LIV. IVé
tes les jointures des appareils doivent être lu« tées avec le plus grana soin, au moyen de bandes de linge trempées dans des blancs d'œufs et saupoudrées avec un mélange de chaux vive, éteinte avec un peu d*eau et mélangée d*un tiers de son poids de craie en poudre- fine.
On prépare aussi un bon lut avec parties égales de farine de seigle et de craie en poudre très fine; ou bien 1 partie de cette farine avec autant de sablon très fin. On délaie ce mélange dans des blancs d*œufs pour en former ime bouillie épaisse qu*on applique sur les bandes de toile dont on recouvre les jointures.
Du moment que la chaudière est bien nettoyée on y verse le vin; on la remplit à peu près aux 3/4, ce qu'on reconnaît lacilement au moyen d'une petite jauge en bois, qii*on plonge dans le liquide. Dès que la chaudière est remplie on s'occiipe de mettre en train ou de donner le coup de feu. A cet effet on allume un feu vif dans le fourneau pour hâter Tébullition ; on place le hassiot pour recevoir les produits ; on ferme l'ouverture du chapiteau avec son bouchon à vis ; on verse de Teau dans Fanneau qui Tentoure et on lute avec soin toutes lès autres jointures.
Dès que la chaleur commence à pénétrer, il se dégage beaucoup d*air par Textrémité inférieure au condenseur, et peu à peu les va- Î>eurs s^élèvent. On juge du chemin qu'elles ont dans toutes les capacités de Tappareil par la chaleur que prennent successivement tous les conduits qu'elles parcourent. Il passe d'abord un alcool qui n'a ni eoût ni odeur agréable. On sépare ce 1*' produit pour le distiller une seconde fois. L'alcool qui succède est très concentré et de bonne qualité; il se nomme eau^de^vie première^ et on en détermine le titre par l'alcoomètre en établissant à demeure cet I nst rumen t à l'ouverture du bassiot, ce qui p ermet de juger du degré de l'alcool pendant tout le temps de l'opération.
L'alcoomètre se maintient à peu près au même degré pendant quelaue temps; mais peu à peu l'eau-de-vie perd ae sa force. Lorsqu'il est tombé au-dessous de 50° de l'alcoomètre ( 19® Cartier ) on ne recueille plus que de.l'eau-de-vie mêlée de plus ou moins d'eau, qu'on nomme eau-de-vie seconde ou petites eaux. Quand cette eau-de-vie a passé pendant quelque temps et ne contient presque plus rien de spiritueux, on ouvre de temps a autre le petit robinet placé sur la chaudière et on présente une allumette enflammée aux vapeurs qui en sortent en renouvelant cet essai jusqu'à ce que les vapeurs ne s'enflamment plus. Dès ce moment l'opération est terminée; on couvre le feu pour faire éoouler la vinasse, nettoyer la chaudière et la remplir de nouveau.
La quantité de bonne eau-de-vie qu'on recueille est d'autant plus considéi*able qu'on a mieux ménagé le feu et qu'on a entretenu le même degré de fraîcheur a l'eau des condenseurs.
On peut ménager le combustible et le temps en plaçant entre l'alambic et le condenseur un baquet de la contenance de la chaudière, qu'on remplit de vin, qu'on chauffe pendant le cours de la distillation précédente jusqu'à 65 ou 60** C, par un tour de serpentin qui circula dans le baquet avant de se rendre au
condenseur. De cette manière la distillation recommence presque aussitôt.
Les distillateurs appellent chau^ une opération entière , c'est-a-dire depuis rinstaot oii ils chargent l'appareil jusqu'à celui où ils font écouler la vinasse.
On redittille séparément Teau-de-vie seconde. à un feu doux, pour l'obtenir en totalité à | un plus haut pomt de concentration. Cette opération s'appelle rq^euu. On mêle quelque- I fois la repasse avec le vin pour en opérer de , nouveau la distillation.
A mesure que les bassiots qui reçoivent I l'eau-de-vie sont pleins, on les vide dans des | futailles de bois de chêne qu'on tient dans le cellier pour éviter l'évaporation. Le séjour que fait l'eau-de-vie dans le bois neuf loi fait acquérir une couleur jaunâtre qui n'altère pas sa qualité. L'eau-de-vie en vieillissant peru le !
