MOULINS A VENT
difTcrentes proëidseût des effets proportioniicls à leur loneueiir, lorsqu'elles sout semblablemeot iucJiuëes. »
L.es moulins à vent verticaux sont de formes diverses. La fig. 482 indique une cage en
Fîg. 483.
bois avec sa charpente intërieare, le tout tournant à volonté, et selon le vent, au moyen de la queue à laquelle s'adaptent une corde et un tourniquet; cest ce qu'on appelle otiewUr le moulin.
I«a fig. 483 indique un autre moulin, dont le
Fig. 483.
sommet seul est tournant; la cage alors est en maçonnerie.
Quelquefois le moulin est composé de telle façon qu'il peut s'orienter de lui-même ; il est alors un peu plus compliqué. L'expérience a démontré que ce procédé ne présente pas assez d'avantages pour racheter une construction plus dispendieuse et plus sujellc à réparation.
La grande irrégularité et la violence du vent obligent souvent d'en modifier la force, soit pour la régulariser, soit pour empêcher le moulin d'être endommagé ou renversé. Alors on dcshahilU plus ou moins les ailes, eu repliant les toiles ou voiluns Pour anôlcr le
moulin on se sert d'un frein en bois, qui vient serrer intérieurement le rouet. Cette opéra* tion peut se faire du dehors, au moyen d'une corde qui correspond au ressort qui imprime le mouvement à ce frein.
Il ne parait pas que le vent se trouve dans une direction parallèle à l'horizon ; il est du moins généralement reconnu que des ailes verticalement placées prennent moins bien le vent que si l'on incline de 8 à 15* avec l'horizon l'arbre qui porte les ailes. Tous les constructeurs sont d'accord sur ce point.
J II. — Dei moullDf à vent horiiootaux.
£n général où le vent sert de moteur, c'est sur des ailes verticales qu'il agit ; le moulin à vent horizontal, quoique essayé assez souvent, n'a pas été adopté. L'avantage qu'il offre au premier coup d'œil, c'est de tourner à tout vent sans avoir besoin d'être orienté; mais il a le désavantage de n'offrir à l'action du vent qu'un peu plus d'une voile à la fois; tandis que, dans les moulins à vent ordinaires^ le vent agit contre les 4 ailes en même temps. Smeaton assure que la puissance du moulin à vent horizontal n'est réellement que la 8* ou 10* partie de la puissance du moulin à vent vertical.
Nous terminerons là nos observations sur les moulins à vent horizontaux ; ils sont à la vérité employés dans quelques endroits à la mouture des grains, mais cette mouture, par suite de l'irrégularité du moteur, est si grossière, qu'elle ne mérite pas qu'on s'en occupe auti*ement que pour mémoire.
Section IX. Ik$ moulins â manège et à bras-
Pour bien moudre il faut une force assez grande et surtout régulière. Cette double condition est essentielle , et c'est ce qui a rendu les moulins à manège et les moulins à bras si difficiles à combiner avec la pratique, quoique la théorie y trouvât quelques avantages économiques. £n effet, « achètes ton grain et fais-le moudre chez toi, disait-onau boulanger; tu cumuleras le bénéfice du meunier et tu auras en outre la certitude que tous les produits de ce. blé te rentreront. » On tenait le même lang|age aux fermiers qui ont beaucoup d'ouvriers à nourrir ; aux agens de la euerre, qui font le pain du soldat. Pourquoi £nc les moulins à manège ou à bras n'ont-ils pas trouvé de nombreux amateurs ? c'est que la force donnée par le trait des animaux et par les bras de l'homme était d'une part trop peu régulière, et de l'autre qu'elle coûtait beaucoup plus cher, proportion gardée, que les autres moteurs : l'eau, le vent ou la vapeur.
Les moulins à bras ou à manège ne sont donc que d'une application exceptionnelle; par exemple, à la suite d'une armée en campagne ; sur des vaisseaux destinés à des voyages de long cours; dans une exploitation rurale peut-être qui aurait déjà un manège bien appliijué au mouvement d'une machme à battre ou a une sucrerie, etc. ; mais pour fabriquer de la farine commerciale , pour lutter avec les moulins à eau même les plus arriérés, les moulins à bras ou à manège seraient tout-àl'ait impuibsans.
Ain S AGRICOLES s
^ Nous n^avonA donc rien à dire de Itf mou ture ! des grains par moulins à bras ou à manège ; si elle pouvait être d*uneapplication habituel le, elle au. ait absolument les mêmes principes et les mômes règles que la mouture par la force de l'eau, du vent ou de la vapeur; c'est-à-dire
3u'il lui faudrait, de bonnes meules bien ressëes et de composition aussi homc^ène que possible ; im rnabillage approprié a la pien*e et à la quantité des blés à moudre ; des rouages bien centrés; des bUiteries bien combinées, etc.
MM. Durand, Malard, Perrier, Guil- ULUMK, et beaucoup d'autres eut établi des moulins à bras qui diffèrenl trop peu entre eux pour mériter, en ce qui concerne la mouture, une mention particulière.
