F* IL
CKAP. XX. Db Uk VABUCiLTIOH DU CHARBON DE BOIS BT DB TOURBB.
Art. pr. FaMeation du charbon de bois.
Le moyen le plus généralement usité pour invertir dans les forêts le bois en charbon est fort ancien, il donne des résultats moins avantageux que les procédés qu'on a cherchée lai substituer en quelques endroits, et est loin surtout de réaliser le maximum de produit que la théorie et l'expérience ont démontré qu'il était possible d'obtenir; nous décrirons les uns et les antres en indiquant les conditions àe leur réussite , leurs avantages ou leurs inconvéniens.
SMcnoN V^.^De la earhmisation dans U$ priU.
Les charbonniers choisissent à portée des tas de bois abattus , un terrain assez uni et ferme sur lequel ils nettoyent et battent une place pour y établir la charbonnière. Si l'on ne rencontre ^ux environs des bois empilés que des fonds en pente ^ sableux ou crevassés , il faut niveler le terram , y a|outer une couche de terre susceptible de s'affermir, ia ratisser et la battre , afin de préparer une mrface plane et stable. On donne ordinairement à l'emplacement d'un fowmea» ou d'un Ceu environ 15 pieds de diamètre.
Veesenee du bois n*est pas chose indifférente ; les bois durs donnent le charbon le |)lus estimé et le meilleur, le plus compacte , ^elni qui , par conséquent , sous le même vo- Inme, contient le plus de combustible; ce charbon est dans tous les usages le plus économique , et d'ailleurs on ne pourrait sans im très grand désavantage , en employer d'au-
AGBIGULTURB.
très dans beaucoup d'opérations des arts où il s*agit d'élever beaucoup et rapidement la température. Les charbons légers, réellement plus chers, puisqu'ils se vendent également a la mesure, ne conviennent qu'à ceux qui désirent allumer promptement de petites
Î quantités de charbon et se contentent d'un eu de peu de durée.
En comparant les résultats de plusieurs procédés de carbonisation , on voit, en outre, qu'avec les mêmes bois on obtient des charbons dont le poids, pour une môme mesure et quelques autres propriétés, diffère beaucoup comme nous l'indiquerons plus bas.
Les bois assemblés d'avance sont assortis par les charbonniers, suivant leur nature {dun ou blancê) et leur grosseur, qui varie de 1 à 3 ponces de diamètre , afin de les employer comme il convient; tous les morceaux doivent avoir sensiblement la même longueur.
Voici comment on s'y prend lorsqu'on veut
Îbrmer un fourneau ou amonceler le bois pour e carboniser. On choisit une forte huche qu'on appointit d'un bout pour l'enfoncer en terre , et dont on fend en quatre l'autre bout;* on la plante au centre de l'aire du fourneau {fig. 405 ), et l'on iguste dans les fentes de sa partie supérieure deux bûchettes qui forment entre elles quatre angles droits et sont dans un même plan horizontal ; puis on place debout quatre bûches qui, s'inclment vers celles du centre, y sont appuyées et contenues dans les quatre angles du croisillon ci-dessus indi« que.
Alors, afin de former le plancher, {fig- 406) on
couche par terre , sur toute la superficie de
I raire, des bûches en bois blanc, assez grosses et
TOMB lIL-47
ARTS AGRICOLES : FABRICATION DU CHARBON DE BOIS. ut. it.
droites , en les disposant très rapprochées, et comme les rayons d'un cercle dont le centre est dans la bûche plantée en terre; on remplit les ^ides laissés entre ces bûches avec de plus petites dont on recouvre même entièrement toute la surface de ce premier lit.
Pour donner à ce plancher quelque solidité, on enfonce en terre des chevilles autour de sa circonférence , à 1 pied environ de distance les unes des autres; on apporte alors le bois sur des brouettes dont la civière est surmontée par quatre montans en bois , formant un F, pouvant contenir entre eux un quart de corae de bois ; on place toutes ces bûches debout et inclinées sur le plancher autour des premières sur lesquelles elles s'appuient ( fig, 407). Ainsi rangées elles forment un cône tronc^ué dont la base est sur le plancher ; on continue de dresser du bois de cette manière jusqu'à ce que Ton soit près de ne plus pouvoir atteindre facilement jusqu'au milieu de ce tas de bois.
On aiguise une bûche par un bout, Tùne des plus grosses et des plus droites de celles à charbon ; on Timplaute droite au milieu du cône formé , on la fixe à Taide de menu bois ; puis on Tentoure de bûches {fig. 408) dressées Fig. 406. Fig. 406.