Î[oût de feu qu'elle a souvent quand elle est , ralche ; elle devient plus agréable et plus suave.
2« Di$tillat%on des marcs de raisins.
Les marcs de raisins qu'on destine à la dis- , tillation sont d'autant plus propres à cet usage qu'ils sont restés plus long-temps en contact avec le vin ; ils fournissent alors plus d'alcool, et cette quantité, dans les années favorables, peut aller du 10* au 8«, tandis que des vins pressés aussitôt après la récolte on n'en peut extraire au-delà du 12* au 10*.
Quand on ne distille pas les marcs de suite, il faut les préserver du contact de Voir qui les ferait tourner à l'aigre et détruirait ralcool. Pour cela , après qu'Us ont été pressés, on les entasse dans des cuves où ils sont foulés avec les pieds de manière à les condenser le plus possible. Les cuves étant pleines, on les recouvre d'une couche de terre molle. Alors il s'opère , au bout de 15 jours , une nouvelle fermentation qui augmente encore la richesse alcoolique des marcs. Dans des vases peu poreux ils peuvent se conserver plus long-temps sans altération et même pendant une partie de l'année.
Lorsqu'on veut commencer la distillation, on enlève le chapeau de terre ainsi que la surface du marc qui est ordinairement moisie, desséchée ou aig[re, et tout ce qui ae trouve altéré; et chaque fois que l'on puise pour charger la chaudière on recouvre le reste d'ime étoffe quelconque. La chaudière est chargée de manière que les marcs et le liquide qu'on y introduit laissent entre le chapiteau un espace pour l'ébullition et les vapeurs. On met ordinairement un seau d'eau pour 2 seaux de marc. Cette quantité de liquide est uécessaira pour empêcher les marcs de s'attacher a la chaudière. Quand on a des vins faibles ou gâtés, des vins de grains, de fécule, ou. tous autres liquides pouvant donner de l'alcool, il est avantageux de les employer, au lieu d'eau, à cette distillation. Le feu doit être toujours égal et conduit avec beaucoup de soin, un coup de feu pouvant déterminer de suite la brûlure au fond de la chaudière.
Dans quelques parties de l'Allemagne les chaudières qui servent à distiller les marcs de grains ou de raisins portent un agitateur qu on met en mouvement de temps a antre,
snrtoQt au ockmmeiicement de ropëration, pour empêcher les matières épaisses de tou* cher ]e fond et les tenir en suspension dans le
liquide.
Z'JHoauahn desmoiUê de grains et de fécule.
Pour procéder à la distillation des moûts de grains avec le marc , on les agile pendant auelque temps, puis on les transporte dans la cliaudièrequx>n remplit au 2/3 de sa hauteur. On allume le feu, qu'on répartit aussi également que possible sous la cnaudière, et en même temps le bouilleur, de moment en moment, brasse le moût avec un agitateur pour empêcher les parties épaisses de se rassembler au fond et de brûler. Arrivé au point d'ébullition et après le dégagement du gaz acide carboni-
3ue, OD ferme le chapiteau, on dispose le conenseor et on lute toutes les ouvertures. Dès Îiue la distillation commence on soutient le eu et on Tentretient de manière que l'opération marche avec activité et régularité. On coDtinue ainsi jusqu'à ce que les portions qui passent ne marquent plus que quelques degrés à Taréomètre; on fait alors écouler les marcs gu'on donne aux bestiaux.
Le bquide qu'on obtient ainsi, et qu'on nomme fUgtne^ est une eau-de-vie étendue d eau qui ne marque pas plus de 15 à 20* de Talcoomètre (12 à 13* Cart). Outre le goût d'empyreume qu'il possède , il contient souvent une certaine quantité d'acide acétique; aussi, exposé à l'air, il ne tarderait pas à être converti en vinaigre si on ne le soumettait h la cohobationovLrecti/ieation. Dans ce but, on le remet dans le même appareil , ou mieux on le transporte dans un autre plus petit, oii on le distille à un feu doux. La liqueur qui passe cfabord est de l'eau-de-vie V qu'on recueille à part; celle qui coule ensuite est plus faible, et en fractionnant les produits on finit par obtenir un liquide peu alcoolique qu'on redistille, avec les flegmes, à l'opération suivante.
