‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 109 sur 239 · APPAREILS DISCONTINUS · texte numérisé non relu

APPAREILS DISCONTINUS

robinet O. (Ces 2 derniers robinets sont constamment plongés dans l'eau aue maintient autour d'eux une petite capsule qui s'y trouve adaptée; cette ingénieuse disposition £arantit la fermeture hermétique qui est indispensable.) Dès qu'on est certain que tout l'espace prwîité est bien rempli de vapeurs, on ferme à la fois les deux robinets, et l'on démonte le petit bouilleur.

Le ottfe commence à s'établir; on l'entretient en foisant couler de l'eau froide par l'entoonoir H dans le fond de la double enveloppe G du récipient. Celle-ci s'échauffe peu à pen en s'élevant autour de ses parois, et de plas en plus en montant ensuite dans l'enveloppe K par le tube I ; puis elle sort, après lYoïr utilisé toute sa faculté réfrigérante, par le trop plein L. Le vide incomplet établi de cette manière dans toutes les capacités A, £,F, détermine une distillation active à une température de 40 À 50^^, et comme celle-ci est donnée par l'intermédiaire du bain -marie, elle est également répartie, et ne saurait caraméliser aucune des substances distillées. Aussi obtient-on dans cet appareil des eaux aromatiques (de roses, de fleurs d*oranger, etc.) ou des eanx-de-vie plus suaves que par aucun antre procédé.

FIg. 946.

L'habitude anciennement contractée d'nn arôme moins fin et même légèrement empyreumatique pour certaines eaux-de-vie peut encore les faire préférer; mais l'usage oe liqueurs plus suaves, qui commence a se répandre, fera de plus en plus attacher de l'importance aux appareils du genre de celui-ci; on ne saurait en douter en observant quelle répugnance nous inspirent aujourd'hui les boissons alcooliques à odeur nauséabonde, à saveur Acre, que préfèrent encore certaines populations du Nord.

I IV. — Appareil discontina à fra b« et à la Tapeur avec rectification simulttiiéede rtloool et cbsoffe-TÎn.

Cet appareil, de l'invention de M. P. Aléorb qui l'a nommé reetifkatmr^ et qm est propre à distiller toute espèce de liquides ou de matières p&teuses, et à sécher le malt, est employé a Paris et dans les environs , notamment pour la distillation des sirops de fécule. La préférence que lui ont accordée de bons praticiens nous engage à le faire connaître.

La figure 345 prâente une vue extérieure, et la figure 346 une coupe de l'appareil ; a; fourneau; ft, porte du fourneau ; e, cendrier; d, gnlle dn fotimeau; a, chaudière inférieure;

Fig.146.

ft robinet de la chaudière, dit vidange; g^ro- | quer le trop plein; h^ ligne ponctuée indibinet adapté à la même chaudière, pour indi- I quant le niveau de l'eau ou du vin dans la

ize

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Liv. nr.

chaudière e, quand on distille; t, tubulure adaptée sur la chaudière e; on la tient hermétiquement fermée à Taide d*un couvercle bridé qu'on n'ouvre que lorsqu'on veut nettoyer lintérieur de )a chaudière ; Is, robinet d'épreuve pour la distillation du vin ; {, chaudière supérieure superposée ; m, robinet de vidange de la chaudière l; n, tuyau courbe portant robinet, et établissant la communication entre les deux chaudières e, {; o, robinet du trop plein de la chaudière l; p, ligne ponctuée indiquant, dans la chaudière l, la superficie du liquide è distiller; q, fond qui sépare les deux chaudières «, 2;r, tuyau principal ajusté verticalement au centre du fond q : il est ouvert des deux bouts, et s'élève vers le collet de la chaudière l; 5, cylindre creux ouvert par le bas, et fermé à son extrémité supérieure; il sert d'enveloppe au tuvau r; son bord inférieur repose sur 3 pieds d'un pouce de hauteur, soudés sur le fond 9, le fond de ce cylindre ne touche pas tout-à-fait le bord supérieur du tuyau r; t, 3e cylindre creux dont le bord inférieur est soudé sur le fond q; ce cylindre, qui enveloppe les 2 précédens, est ouvert par le haut, et son bord supérieur s'élève d'environ 15 lignes au-dessus du cylindre «; u, 4e cylindre creux, ouvert par le bas, fermé par le haut, et enveloppant le 3<3 cylindre t. Le bord inférieur de ce cylindre est, comme celui du cylindre «, porté sur 3 pieds d'un pouce de haut, soudés sur le fond q ; son fond supérieur s'élève d'un demi-pouce audessus du bord du cylindre t\ t, 5^ et dernier cylindre creux, servant d'enveloppe à tous les autres; son bord inférieur est soudé sur le fond 9, et le fond supérieur du tube m, agrandi, sert aussi à le boucher par le haut. Ces 5 cylindres sont placés les uns dans les autres, comme le représente la liç. 246, de manière que la vapeur puisse aisément les parcourir successivement. L'inten'alle qui sépare chacun de ces cylindres de son voisin, est d'envii-on un pouce; a:, tubes placés à égale distance autour de la partie supérieure qui bouche les 4c et 5c cylindres, u, d; ils sont courbés obliquement, et descendent jusqu'à 2 pouces du tond ^, qui sépare les chaudières. La fig.246 ne laisse voir que 2 de ces t ubes ; il faut supposer qu'il y en a un 3e après la partie qui est enlevée; y^ tube de sûreté pour empêcher l'absorption de la substance contenue dans la chaudière supérieure par les 3 tubes plongeurs x. Ce tube traverse le collet de la chaudière I, son extrémité supérieure, qui a la forme d'un entonnoir, est en contact avec l'atmosphère, et son autre extrémité communique avec l'espace cylindrique foripé entre les 2 cylindres u, t?. Ce tube est ■ recourbé de manière à ce qu'il touche par le milieu, à peu près, de sa longueur la superficie de la matière renfermée dans la chaudière l; il est interrompu, dans sa moitié qui a'approche du centre de Tappareil, par un renflement z^ formant un cylindre creux qui peut contenir environ 2 litres d'eau, inti*oduits par l'entonnoir.

