LIV. I*r
pèces qu'on désire propager en suffisante qua tilé pour faire immédiatement des semis tant soit peu en grand, est une des causes qui s'opposent le plus fréquemment à la création d'herbages permanens artificiels. — Il y a cependant trois moyens de se procurer ces graines : — 1° de les recoller à la main, sur pied; — 2° de les récolter dans les greniers ou dans les râteliers; — 3' de les acheter dans le commerce, ceqni est désormais possible, au moins pour les pi incipales espèces.
Le premier moyen permet de faire un choix rigoureux des meilleures plantes qui croissent dans chaque localité, mais il est accompagné de plusieurs graves incon\éniens. D'abord la récolte est assez coûteuse en elle-même, à cause de la lenteur avec laquelle elle s'elïeclue. et par suite des dégâts qu'elle oecasione dans les prairies, quelques précautions qu'on mette à les traverser à cette époque où toutes les tiges couchées par accident ne se relèveront plus; d'un autre côlé, toutes les graines sont loin d'être mûres au momentde la fenaison, de sorte qu'une première année, il ne faudrait, pour ainsi dire, songer qu'à former une pépinière de porte-graines, dont les prodiiits, récoltés en temps plus convenable les années suivantes, permettraienl d'ajouter progressivement à l'étendue des nouveaux herbages. Si l'on calcule la dépense et la perte de temps, on trouvera dans D:en des cas que ce moyen est plus cher que le troisième.
Cependant il ne faut pas se dissimuler que rétablissement d'un herbage ne soit rendu parfois beaucoup plus coûteux par la nécessité où l'on se trouve d'acheter toutes les graines. Aussi, pour se soustraire à celte obligation, a-t-on souvent recoursau 2" moyen que j'ai indiqué. Avec lui on peut êire certain d obtenir des semences bien mûres, pa ce que les autres ne se détachent pas du loin ; malheureusement, à côté des bonnes se trouvent les mauvaises qu'il n'est pas possible d'en séparer, et cette circonstance paraîtra toujours des plus fâcheuses à tous ceux qui ont médité sur la composition des pâturages naturels. A la vérité, il en 3st de si heureusement formés que l'objection per<J, quand on les a en vue, une grande partie de sa force. Je serai le premierà conseiller de profiter sans hésitation de leur voisinage, ton tes les fois qu'il y aura lieu. Mais j'ai assez fait voir, dans ce qui précède, que ce cas est trop rare; aussi ie mentionnais-je ici plutôt comme une exception que comme une règle d'une appl cation habituelle. Quoiqu'il eu soit, quand on croit pouvoir recourir a ce moyen, voici comment on s'y prend, d'après Pictet, dans quelques cantons de la Suisse, pour se procurer la graine en plus grande abondance qu'on ne pourrait le faire par le simple balayage des greniers ou autres lieux où on dépose les foins avaut de les donner aux animaux : « Onéiablil un grillage en bois en remplacement de la paroi de planches qui, par sou inclinaison, rapproche le fourrage de la base des râteliers pl,»cés verticalement, comme ils le sont dans la plupart des écuries et des étables de ce pavs; la base de ces ral.liers étant à 15 ou 18 po. du mur ou de la paroi de la grange,
chap. 18'. DES PAT
laisse des intervalles par lesquels les graines de prés s'échappent et tombent cians des boîtes, des tiroirs ou coffres plates sous la crèche, d'où on peut les tirer, lorsqu'on présume qu'ils sont à peu près remplis de graines. »
L'agronome genevois, ,en recommandant cette prai ique pour remédier à la cherté de la terias.se ou graine de foin dans le canton qu'il habite, a du resle b en soin de prescrire, afin de l'obtenir sans mélange, de aire rigoureusement et préalable i eut ar» acher, à la pousse iW l'herbe, les plantes qui, comme l'anêlebœuf, le plantain à larges feuilles, etc., etc., le saliraient inévitablement de leurs semences inuiilesou nuisibles.
