface se sèche un peu, et que la terre ne souffre pas du piétinement des ouvriers qui les arrachent.
Lescaiolles semées en lignes peuvent s'arracher avec la charrue, indiquée précédemment. Celles qui ne sont pas disposées par rangées ne peuvent être récollées qu'au moyen du louchet, ou de tout autre instrument analogue.
Dans les s< 1s légers et par un temps sec, après les avoir laissées exposéesau soleil une heure ou deux, on procède au décoletage et on emmagasine immédiatement. Dans les sols argileux et par un temps humide, on les laisse sur la terre sans les entasser, et elles demeurent là plusieurs jours, afin qu'elles soient ou lavées par ies pluies, ou desséchées par le soleil. Plusieurs économes ont remarqué qu'elles se* conservent mieux lorsqu'un peu de terre adhère à leur surface.
Le décoletage ne doit pas se borner au retranchement des feuilles, il faut amputer un peu au-dessous du collet et couper dans le vif, afin que la racine ne puisse plus germer: c'est un préliminaire indispensable pour ies carottes qu'on veut conserver.
Si les feuilles sont abondantes, on pourra les rassembler en petits monceaux, afin de les faire consommer par les animaux, soit sur place, soit à Jetable.
La conservation repose sur les mêmes principes et s'exécute par les mêmes procédés que pour la pomme-de-terre, avec cette différence que les carottes craignent moins la gelée, et que le décoletage prévient toute germination. On ne devra pas néanmoins les amonceler autant que les parmentières.
Les carottes destinées à la nourriture de l'homme seront placées dans un jardin d'hiver ou un cellier, par lits alternatifs avec du sable bien sec, qu'on aura voiture pendant l'été.
Le produit de la carotte varie en raison des soins de culture, des qualités du sol et d'une foule d'autres circonstances; c'est, du reste, de toutes les racines cultivées, celle dont le produit est le moins variable sous l'influence des agens atmosphériques : ses racines, qui pénètrent à une grande profondeur, lui permettent de résister à de grandes sécheresses, lors même que, dans d'autres plantes, la végétation parait comme suspendue.
D'après Burger, le produit moyen de la carotte s'élève :
Dans un sol médiocre à 267 hectol. par hectare. Dans un bon sol à . . . 320 Dans un excellent sol à 426
Schwbrtz évalue le produit en racines à 340 quint, métriq. par hect.
en feuilles à 120
Tiiaer» {Agriculture raisonnée) porte le produit des racines à 647 hectol. par hectare.
Ou comptant l'hectolitre à 54 kiM . 3^9 quintaux métriques,
ScauBARTH ( Allgemeine encyklopœdie), avec du lin 245 quint.métr. parhectare
Avec de la navette. . . . 314
Seules après les précédens. 482
M. de Dombasle sur un sol produisant. 18 hectol. de blé. . 250
Sur un sol de la plus haute fertilité. 750