‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 172 sur 239 · S CARBONATE DE SOUDE · texte numérisé non relu

S CARBONATE DE SOUDE

maires des conduites d*eaa et des chaudières I évaporer les jus de betteraTCS ; à épurer lé noir animal en grains que Ton revivifie dans [es fabriques de sucre indigène.

^ IV. — Tnatibnoalion du mlfate de tonde en carbonate ( procédé Lmlâsc ).

Four convertir le sul&te de soude en soude plus ou moins carbonatëe, voici comment on opère : le sulfate de soude des cylindres ou des bastringues est pulvérisé dans un moulin à meuUi vertiealeê en fonte, puis passé dans un tamis en toile métallique dont les mailles offrent des ouvertures de deux lignes environ.

D'un autre côté on pulvérise (1) et l'on tamise de même le poussier de charbon (2) ou de houille. La première de ces substances est généralement préférée par les manufacturiers, k>rsque la soude qu'ils fabriquent doit être employée pour le blanchissage du linge et à rëtat brut; dans ce cas, il convient d'ajouter au mélange environ un dixième du poids du charbon^ en morceaux assez volumineux, pour que la plus grande partie, échappant à la combustion, restent engagés dans la pâte de la soude brute et lui oonnent l'apparence à laquelle sont habitués les consommateurs. Ces fragmens concourent à faciliter l'accès de Pair, la division, et par suite le lessivage de la soude et son épuisement par l'eau.

On emploie dans le même but pour préparer la towie brute dite des blanehisseun^ du sulfate de soude retenant encore 10 à 12 p. 0/0 de sel marin non décomposé. Ce sel facilite le délitement de la soude brute à Tair humide; elle se réduit ainsi spontanément en poudre, et son lessivage peut se faire aisément sans recourir à une pulvérisation mécanique.

On préfère comme plus économique la houille au charbon de bois partout où la soude brute doit être employée a la fabrication des sels de soude ou de savon.

On pourrait, ce me semble, réunir les avantages des deux procédés dans l'application spéciate au blanchissage du linge, et obtenir l^pparence commerciale voulue, en ajoutant à la nouille pulvérisée très fin, un cinquième de son poids de charbon de bois en morceaux.

D'un autre côté on se procure de la craie le plus possible exempte de sable et même d'argile. Pour s'assurer de cette qualité, on en délaie 10 grammes dans un excès d'acide bydrochlorique; on v ajoute de l'ammoniaque en excès, pms on filtre, on évapore h sec et Ton redissout; la craie qui dans cette opération d'essai laisse le moins de résidu est celle que l'on doit préférer. On la fait dessécher par la chaleur perdue de la cheminée ou de l'extrados de la voûte du four, puis on la réduit en poudre fine qu'on tamise.

JLes matières premières étant ainsi préparées, on les mélange dans les proportions suivantes :

Sulfate de soude. 100

Craie 110

Charbon de bois. 65 ( ou 60 de houille).

La quantité de sulfate indiquée suppose que ce sel est à peu près sec et pur, comme celui des bastringues qui ne contieut que 3 à 4 p. 0/0 de matières étrangères ; on mettrait une proportion d'autant plus foj*te» qu'il serait plus impur. Ainsi le sulfate des cylindres, qui ne représente que 82 p. 0/0 environ de sulfate pur, doit être employé dans la proportion de 120 au lieu de 100. Il en est de même de la craie dont on augmenterait la dose si elle était impure, en nuson des ma* tières étrangères.

Les matières mélangées exactement à la

Ï^elle, sont prêtes à être chargées dans le bur. Une particularité remarquable que nous avons annoncée relativement a celui-ci, consiste dans la forme de la sole et des parois qui la circonscrivent; il importe beaucoup qu'au lieu d'être rectangulaire, ainsi qu'on les construisait dans l'origine, elle soit elliptique. L'ancienne forme laissait mal chauffées et incomplètement décomposées les matières accu* mulees dans les angles, où d'ailleurs les outils peuvent difficilement les atteindre pour les remuer.

Une autre disposition importante est celle du cadre dans leouel on coule la soude cuite au point convenable; ce cadre doit être large et peu profond , afin que le refroidissement ait lieu promptement. Les figures 488 à 486 feront suffisamment

Fig. 438. Fig 4U.

Fig. 434. Fig. 486.

comprendre les détails de cette construction, par aeux coupes et les élévations des deux faces principales, les faces opposées n'ayant aocun percement.

