‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 178 sur 239 · IIV. IV · texte numérisé non relu

IIV. IV

se dégage d'abord de la Tapeur d'eau, peu à peu & racide acétique, un goudron aromatique et divers autres produits raccompaj;nent et se condensent ensemble dans le récipient inférieur. Cest dans la matière brune goudronneuse que se trouve le produit à odeur balsamique particulière, résultant de l'altération de la bétuline. Ce goudron, mélangé avec des Jaunes d'œufs et employé au corroyage des peaux, leur communique l'odeur du cuir de Russie; employé en encollage entre le carton et les peaux des reliures de livres, il tonserve très long-temps cette émanation à odeur spéciale qui éloigne les insectes*

Sicnoii TV.— Delà préparatUm dês gtm* dnmê.

L'appareil précédent peut, ainsi qu'on le voit, servir à la préparation des goudrons; mais il existe un autre appareil de distillation per desemmm plus simple , moins dispendieux et plus durable, qu'on peut appliquer avec avantage à la distillation des écorces de bouleau, et qui est usité en Amérique pour la ffréparaHon des gmdram riiineitœ: nous le décrirons, après avoir donné une idée du four le plus anciennement employé en France pour le même usa^e , mais qui nous semble moins bien approprié à sa destination* j La fig.A44 indique cette disposition ; on

Fig.444.

voit qu'elle consiste à creuser une cavité circulai re , soit sur une pente de colline , dont on a aplani une place de 30 à 40 pi. de diamètre, soit sur le sommet également aplani ou coupe d'un tertre.

Cette cavité A, en forme d'entonnoir évasé, communique par un tuyau B, adapté à sa partie inférieure, avec une petite chambre voûtée dans le milieu de laquelle se trouve un récipient C.

Les choses ainsi arrangées , on place quelques bûches en travers et horizontalement sur l'ouverture au fond de la cavité A; on remplit ensuite toiile cette cavité avec des bûchettes ou bûches fendues, ayant 2 pi. à 2 pi. 8 po. de longueur, en ayaiit le soin de les poser couchées suivant l'inclinaison des parois ; puis sur le dernier rang , au niveau du sol , on élève une meule analogue à celles à charbon de bois dans les forêts (voir la p. 370), en amoncelant des bûchettes semblables k celles des rangs inférieurs , mais iiiolinées en sens inverse.

On implante au 2* rangvnn poteau dont on entoure te pied de menus débris ligneux très inflammables ; puis, on garnit jusques à 4 po.

Ïirès du sol tout le me iceau de paille , de feuiles ou de gazons Extournés ou torrc humectée ;

on enlève alors le poteau central, on jette dans l'ouverture qu'il laisse des charbons incandescens. puis on laisse le feu faire quelques progrès avant de boucher, à l'aide d^une plaque ou de gazons, l'ouverture supérieure de la cheminée.

L'élévation de la température se propage graduellement dans toute la masse, chasse Peau en vapeur, rend fluide la matière résineuse mêlée d'huile essentielle dans le bois, décompose et carbonise celui-ci en formant, parmi divers produits , de l'acide acétique et du goudron , qui s'ajoute aux produits résineux et aux matières huileuses provenaot de l'altération de la résine. Cest tout ce mélange, (]ui , coulant ou se condensant vers les parties inférieures de la masse de boia, arnve au tuyau central B , coule dans le récipient C, où se fàh un premier départ spontané de h matière goudronneuse et du liquide aqueux, et que l'on traite ultérieurement comme nous le verrons plus loin.

Le principal défaut de ce procédé consiste dans la rapidité de la carbonisation qui surprend , altère et réduit en gaz une grande partie des matières résineuses , donnant ainsi un produit utile moins abondant et d'une plus mauvaise qualité.

On s'est rapproché de circonstances meilleures par les aisposi lions suivantes , indiquées par la /ig. 446. On voit que la cavité» pratiquée

Fig. 446.

sur le tertre ou le penchant d'une colline et carrelée en briçiues, est semblable à la !■• ; oue le tuyau inférieur B conduit au dehors les produits condensés, ce qui facilite la manœuvre; mais ce qui surtout diffère, c'est l'arrangement des bûchettea. On voit, en effet, que dans toute la masse du tas, dont le diamètre est de 20 à 26 pieds sur une hauteur totale de 7 à 8 pi., ces bûchettes sont couchées suivant l'inclinaison des parois, en sorte que la dernière couche reproduit à peu près la forme de la cavité inférieure; on charge sur cette superficie des débris de branches sèches que Ton allume pour commencer la distillation. On a d'avance construit une sorte de muraille circulaire de 4 1/2 à 6 pieds de hauteur tout autour du tas, et l'on recouvre peu à [ ^ sa superficie de même afin d'étouffer le feu.

La température se propage ici plus graduellement que dans la !'• forme de four, les produits fluides sont plus méthodiquement chassés de proche en proche, vers le bas de la es-

Page 1