CHUTES
l»» et 2« ,
3«, 4% 5% 6% 7«, 8« et 9«.
lO*
Étaporatioo toUile.
Eau retUnt à i ,« 40 de densité.
Eau employée à 1,010 de densité
D'après ce tableau on voit qu'il n'a pas fallu moins de dix chutes pour amener l'eau de la densité de 1,010 à celle de 1,140, encore les circonstances sont-elles supposées les plus favorables à l'évaporation ; souvent on est obligé de répéter les chutes plusieurs fois avant de passer d'un bâtiment à l'autre. On perd toujours, durant ce rapprochement, uue quantité plus ou moins grande d'eau salée par la dispersion que les vents occasionnent, et cela explique comment Tévaporation semble marcher plus vite lorsque les eaux sont plus concentrées.
L'eau amenée ainsi à une densité de 1,140, ou très près de ce terme, est placée dans les baiêêoiri ; ce sont de vastes bassins en maçonnerie couverts. L'eau y dépose les matières insolubles qu'elle tenait en suspension; de là elle est conduite dans Vatelier^ où elle doit être soumise à une évaporation rapide dans une chaudière.
Lorsque la source salée contient des carbonates de chaux et de fer, elle laisse déposer du carbonate de chaux et du peroxide de fer, jusqu'à ce qu'elle marque 3^5 à l'aréomèti^e de Baume, ce qui correspond à 1,023 de densité. Le sulfate de chaux, dans les eaux salées, ayant un maximum de solubilité qui correspond à 5^ Baume, il est évident que ce n'est qu'à partir de ce terme qu'il pourra s'en déposer des quantités proportionnelles à l'eau évaporée. Voici, d'après M. Bbhthibk, les nombres qui expriment cette solubilité.
D«Sr4«d«B**aA.
0,00605 maximum
Ainsi donc, le dépôt qui s'opère pendant les premiers momens de la graduation doit toujours consister en sulfate de chaux mêlée de peroxide de fer et de carbonate de chaux, ensuite il se dépose du sulfate de chaux seul.
Les nombres suivans, que M. Bebthibr a réunis d'après des expériences pratiques, indiquent les quantités d'eau qui s'évaporent par la graduation, depuis lo,6 de Baume, jusqu'à 26* et les quantités de sulfate de chaux déposées.
TOMB IIL- 5T
EXTRACTION DU SEL. inr.if.
bientôt; le sulfate double se dépose, entrât- Haut du sel maria; on l'enlève avec de longs râbles, et on le dépose dans des augets ci^ rés en t61e, connus sous le nom d'mgdoUy qui sont placés au-dessus de la chaudière. Au bout de 16 ou 30 heures de feu, le sel commence à se déposer lui-même ; cependant on ne procède pas eneore au salinage. On ajoute de nouvelle eau provenant des bûssoirs et l'on schlote encore pendant 8 ou 10 heures; quand la chaudière est pleine d'eau à 27* de Bauhé elle est bonne à satiner.
On la porte alors dans la chaudière deso/tîinage ou de soeeage où elle est chauffée modérément; le sel cristallise en trémies ou pieds de mouches à la surface du liquide. On sépare d'abord un peu d'écume oui se forme, puis on ramasse le sel à l'aide a'une grande Pour se servir de ce tableau il suffit de écumoire ou pelle trouée et on Tégoutte dans savoir qu'en temps ordinaire , on évapore en- des trémies ; de là il passe au séchoir, viron 60 kilog. Seau m 24 heures par màir» Le salinage dure plusieurs jours, il n«t carré de surface garnie de fagote. Les circon- arrêté que lorsaue le sel devient impur; il stances locales déterminent à quel degré il reste une eau*mère épaisse, visqueuse et odoconvtent d'arrêter la graduation; 14o et 30^ rante que l'on porte dans un réservoir partisont les 3 limites entre lesquelles on borne culier.
cette évaporation; on s'arrête à 14* lorsqu'on Les analyses de M. Bkbthibr prouvent que a du combustible à très bas prix, et l'on ' la pisrefé du sel va en décroissant, comme on pousse jusqu'à 20« quand il est cher. Pour . devait le prévoir, fixer ce point, il faut tenir compte de la quan
Deartt
Poids
poids
SiUftite
(te
derean
dereau
de chaux
Batimâ.
restante.