Quant au 3e mojen, en le comparant au premier, chacun, selon la position dans laquelle lise liouve, sera à même dopier pour l'un ou l'autre. Il suffira d'indiquer ici que les espèces fourragères, considérées c< mine les plus avantageuses en France, c'est-à-dire la plus grande partie de celles dont il sera question dans la suite de ce chapitre, sont culiivées pour graines dans les belles propriétés de M. Vilmorin, et qu on peui se les procui er avec entière sécurité dans la maison de commerce qui porte son nom, à Paris.
En générai, Les semences Les moins vieilles, surtout parmi les graminées et quelques légumineuses, sont celles qui lèvent le plus p omptemenl, le plus c niplcteinent, et qui donnent lieu à la végétation la plus vigoureuse. Il faut donc tâcher de se les procurer de la dernière récolle. Si on lesachète, il faut veiller à ce qu'elles soient nettes, bien pleines, sans autre odeur que celle du bon foin, et surtout pesantes, <e qui est le meilleur in diee de leur complète maturité et de leur bonne qualité. — Dans quelques espèces, la couleur est aussi un iud ce assez certain. Ainsi les graines de trèfle • t de luzerne sont d'abord du. jaune doré ; en vieillissant elles prennent une teinte roùgeâtre. il en est de même de celles de la lupuline. Les semences de sainfoin passent du gris au noir, etc., etc. — Du res e, il est toujours s>ge d'essaveren petit les graines que Ion n'a pas récollées soi-même. Après en avoir laissé tremper une quantité ou un nombre déterminé dans l'eau à une douce température, afin d'obtenir plus P»n mptement le résultat ne l'expéi ience, on fera donc bien de les semer de manière à constaier leur qualité. -
Quoiqu'un ail proposé beaucoup de recettes, toutes m«M veilleuses, pour préserver les graines, dans la terre, du ra\age des insectes, 1rs disposera une plus prompte et plus facile germination, et même ponrajouer, pendant toute la durée de la végétation, à la vigueur des plantes qui en proviendront, je ne sache pas qu'aucun de ces moyens, dont plusieurs sont plus nuisibles qu'unies, puisse être recommandé, si ce n'est peut-être le chantage pour c» Iles des graminées dont on a reconnu la disposition à ètie atteintes de la carie et du cha- bon. La meilleure préparation de toutes les semences fourrage uses et autres, c'est l'humidité modérée et chaude qu'elles trouvent dans un sol perméable aux gaz atmosphériques; et le me' Heur préservatif contre l'insuccès, c'est l'opportunité des .semis.
URAGES.
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§ II. — Préparation du sol.
Quelques plantes fourragères peuvent à la vérilé réussir dans les terrains marécageux ; mais, d'une part, les bestiaux et surtout les moutons s'accommodent fort mal de semblables localités, et, de l'autre, toutes les herbes qui font la base des meilleures prairiespâturages redoutent par-dessus tout une humidité stagnante. Partout où cette humidité existe, le premier soin du cultivateur doit donc être de lui procurer un écoulement suffisant. (Voy. l'article Dessèchement.) — Lorsqu'au contraire les terrains se trouvent dans le voisinage d'eaux courantes, on sait trop de quelle importance il est de pouvoir les arroser pour qu'il soil besoin de recommander de les disposer de manière à favoriser le plus possible les irrigations. (Voy. le chap. Arrose mens.)
Il importe ensuite de les nettoyer le plus exactement possible des graines «t des racines vivaces des mauvaises herbes, ce qu'on obtient à l'aide de labours plus ou moins nombreux, donnés pendant il ne jachère complète, ou mieux une cullme sarclée qui a le double avantage, tout en atteignant aussi efficacement le même but, de paver par ses produits, d'abord la préparation du sol, et de plus une grande partie de l'engrais qu'on lui donne, et qui devra cependant profite» beaucoup encore au succès du pâturage. .Lai eu plusieurs fois l'occasion de remarquer qu'une terre, qui nélait pas par trop épuisée par les cultures antérieures, se trouvait ainsi préparée de la manière la plus complète et la pVus profitable à recevoir des semences herbagères. — Dans le cas où l'on ne pourrait disposer que d'une faible quantité d'engrais déjà préparés, et où l'on jugerait plus utile de lui donner une autre destination, un parcage serait fort avantageux. — Enfin, à délaut de ces deux moyens, une récolle enfouie produirait encore un très-bon effet. Je ne dois pas omettre d'ajouter ici que sur les terres froides, tourbeuses ou uligineuses, l'écobuage est la meilleure préparation possible pour la création d'un herbage. — Nous verrous tout-à-l'heure qu on sème aussi les pâturages c< mine les prairies artificielles sur les céréales, sans autre préparation qu'un hersage de printemps. Quand les terres sont propres et en bon état, ce moyen, par sa grande simplicité, est un des meilleurs.