A, cendrier; B, foyer; C, voûte en briques réfractaii*es ; O, sole en mêmes briques ; F» mur de séparation, dit auiely entre le foyer et le four. Ce mur exige la meilleure qualité de: briques réfractaires; car, chauffé lortemenr sur 8 faces, il éprouve une température pluis élevée que les autres parties du four; F, porte du foyer; G, porte du cendrier; H, porte latérale au niveau de la sole ; I, porte au même niveau, au bout opposé au foyer ; J, naissance des 2 carneaux de la cheminée, qui vont &e réunir dans un seul corps K; L, rouleau m<v bile tournant sur son axe dans 2 fourchettes scellées sur le devant du four ; ce rouleau sert à faciliter les mouvemens des longs et lourds ustensiles (râbles et ratissoires)avec lesquels on remue, puis on tire la soude ; M, cadre en tôle de 6 po. de haut, posé sur une plaque en fonte et servant à recevoir et contenir la soude coulée hors du four.

Lorsqu'il s'agit d'une l'* opération, on fait chaufffer le four très graduellement, en éle-

(i) Dans plosienn fabriquée, où l'on n*a pas de roonlb, on écrase let matièret avec <I«8 battes en bois garnîf» de cabocbes en fer.

(s) On Domme poussier le cbarbon en pondre grossière et en nenus fragnens , qui se trouve au fond des

magMln» ou des bateaux, don! çn a en levé le gros charbon.

S90 ARTS AGRICOLES : FABRICATION DES SOUDES ET POTASSES, ut. n.

utiles pour donner à la marbrure les nnancei voulues. Une importante modification, récemment faite dans la construction des fours pir M. Clément, a consiste à leur donner une dimension 3 fbis plus grande. Ainsi, aa lieu de 8 pi. de long sur 5 de large qu'ils eurent daôs l'origine, et de 13 pi. sur 8 qu'on leurdomu plus tard, ils ont actuellement jusqu'à 30 pi. de long sur t2 de large, et l'on a graduellement ainsi diminué la dépense en combustion. On pense bien qu'on ne pourrait remuer et tirer la soude par une seule porte G an bout de tels fours. La fig.AVI ûdt Toir com-

Fig. 487.

vant la température jusqu'à ce que toutes les parois soient portées au rouge vif; alors on ouTre la porte latérale, et Ton enfourne par oelle-ci, en jetant le mélange à la pelle à S , hommes, tandis qu'un 8« l'étend en couches ; régulières sur toute la sole à l'aide d'un râ- \ ble , qui agit en allant et venant dans toute ' la longueur du four, appuyé sur le rouleau L. Il est utile de clorre eu partie le registre de la cheminée pendant le chargement du four, afin d'éviter qu'un fort tirage n'entraîne en poussière une partie du méumge au dehors.

Dès que le mélange est étendu, on ferme les portes» on ouvre le registre et on laisse la matière s'échauffer par son contact avec la sole en dessous et en dessus par la réverbération de la flamme. Elle commence à s'agglutiner à la superficie ; alors on remae de temps à autre lentement avec le ràble, de manière à renouveler les surfaces et à faire pénétrer la chaleur sans donner de secousses qui feraient élancer et entraîner dans la cheminée une partie de la poudre. Peu à peu l'agglomération gagne et toute la matière devient pâteuse; bientôt des bulles, de plus en S lus multipliées de gaz oxide de carbone, se éngentet biglent au-dessus de la surface du mélange avec le gaz hydrogène carboné provenant de la décomposition de l'eau ou ae la houille, n faut alors brasser continuellement la matière, afin que la calcination ne soit pas poussée trop loin dans les parties fondues. La pâte devient de plus en plus fluide; les jets de flamme sont moins nombreux ; alors la soude étant bien homogène et partout -Clément fluide, on ae hâte de la tirer hors du four à Faide d'une large ràcloire que le rouleau L permet de pousser aisément au bout de la sole près du mur ou autel. La matière fondue coule entre le rouleau et la paroi extérieure du four, revêtue d'une plaque en fonte verticale; sur la plaque horizontaleMoù elle s'étend, semoule, arrêtée par le cadre, et se fige promptement en un pain très dur, mais encore poreux et de 6 po. d épaisseur. A peine le four est-il vide que 1 on recommence une î- opération en le char|[eant de nouveau, comme la !•• fois. Ce travail doit continuer jour et nuit sans interruption, de même que les fours à sulfate, jus- Î(u à ce que des réparations indispensables orcent d'arrêter.

L'opération ayant été bien conduite, le produit obtenu, s*il est destiné aux blanchisseurs et par conséquent fabriqué avec du sulfate contenant 10 à 12 p. (VO de sel marin et un dixième de charbon de bois en morceaux, doit marauer k ralcalimèlre de 31 à 38% tandis que la soude fabriquée avec du sulfate plus pur et du charbon entièrement en poudre fine,

Elus riche en alcali réel, marque de 40 à 42*. .e sulfure de sodium, exigeant pour être saturé une quantité d'acide proportionnée à 1 alcali qu il représente, mais ne pouvant agir dans les applications de la soude comme de I fllcait, donne un Utre inexact. En effet, dans le raffinage de la soude brute, ce composé, oonverU spontanément, comme par une longue expcMition à l'air, en sulfate, est perdu. A la venté, la soude peut agir aussi^lans le blanchissa^par les sulfures et les sulfites, et, dans 1 art du savonnier, les sulfures sont

ment, à l'aide de 8 portes latérales A, B, C aa lieu a'une, 3 ouvriers peuvent continuelle* ment opérer le mélange, et ensuite tirer ensemble toute la soude d'un si énorme four.