étaporée.
déposé.
toooo
tité d'eau dispersée pendant la graduation ; si on l'a détermmée, on pourra comparer le prix du sel perdu avec celui du combustible neces* saire pour remplacer l'effet de l'air.
2» De Vévaporaiion dane lee éhaudièree.
L'eau contenue dans les baissoirs s'écoule à volonté dans les chœMèreey où elle est évaporée par la chaleur que développe le combustible. Ces chaudières ou poêlée sont très vastes et faites avec des plaques de tôle forte de 4 ou 5 millimètres d'épaisseur assemblées par des clous rivés , elles sont soutenues par des piliers en fonte placés dessous On y brûle du bois ou de la houille.
La chaudière gui est chauffée directement est destinée à faire le sel; celle qui suit est la chaudière à ecMoter» Ces chaudières sont couvertes d'un toit en planches terminé par une trémie ouverte, par laquelle s'échappent les vapeurs.
Le travail se divise en trois opérations distinctes : t* le echlotage; ^ la pricipitaîion du eel: et 3« la deeeieeation du eel égoutté. Ces trois opérations marchent de front et ordinairement à l'aide d'un seul foyer.
On désigne sous le nom de eehlot un dépôt abondant oui se forme quand l'eau salée est mise en ébullition» Le schlot est formé d'un sel double, sulfate de chaux et de soude.
Pour schhtcr^ c'est-à-dire pour débarrasser l'eau salée de tout le sulfate double qu'elle oeut produire, on amène dans la chaudière l'eau des boissoirs qui marque environ 18» de Baume, puis on la foit bouillir. Il se forme aussitôt une écume provenant de matières organiques enlevées et coagulées par l'ébullition; on y ajoute quelquemis un peu de mqç de boeuf fouetté dans reau froide, pour faciliter la séparation de cette matière. Comme l'eau salée est ordinairement alors saturée de sulfate de chaux» le schlotage commence
Les eaûx-mène contiennent beaucoup de chlorure de magnésium ( muriate de magnésie), du sel mann et du sulfate de magnésie.
Elles contiennent souvent en outre des iodures et des bromures de magn^iam que l'on commence à exploiter; enfin elles reDre^ ment toujours une matière organique oui parait provenir des fagots. Comme le sulfate de magnésie et le sel marin réagissent l'an sur l'autre, se transforment en sulfate de soude et en chlorure de magnésium à une basse température, on tire parti de ces eaux-mères, en les mettant dans un réservoir où elles passent l'hiver; il s'y forme trois dépôts successifs, le dernier est formé de sulfate de soude presque pur; on le retire et on le livre au commerce.
La présence du Morure de magnétium «l la cause de grandes pertes; il donne des sels désagréables au goût et déliquescens; il convient de s'en débarrasser et M.BtBnnEBjest parvenu à l'aide de l'application très ingénieuse d'une observation de Gksnk. Le sulfate de soude et le chlorure de calcium se décomposent mutuellement et donnent du sel mann et du sulfate de chaux ; Ganiii a montré en outre qtie la chaux décompose le chlorure de magnésium, et qu'il en résulte du chlorure de calcium et de la magnésie.
Dans presque toutes les sources salées il existe du sulfate de soude et du chlorure de m^ésium, mais en général moins de ce dernier qu'il n'en faudrait. Si l'on ajoute donc dans l'eau salée assez de chaux pour décomposer le chlorure de magnésium, on éliminera de la magnésie en produisant du chlorure de calcium qui à son tour décomposera une partie du sulrate de soude; il restera donc un mélange de sulfate de soude, de sel marin et de sulfate de chaux, et après le schlotage OQ pourrait saliner sans qu il restât sensiblement d'eauHnère.
Quand on a des eaux-mères à sa disnon* tioU} ou peut s'en servir pour ajouter à reaa
CRAF. 25*,
SEL DES EJLXnL SALÉES.
le chlorure de magnésium nécessaire à Fen* tière décomposition du sulfate de soude et alors, après le dépôt du sulfate de ckaux, une évaporation brusique donnera du sel marin d'une pureté remarquable.