Quand on distille des eaux-de-vie destinées pour boisson , telle que celle dite geniètre, if faut arrêter la distillation dès que les flèpies ne marquent plus que quelques degrés centésimaux , parce que c'est vers la fin que les acides et les huiles empyreumatiques, qui altèrent leur qualité, passent à la distillation. Aussi les derniers jets, lorsqu'on pousse ropération jusqu'à ce que le liquide ne marque plus rien , sont-ils infects et nauséabonds, et est-on obligé , dans ce cas, lorsqu'on procède à la rectification ou à une nouvelle opération, de placer un sodet sous l'orifice du serpentin pour recueillir et rejeter une certaine quantité d'eau acidulé et infecte qui précède le véritable produit de la distillation.
Pour empêcher la déperdition notable d'alcool qu'on éprouverait si le jet était à l'air libre, on enveloppe d'une caisse en fer-blanc, qui s'ouvre par un volet , l'issue du serpentin et l'entonnoir, et on ajoute dans celui-ci un morceau de flanelle qui sert de filtre et sépare une matière floconneuse oui contient de l'oxide de cuivre provenant de 1 appareil et empêche les corps étrangers d'obstruer le tuyau conducteur.
A la fin de chaque opération on nettoie tous les appareils, car c'est dans ce genre de distil- Aun.
APPAREILS DlSCOmniniS. 2M
latîon que la propreté parait être une condition des plus importantes.
4* IHitillaHon des mélaues de betteravee.
Les mélasses qu'on recueille dans la fabrication des sucres, mises en fermentation, donnent un volume égal au leur de bonne eau-devie. Il arrive quelquefois qu'au moment où la cuve où on les dépose aprâ les avoir mises en levain semble marcher convenablement, la fermentation cesse subitement sans qu'il soit possible de la rétablir. M. Tillot conseille alors de battre dans une chaudière 150 kilos, de mélasse avec 2 fois autant d'eau et d y syouter peu à peu 7^,5 d'acide sulfurique préalablement étendu d'eau. On brasse fortement le mélange, on fait bouillir une demi-heure, puis on fait écouler dans une cuve dans laquelle on verse 5 à 6 fois autant d'eau qu'on a employé de mélasse. On délaie dans ce liquide une quantité convenable de levure et la fermentation marche régulièrement. La quantité d'acide varie suivant la composition de la masse; le mélange doit seulement être légèrement acide. Une fois la fermentation alcoolique terminée, on distille comme pour le vin.
La plupart des autres matières sucrées et fermentees se distillent les unes comme les vins , les autres comme les grains, les marcs ou les mélasses.
I IL— Appareil diflcontina à feu nu avec r«ctificatîoB fltmultanëe à la vapeur.
L'alambic ordinaire présente plusieurs vices inhérens à l'appareil lui-même. D'abord il faut modérer le feu avec assez d'habileté pour ne faire monter que les parties alcooliques; un coup de feu trop fort fait monter une masse de fluides aqueux et ne donne qu'une eau-de-vie faible qu'on est obligé de distiller une seconde fois pour la porter au àefré convenable. En second lieu il est difficile d'extraire les dernières portions d'eau-de-vie cou* tenues dans le vin sans qu'elles soient chargées d'une immense quantité de parties aqueuses. L'eau-de-vie a souvent un eoût de brûlé et est rarement très limpide; Ta condensation y étant imparfaite, il y a déperdition de vapeura alcooliques qui se répandent en pure perte dans l'atelier. Enfin on consomme une quantité considérable de combustible et on ne peut obtenir d'alcool 3/6 ou autre que par une nouvelle distillation.
C'est surtout dans la distillation des moûts de crains et des marcs que ces défauts sont le plus sensibles. La nécessité de laisser refroidir les flegmes avant de les soumettre à la rectification, puis de les réchauffer pour cette opération, occasionne une dépense énorme de combustible et une déperdition fort considérable en alcool dans les transvasemens. On a cherché de bien des manières à remédier à ces défauts et à s'opposer à ces pertes ; nous ne pouvons donner ici toutes les combinaisons qui ont été inventées ; mais avant de passer à la description des grands appareils employés de nos jours, nous ferons connaître un appareil simple inventé par M. Pistorivs et employé avec beaucoup de succès pour les moûts de grain qu'il distille et rectifie eu
T. 111.— ao.
ARTS AGRICOLES « FABRICATION DES EAUX-DE-VIE
UV. IV.
même temps. Voici la description de cet appareil.