a', robinet d'épreuve de la chaudière supérieure; h\ tubulure pratiquée sur la chaudière { de la même manière que l'est la tubulure t sur la chaudière inférieure e; elle s'ouvre aussi lorsqu'on veut nettoyer l'intérieur de la chau-

dière supérieure; c', bassin circulaire placé sur le collet de la chaudière supérieure et formant réfrigérant ; d*, tuvau à robinet cooduisant l'eau du bassin réfrigérant c' dans la chaudière inférieure; e', vase de forme elliptique réuni au collet de la chaudière supérieure par les brides et boulons f; y' , deux tuyaux plongeant dans un petit vase ou godet, et servant à l'écoulement du liquide aqueux qui retombe dans la chaudière inférieure; Ar, tuyau à robinets et à double branche pour conduire à volonté les liquides aqueux du vase elliptique e' dans l'une ou l'autre chaudière; f, tube qui s'élève verticalement dans l'intérieur du vase e' jusqu'à la distance d'un pouce à peu près de la paroi supérieure de ce vase ; il est nien bouché en haut par un fond, et tout près de ce fond le tube t est percé horizontalement de plusieurs petits trous; ft*, cylindre creux qui recouvre et enveloppe le tube t"; il est muni en haut d'un fond qui repose sur le tube t', et son bord inférieur descend jusqu'à un nouce de distance du fond du vase elliptique r; T, tubulure pratiquée sur le vase elliptique pour permettre de le nettoyer intérieurement; elle se ferme avec un bouchon en bois ; m', bassin placé sur le vase e'; il sert de réfrigérant; on vide ce bassin au moyen du tube à robinet n'. o\ p\ q\ r\ s\ 0*, six compartimens , ou diaphragmes rectificateurs montés les uns sur les autres, et formant par leur réunion une colonne cylindrique. Ces compartimens communiquent l'un à l'autre au moyen des 6 petits tubes f , disposés dans leurs cases chacun de la même manière que le tube f l'est dans le vase elliptique e\ Ils sont, comme ce dernier, enveloppés chacun d'un cylindre en forme de chapeau, et leur extrémité supérieure est percée d'une grande quantité de petits trous. Le fond de chaque compartiment f a, comme le montre la figure, un petit tuyau 1<^ dans un godet et servant à écouler les petites eaux condensées qui descendent d'un compartiment dans l'autre et finissent par se rendre dans le vase elliptique e\ lequel à son tour les conduit dans l'une ou l'autre des 2 chaudières par les 2 branches du tuyau à robinets h\ Ce passage de la condensation s'effectue en même temps que les vapeurs alcooliques s'élèvent et parcourent, en se rectifiant, les 6 compartimens et les doubles tuyaux qui se trouvent dans chacun d'eux ; u', long cylindre vertical enveloppant les 6 compartimens f , et laissant entre ces compartimens et lui un intervalle annulaire de G pouces. Ce cylindre, au mojen du liquide qu'on y introduit, sert de réfrigérant. Le liquide est évacué par le gros tuyau v\ qui le fait passer à volonté dans la chaudière supérieure. x\ cylindre formé de deux pièces assemblées à charnière, s'ouvrant et se fe^ mant à volonté; on le tient fermé par des loquets y', {fig. 245), que l'on ouvre quand on veut. L'espace ouvert par le haut et compris entre cette enveloppe et le cylindre u' peut servir à recevoir le grain qu'on veut sécher après qu'on l'a fait germer. La surface de cette enveloppe est criblée de petits trous qui livrent passage aux vapeurs humides qui s'échappent du grain, et sa base repose sur un rebord saillant soudé au cyliudre u' et qui lui sert en iiiêiwe tcnips de fond. z\ 2 ouvertures

OIAF. 10*.

APPARKILS

pratiquées 4 la baie de Tenveloppe d^, par lesquelles on retire le grain loraqu on le juge à propos.

a' tube recourbe à angle droit; Tun de ses bouts est en communication avec l'intërieur da cylindre rëfriffëranti*\ et dans l'autre bout, qui a la forme aun godet, est logée l'extrëmité d'un tube conique h* en verre , qui sert à indiquer la hauteur du liquide dans le cylindre «'; c*, tuyau à robinet, servant à introduire la substance qu'on veut distiller dans le cylindre rëfrieérant u'. Quel que soit le liquide (ja'oD j introduise, il s'y prépare, en augmentant de température, pour descendre ensuite dans la chaudière supérieure; si c'est une substance farineuse, elle reste dans cette chaudière pour y être distillée, et si c'est du Tin on le fait descendre dans la chaudière inférieure en ouvrant le robinet h\ d*, tuyau à robinet servant à introduire le vin lorsqu'on teut en distiller dans le cylindre u*; e*, tube par lequel on introduit de l'eau dans le cylindre formé par les compartimens f pour nettoyer dans toute son étendue ce cylindre central qu'on nomme reeti/icatear; /^, tuyau par lequel s'élèvent les vapeurs spiritueuses rectifiées pour se rendre dans le serpentin et s'y condenser; g\ tuyau servant à aégager la faible portion de vapeur qui se forme dans le cylindre »' et oui va se rendre dans le petit serpentin, place avec le grand, où elle se condense et sort en esprit par son extrémité inférieure au bas du tonneau A. Â*, cheminée ayant un registre au moyen duquel on règle l'intensité du feu, que l'on doit diminuer pendant au'on charge.

r Conduite de la distillation. Quand l'appareil est disposé pour la distillation, comme on le voit fig. 245, tous les robinets doivent être fermés, excepté celui qui indique le trop plein. On commence Vopiération par remplir d'eau le tonneau A, dans lequel sont placés le petit et le grand serpentm ; on remplit ensuite, avec la substance qu'on se propose de distiller, la cuve B, où se trouve un 3* petit serpentin qui aboutit au grand serpentin du tonneau A} on charge d'eau froide la chaudière inférieure par l'ouverture t , puis on allnme le feu.

