LIV. Ier
Quand on voit ce qui se passe journellement dans la nature, on ne peut nier que la variété de nourriture ne soil, pour tes animaux, un élément de santé, i es plantes
qu'ils appe.ieni le moins, c* lb s qu'ils rejettent toutes les fois qu ils peuvent faire un meilleur choix, et dont l'usage exclusif et continu leur deviendrait iriév lablement nuisible, sont au contraire mangées sans danger, recherchées même, lorsqu'elles sont mêlées à d'auires plaines. Il ya mteux:dans un champ où domine une seule espèce, quelle que soit sa qualité, on a vu les anin aux ia délaisser accid- ntelh nient pour brouter avidement quelques touffes des herbes qui les i< nient ordinairenti lit le moins. — Voici, entre bien d'autres, im\ fui; qui le prouve d'une m^nièie frappante : Deux pièces de terre s^mé- s. l'une • n nèfle blai c \whtte clovet), l'antre eu tr 11" ni 'lé à diverses graminées, furent destinées par G. Sinclair à servir de pâturage aux n ouions. Le Ion (l"s haies de clôture qui entouraient la première, poussait une hss» z rr nde quantité
e dactyle pelotonné {cork's faot grossi a tiges coriaces et très peu fourrag nst s. pi r suite de la qualité d sol Cependant, aprè» quelques jours, le troupeau reetn-rcha cett»; plan e et n'en lai>sa pas vestiges. Puis il i evint au trèfle et s'en nourrit exclusivement jusqu'à ce que l'étal de maladie dan-, lequel il se trouvait, et qui causa la perte de pJusieursiudividus, forçai d'arrêter l'expérience.
• Dans la pièce voisine, au contraire, sur laquelle se trouvait un mélange de dactyle pelotonné, de pâturin commun [rough aUiI- Kedmeadow gra.ss), d'ivraie vivaet frye grass)% de vu I pin {fox teiâgrass) et de irrfle blanc, les moutons n'éprouvèrent aucun malaise, et ne touchèrent pas aux tiges du dactyle y quoiqu'elles fussent cependant p!u& leu'ires et plus succulentes que ce les que leurs voisins avaient recherchées avec tant d'empressement.
Justement convaincu qu'on devrait toujou s contiôler les résultats des analyses chimiques par des expér ences laites sur les ai imaux eux-mêmes, et que ce n est réellement qu'en faisant îuar lier de Iront ces deux moyens de recherche qu'on parviendia à appiécier les propriétés alimenta tes d> chacun des principes immédiats des végétaux, et que l'on pourra ,ir iv<r au point où la -euleanalysed'une plante nous fournira des connaissances suffisantes sur ses propriétés Illlti ilivrs,M.MATHiI l DE DOMBASLEa fait
en 1831 une série d'essaisqifil n'a pu malheureusement étendre jusqu'aux espèces végétales qui nousoccupent le , lus spécialement ici, mais qtii présentent trop d'intérêt, et qui se rattachent de tro, près au titre de ce paragraphe, pour que je ne fasse pas connaître au lecteur au moins leurs résultats, le renvovant pour les détails à la 7e livraison des Anna1 es de Rovdle.
L'expérience, dit M. de Dombasle, a été faite sur 49 moutons divisés en 7 lots, de 7 animaux chacun. Lue étable fut destinée exclui'ivenv ni à cet usage, et Ion y pratiqua 7 loges munies de crèches et deiâul ers, et où les animaux ont é é tenus constamment pendant tout le temps de 1 expérience. Lu
r.iiAP. 18*. DE
1< cal particulier était disposé dans l'étable même pour y préparer les râlions, et nue balance y servait à peser les animaux *'t les fourrages. — Os moutons ayant été pesés individuellement à jeun,, le 17 décembre, le poids total se portait à 3,053 livres ou demikilogrammes, ce qui donnait un poids moyen de 62 livres 30 par individu. Comme il était fort important n'égaliser 1« s lois sons le rapport du poids de6 animaux, on a assorti ceux-ci de manière que chaque lot pesât 436 livtes, excepte un q i se trouva excéder ce po d d'une livre. Le même jour, vu plaça les animaux dans lem s cases restée ives, et,
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suffisamment établie par le contenu du paragraphe précèdent, la seconde, que j'ai aussi ab trdée déjà, en parlant de la précocité pinson moins grande des espèces, est démontrée journellement par l'expérience. Il esi en effet facile de se convaincre que, sur tous les pâturages, non seulement les graminées divers» s se succèdent da-.s le développement de leur végétation, mais que, dans les localités moins favorisées q^e d'autres par l'humidité, tout- s les plantes à racines fibreuses et peu prof on ies cessent pour ainsi dire enti< renient de se développer durant les fortes chaleurs, ta'dis(p'e les plantes
le lendemain 18 ou commença l'expérience, | à racines fortes ei pivot utes, comme celtes
qui lui continuée pendant S semaines.