Sbction X. Dei mmlim à cylindrée et à meules verticaks.
II était tout nature] de penser aue l'action de meulesde pierre superposées, n'était pas le seul mode qui lût propre à réduire les grains en farine ; la nécessite où sont les meuniers de rhabiller continuellement la pierre , devait faire chercher une machine qui n'eût pas cet inconvénient. L'application de cylindres en fonte doués d'un mouvement de rotation, à des opérations nombreuses de mécanique, indiquait que leur action devait aussi convenir à la pulvérisation des blés. Effectivement plusieurs mécaniciens ont monté des machines de ce genre, en annonçant des résultats bien supérieurs à ceux qu'on obtenait au moyen des meules; ainsi M. Garçon Malard imprimait dans ses prospectus en 1830 qu'à l'aide de ses moulins a cyhndres, il extrayait en toutes farines de 75a8ô pour 100 du blé, et qu'en repassant dans son moulin les sons provenant des moulins ordinaires à meules, on pouvait encore en extraire 8 pour 100 de farine, à raison de 16 kilog. de farine par heure.
Malheureusement l'expérience a démontré que ces résultats étaient exagérés et de beaucoup. Loin de présenter des produits plus considérables enfariné, les blés donnés à moudre aux cylindres Garçon -Malard laissaient des sons trop gras, et au'il fallait indispensablement remoudre, opération toujours fatale au meunier, ces remoutures de son ne donnant que des farines inférieures. Tout mode de mouture qui nécessite cette reprise des sons peut être jugée d'avance comme vicieuse , quelle que soit la blancheur de ses premiers produits ; il n'y a mie la mouture pour gruaux sassés pour laquelle, ainsi c^ue nous l'avons expliqué à son chapitre spécial, cette reprise des sons soit applicable; encore est-il constant
?|ue la première farine qui en provient est inérieure , et considérée comme deuxième.
M. Garçon-Malard avait placé son moulin dans un des faubourgs de Paris, sur une force de manège; là il ne put jamais suivre une mouture complète et se rendre un compte bien net de ses produits ; MM. Truffaut de Pontoise et Darrlay de Corbeil. à sa sollicitation, montèrent chez eux chacun un de ses appareils; mais ces essais démontrèrent rinOériorité des cylindres comme moyen de mouture; la grande difficulté est de tenir les cylindres tellement bien serrés sur leurs ton-
DE LA MEUNERIE* uv. iv.
rillons que leur contact soit toujours parfaite ment horizontal ; pour peu que ces tourilloûs se desseirent ou seulement l'un d'eux, on conçoit que le blé s'attrape sans être suffisamment atteint, que le son reste trop gros et que la farine ne s'affleure pas. Cet incouw-' nient arrive bien quelquefois dans les meules horizontales; mais si par un mouvement vertical quelconque le grain de blé n'est p.^s suffisamment atteint, il est repris un peu plus loin sous la meule; c'est ce qui explique comment, avec des meules horizontales souvent très mal montées, très mal dressées et rhabillées, on parvient encore à faire de la farine. Des cylindres montés avec la même négligence ne feraient pas à beaucoup près le même travail.
La seule chose que le meunier ait conservé des cylindres Garçon-Malard , c'est l'application dedeux petits cylindres concasseurs, i]m aplatissent le blé avant de l'engrener dans les meules. Cette opération préalable que de bons meuniers adoptent, que d'autres bous meuniers regardent comme inutile , aurait, à ce qu'il parait, l'avautage de faciliter àla meule l'action d'ouvrir le grain de blé en deux parties égales, et de préparer ainsi un son plus large, plus plat et plus facile à nettoyer, saos cramte de pulvérisation.
Les moulins à cylindres ne sont donc véritablemem que des tntnUins broyeurs, qui conviennent parfaitement pour concasser toute espèce de grains pour la nourriture des bestiaux; sous ce rapport nous en recommandoDs l'emploi aux cultivateui*s; il y a grande économie à nourrir les chevaux avec du m'm dont la pellicule est ouverte parce qu'il est plus facile à digérer.
Dans le même temps que M. GAiveon-Mi- LARD, M le comte Dubourg annonça quil importait de Varsovie un moulin égalemeut à cylindres , qui donnait des résultats magnifiques. Outre l'action de ces deux cylindres au mo^en de leur contact sur un point de leur circonférence, la mouture^ dans le système puBOURG» se reprenait au-dessous de ces cylindres , sur une surface cannelée qu'il appelait Vdme. C'est là que la farine sachevait. Le système Dvbourg ii*a pas été plus heureux dans l'application manufacturière que celui de M. Garçon-Malarb.
Fig. 484.
La flff. 484 représente un moulin à cjlindres de M. John Coliier, qui donne une idée complète et do ractîon des cylindres par eux-mêmes et de Vàme du svst^in*- I)rlH)iirg.
CIÏAP. 23*.