‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 183 sur 239 · CHAPITRE XXIIL — Db l'art de lâ mbumbrib · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIIL — Db l'art de lâ mbumbrib

SAcnoH l^. —Butàe Vari de la meunerie.

De tous les arts qui prennent leur source immédiate dans ragricniture, Fart de la meunerie est sans contredit celui qui lui est le plus intimement lié. Il importe en effet nonseulement de faire produire à la terre le plus possible de ces grains précieux, qui sont la case de la nourriture de l'homme, mais encore de tirer de ces grains : r toute la farine qu'ils contiennent j 2® de n'altérer ni la qualité, ni la pureté, m la blancheur, ni la faculté Ïtanidable de cette substance; S"" de la séparer e plus exactement possible du son, qui n'est autre chose que Tecorce du grain; 4* enfin d'appliquer à ces diverses opérations les moyens les plus prompts et les plus économiques. Tel est le but de l'art complexe de la meunerie.

Les arts les plus utiles h l'homme sont souvent ceux qu'il néglige le plus. Ainsi la charrue est restée pendant des siècles un instrument informe ; ainsi les moulins ont été longtemps grossièrement instruits. Quand le moulin était féodal et que la mouture appartenait exclusivement au seigneur, les progrès étaient impossibles ; c'était toujours assez bien pour des vassaux. La liberté commerciale est venue détruire cet état stationnaire et donner aux arts agricoles une impulsion à laauelle l'art de la meunerie ne pouvait rester étranger.

Section II. — Dee moulins en général*

On nomme en général mouline les divers mécanismes qui servent à broyer ou à écraser des objets quelconques; mais cette dénomination désigne plus particulièrement la machine au moyeu de laquelle on convertit en farine les différens grains propres à la fabrication du pain. Parmi ces grains le froment tient le premier rang ; c'est donc des moulins destinés à ce genre de mouture que nous devrons principalement nous occuper.

Les moulins peuvent être mis en mouvement par une force quelconque, proportionnée au travail que l'on veut obtenir. Veau, la vapeur, le vent^ la traction des animaux^ les bras de l'homme sont des moteurs que l'on peut leur appliquer, et c'est de la nature particulière de ces différens moteurs que les moulins ont tiré les dénominations d'après lesquelles

OB les distingue, savoir :

Les moulins à eau.

Les moulins à vapeur.

Les moulins à vent.

Les moulins à manège.

Les moulins à bras.

Les moulins àkras ne peuvent ^ère sertir que pour le concassement des grains deslioés à la nourriture des animaux.

Les moulins à manège, doués d'une puissance plus forte, peuvent recevoir une application plus utile à la mouture des graite; mais leur action n'est jamais ni assez énergique ni assez régulière pour moudre avec la perfection désiranle. Ce moteur est d'ailleurs presque toujours trop dispendieux.

Le vent est un moteur économique puissant, mais d'une irrégularité fâcheuse ; aussi, depuis que l'art de moudre s'est perfectiooDé, les moulir ; à vent ne peuvent plus soutenir la concurrence et s'emploient à d'autres usa-

tes. Il ne faut excepter que certaines localités loignées des cours d'eau (1) et des moyens de se procurer le charbon de terre oii l'usige des moulins i vent soit encore conservé et où la mouture est conséquemment restée dans l'enfance.

Plus tard nous reviendrons sur chacun de ces moulins, en faisant connaître dans quelles circonstances il peut être avantageux de sen servir.

Avec la vapeur d^eau on peut obtenir «utaat de puissance que l'on veut; il ne faut que proportionner la solidité et l'ampleur de la nuh chine à la force dont on a bescMn. La régularité de ce moteur rendrait son emploi très convenable à la mouture des grains, si en général dans la plupart de nos localités le charbon de terre, grâce à l'état incomplet de la viabilité de nos routes, ne revenait à des prix trop élevés pour soutenir la concurrence avec l'eau. Ce n'est donc que comme exception et dans des conditions particulières aue Tod i pu jusqu'ici en France appliquer la vapeur comme moteur des moulins a farine. Les ergsr nés de la mouture, ou pièces qui fabriquent la farine, etc., étant d'ailleurs les mémesdanson moulin à vapeur que dans un moulin k eau et la différence n'existant que sur le moteur môme, nous n'aurons rien de particulier i dire des moulins à vapeur, tout ce qui est relatif à la mouture dfans les mouhns à eau étant commun à tous les autres (3).

(i) Les eovinms de Lille aoat ooaverts d'un grand nombre de mouHai i vent, presque exdasifemciit oonpés à la fabricalion des huiles.

(3) C'était un préjugé qui peut-être n'est pas encore déraciné parmi beanooup de boulangers et de meaoieni que d'attribuer des défauts particuliers à la farine confectionnée dans des moulins i vapeur. On sapposattqu'eOa était prédisposée davanUge â s'échauffer dans le moment des chaleurs. Rien ne peut justiBer une telle opisioB ,

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