La projondeur des labours ne peut jamais être trop grande dans un bon fonds. Ce qui a été dit ailleurs à cr sujet me dispensera d'entrer dans de nouveaux détails. J'ajouterai cependant que, pour les fourrages à racines fortes et pivotantes, tels que la luzerne, le sainfoin, etc., il faut de toute nécessite une couche labourable plus épaisse que pour des graminées à racines minces et traçantes, et je rappellerai, comme fait d'une importance toute spéciale dans le sujet qui nous occupe, que, tandis que les labours profonds conservent la fraîcheur pendant l'été, ei facilitent l'absorption des eaux surabondantes pendant l'hiver, les labours superficiels exposent les piaules à périr par siule des sécheresses de
la première de ces saisons et de l'humidité froide de la seconde.
On a recommandé avec raison d'éviter île semer sur un labour trop récent, surtout s'il a ramené à la surface quelques fragmens du sous-so', el lorsque la terre est encore creuse et soulevée, auquel cas on courrait l<* risque de perdre une* partie des graines, principalement lorsqu'elles sou' fines. —Lorsque le gnérel n'est pas assez rass's, pourobvierà cet inconvénient on a recours tantôt au plombage àCntde de rouleaux d'un poids proportionné à ta légèreté du sol ; — tantôt à la herse renversée et chargée plus ou moi s de pierres, oit conduit" de manière que les dents, au lieu d'être inclinées en avant, le soient en arrière; — tantôt, enfin au piétinement des animaux, ce qui donne, eh pareil cas, au parcage un double bul d'il il.'té.
En général, lorsqu'on est dans l'obligation de donner plusieurs labours, le premier seul dnii êtr" profond, les aines n'ayant d'autre but <|iie d'ameublir et de niveler convenablement la couche su . é: ieure du sol, et d'enterrer les engrais, si l'on a cru nécessaire de fumer directement pour le pâturage.— En Angl> terre, on regardé comme d'un très-grand avantage, indépendamment de la fumnretnterrée, de ro| andre sur le guère! (oui prêt à recevoir la semence un engrais ou un compost pulvérulent destiné à être recouvert en même temps que la semence par un seul herbage. Cette pratique est excellente, surtout dans le cas où l'herbage succède à d'autres cultures qui on; absorbé une grande par ie de l'entrais. Dans l'ouest de laÎTance, l'ai vu semer ains* des prairies sur un mélange Ht <erre végétale, de chaux ou de cendres lessivées et de fumier d'étarble, le tout répan u à la volée à ta s rface du sol, en des proportions que je regrette de n'avoir pas notées, mais qui me parurent peu considérables. Lés résultais f'>« cul admirables. Je ne doute pas qtif le noir de raffineries ou le noir niinaii^é ue produisit, de la même manière, des effets tout au>si marqués.
« N'établissez en prairies, disait Pictet que la quantité de terrain que vous pouvez amplement fumer ei convenabh ment sar cl r pendant le temps que vos plantages (lés cultures prepa afoires) l'oceuperout; vos pr nies seront ainsi bien établies et à bon marché. »
§ III. — De l'époque des semis et de la manière de les effectuer.
en
Est il plus profitablede semer les herbages i automne ou au printemps ? Il n'y aurait ja mais eu d'aussi vives controverses sur cette question, si l'on s'élait donné la peine de chercher à la résoudre selon les lieux et les Circonstances, au lieu de le faire d'une manière absolue. — Toutes les jois que les semis d'automne peuvent réussir, il-, sont préférables a ceux de printemps, par la laison q 'ils donnent gé éralement des produits ou plus abonda us ou plus prompts; — plus ab-ndans, lorsqu'un cultive une plan ie, même annuelle, qu'on a intérêt à voir se développer el lailer bé&tlèoup, comme celles de nos Céréales qui sont utilisées accidentellement
A'NTES FOURRAGERES. liv. ï".
