CHAP. Î0«. DE LA TOURBE ET DE
snres ordinaires sans s'y enfoncer. Alors on achève de la tasser au moyen de larges battes et on finit par la réduire à une épaisseur uniforme de 22 à 25 centimètres.
On trace alors sur la couche , au moyen de longues règles, des lignes qui la divisent en carrés de 12 à 13 centimètres de côté. L'épaisseur de la couche étant de 24 centimètres , on voit qu'en la coupant suivant ce tracé, on formera des briques de 24 centimètres de long sur 12 de large et autant d'épaisseur.
La division de ces briques s'effectue au moyen d'un louchei particulier dont le fer tranchant est terminé par un angle très ouvert. On coupe la tourbe dans le sens du tracé, çà et là d'abord, pour examiner son état de dessiccation ou pour faciliter celle-ci ; puis, à mesure qu'elle s'effectue, on achève la division; on abandonne alors les briques de tourbe à une J" dessiccation spontanée, afin qu'elles prennent plus de consistance. Enfin des ouvriers, les mains garnies de cuirs qui les préservent du frottement, enlèvent toutes les t>riques des rangs impairs et les posent en travers sur celles des rangs pairs restées debout. Quelques jours après on les déplace en sens inverse, cest-à-dire en remettant debout les rangs impairs et posant sur eux en travers les rangs pairs. Cette opération suffit pour que la dessiccation s'achève d'elle-même en peu de temps. Les briques de tourbe sont ensuite emmagasinées.
On doit cependant n'exécuter l'emmagasinage que lorsque la dessiccation est bien faite, car les tourbes entassées pourraient fermenter et s*échauffer au point de prendre feu.
Par la distillation, la tourbe donne des produits analogues à ceux du bois, mais en proportions diuérentes. Klaproth a obtenu de la tourbe du comté de Mansfeld.
20,0 charbon.
2,5 sulfate de chaux.
1,0 protoxide de fer.
3,5 alumine.
4,0 chaux.
9,5 sable siliceux.
12,0 eau chargée d'acide pyroligneux.
1 iquides 42,0 j 30,0 huile empyreumatique, brune, cristal li sable.
!• Produits solides 40,5
2» Produits
Produits gazeux 17,5
5,0 acide carbonique.
12,5 oxide de carbone et hydrogène carboné.
Oq doit compter parmi ces produits une petite quantité d'acétate d'ammoniaque dont Torigine peut être attribuée à quelques débris des animaux qui vivaient dans certains marais à tourbe , et pour tous ces dépôts à la présence d'une matière azotée que nous .avons \ reconnue dans tout le système vasculaire des
Elantes, plus abondante encore dans les emryons des graines et les extrémités des spongioles des radicelles.
Les cendres de la tourbe sont un peu alcalines, mais c'est la chaux et non la potasse qui leur communique cette propriété. Du reste les rapports que cette analyse indique doivent varier singulièrement en raison delà