U faut laisser l'eau se distiller jusqu'à ce qae la substance qui est dans le tonneau B se trouve à 30*R. environ ; alors on ferme le robinet du tuyau c' et on laisse continuer la distillation. On remplit de nouveau le tonneau B pour remplacer la quantité de substance qui en est sortie pour se rendre dans la colonne cylindrique ; on ouvre les 2 robinets du tuyau h\ pour que l'eau qui s'est condensée dans le cylmdre rectificateur et dans le vase elliptique e* se vide ; on ouvre en même temps les robinets t* et*", fig, 245, pour remplir d'eau froide, arrivant du tonneau A, le réfrigérant (f de la chaudière supérieure et celui m' du vase e'. Ces réfrigérans étant pleins, on ferme les robinets, on ralentit le feu en le couvrant de charbon mouillé et en fermant momentanément le registre de la cheminée.

Cette l'« cnauffe étant faite avec de l'eau dans l'intention de laver l'intérieur de l'appareil, il faut ouvrir les robinets des tuyaux f, jf, n, et l'ouverture i pour vider les 2 chaudières. Par ce moyen toute Feau de lavage qui

DîscoirnNus. 2»r

s'était accumulée dans la chaudière inférieure sort de là par le robinet f; pendant l'écoulement, on introduit un baiai par l'ouverture { de la chaudière inférieure, aun de bien la nettoyer et de faire sortir tout ce qu'elle contient.

Cette chauffe à l'eau a aussi pour but de chauffer Vintirieur de l'appareil et la substance à distiller qui se trouve dans le cylindre u' et le cylindre rectificateur, ainsi que celle qui est dans la cuve B. Lorsque l'appareil est neuf, cette opération est nécessaire pour enlever la résine et d'autres corps provenant des sou* dures. Elle ne devra se répéter qu'autant qu'on pensera que l'appareil en a besoin, et lorsquaprès avoir suspendu la distillation pendant quelques jours on voudra la reprendre. Quand la distillation se fait sans interruption, il est inutile de laver les chaudières ; lorsque l'on cesse de distiller, il faut, pour la propreté et la conservation de l'appareil, le remplir d'eau que l'on vide quana on veut recommencer à travailler. Les chaudières étant vides, on ferme les robinets f, n, et Ton rem plit d'eau la chaudière inférieure jusqu'à ce qu'elle sorte par le tuyau g, qu'on referme de suite, puis on active le feu en ouvrant la soupape de la cheminée : on ferme aussi l'ouverture t et les robinets du tuyau h\ et Ton ouvre le robinet du tuyau o et celui du tuyau t?', pour faire passer dans la chaudière l la matière qui se trouve dans le cylindre tt' , jusqu'à ce que cette chaudière soit pleine, ce qui est indiqué par le tube o du trop plein ; on ferme le robmet de ce tube aussitôt au'on a vu couler la substance; on ferme également celui du tuyau v\ et l'on ouvre celui du tuyau c', afin de faire passer la substance qui est dans la cuve B dans le cylindre u' jusqu'à ce que le cylindre soit rempli, ce qu'on voit aisément par le tube de verre 6"; alors on ferme le robinet du tuyau c*, puis on remplit de nouveau la cuve B avec la substance qu'on distille. Il faut avoir soin que l'eau du tonneau A soit toujours froide, ce qu'on obtient en ouvrantles robinets P et n«,/lijf. 245. Ce dernier est supposé arrêter l'eau qui arrive d'un réservoir quelconque plein d'eau froide, établi dans un endroit convenable pour le service de l'appareil. L'eau froide qui arrive dans le fond oie* la cuve A chasse l'eau chaude qui se trouve à sa superficie et la fait sortir par le robinet f *. Un tuyau à robinet m" sert a évacuer à volonté l'eau de la cuve A.

Les choses étant eu cet état, la charge se trouve faite^ et pendant le temps qu'on a employé à la faire, le feu ayant toujours été actif, l'eau qui se trouve dans la chaudière inférieure est mise en ébullition. La vapeur élevée de cette chaudière chauffe le fond de la chaudière supérieure, qui renferme la substance à distiller, monte dTans le tuyau r, parcourt tous les cylindres *, t, w qui enveloppent ce tuyau et les échauffe ; elle entre ensuite par le haut dans les trois tuyaux obliques ^, qu'elle! échauffe aussi, et arrive dans le fond de la chaudière supérieure où elle communique sa température à la substance qu'elle traverse;

SLielle que soit la nature de cette substance, le se met en ébullition, et les vapeurs alcooliques qui s'en déçngont s'élèvent, passont dans le vase elliptique e" et sont conduites par les tuyaux f , fc*, où commence leur ana-

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UT. IT

lyse qui se continue en parconrjint successivement les six compartimens o', p\ 9% r\ $\ 0' et leurs doubles tuyaux, qui lorment le cylindre rectificateur.