pour coupage;— plus prompts.^fuarid il s'agit ue plantes vivaees, attendu quç les plus précoces «r entre elles ne mo t»nt qu incomplètement a graines la première année, si leurs racines n'ont déjà pr s possession du >ol avant l'hiver, et si leur touffe ne s'est en grande partie développée avant l'époque des chaleurs. Pour toutes les herbe- qtli ne redoutent pas, dans un climat quelconque, les froid», de la mauvaise saison ; — sur tous les sols qui ne retiennent pas assez l'eau des pluies automnales pourfaire pourrir les graine.-,, et (fans tous les cas où les dépositions d'assolement s y prêtent, je pose donc en fait que les serins de septembre doivent être préférés a ceux de mars. Il est à peine besoin (f ajouter que celle convenance se fait remarquer, plus impérieuse que partout ailleurs, dans les pays chauds et sur les terres légères, élevées et ai ides, où l'on a sui tout à redouter tes effets de la sécheresse printanière. Mais dans les circonstances contraires, c'est-à-dire, là où l'on a moins à craindre le manque de pluies que leur surabondance et ta rigueur des gelées, prineij alement dans les sols argileux el les localités basses, il est avantageux de différer 1 ensemencement jusqu'au printemps, car en retardant ta jouissance on la rend pttts assurée,
L'époque des semis est aussi subordonné*! à la précocité de la culture qui les précède; ainsi, après une récolte hâtive ou une prairie artificielle fauchée aux approches de juillet, où trouvera le teu ps de préparer convenablement la «erre à un en-emencement d'automne, tandis qu'après d'autres cultures plus tardives, il en sera le plus souvent autrement. — Pour semer sur une céréale, il faut de toute nécessité choisir le printemps, dan-, la crainte que les" graminées fourragères ne dominent les b'és ou u^ les affament, ce qui ue peut avoir lieu avec cette précaution, parce qu'elles ne prennent Imr plus fort développement qu'après la moisom
Oatis les climats favorisés par des pluies estival .s, il peut y avo r parfois de l'avantage à devancer le mois de septembre. On cite en Angleterre des semis du mi-ieu et de la fin de juin qui ont parfaitement réussi, et Ch. Pictet, qui habitait Genève, re< ouimande de ne pas dépasser les premiers jours d'août ; dans la plupart de us déparlemens, le succès qu'on pourrait se promettre de l'observation rigoureuse de tels préceptes serait extrêmement casitel;
On sème toutes tes plantes herbagères des pâturages à a volée, en une seule fois lorsque les graines sont à peu près de même grosseur; — en dei* lois, lorsqu'il en est autrement. S tôt que la surface du lerr in a élé convenablement préparée, on répand, après les avoir préalablement nié ées ensemble, les semences les plus \olurnuieuses; puis on les recouvre immédiatement par un hersage d'autant plus énergique qu'on croit utile de le.-> enfoncer plus prof ndémeut. — On n êle également ensuite, et ou se me sur ce hersage les semences les plus fines, que l'on enterre par un hersage plus lég^r, eu même par un simple roulage, selon que l'état de la terre el l'espèce delà graine l'exigent
chai». 18« DES PATURAGES.
Quand on semé au printemps sur un froment d'automne, il est (Ses cultivateurs qui se bornent à répandre la semence sans aucune préparation du sol et sans la recouvrir, clins la crainte presque toujours mal fondée de nuire à la recolle du grain. — D aut' es, mieux instruits par l'expérience, hersent d'abord le blé sans s'inquiéter de bt iser une partie de ses leuilles (voy. l'art. Froment), sèmeni ensuite, et recouvrent en passant nue .se onde fois une herse plus léère. Cette méthode, sur les terres tenaces niées, est sans nul doute la meil-
et enet
pourraient avoir des inconveniens si l'on ne modérait beaucoup leur énergie. En pareil cas, à la deuxi me de ces opérations, on substitue avantageusement un roulage.