Entre un alambic ordinaire M (/Ijjf. 342) et son réfrigérant N, on place un autre alambic
Fig.
rectificateur A.muDi d'un iq>pareil séparé de condensation C. La chaudière A est plate; son diamètre est 6 à 7 fois plus grand que sa hauteur et sa capacité la moitié de celle de la
chaudjïre M* IJn^ eoveïopp© de cuivre BÏÎ^ sorle de chaiidière cylindrique, euloure la chaudière qui s'y trouve suspendue à 5 ou 6 centimètres tant des parois que du fond au moyen des rebords de son couvercle qui sont soudés sur la paroi intérieure de Tenveloppe. Celle-ci reçoit d'un côté dans une douille le bec D du chapiteau et de Tautre elle porte
f>rès de son fond un tuyau £ qui entre dans 'ouverture supérieure du serpentin. Ce tuyau est un peu incliné pour favoriser Técoulement des liquides qui se rassemblent entre la chaudière A et son enveloppe. L'intervalle entre les 2 vases A et B forme déjà une sorte de condenseur où une grande partie des vapeurs soulevées dans l'alambic M viennent se liquéfier. Ce tte condensation donne lieu à un dégagement de calorique qui chauffe les flegmes qu'on a versés dans la chaudière A et oui distillent ainsi à une douce chaleur. Afin d'éviter encore la perte du caloriaue, on peut adapter au tuyau E un bout de tuyau à robinet F par lequel onsoutire les flegmes peu alcoolisés qui se sont condensés entre les 2 fonds, et qu'on verse encore bouillans dans la chaudière a rectification, j *
Au moyen de cette disposition on diminue beaucoup la perte en alcool ; on obtient par le robinet O du réfrigérant une eau-de-vie presque rectifiée, et par le serpentin C un produit infiniment plus pur et d'un deeré supérieur à celui recueilli par les procéaés ordinaires.
On peut disposer l'appareil d'une manière encore plus avantageiue: pour cela il n'y a qu'à donner au fond de l'enveloppe de la chaudière A (/S^. 348) la forme d'une calotte sphé-
Fig. 348.
rique, et souder au point le plus bas un tuyau R en forme d'S de 12 millimètres de diamètre intérieur. Ce tuyau se relève et pénètre dans la chaudière à travers le couvercle. Lorsgu'il s'est assemblé une certaine quantité de flegmes sur le fond sphérique, on ferme le robinet H; la pression qui s établit dans l'appareil, dès qu^elIe équivaut à peu près à celle d'une colonne d'eau de 30 à 34centimè-
1 res de Ivaiileur, suffiTpour faire manterces flegmes dans la chaudière à rccttficaïion,
S III. — Appareil^aa bain-marîe , de M. Chacssbiot.
Cet appareil , oui marche au bain-marie et avec diminution de la pression atmosphérique, peut s'appliquer avec succès à la distillation des eaux-de-vie et liqueurs d un goût délirai, et surtout à celle des eaux aromatiques. L'auteur s'occupe de simplifier encore sa construction, tout en ménageant les moyens de graduer à volonté les progrès de la condensation des vapeurs. Dans l'état actuel il se compose des pièces suivantes.
A (fig. 344), chaudière contenant le liquide
Fig. 344.
à distiller; elle plonge dans un bain-roarie, chauffé par le foyer du fourneau C. Un tube à double courbure ££ met en communication la capacité de la chaudière A avec celle d'un vase et récipient condenseur F. Celui-ci, plongé dans une enveloppe G qui reçoit de 1 eau froide par un entonnoir U, se remplit complètement, et laisse passer Teau par un tube dans la double enveloppe K du tube à double courbure £; enfin, un trop plein L porte au dehors l'excès du liquide réfrigérant.
Conduite de l'appareil. L'appareil étant ainsi monté et la chaudière A remplie aux 3/3 de la substance à distiller (vin ou mélanee deau et d'une substance aromatique), on allume je feu dans le foyer C, et dès que le bain-marie est chauffé à 40» environ, on remplit de vapeur d'eau toutes les capacités F, E, A, à J'aide d'un petit bouilleur N, qui s'adaple pcndaut quelques instants au robinet M. La vapeur eu excès sort bientôt avec un sifflement par le
CBàP. fO««