Pendant révaporatu» du sel, il s attache au fond des poiks un peu de schlot que Ton est obligé d'enlever à coups de marteau au bout de 13 ou 15 cuites; on conçoit que sa forma* tion est très f&cheuse, en ce que les chaudières conduisent moins bien la chaleur et qu'on les détériore pour le détacher. Ce dépôt est désigné sous le nom d'écaillés^ en raison de la forme de ses fragmens lorsqu'il est enlevé au ciseau.
A Moutiers, pour remplacer en été l'évaporation par le feu» on se sert d'un b&timent de graduation à cordes, au moyen duquel on obtient directement du sel cristallise. Ce bâtiment a 90 mètres de longueur, dont 70 sont garnis de cordes; au sommet du bâtiment sont placés des canaux de IS centimètres de large, espacés entre eux de IS centimètres. Des cordes sans fin passent dans des trous percés dans ces canaux et sont maintenues par des solives au bas du bâtiment; elles ont 7 à 8 millimètres de diamètre. 11 y a 34 fermes dans rintervalle desquelles se trouve 13 canaux, et ceux-ci portent 33 cordes chacun, ce qui fait 46 longueurs de cordes pour chaque canal. Cette corde ayant 8 mètres 1/4 de longueur, on voit qu'il a fallu plus de 100,000 mètres de corde pour construire le bâtiment. L'eau est élevée par une noria dont les seaux la versent dans un canal qui rè^ne dans toute la longueur du bâtiment; celui-ci la distribue dans oes canaux qui se trouvent entre chaque ferme, et de là elfe passe dans les canaux qui supportent les cordes et qui sont munis dé* chancrures par lesquelles l'eau coule sur les cordes.
En été on amène Feau saturée bouillante sur ces cordes, on l'y fait passer plusieurs fois et le sel marin s'y dépose; quand l'eau devient visqueuse et épaisse, on la conduit au réservoir des eaux-meres. Le sel cristallisesur ces cordes qui se recouvrent ainsi d'une couche de plus eu plus épaisse ; lorsqu'elles ont
acquis près de 6 centimètres de diamètre, on les décharge en brisant le sel; celui-ci tombe sur le sol du bâtiment où on le ramasse.
Le salinaee d'une cuite qui durerait 5 à 6 jours dans les chaudières se &it en 17 heures sur ce bâtiment* Le sel est plus pur^ mais les eaux-mères sont plus abonoantes«
Dans le bâtiment on obtient 3 espèces de sel ; le l*' se forme dans les bassins quand l'eau v séjourne çiuolque temps, avant d'être élevée sur le bâtiment; il est en gros cristaux très blancs ; le second et le plus abondant se produit sur les cordes mêmes. Ces sels sont d'une pureté remarquable. Voici leur composition :
Sulfate de magnésie. • 0,40 0,58
td. de soude • • • 0,75 3,00
Chlorure de magnésium. 0, 18 0,35
Sel marin 98,87 <W^,17
On livre rarement au commerce du sel marin aussi pur; toutefois ce procédé, plus dispendieux de l*' établissement d'usé ei de main-d'œuvre» n'a été adopté qu'à Moutiers, partout ailleura on a préféré le salinage en chaudières que nous allcms décrire.
D'après des analyses nombreuses sur des échantillons pris à toutes les époques importantes de l'opération du salinage en chaudières, M. Bbetbuk résume ainsi les préceptes et la théorie de cette opération.
Il faut sMoter à grand feu pour déterminer la formation du schlot, et par suite la séparation d'une grande quantité de sulfate de soude. Après le schlotage, il est utile de saliner à petit feu pour éviter que le sulfate de maenesie et le chlorure de magnésium ne cristallisent avec le sel marin. Au commencement du salinage il se dépose peu de sulfate de soude, la quantité en augmente lentement et tout ce sel est déposé avant la fin de l'évaporation ; le dernier sel obtenu ne contient que du sulfate de magnésie.
Les analyses suivantes feront voir c|ue ces préceptes sont une déduction inmiédiate des faits.
PRODUITS de ta saune de Moutiers,