Les partia le$ phu légèret qui ne sont pas condensées s'élèvent dans le tuj^au f* et passent dans les deux serpentins, où elles se condensent, et sortent en alcool par le tuyau p^ en formant un ûlet qui coule dans le récipient, tandis que les parties aqueuses, qui se sont condensées pendant leur marche, ne pouvant pas continuer leur ascension, descendent par les tuyaux d'écoulement pratiqués au fond de chacun des 6 compartimens du cylindre rectificateur. Au fur et a mesure que ces liquides se rapprochent de la source du calorique, leur partie la plus spiritueuse se sépare et s'élève, pendant aue la portion aqueuse descend dans /e vase elliptique. Cette marche ascendante et descendante continue jusqu'à ce que la substance en distillation se trouve entièrement dépouillée d'alcool, ce dont on s'assure en présentant devant le robinet d'épreuve a\ que Ton ouvre, une flamme aux vapeurs qui s'en échappent. Si ces vapeurs ne s'enflamment plus, on est certain qu'il n'v a plus d'alcool ; alors la chauffe est terminée et Ton peut en recommencer une autre.

Comme pour faire cette V chaufTe on remplit la chaudière inférieure d'eau froide, elle dure environ 3 heures; mais les opérations suivantes n'exigeront pas plus de 2 heures, parce que l'eau de la cnaudière inférieure se trouvera toi\jours chaude, aussi bien que tout Tappareil.

Pour opérer la seconde chauffe on commencera par ouvrir l'ouverture h' et les robinets des tuyaux m, 0, pour vider la chaudière supérieure et en faire sortir le résidu de la matière distillée. Pendant que ce résidu s'écoule, 00 introduit dans la chaudière supérieure un balai par l'ouverture ft'J afin de remuer et de chasser au dehors tout le résidu ; ensuite on ferme le robinet du tuyau m et l'ouverture h' , on ouvre le robinet du tuyau v' pour charger la chaudière supérieure avec la substance chaude contenue dans le cylindre h*. Lorsqiie cette c^iaudière est remplie^ on ferme les robinets des tuyaux 0 et «'; on charge de nouveau le cylindre u' en ouvrant le robinet du tuyau c*, qu'on referme aussitôt que le cylindre est plçm; on ouvre les deux robinets du tuyau h\ pour que les petites eaux accumulées dans le vase é* pendant la chauffe précédente passent dans la chaudière inférieure, dont le robinet du trop plein g doit se trouver ouvert, permettant ainsi de voir quand la chaudière est pleine. Si les petites eaux du vase e' ne suffisent pas pour remplir la chaudière «, on ouvre le robinet du tuyau cT du réfrigérant & de la chaudière supérieure, en sorte que Peau chaude qu'il contient y passe et achève de la remplir; alors on ferme le robinet (f et celid du trop plein g^ et l'on active le feu.

Peu de temps après que le filet s*est établi^ on ouvre le robinet du tuyau «', afin que l'eau chaude du réfrigérant m' du vase elliptique è* descende dans le réfrigérant & de la chauoière; on ferme ensuite et Ton ouvre les robinets des tuyaux i* et k * • pour remplir d'eau froide

le réfrigérant du vase elliptique et achever de remplir celui de la chaudière. Dans cet état, la seconde chauffe est en activité; elle est terminée deux heures après que la charge a été faite. Toutes ces opérations se répètent à chaque chauffe, quelle que soit la substance farineuse soumise à la distillation.

!2« Mode de dessiccation des grains. Lorsqu'on veut dessécher du malt ou du grain, on l'introduit par le haut dans l'espace annulaire compris entre le cvlindre u' et l'enveloppe df, où la chaleur le dessèche ; on le fait ensuite sortir par les ouvertures «' lorsqu'on le juge assez sec, et on le remplace par d autre. Cette méthode est économique, parce qu'on profite du calorique de l'appareil, et qu'on évite par- là de faire un feu particulier pour cette , opération.

3* Diitillation du vin. Quand on veut dis* tiller du vin, on enlève l'enveloppe a:' , en ouvrant les trois loquets y' qui la tiennent fe^ mée. La cuve B et son petit serpentin, devenant aussi inutiles, sont également supprimés, et l'on adapte un tuyau que l'on voit ponctué en f* ( fig, 245 ) ; un bout de ce tuyau tient à la bride du tube f* de la colonne, et l'autre bout tient à l'ouverture saillante du grand serpentin de la cuve A.

L'appareil étant disposé de cette manière, on commence par remplir devin du tonneau A le cylindre 1»' et la chaudière' inférieure f, en faisant usage dés robinets comme nousVavons indiqué précédemment. La chaudière supérieure reste vide pendant la première chauffe ; on allume le feu et l'opération commence.

Lorsque ]e«ffi est en éMlitiony les vapeurs s'élèvent et suivent les mêmes routes que celles qui ont été indiquées et arrivent par. le tujau ponctué 9' au grand serpentin du tonneau A, où elles se condensent La chauffe me continue jusqu'à ce que tout le vin contenu dans la chaudière inférieure soit entièrement dépouillé de son alcool , ce que l'on reconnaît en présentant une lumière au robinet k, <]u'aD ouvre pour que les vapeurs en sortent. Si elles ne s'enflamment pas, on est assuré qu'il n'y a plus d'esprit-de-vin. Dès lors la chauffe étant terminée , on ralentit le feu, en le couvrant de charbon mouillé et en fermant la soupape de la cheminée.

Pour commencer une seconde chauffe, on ouvre les robinets des tuyaux j)f et ft pour laisser communiquer Tair extérieur avec la chaudière inférieure ; ensuite on ouvre le robinet du tuyau f pour faire sortir de la chaudière la vinasse Qu'elle contient, et on le ferme lorsque la cnaudière est vide. Immédiatement après on ouvre les robinets des tuyaux n et v\ pour que le vin qui est dans le cylindre 1»' descende dans la chaudière supérieure, et delà passe par le tuyau n dans la chaudière infé* rieure, qui doit toujours se remplir jusqu'à la hauteur du trop plein g. On ferme les robinets des tuyaux g, n, h et v\ et l'on ouvre le robinet supérieur du tuyau h\ pour faire passer dans la chaudière supérieure les eaux faf' blés que contient le vase elliptique e* , ptûl on referme ce robinet. Dans cet état de choses le cylindre u* se vide, la charge est faite, l'on active le feu.