De premiers essais, faits exclusivement avec de la luzerne, ayant amené ci", bord ce ré->ultat, que 15 livres de cette plan te sèche, par jour, pour chique lot, ou 2 l:v. |/7 par tête, pouvaient êthe considérées comme s'approchant irès-piès du point d'équilibre, qu'on peut appeler la ration (L'enti cnen , on trouva suc, essiumient ensuite que, pour former la demi-ration, ou reptésenier la vale.r nutritive de 7 livres £ de luzerne sè'he, il fallait, ou 3 livres \ d'orbe appartenant à ia variété d hiver, dite suci ion, et pe-ai.t 132 livies par hectol., — ou 14 I. de poni i es-de-terre crues, lesquelles sont susceptibles d'acquérir par la cuisson une augmentation de propriété nutritive d'envi l'on deux treizièmes ; — ou environ 16livres { de be.teraves de la variété blanche de Silésie de, moyenne grosseur, cultivées en terrains médiocrement fertiles : ces observations sont nécessaires, car on pourrait rencontrer des betteraves de I espèce dite racinesde disette, cultivées en sol très riche, qui présenteraient des propriétés nutritive braueoup inférieures à celles-ci: — ou enfin 23 liv ies de carottes.
Jl est fort regrettable que des expériences analogues n'aient pas eié faites par les Allemands et les Anglais, comme complément des analyses intéressantes de JJavy, d'LiN hof et de Spjreïvgel.
§ VII. — Du choix des plantes eu égard à l'emploi qu'on en peut faire isolément ou simultanément dans la fur ma t. on des herbages.
Lorsque l'on veut créer des pâturages permanens, il est h >rs de dont*- qu'il faut les coin» ser de plusieurs espèces, car, s'ils étaient homogènes a leur orgine, ils cesse raient bientôt de l'être par suite d< l'affaiblissement progressif e l'espèce punitive, et l'envahissement d'herbes nouvel es. D'ailleurs, le mélange en pareil cas ne peut avoir que des avanlag. s, quand il a été bien combine. Les plus imponans sont, à côté de celui d'offrir aux animaux de tomes sortes m e nom ri» lire plus saine, plus agréable et mieux appropriée à la nature des produits qu'on en attend, — X abondance à peu près égale de celte même nourri lu i« pendant toutes les parties de l'année, — et la durée de l'herbage dans un étai tel que les mauvaises herbes ne trouvent aucune place pour se montrer.
Je regarde la première proposition comme
de plusieurs trèfles, de la luzerne, du foin, du hdier, de la mille-feuille, de la pimprenelle,de la jacée des prés, etc., etc., trouvent enore assez de fraîcheur dans le sol pour continuer de fournir au pâturage des an- maux, ju-qu'à ce que des pi nies d'orage assez abondantes, ou celles d'automne, aient ravivé la masse gazonneuse.
Quant à I » troisième proposition, il est vrai qu'un très-petit nombre d'espèces herh.igèies, parmi lesquelles ou doit citer en première ligne la Inzerne et parfois le sainfoin, parla vigueur soutenue ne lenrvégé'ation, peuvent assez loi glempséloigner toute concurrence dans les terrains qui leur conviennent ; mais à la longue, cependant, elles sont envahies par d'autres herbes qui commencent à se montrer dès qu'elles faiblissent sur quelques points; ce qui leur arrive après un nombre d'années plus ou moins long, arrive a la plupart beaucoup plus tôt; il est donc évident que toujours la nature tend à établir dans les herbages ce qu'on a nommé un assolement simultané. Or on comprendra qu'en pareil cas il vaut bien mieux choisir tout d'abord, d'après leur mérite, les espèces qui cou poseront cet assolement, que de s'en rapporterai! hasard pour l'avenir; je parle toujours des herbages permanens.
