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ARTS AGRICOLES : DES PRODUITS RESINEUX

Fig. 443.

ou cucurbite. P, Rësenroir dans lequel coule le produit de la distillation. Q, Hausse circu* laire eu t^e. destinée à contenir des cendres, qui, évitant la déperdition de la chaleur, diminue la quantité d*huile condensée sur les parois supérieures de la chaudière. R, Calotte en tôle, destinée au même effet que la hausse ci-dessus. S, Réservoir d'eau pour alimenter la consommation du réfrigérant. T, Maçonnerie de fourneau. On remarque que le cercle réunissant par des boulons , le fond épais aux caloudres de la chaudière, est garanti de Faction immédiate du feu par la maçonnerie.

L'appareil étant ainsi disposé , voici comme on procède à la distillation de la i*ésine.

On charge la chaudière ou cucurbite, presque aux deux tiers de la hauteur, fivec du galipot ou de la résine, brai sec, arcanson, etc.; relativement à cette dernière, on doit, à prix égal , donner la préférence à celle qui est diaphane ( même brune), parce Qu'elle ne contient pas d'eau. Le galipot donne beaucoup plus d*huile essentielle ( essence de térébenthine ), dont la valeur rend quelquefois l'opération plus profitable.

Le chargemetU de la chaudière peut s'effectuer par r ouverture K, ou, pour les opérations subséquentes, à l'aide d'un réservoir posé sur la chaudière , duquel la matière résineuse, entretenue fluide par la chaleur de. la cheminée, s'écoule à volonté dans la chaudière , à l'aide d'une bonde à tige. La figure 442 montre cette disposition, qui s'applique fort avantageusement aussi à la l** distillation de la térébenthine, décrite à la page précédente ; on voit que le tube R, partant du couvercle de cette chaudière préparatoire, communique à volonté avec le réfrigérant, et qu'ainsi il n'y a pas de déperdition de vapeur considérable.

On allume le feu, que Ton pousse graduellement. En général , il se dégage d'abord de la vapeur d'eau, qui se condense et s'écoule à l'extrémité du réfrigérant, bientôt l'huile essentielle accompagne le liquide aqueux qui devient légèrement acide. Ëufin , le feu étant toujours le même , l'écoulement parait s'arrêter; c'est le moment de séparer tout le liquide obtenu, et qui est fractionné spontanément en deux parties ; l'une plus légère surnage, c'est l'huile essentielle; on l'isole aisément eu soutirant, après quelaues instans de repos , l'eau qui occupe le fond du vase.

La température de la matière résineuse continuant à s'élever, des changemens ont lieu dans la combinaison de ses élémens; il se dé- "^age beaucoup de gaz hydrogène peu carboné,

uv. nr.

des vapeurs acides et aqueuses , qui se coq* densent avec une plus grande quantité d'huile que l'on voit couler plus aoondamment.

On peut soutenir le feu jusqu'à ce que l'écoulement s'arrête, et dans ce cas on obtient le maximum de produit en huile ; il reste dans la chaudière une très petite quantité de charbon et de matières terreuses, qui ne s'opposent pas à ce que l'on recharge de nouveau la chaudière. A cet effet , on couvre le feu, on ôte l'obturateur K, puis on verse la résine ; on referme l'ouverture, on ranime le feu et l'on recommence une deuxième opération.

Ce dernier mode d'opérer présente plusieurs inconiiémens/ En effet la matière charbonneuse, s'accumulaut à chaque fois, nuit à lacommonication delà chaleur, et après 5 ou 6 opératioos il fautlaisser refroidir le fourneau de la chaudière pour qu'un homme puisse s'introduire dans celle-ci et enlever à coups de ciseau ce charbon plus ou moins adhérent. D'ailleurs, à la fin de chaque opération la température s'élève au point de faire rougir les parois de la chaudière, en sorte que si Ton vient à recharger promptement, les premières parties de résine en contact avec les parois se décomposent, du gaz hydrogène carboné se produit qui peut s'enflammer et déterminer des accidens graves, ainsi que celaestarrivéen ma présence; enfin le fond de la chaudière exposé fréquemment aux alternatives d'une température tantôt rouge, tantôt subitement moins élevée, s'altère beaucoup ; il en résulte des réparations dispendieuses.

Un autre mode d^opérer est préférable ; il consiste à ne pousser la distillation que jusqu'à ce que les neuf dixièmes de la résine soient décomposés, ce que l'on peut connaître approximativement d'après la quantité de liquide recueilli, et en ayant soin d'arrêter un peu plus tôt dans les 1^ opérations. On couvre alors le feu, on soutire la matière résineuse fluide restée dans la chaudière, et pour cela il suffit de tourner la poignée G du clapet; on referme ensuite celui-ci en tournant en sens inverse; on enlève l'obturateur K,on rechar^ la chaudière et l'on commence une autre distillation.

La matière fluide tirée ainsi de la chaudière prend, en refroidissant, une consistance de brai gras moins colorée que ce dernier* elle s'applique aux mêmes usages et peut se vendre plus cher, comme de meilleure qualité.

Voici le compte de cette opération, calculé sur les prix à Londres (1830). £n supposant un appareil offrant les dimensions que nous avons indiquées, il contiendra 22 qumtauxanglais (dell2livres environ),ou 2,100 kll. de résine, quantité sur laquelle on pourra opérer chaque jour ou 6 fois par semaine.

fr. c

^ 22 quintaux résine, à 6 fr. 25 c. 187 iO i houille pour chaque distillation

pendant 12 heures

> main-d'œuvre

I réparations, loyer, as8iu*ance, etc.

Tolal. . .

CBAP. 23«.

DE LA BÊTCtiNE.