APPAREILS comnxus.

Siy avec cette chauffe, on veut fmùre de ^emh de^ie 4e S4 àW^ de l'aleoamètre centésimal ( 30 à 290 Cartier )^ on laisse le cylindre m' tel qu'il est, c'est'^à-dire vide; et si l'on veut de refpritdeSGà9Q^{ZZ à Sô® Cart. ).on le remplit de vin, en ouvrant le robinet du tuyau d*. Pour remplacer le vin aui sort du tonneau A, on ouvre le robinet n*, qui laisse passer le vin froid venant du réservoir, qu'on suppose être placé convenablement dans le local.

Chaque chauffe^ après la !>•» ne êim fuTyne heere au plus.

Atcc l appareil que l'on vient de décrire,

aliène que soit la nature de la matière qu'on istille. on peut obtenir au premier coup de feo, et à volonté, de l'eau-de-vie ou de l'esprit, depuis 54* ( 20» Cart. ) jusqu'à 87« ( 84» Cart.), et même 93* ( 37- Cart. ), sans que les produits soient atteints des mauvab goûts decMtvrs, de hrûlé ni d'empyreusne.

Abt. n. — Hm appareils eoniùms.

Ces appareils, dont on doit la première idée à EnouAAn AnA]i,ontété depuis perfectionnés par d^autres inventeurs. Le plus remarquable aujourd'hui, sous ce rapport, est celui de M. OuxisR-BLUMBifTHAL, amélioré par M. Ch. Debosre, qui offre, pour ainsi dire, la réunion de tous les autres. Dans son éut actuel^ les combinaisons sont telles qu'on y met k profit toute la chaleur émise par la condensation des vapeurs, soit pour chauffer le vin ou les moûts, soit pour la rectification sinraltanée de l'alcool ; qu'il fournit de 1" jet de l'alcool aux divers degrés de concentration demandés par le commerce, et qu'il offre en outre le prédeux avantage de la continuité. Le vin est introduit dans cet appareil par un

filet constant; il se dépouille, chemin faisant, de tout l'alcool qu'il contient et qui se déverse par Textrémité opposée, en telle sorte que si le liquide soumis à la distillation n'était pas susceptible d'encrasser les vases, il marcherait sans interruption.

Voici cet appareil ( jlg. 247 ) tel que l'étabUt aujourd'hui M. Derosnb.

Description. ]» AA', 3 chaudières gui doi- ▼ent être encaissées dans la maçonnene; 2* B, colonne de distillation ; 3^ C, colonne de rectification ; 4* D, condensateur chauffe-vin; &• £, réfrigérant; 6* F, vaseau de vendange ou régulateur d'écoulement, surmonté d'un robinet *' àflotteur T; 7* G, réserroir. La chaudière A a une vidange a munie d'un robinet b: e est un tube terminé par une douille dans laquelleon introduit un tube de verre d, ajusté avec du mastic sur la vidange a et servant d*indlcateur. h ouverture de la chaudiènre fermée par un couTercle muni d'une soupape de sûreté e; f, autre ouverture qui se raccorde avec le tube /"et conduit, au moyen d'un second raccord j*, <*, la vapeur de A dans A'. e^¥^if, tube indicateur et vidange de la chaudière A*. Cette vidange plonge jusque près du fond de la chaudière A par le tube recourbé I.

( Fig. 248 ). Vue de l'intérieur de la colomu de disttllation B, sortie du manchon qui la contient. Cet appareil se compose de 10 couples décalottes mobilesi oet p,présentantaltema-

tivement leur concavité en haut et en bas, et portant, sur leur surface, des fils de cuivre soudés et disposés en rayons pour traosmettre le liquide goutte à goutte d'une calotte supérieure à l'mférieure. Les 10 couples portent de petites douilles qui sont enfilées le long de très forts fils de fer 9, qui les maintiennent les uns aundessus des autres. Au-dessus de ces

10 couples il s'en trouve un particulier qui sert à recevoir 3 tubes r, s (fSg. 247 et 249 ), dépendant de la pièce supérieure. Le manchon B porte en outre une douille l correspondante à une douille semblable t dans la colonne C, lesquelles reçoivent l'indicateur n; h' et m sont les collets raoattus de la colonne.

Le reetificateur ou colonne de rectification C, qu'on voit en coupe dans la fig. 249, livre passage d'abord au tnoe r, qui se rend au chauffe* vin D ; y et y' sont aussi des tubes s'ajustant par des brides avec d'autres tubes dépendans du chauffe-vin. Ils descendent, le l*' lusqu'au dernier réservoir du reetificateur, aoù il se relève jusqu'au 5*, et le 2« tube jusqu'au 3« réservoir, pour se relever au-dessus du 2«; au point de courbure chacun doit être muni d'un robinet z%\ pour prendre À volonté le titre du liquide ramené dans le reetificateur. Celui-ci se rétrécit supérieurement en un tube t qui s'ajuste avec un tube semblable du chauflevin. A l'intérieur il est occupé par 6 réservoirs fixes composés de plaques circulaires 1»', percées à leur centre d^in trou sur lequel est soudé un manchon. Ce manchon est emboîté de manière à laisser assez d'intervalle entre leurs parois pour un couvercle x' soutenu audessus du manchon et à une certaine distance au moyen de bandes métalliques soudées sur la plaque d'une part et sur le bord du couvercle de l'autre. Chacune des plaques est en outre percée sur un côté d'un trou plus petit dans lequel s'élève une petite portion de tube s «, de même hauteur que le manchon. C'est par ces tubes qu» la vapeur est admise dans l'espace laissé entre chaque réservoir; «,tt,x, indicateur du reetificateur.