Fig. 407. Fig. 408.
comme les premières, sur lesquelles elles s'appuient, et on leur donne la même inclinaison sur un axe commun , en sorte quelles continuent et doublent Télévationdu cône tronqué. Ce, deuxième étage formé, on continue le premier jusqu'à Textrémité du plancher, puis on achève le 2* étage jusqu'aux bords du premier. Pour étendre encore celui-ci, on arrache les piquets et l'on augmente la surface du plancher, en plaçant tout autour de nouvelles nûches en bois blanc, dont on arrête encore les extrémités par des piquets ; on dresse sur ce plancher, excentrique au premier, deux étages de bûches, en s'y prenant comme nous l'avons dit ; enfin , on répète encore une fois toute cette manœuvre pour donner au four-
Seau les dimensions qu'il doit avoir, c'est-àire la hauteur de deux bûches et uu diamètre de lô à 18 pieds.
On arrache les chevilles qui contenaient le plancher pour les faire servir à la construction d'un autre fourneau; puis on ramasse autour du plancher du menu boi$ de chemise j et à l'aide d'une échelle courbée on monte sur le haut du tas, afin d'élever» eal'élMranlant un
Îien, la grosse bûche du centre; on remplit es intervalles restés entre les bûches du 2* étage, avec du bois de chemise qu'on étend sur toute la surface ; oniyoute assez de menu bois pour former un cône peu élevé dont le sommet aboutit vers la bûche implantée verticalement.
Le charbonnier couvre alors tonte la sn^ face du tas de bois avec de l'herbe oudts (mU Ici, et trace un chemin autour, en béchaul la terre* Si la charbonnière est toute nouvelle et au'il n'ait pas de frazier (mélange de lerre et ae poussier de charbon ) , il divise la terre le plus possible et la met en tas; il s'en sert pour donner le dernier enduit, en en couvrant toute la surface du fourneau d'un pouce et demi d'épaisseur, à l'exception d'un demi pied par le bas, afin de laisser accès à l'air aaos cette partie. On emploie quelquefois des pla* que» de gazon que 1 on retourne pour loriner cette couverture.
La dernière façon étant ainsi donnée, il faut mettre le fea; pour cela on ôte la bùcbe placée au centre du deuxième étage , et Ton jette dans le vide on cheminée qu'elle laisse des brindilles de bois sec, puis une pellée de feu. Bientôt nue épaisse fumée se décade toot autour du fourneau et de la cheminée; os laisse les choses en cet état jusqu'à ce qu'on aperçoive la flamme sortir par la cheminée on la recouvre alors d'un morceau de gaioo sans la fermer complètement, afin de laisser à la fumée une issue en cet endroit L'ouvrier doit dès lors être très attentif à observer ce qui se passe , afin de remédier à une foule de petits accidens qui pourraient avoir des conséquences graves. L accès de l'air et les issues de la fumée doivent être régularisés soigneusement, afin de rendre le moins inégaies possible la température et la carbonisation. Il faut jeter de la terre, ou mieux du frazier, dans les endroits où la fumée sort trop abondamment.
Quelquefois les çàz comprimés font de petites explosions qui occasionnent quelque trous ou cheminéei ; on doit les reboucher à l'instant avec de la terre, du frazier ou de$ pièces de gazon; enfin, il faut ajouter de Ii terre au bas du fourneau et rétrécir ainsi de plus en plus le passsage qu'on y a ménagé* la carbonisation se faitoien et assez également lorsque la fumée s'exhale lentement de tous les points de la périphérie, excepté au sommet, où le courant est entretenu un peu plus rapide.
Il arrive souvent, dès le premier jour, jue le tas en combustion s'affaisse beaucoup à on coté; il faut alors ouvrir une issue du côté opposé, à l'aide de l'angle d'un ra^(, sorte d outil formé d'une planche taillée en un segment de cercle, emmanchée par le milieu de sa turface^ et perpendiculairemeni à celle ô, d'un long manche en bois; en se servant d'un des côtés rectilignes de ce même outil, no étend et l'on unit la terre qu'on iette sur feudroit affaissé. Cest ainsi qu'on doit de temps à autre changer la direction des courans établis dans l'intérieur du fourneau.
Les charbouaiers doivent observer encore Vififkience du vent sur la carbonisation, cl sont obligés, pour s'en garantir, d'élever des abni avec des dayoniia^ges en osier. Us Teillent do-