Si bs pâturages ne doivent durer qu'un petit nomhre d'années, l'inconvénb nt du semis d'une seule espèce est moins grand sousce dernier rapport. Mais, lors i; êineque c« «te espèce réunirait d'ailleurs to> tes les conditions voulues pour procurer une bonne nourriture aux animaux, resterait encore la crainte fondée, à bien peu d'exceptions près, de n'obtenir des produits fourrager* que pendant une partie de la saison. Aussi, est ce une cou! mm- fort générale, même dans ce cas, de mêler diverses plantes, et d'adjoindie aux graminées quelques legunoneuses, principalement le trèfle lougeou blanc et la lupuline. La plupart des herbages qui ne doivent dmer que 3 ou 4 ans sont composés, soit d'ivraie vivaee et de trèfle, soit de ces deux pla.les. auxquelles on ajoute le dactyle | e- I tonné ou la houique laineuse, soit de trèfle et de lupuline mêlés à 2 ou 3 graminées, soit enfin de tout autre mélange analogue.
Relativement aux prairies fauchahles, la question doit être considérée sous d'autres points de vue. Depuis Rozier, plusieurs agronomes ont pensé avec lui que — « Deux espèces de graminées n'ayant strictement ni la même époque de floraison et de maturité,
4?,* AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES
ni une force de végétation égale, il arrive nécessairement, dans le premier et le second cas, qu'une partie de l'herbe est mûre, taudis, que l'autre ne l'est pas, et, par conséquent, qu'il faudra retardée la fauehaison. Il résulte de ce mélange que ce qu'une espèce gagne en maturité, l'autre le perd par
trop de
le maturité; dès-lors on n'aura que la moitié de la récolte prise à point. Quant à l'inégaiité de force dans la végétation, c'est là que réside un abus aussi démontré que les deux premiei s. Il est dans Tordre naturel que le plus fort détruise le plus faibie. Une plante a, par exemple, une force de végétation comme 18, tandis quecelle de la plante il s'ensuit que les grai-
semées ensemble, végè-
voisine est co iime 4 nés de ces plante;
teront à peu près ég dément pendant la première année, parce qu'elles trouveront toutes à éU'udre leurs racines; mais peu-à peu la plus active devancera la plus faible, toutes deux en souffriront jusqu'à ce qu'enfin la plus vigoureuse triomphe. Il ne restera plus à cette époque que des plantes vigoureuses, égales en végétation, et uès-lors susceptibles de se tenir toutes eu équilibre de vigueur. » Le fait est généralement vrai. Eu conclura-ton que tout mélange soit impossible ou peu fructueux dans les prairies? Non, certes : mais seulement que ce mélange doit être fait avec encore plus de soin, et dirigé d'à rès d autres principes que pour les pâturages. Et d'abord, quant à l'époque de la maiurité, lest rarement difficile de rencontrer des espèces qui se rapprochent assez sous ce rapport, pour n'avoir point à craindre de domm tges notables dans la qualité du foin. Le moment de la floraison différât-il un peu, on trouverait encore des herbes qui se conserveraient vertes et succulentes assez long-temps pour attendre les autres, et Ion sail même que, tandis que les unes contiennent plus de parties nutritives lors de l'entier épanouissement des Heurs, d'autres sont plus riches en substance soluble à une époque déjà avancée de la maturation des graines — Sous le second point de vue, puisque les prairies naturelles ne sont point homogènes, on doit aussi conclure qu'il est possible d'associer des plantes qui vivent et se maintiennent parfaitement ensemble. — Le tout est de les choisir à peu près également rustiques.
Cependant, lorsqu'une herbe de bonne qualité réussit mieux que d'autres sur un terrain qu'elle ne doit occuper que temporairement, il ne faut nullement proscrire tel ou tel semis homogène, même de graminées, et à plus forte raison de légumineuses fauchables, telles, par exemple, que les luzernes, le sainfoin, les trèfles. La durée de ces espèces, leur mode de végétation, l'époque de leur livraison et les terrains qui leur conviennent n'étant p<s les mêmes, il serait rarement profitable de les associer ensemble. A cet égard, la pratique a prononcé tout aussi bien que la théorie.
IVe sujet. — De la formation des herbages et particulièrement des pâturages.
§ Ier. —Manière de se procurer de la graine.
La difficulté d'obtenir les graines des es-