Le ekouffe-vin D, vu en coupe {fia. 250), renferme un serpentin horizontal «, dont chacun des 10 tours est percé à sa partie la plus basse d'un trou auquel on a soudé un tube 1, 2, 3, 4, etc., se rendant au dehors dans un conduit commun h; a, prise de liquide du conduit h qui se raccorde a un prolongement o'qui communique à volonté avec / au moyen d'un robinet: «,d, autres prises à robmets aboutissant au tune e raccorde au tube ^; f,p, tubulures s'ajustant avec celle t du reetificateur et celle

11 du réfrigérant ; <, tubulure donnant passaee au vin qui, par le conduit ^, laisse couler le vin dans le tube r; h. ik, tubulure à robinet, servant à vider le chauffe-vin à la fin d'une opération. Le chauffe-vin est un cylindre terminé par des calottes convexes et percé supérieurement de 8 ouvertures fermées par des couvercles l^ m, », entrant à frottement; une cloison q le jMirtage en 2 portions D, D', dans le rapport de 2 À 1. Cette cloison ne laisse de communication entre ces 2 portions que par une ouverture ménagée à la partie inférieure ; dans la portion D, est un conduit demi-cylindrique, criblé de trous; le vin s'y déverse par le tube o-

Uù

ARTS AGRICOLES V FABRICATION DES EAUX-DE-VIE, uy. it.

Flg. ISO.

Le réflrigirant E, dont on voit Tintërieur Ifig. 251), n'offre rien de particulier ; c'est dans le réservoir v que le liquide ou la vapeur se rend avant d'arriver dans le serpentin; y' est la sortie de ce serpentin ajustée avec le tube a* du vase E' ( fig. 247 ), d'où l'alcool s'écoule par le dégorgeoir &'; c', d', couvercle portant un tube «•, sur lequel se raccorde le tube o; h\ robinet pour l'évacuation du liq^uide cbaud ; f, tube amenant le vin du réservoir au bas du réfrigérant; il est terminé par un entonnoir^', dans lequel tombe le vin du seau de vendange F par le robinet i\

Travail de l'appareil. La chaudière A étant remplie jusqu'à 2 à 3 po. au-dessous de la partie la plus élevée de l'indicateur, la chaudière A' ayant 3 à 4 |x>. de vin, on porte le liquide de A h rébullition. En même temps on ouvre le robinet t' de F ; le vin tombe dans

l'entonnoir g*, arrive au fond du réfrigërant E, le remplit, vient sortir par o dans le chauffe-vin, se répand dans le conduit criblé, s'élève dans D et D', jusqu'à la hauteur de i, qiu le déverse par g et r, dans la colonne B, doat il parcourt tous les compartimens. Mais le vin de A étant parvenu à rébullition, la vapeur passe par ^, /", g' et f, dans la 2« chaudièreA qui, cnaunée par les vapeurs et par les ga/ qui s'échappent du foyer, est bientôt mise en ébullition. La vapeur qu'elle produit se degage par h\ pénètre dans la colonne B, y rencontre le vin qui en parcourt tous les colnpa^ timens, change avec lui son calorique contre de l'alcool, arrive dans C, oii elle s'aleoolise encore davantage, entre dans le chauffevin, se dépouille en partie des vapeurs aqueuses qiii l'accompagnent et qui reviennent par le liibea* ou par les tubes c, d dans la colonne

CHAP. I0«. DÉSnrFKCTION DES EAUX-DE-VIK DE TïTf , MARCS ET ITÈCULE.

Ui

de rectification, à moins mie, ces tubes étant fermés, elle ne prenne sa direction en f>assant de plus en plus à l'état liquide, vers le réfrigérant E, qui la rend à une température peu élevée au-dessus de celle de Fair par le tube V du vase E'.

Mancbuvrb bk l'apparkil. Mise en Iroifi. On commence par emplir les chaudières A et A' comme nous Payons dit. On adapte les différentes pièces dans l'ordre décrit , et, tous les robinets étant fermés, on ouvre le robinet f de F. Le yin suit la marche tracée et quand on s'aperçoit, par Tindicateur d*, qu'il est parvenu en A', on ferme f et on met le feu sous la chaudière A. La vapeur suit la route que nous avons indiquée et on obtient de l'eau-devie ou de l'alcool, suivant la richesse du vin, par le dégorgeoir h\ On laisse couler ce 1" produit qtii a im goût de cuivre désagréable, et lorscja'il coule de bon goût, on contmue la distillation si on veut se borner à recueillir de Feau-de-vie, et lorsque le chauffe-vin D est chaad an point de ne plus y tenir la main, on ouTTC f de F et l'opération est entrain. Si au contraire on veut obtenir de Tesprit, après avoir laissé couler tout ce qui a le goût de cuivre, on ouvre les robinets de rétrogradation c et d, par où le liquide condensé reflue sur C pour enrichir d'alcool les vapeurs qui s'y trouvent, s'analvsêr avec elles et revenir enfin se condenser oans les dernières portions du serpentin ou dans le réfrigérant. Arrivée à ce pomt, l'opération est également entrain. La partie D étant chaude, on ouvre également t* de F et la continuité s'établit.