Quant à la quantité de graines à employer sur des espaces donnés, elle est extrême ment variable d'espèces à espèces. Je l'indiquerai approximativement en parlant de chacme en particulier, en faisant observer toutefois, a\ee M. Vilmorin, qu'un point semblable ne peut être déterminé exactement, attendu que non seulement une livre de la même semence peut contenir un nombre tt'ès-difiér< ni d g-rmes, suivant le terrain où *-lle aura été recollée et la température de l'année; mais, de plus, qu'il est néeessaire, selon les circonstances diverses, de semer plus ou moins épais; — un mauvais terrain demande pins de semence qu'un bon;
— sur une terre médiocrement préparée.;
— par un temps sec et défavorable; — dans une situation exposée à des gelées tardives;
— sous lotîtes les conditions, enfin, delavo râbles à un semis, il huit le faire plus épais que si le sol et la saison le favorisent.
§ IV. — Des autres modes de formation des herbages.
Parmi les pratique!) autres que les semis, dont quelques cultivateurs anglais se sont récemment avisés, il en est une, a mon gré, beaucoup plus singulière que profitable, dont je dois cependant dire quelques mois : c'est la transplantation par plaques. Ces plaques, enlevées sur des terres bien gazonnées, sont transportées sur d'autres terres destinées à èlr ■ converties en pàturaues i ■ermanens, et pi icés à 6 pouces les unes des autres, de sorte qu'on estime que la dépouille d'un acre peut servir à en planter 9. — Si le champ dont on enlevé la surface doit rentrer dans la rota lion des plantes économiques, on le dénude en entier, excellente méthode pour détruire en un irts'àïil tons les bonseffétsde f'herbag'è sur les cultures suivantes; s'il doit rester en pâturage, la charrue à écobuer, en decou panl parallèlement des bandes longitudinales de 6 po. de large, laisse intactes d'au très bandes euherbées de 3 po.; puis, lorsque les premières ont été enlevées, elle rec un menée un travail analogue, perpendicula ■ renient au premier, de manière qu'il reste sur toute la pièce de petits monticules d'herbe de 3 no. carrés, séparés les uns des autres par des sentiers ou espaces vides de 6 po.; après quoi on donne au champ ainsi maltraité une copieuse fumure, ou ou le recouvre d'un
abondant compost, dont une bonne terre végétale la i la plus grande partie. -Quant à la transplantation sur le second champ, elle n'exige d'autres précautions que la promptitude et le soin de bien affermir les plaques dans le sol, pour défendre les racines contre les vicissitudes des saisons. — Aucun animal ne doit être ensuite introduit sur le nouveau pâturage, qu'après la ma mité et la dispersion des graines. — On eslime que les seuls frais de découpage et de irai.splanlalion du gazon pour un acre (40 aies; s'é-
èvent à 2 liv. 9 s. 6den. 59 fr. 40
Si l'on
suis par inblciDle
ajoute à cela la recolle perdue sur le terrain •otab ment ou partiellement dépouillé; — le tort qu'on lui fait pour les années suivantes; — les frais de fumure; — l'impossibilité d'utiliser avant la seconde année les produits du terrain p anlét et si l'on compare tontes ces dépenses et mm-reretles aux frais et résultais d'un semis fait avec discernement, je doute fort que l'avantage ne reste pas tout entier à ce dernier mode, et je conséquent convaincu qu'une sei méthode, s* elle est parfois mile, ne peut l'être que dans des cas fort exceptionnels.