MatUret «nployéet.

s atomei lulfale de toode sec ::

8 — c&rboDaie de chaar iS *- charbon . . • . r

Proé^Uê obt0mêi.

carbonate de loude aec r= f 8S6 \ ebauz . . . SSS I iulfttfedecalciaflft Si 4 ( '

oiide de carbooe.

Ut 49 S

lldO-

Ce tableau démontre que lorsqu'on caldoe parties égales de sulfate de soude sec et de craie, avec la dose indiquée de cbarboo, Use forme des produits dont on peut expliquer la production, en supposant que le sulfate de soude et une partie de la craie se transforment en sulfure de calcium, carbonate de soude, etc. Il faut observer encore que si l'on mettait} atomes de craie seulement, le sulfure de calcium, en se dissolvant dans l'eau, serait décomposé par le carbonate de soude et Too aurait reproduction de la craie et du sulfuns de sodium; c'est ce qui n'a plus lieu aoaDd ou emploie 8 atomes ae craie, parce qu alors il reste 1 atome de chaux libre qui, combine avec les 2 atomes de sulfure de calcium, produit un composé insoluble dans l'eau fîroide. Ainsi, le carbonate de soude formé «e dissout seul et échappe à la réaction du sulfure produit.

On voit par-là que tout le secret de cette fabrication, qui a exercé une si grande mfluence sur notre commerce, rçposc sur l'emploi de proportions convenables et atomiques entre la craie et le sulfate de soude. Quant au charbon, la dose peut varier. En effet, il faut en mettre plus que le calcul n'en indique,

cn-%j». 21'. CARBONATE

Î>our remplacer celui qui est brûle pendant ^opération ; d'ailleurs, un excès de charbon ne peai nuire qu'en rendant caustique une partie de la soude, inconvénient de peu d'importance.

Voici le dosage employé par Lbilahg et les produits alors obtenus:

1,000 sulfate de soude sec»

1,000 craie.

550 charbon.

2,650 mélange employé.

1,530 soude brute obtenue, ou 900 carbonate de soude cristallisé, provenant de celle-ci.

1,000 résidu insoluble laissé par la soude brute.

Ce dosage était convenable à l'époque ob le sel, incomplètement décomposé, donnait un sulfate de soude ne représentant que 0,83 de sulfate pur; c'est encore ce qui a heu pour la soude, dite de« blanchisseurs: mais pour la soude riche, obtenue avec du sulfate presque pur, il convient d'employer 1 150 environ de craie pour 1000 de sulfate.

Pour écoHomiser le temps et le conUMStible dans la fabrication de la soude, il convient que la foute des matières se fasse rapidement, rour oue ce résultat soit obtenu, il faut : 1® (]ue le four soit bien construit ; 2'' aue le feu soit conduit avec soin ; 3® que la charge de matières à fondre ne soit ni trop forte ni trop faible; 4* qu'elle soit convenablement remuée; 5^ que le mélange soit très fusible.

Relativement au 1*' point, la forme du four, uous l'avons indiquée plus haut ; nous devons de plus faire observer qu'il doit être le plus grand possible, c'est-à-dire que les dimensions ne connaissent de bornes que celles qui sont posées par la nécessité de porter facilement sur tous les points de la sole, les instrumens qui servent à remuer la soude : il doit plutôt pécher par excès que par défaut de tirage.

Relativement au 3* point, il convient de ne pas faire de trop fortes charges de combusti* ble; elles doivent plutôt être légères et multipliées; c'est le moyen d'obtenir un feu vif et d'éviter que le màche-fer ne se forme en grosses masses qui obstrueraient la grille.

Sur le troisième point, on doit remarquer que lorsque les charges sont trop fortes, une partie de la matière reste long-temps sans couler; que, lorsqu'elles sont trop faibles, on perd aussi du temps, parce que le four est trop fréquemment refroidi; une quantité de 125 kil. à la fois par mètre carré de surface de la sole parait la plus convenable.

£n remuant la matière dans les !•" momens on retarde la fonte; on doit donc, après Faroir chargée et étendue sur la sole en une couche d'égale épaisseur, attendre que la superficie commence à couler. Alors on la sillonne avec la quarre du rftble ; ce qu'on répète de temps en temps jusqu'à ce que plus de la moitié de la matière ait commencé à fondre. Ce moment arrivé, on doit remuer plus sou- Tent. Une fois la matière aux 2 tiers fondue, on doit agiter continuellement ; vers la fin, il faut brasser et mélanger le plus exactement possible. La matière se boursouffle et il en sort ée longs jets de flamme blanche; si on la

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