Vidange deêchauâièrtê. Lorsque l'indicateur de A' indique que cette chaudière est près d'être pleine, on fait sortir une partie du liquide de A par son robinet fr, de manière à ne laisser que 6 po. de liquide au-dessus du tnyan de décharge; puis, h étant fermé, on ouvre V et on laisse écouler le liquide dans A jusqu'à ce que A' n'en conserve plus que 5 à 6 po. ; on ferme V et on continue le travail.

Marche de l'appareil. Pour juger de ce qui se passe dans l'appareil on consulte les indicateurs et on manœuvre les robinets z et «' de C. Lorsque la distillation est très abondante, que le degré de spirituosité diminue rapidement et que le liquide monte en m, audelà du milieu de l'indicateur, il y a trop de vapeurs aqueuses fournies par A; il faut diminuer le feu en poussant le registre dans la cheminée. Lorsque le liquide de cet indicateur se colore, il est urgent de diminuer le feij, sans quoi on verrait le liquide à distiller arriver dans le serpentin avec les produits de la distillation. Pour cela, on pousse le registre ou bien on augmente l'écoulement du vm. Cest sur le jeu des robinets a, e, d, qu'est fondé le système de rectification qui permet d'obtenir avec les matières les plus pauvres les esprits les plus forts. Par exemple, si a rend 38* a1coométriques ( 16* Cart. ), e pourra en rendre 46 à 53 ( 18 à 20 Cart.) et d 65^ (24 Cart.) et audelà. Yeut-on augmenter la richesse en alcool fournie par les ouvertures , on pourra faire retour enBdu liquide a; par suite, les ouvertures c, d, laisseront couler un liquide mieux analysé et plus riche. On augmentera encore la richesse alcoométrique en ouvrant le robi-

mèneront tous deux le liquide dans C par les tubes e, fy y. Pour obtenir les 3/6 ( 85* alcoomet. ) du commerce on a reconnu que, généralement parlant, il faut laisser les 3 robmets ouverts. Veut-on diminuer la spirituosité du produit, il n'y aqu'h fermer d d^abord, puis e.

Terminaisim de la distillation. N'ayant plus à distiller que ce qui reste dans l'appareil, les réservoirs G et F étant épuisés, on vide A et on le remplit du liquide de A'; on suspend un instant le feu et on fait arriver en A' le liquide de D en ouvrant le robinet h de D. On vide en même temps le réfrigérant E. On amène alors de l'eau en G, on oelute le tube (jr de D et on le détourne de manière que l'eau ne puisse rentrer par r dans B. On ouvre les robinets de G et de F et on recommence à chauffer. L'eau remplit alors les fonctions du vin pour la condensation. On continue ainsi en rafraîchissant avec de l'eau froide. Si vers la fin de l'opération, on ne veut pas obtenir une trop grande quantité d'eau-de-vie faible et de petites eaux, on peut augmenter la proportion d'eau en D et laisser ouverts tous les tubes de rétrogradation. Lorsque ce qui arrive en V de £' ne marque plus sensiblement de degrés, on termine la distillation.

Rectification. Cet appareil, quoique spécialement destiné à la distillation des vins et des liquides fermentes, peut très bien servir à la rectification des eaux-dc-vie et conserve encore dans ce genre de travail une grande supériorité sur les autres appareils. Mais alors : les eaux-de-vie ne présentant pas une masse de liquide suffisante pour condenser les vapeurs produites en plus grande abondance que dans la distillation des vins, l'emploi de l'eau devient indispensable. Il y a 2 manières de procéder à la rectification : par la continmté en ajoutant à Talcool une quantité d'eau telle que le mélange ne fût pas plus riche que les vins les plus alcooliques, c'est-à-dire qu'il ne contint pas au-delà du 5" de son volume en eau-de-vie à 60» C (22® Cart.) et sans ocntînuité, ce qui parait préférable, et en se servant de l'eau pour remplir F, E, D, comme nous l'avons dit pour terminer la distillation, cette eau s'épenchant quand elle aura été chaufTée par le tube f .

On se fera une idée assez précise des avantages que réalise l'emploi des appareils continus , ou du moins à concentration simultanée de l'alcool en échauffant le vin, si l'on se rappelle que les distillations successives exigent en combustible (houille) une quantité au moins égale au poids de«reau-de-vie obtenue et jusqu'à 8 fois le poids de l'alcool, à 36® ou esprit rectifié, tandis qu'aujourd'hui on ne consomme en houille qu'un dixième environ de la quantité de l'alcool à 36' ou un cinquième de l'eau-de-vie à 22* qu'on obtient.

Patbn.

Sbction V. — Désinfection des eaua>4e^ie cfi tin, mares et fécule.

Les eaux-de-vie de vin, distillées avec soin, ont ordinairement un goût pur, franc, aroroa* tique et agréable; mais celles qui ont été extraites sans précaution et les liquides spirî-

net c et bienplua encore en ouvrant d qui ra- 1 tueux qu'on retire des matières pâteuses ont

^CUCULTOKB i TOMB III. — 81

▲RTS AGRICOLES : FAbRlCATlON D£S EAUX-DE-VIE.

UT. n.

sonvent une odeur particulière et une saveur insupportable.

Nous avons déjà parle (paç. 226) de Thuile essentielle qui se développe aaus la fermentation des matières sucrées f laquelle, lors delà distillation, accompagne les l^^ et les dernières vapeurs et donne aux produits de cette opération un goût détestable. Nous avons vu qu^en fractionnant les produits et en cherchant à ne recueillir que des produits d'un degré alcoométrique élevé, on obtenait en général des eaux-de-vie de vin exemptes de ce mauvais goût.

Ueau-ae-vie de mare de raisin a ordinairement une saveur insupportable due à la présence d'une huile volatile qui existe, selon M. AuBERGiBA, dans les pellicules de ce fruit. Cette huile a un goût extrêmement acre et quelques gouttes sufQsent pour gâter une eau-de-vie parfaitement pure.