Mais il exisîe un autre moyen de transplantation, parfois même ({emarcot'apeou de houtttragèy qui, "pour n'être pas d'un éroph i l èsélendu n'en est pas n oins assez souvent d'une utilité réelle. Les Anglais remploient à peu près exclusive!» eut, je crois, pour la prnpagaiion du florin {Agrostts stolbhtJercC), l'une des piaules fourragères donl ils font le plus de cas, et les personnes qui l'ont, depuis quelques années, essayé en Fiance, à ma connaissance, soit pour les plantes qui, comme l'agrostis d'Amérique, croissent lentement de graines et ta lient beaucoup, s< it pour celles qui, comme l'hei be de Guinée (Panicam altissimurti). ne donnent pas en< m e ime grande quantité de bonnes semences dans nos régions, ont eu lieu d'en être satisfaites. — Ce moven consiste, tanlôt à ouvrir à de-s distincts propoii tonnées au développement futur des touffes, de petites rigoles peu profondes au fond desquelles on étend les tiges déjà en pàrfîe enracinées, ou même sans racines, des piantes traçantes, de manièreque burs extrémités se touchent; puis à couvrir à I'. ide du i âleau, et à rouier la surface du sol;— tantôl à taire un semis en petit à bonne exposition, lorWiie les dernières gelées ne sont plus à craindre, et à mettre le plant en place, au corde u et au plantoir, dès qu'il estassezfqrl poursupporle>- cette opération ; — tantôt enfin, dans la crai le que la lenteur au premier accroissement (fêta plante ne compromette le Succès du semis, à moins de sarclages et de binages trop répétés, à la cultiver d abord plus ou uio ns clair da sun jardin, et à la d viser ensuite par éclats, lorsque l'état des touffes le permet, pour repiquer en définitive comme pr cédeminent. Je répèie que ces diverses méthodes sont rarement employées. Je < rois donc suffisantes les indications que je viens de donner.
AGRICULTURE : DES PLANTES FOURRAGERES
V* sujet. — Des soins d'entretien des herbages en général, et des pâturages en particulier.
§Ier-
De la destruction des herbes et des animaux nuisibles.
Les plantes inutiles ou nuisibles aux troupeaux abondent dans une foule d'herbages. Il esl d'une telle importance pour le mil dateur de connaître au moins les principales d'entre elles, que j'entrerais immédiatement dans d'assez longs détails à ce sujet, si, d'après l'ordre adopté dans cet ouvrage, je ne devais renvoyer le lecteur au dernier chapilre de ce livre; me bornant i«i à quelques généralités qui perdront malheureusement de leur intérêt par suite de leur isolement.
Parmi les plantes considérées comme nuisibles, il en est qui sont réellement telles par suite de leurs propriétés délétères ; — d'autres, parce qu'elles communiquent à certains produits des animaux, au laitage et au beurre, par exemple, une saveur désagréable, ou encore parce qu'elles rendent pins difficile la transjormalion de ces mêmes produits; — d'autres seulement, parce que les bestiaux ne les mangent pas ou les mangent avec répugnance, et qu'elles donnent par conséquent des foins rejetés ou de trèspeu de valeur, quoiqu'elles occupent la place de bonnes plantes. — Il est aussi des herbes fort bonnes dans les pâturages, et qui deviennent nuisibles dans les prairies à cause de leur peu d'élévation, qui les soustrait en grande partie à la faulx.
Nous verrons que c'est surtout dans les lieux bas et humides que se multiplient le plus abondamment les mauvaises herbes. Là, le meilleur moyen de les détruire, au moins en grande partie, c'est de changer la nature même du terrain, en facilitant l'écoulement des eaux stagnantes qui le couvrent ou le pénètrent pendant une partie de l'année. Par ce moyen, on fera promptemenl disparaître toutes les espèces des marais.
Si, lorsque le sol est convenablement égoulté, il conservait encore quelques restes de sa disposition tourbeuse; s'il était encore aigre, comme le disent si justement les habitans des campagnes, les amendemens calcaires et alcalins, tels que la chaux, les cendres de bois, de tourbe, les cendres pyriteuses, etc., achèveraient indubitablement de le bonifier.
En des positions analogues, il a aussi été reconnu qu'un des meilleurs et des plus simples moyens de détruire une grande partie des mauvaises herbes, c'était de les faire pâturer .au printemps aussitôt que l'état du sol le permet. La plupart d^s herbivores broutent sans inconvénient cet, plantes lorsqu'elles sont jeunes encore, et beaucoup ne repoussent plus que faiblement, tandis que les bonnes graminées, par suite de