'20 gallons huile essentielle analogue à l'essence de tërében- *• *•

thine (1) 33 »

180 gallons huile fixe 310 »

lOofivres brai gras 12 50

Total des produits ~2S5~5Ô d'où déduisant le montant des dépenses 173 75

Reste en bénéfice. 81 76

Lorsque l'on vent purifier l'huile fixe de la plus grande partie de l'acide et de l'eau qu'elle contient^ il suffit d'y ajouter environ 5 p. 0/0 de carbonate de soude sec, en poudfe tamisée (sel de soude du commerce), et de bien brasser le mélange, tandis que l'huile est encore chaude, c'est-à-dire immédiatement après la distillation, de laisser déposer et de tirer au clair.

MM. Mathiku ont indiqué récemment un procédé f breveté) d'épuration de l'huile de résine : il consiste à bien battre cette huile d'abord avec -nf de son poids d'acide sulfuri- ^ne concentré, puis aussitôt après avec parties égales d'eau à 55 ou 60* C, et ensuite filtrer rhoile.

On peut lui enlever son odeur désagréable, d'aproi M. Chbbkau, en la faisant traverser par un courant de vapeur d'eau avant de filtrer.

UlmU atnn épurée est tré$ propre d l^éelaU rage au gaz; elle équivaut, pour cet emploi, aux 0,85 environ de l'huile de colza ; on ne pourrait pas la brûler directement dans les lampes oraînaires, parce qu'elle n'est pas suffisamment fluide, et qu'elle produit en brûlant une grande quantité de noir de fumée. On en a fabriqué un savon dont les applicatioDS ne sont pas encore déterminées. Elle a servi dans la confection de peintures pour les ouvrages au dehors des habitations.

Les autres usages de cette huile n'ont pas été assez étudiés pour que nous les décrivions plus complètement ici; ils prendront sans doute une extension plus grande.

Sicnoif III. --Delà hétuline.

Il existe un assez grand nombre d'autres résines qui sont même employées dans les arts, telles que la résine élemi, la laque, le mastic , le copal , etc. , dont nous ne nous occuperons pas ici parce qu'elles ne sont pas un produit immédiat de notre sol ; mais nous dmnis un mot de la bétuline et de sa préparation.

M. CnvmsnL a nommé béiuHne une résine oui est sécrétée dans toute l'épaisseur de Fécorce du bouleau , et qui donne aux feuillets enlevés sur cette écorce la couleur blanchâtre et opaque qui les distingue. C'est à la bétuline qu'est due la propriété remarquable de conservation dont |ottit récoroe de bouleau, et qui est tellement prononcée que parfois le bms sous-jacent qu'elle a long-temps garanti

finit (iar s'altérer et se pourrir, tandis quo son écorce reste plus ou moins conservée.

La bétuline ne saurait exsuder de l'arbre parce qii'elle n'est pas accompagnée d'une proportion sensible d'huile esseulielle qui puisse la liquéfier; mais elle peut être utilisée de plusieurs façons quoique engagée dans le tissu vé^lal.

On sait en effet que les écorces de bouleau servent depuis quelque temps à former de petites boites arrondies, légères et durables, que la même écorce, capable de conserver le bois, peut donner elle-même en brûlant une flamme vive et beaucoup de chaleur (2); mais ce qui caractérise surtout la substance résineuse que renferme cette écorce, c'est l'odeur balsamique agréable qu'elle répand par une combustion incomplète; chacun peut aisément vérifier cette propriété ; il suffit en effet de présenter un fragment d'écorce à une flamme quelconque, elle s'allumera aussitôt et brûlera en répandant une lumière vive et un peu de fumée; si, lorsqu'elle sera à demi consumée on l'éteint, elle répandra une fumée blanche, et avec elle l'odeur spéciale qui distingue certains cuirs de Russie.

On emploie maintenant en France l'écorce de bouleau pour communiquer à certaines peaux, préparées pour reliure et autres objets de luxe, la même odeur qui fait rechercher les peaux analogues dites cuirs de Russie; le principe, odorant qui sans doute tient à la production d'une huile essentielle par la bétuline au feu, s'obtient économiquement en distillant l'écorce i^ descensum dans un appareil qui pourrait servir à préparer le goudron des bois résineux, ou du moins à essayer ces bois relativement aux quantités de goudrons qu'ils peuvent donner.

La fig. 448 indique cet ajgipareil ; on voit qu'il se compose d'un vase cylindrique en fonte A, ouvert ou fermé h volonté à la partie supérieure par un disque B de même métal ; il se termine à la partie inférieure en un tube court C, que l'on peut prolonger à l'aide d'un ajutage ou tuyau en tôle D, jusque dans un récipient E; un foyer latéral F permet de chauffer tout le tour du cylindre envelop- '^ pé comme on le voit par le cameau drculaire G pratiqué dans la maçonnerie H.

Les choses ainsi disposées, voici comment on opère: on emplit d^éoorces le vase en fonte A, on allume du feu dans le foyer, puis on chauffe jusqu'à ce que, tout le vase étant rouge brun, les écorces soient charbonnées. H

(I) La proporthm de cette huile est Irèi trariable; elle dépend de ce qae la l^* distillatlôo de la téréSien* lliine a été pooisée plot ou moins loin pour en obtenir davantage quand on emploie le galipot au lieu de résine lèche, et il j a sonteot un grand aTanta^ à le faire; en se serrant du brai sec de Bordeaux on de Taroanson de VAmériquc leptentrkMiale, on n'obtient guère plus de 4 àS pour 100 de celte huile Tolatile.

(9) En supposant à la bétoKne la même composition qu'à la résine de térébeotbine, elle donnerait A poids éçsl, en brûlant^ une quantité de tbaleor plus que double de celle que produit le bois ordinaire.

AftTS AGRICOLES : DES PRODUITS RÉSINEUX.

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