Tout le monde sait que les eauoD-de-vie de ffraine ou de pommes de terre possèdent une odeur et une saveur au'on désigne sous le nom defousel. On sait également aujourd'hui qu'une nuile particulière est le principe qui leur communique cette odeur, ainsi que la saveur qu'on leur reproche. Dans ces derniers temps M. Paybn a prouvé que c'est la fécule, et sa partie tégumentaire seule, qui renferment cette substance huileuse. M. Dumas, qui a étudié la composition d'une huile de cette nature, qu'on recueille dans la fabrication des eaux-de-vie de pommes de terre, a trouvé, (après des rectifications ménagées, que c'était un liquide limpide, incolore, d'une odeur nauséabonde particulière, bouillant à 13<»,5 C, et que c'était un corps de la famille des camphres ou des huiles essentielles analogues.

On a cherché, par une infinité de moyens, à faire disparaître le. mauvais goût des eaux-devie de marc, de grain ou de fécule; mais peu d'entre eux ont eu du succès; nous devons même dire que la découverte de la dextrine et de la diastase rend aujourd'hui, au moins pour les eaux-de-vie des 3 dernières espèces, ces moyens inutiles. Néanmoins, comme on distillera encore long-temps par les anciens procédés, nous allons faire connaître quelques-uns des moyens proposés par les chimistes pour détruire le goût particulier des eaux-de-vie de grain.

Les uns ont introduit dans l'eau-de-vie des odeurs agréables ou des substances qui en masquent en partie le goût empyreumatique; mais il est toujours resté un goût f)articulier et le liquide est quelquefois devenu trouble. D'autres ont distillé l'eau-de-vie sur du dkarbon de pin ou de «optn, ou bien ont filtré à plusieurs reprises les eaux-de-vie infectées à travers un lit épais de braise récente concassée et lavée. On a ndt aussi usage du charbon animal pour le même objet. Pour réussir par ces movens, il faut que le charbon soit bien brûlé, Dieu pulvérisé, qu'il reste long-temps en macération avec l'eau-de-vie avant la distillation et qu'il soit employé en grande quantité. Plusieurs savans ont recommandé le chlorure de ehause^ qu'on mêle au liquide spiritueux avant la rectification. Pour cela on délaie le chlorure dans l'eau et, Ja solution étant filtrée, on rajoute à l'eau-de-vie et on laisse reposer ie mélange. La difficulté est de trouver

la quantité juste pour aue le chlorure opère avec succès et qu il ne laisse pas par son excès un goût tout aussi désagréable que celui 3u'on voulait enlever. En général il suffit <f un emi-millième environ ou poids de l'eau-devie en chlorure pulvérulent pour réagir sur l'huile odorante que celle-ci contient. Un essai préalable sur de petites quantités est au reste indispensable pour s'assurer de la dote nécessaire du chlorure désinfectant. M. Wit- UNG a mélangé 2 onces de chlorure dissous à 300 litres <reau-de-vie et en a chargé Ta* lambic. Le V liquide qui a passé avait l'odeur du chlore et a été mis à part; l'eau-devie qu'il a obtenue ensuite était, assure-t-U, parfaitement exempte de goût ou d'odeur de chlore, ou d'empyreume.

Les moyens indiqués ci-dessus ont donné en apparence des eaux-dè-vie pures et d^ pouiilées du fousel ; il parait toutefois, $u^ tout quand on emploie le charbon animil, qu'elles reprennent, au bout d'un certain temps, une odeur d'huile animale fort dési-

gréaole, ou que l'ancien goût d'empvreumc nit par reparaître. Ces moyens sont donc insuffisans. Le procédé de Kxapeoth, qui consiste à distiller les eaux-de-vie de marcs et de fécule avec de ïaeide sulfurique concentré itë vinaiçre, offre plus de chances de succès. Par ce moyen on enlève non-seulement une partie du mauvais goût aux eaux-de-vie, mais elles acquièrent une saveur d'éther acétique fort agréable. Néanmoins ces liqueurs, pour un palais exercé, décèlent encore leur onnne et ne peuvent guère être emplovées pourl'usage des liqueurs fines et de la taole. M. Wcn- LEE propose de les rectifier sur du man^a»ésate de potasse {camiléon minéral) , et assure qu'alors elles ont un goût tout aussi pur et aussi flatteur que les eaux-de-vie de vm les mieux préparées. Voici les proportions qu'il indique pour désinfecter 100 litres d'eau-d^ vie.

Acide sulfurique concentré, 800 srainines.

Vinaigre fort, 1200 %i.

Laissez digérer pendant 24 heures, distilles au bain-marie, puis rectifiez sur 600 grain, de manganésate de potasse.

Section VI. — Dtf la mesure du degré de ^ tuosité des eaua>de^ie.

Les liquides spiritueux , connus dans le commerce sous les noms d^eau-de^ie et d'«^ prits^ sont des mélanges, à proportions variables, d'eau et d'alcool parfaitement pur. Leur valeur dépend, en général, de la quantité d'alcool qu'ils renferment.

Les aréomètres ou pèse-espritSy tels que ceux de Baume et de CâETiEE, dont on se senjit pour mesurer le degré de concentration des liquides spiritueux, étant des instrumens fautifs qui ne donnaient aucune notion sur Is auantité d'alcool réel contenu dans ces liqoies et ne tenaient pas compte des changemens que la température apporte dans leur volume, ont été abatndonnés et ont fait place k l'o^ mètre centésimal de M. Gay-Lussag, qui m connaître d'une manière exacte la quantité d'alcool que les spiritueux contiennent a toutes les températures.

Pour déterminer cetU quasMé, M. Gat-I»

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