‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 165 sur 239 · SON EXPLOITATION · texte numérisé non relu

SON EXPLOITATION

nature des tourbes et de leur origine. On voit toutefois qu'abstraction faite des 20 parties de cendres qCii sont ducs au mélange du limon des marais où la tourbe s'est formée, les 80 parties de matières combustibles laissent à peu près autant de charbon que le bois luimême. La principale différence résulte de la quantité plus considérable de matière huileuse

Î|ue la tourbe fournit; en général, cette diférence ne se soutient pas cependant dans toutes les tourbes, quoique leur matière combustible contienne un peu plus de carbone que le bois.

On serait tenté de croire que la tourbe diffère peu du bois, d'après ce qui précède; mais Icft essais de Klaproth ne laissent pas douter que la presque totalité des parties combustibles de la tourbe ne soit véritablement de Vulmine; c'est encore ce qui résulte des expé< riences plus récentes de M. Braconnot sur la tourbe ae la France. Cette ulmine est vraisemblablement en partie à l'état d'ulmate de chaux dans la tourbe ordinaire, puisque toute ou presque toute la matière de la tourbe en est extraite par les alcalis , soude et potasse caustiques en dissolution froide, et il en ré» suite des solutions brunes d'ulmates alcalins. On peut même dissoudre presque la totalité de la substance combustible , à l'aide de l'ammoniaque (alcali volatil ), pourvu qu'on ait préalablement enlevé, par l'acide muriatique (hydrochlorique) ou nitrique étendu d'enu, toute la chaux combinée a l'acide ulmique. Dans tous les cas il peut rester iudissous des débris ligneux non encore réduits en tourbe.

La tourbe dite moulée ou façonnée en brique est employée comme combustible dans beaucoup de pays. La combustion a quelque peine à s'établir dans les petits foyers, mais une fois commencée elle continue tranquillement et peut, donner beaucoup de flamme. On reproche à ce combustible l'odeur désagréable qu'il exhale, ce qui en limite remploi dans l'économie domestique. Un foyer bien construit peut éviter en partie cet inconvénient; mais il suffit de quelques parcelles échappées à la combustion et tombées dans l'appartement pour répandre une odeur forte et persistante ; aussi observe-t-on que, comme chauffage des habitations dans les pays pourvus de bois, il est presque exclusivement consommé par les classes pauvres et par les fabricans. Ceux-ci l'appliquent avec avantage aux évaporations, à la cuisson de la chaux, des briaues, des tuiles et même des poteries vernissées. Ces dernières exigent quelauefois un coup de feu un peu vif pour fondre le vernis ; dans ce cas la cuisson s'achève avec du bois. On admet en général que, de tous les combustibles, c'est la tourbe qui donne la température la plus égale et la plus constante; ce qu'il y a de certain , c'est (ju'une fois allumée elle se brûle sans avoir besoin d'être attisée comme la houille et sans donner une flamme aussi vive que celle du bois; ces qualités sont surtout précieuses dans toutes les opérations où l'on veut chauffer également des vases en fonte au point de les faire rougir> sans toutefois risquer de porter quelques-unes de leurs parties à la température voisine de la fusion, température qui pourrait promptement détériorer ces vases; ainsi la fabrication

ARTS AGRICOLES : FABRICATION DU CHARBOK

du sulfate de soude dans des cyliudres en fonte, la reyivification du noir auimal, soit dans des cylindres, soit sur des plaques en foute ou eu tôle, la euUion du plâtre en poudre sur des plateaux ou dans des vases métalliques, la distillation du bois , etc. (1) , se pratiquent très économiquement, par les raisons E récitées en employant la tourbe comme comusti^ie. Quant à 1 économie réelle que peut présenter la tourbe comparativement à divers autres combustibles, elle est quelquefois assez notable; on en pourra juger par le tableau suivant, qui indique, pour la localité de Paris, dans la U* colonne le poids en kilog. des principaux combustibles commerciaux; dans la 2< le nombre de kilog. d'eau qu'un kiloç. de chaque combustible échaufferait depuis la température 0* (glace fondante ) jusqu^à 100"* (eau bouillante); la 8« colonne montre com-

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