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6* ÂrgiU marne. Elle varie en consistance, mais n^at jamais assez dure pour ne point se délayer dans l'eau: elle est au contraire ordinairement très friable et même quelquefois pulvérulente. Le passage de l'humidité à la sécheresse suffit souvent pour en d^unir les parties; elle tombe en poussière dans l'eau et forme avec elle une pâte qui n'a point de liant. Elle fait une vive effervescence avec l'acide chlorohydrique, et souvent cet acide dissout plus de la moitié du mélange. Elle se fond fiacilement au chalumeau; sa cassure est toujours terreuse, sa texture est assez ordinairement feuilletée, et dans ce cas, elle ne se distingue de l'argile feuilletée que par l'action des acides et par sa grande fusibilité.
Voici la composition de deux sortes de marnes analysées par M. Bvissorr.
MwM d« B«tl«Tilte, prit Hris.
Silice. ... 46 .
Alumine • . 17 .
Peroxide de fer. 6 .
Carb. de chaux. 28 •
Mm« êé ViraStY.
prèi VcmiUe*.
Les marnes plus ou moins calcaires ont souvent une grande utilité dans leurs appli« cations à l'agriculture; elles peuvent améliorer les terres soit dans leur constitution physique, soit dans leur composition chimique ( voyez à cet égard le chapitre des amendemens et des engrais, 1. 1«', p. 59 et 82 >•
La propriété remarquable dont jouissent toutes les argiles délayables et marnes argileuses, de prendre à la température rouge une dureté telle que l'eau ne les puisse plus délaver, explique l'un des effets avantageux de récobuage des terres fortes argileuses : cette calcination change complètement leur nature physique; de araueê et eompaciee qu'elles étaient, elles deviennent ainsi maigrée et gravéUueee^ susceptibles par conséquent d'amender par leur mélange la ten*e trop lourde dont elles faisaient naguère partie.
Les argiles, plus ou moins plastiques calcinées, donnent des sortes de pouzzolanes artificielles, ou cimens, capables de former avec les chaux de construction de très bons mor* tiers.
On emploie avec succès les argiles plastiques pour conserver à l'état humide certai* nés parties des végétaux : c'est ainsi que Ton parvient dans les transports à maintenir ù*aiches les hcutaree et greffée^ à retenir dans des sols arides l'eau d'arrosage près des racmes de divers arbustes, des mères et rejetons en pépinière, etc.
Plusieurs argiles ocreuses sont désignées sous les noms de hole^ ( argila doltff» wall ; hoU^ kirwan; 5o<, ivbbn); elles contiennent assez d'oxide de fer pour présenter une nuance prononcée de jaune ou de rouge, les premières acquièrent la couleur rouge par une calcination à l'air.
La eanguine est rangée parmi les bols ou argiles ocreuses; elle sert à préparer les erayone rougee.
On connaît sous la dénomination debold^Âr* menie une variété de l'ar^le ocreuse rouge, très estimée autrefois et tirée de l'Ile de Lemnos par Constantînople. Les prêtres insulaires , y\\ la préparaient exclusivement , en éliminaient le sable par lévigation, puis en formaient de grosses pastilles sur lesquelles ils apposaient le sceau de Diane, de là est venu le nom de terre sigillée. On imprime «noore sur cette argile le cachet du gouverneur de l'Ile ou celui du Grand-Seigneur avant de le livrer au commerce; une argile ocreuse tirée des environs de Bloia et de Saumur est employée eu France maintenant pour préparer le bol ffÂrménie.
On traite cette argile par lévigations et ta« misages à l'eau, on laisse déposer, et la pâte ocreuse mise en trochisques, pois en petits pains arrondis et empreints d'un cachet, constitue le bol d^ Arménie vendu chez les pharmaciens et employé en médecine.
Argile ocrmee jaune, ocre jaune. Cette argile
ARTS AGRICOLES : PRODUITS MmÉRAUX.
se Xfoart en France prêt Yierzon» et dans le département de la Ifièvre, àBîtry^non loin de Saint- Amand; elle est exploitée par puits et ^leries, puis calcinée, lavée convenanlement elle donne un oçn rmêçe; Votre de Bitry^ celni de Moraeue et de Saint* Pourrain se Tendent quelqaerois naturels ou calcinés sous les noms de JamM et rouçê d^Italiê. On les emploie comme les autres ocres dans la coloration des papiers peints, les f)eintures communes en détrempe et les peintures extérieures à rhuile, pour défendre les volets, persiennes, inst rumens aratoires, clôtures en bois, charrettes, etc, des effets de la pluie ou de l'humidité. Souvent les ocres jaunes sont mélangés avec les bleus de Prusse, afin d'obtenir des nuances vertes plus agréables pour diverses sortes de peintures.
SscnoN II. — Eatraeiian el emploi du sable.
On désigne sous les noms de sables des substances minérales granuliformes ou pulvérulentes, qui se rencontrent tantôt étendues en couches plus ou moins épaisses à la superficie de la terre, tantôt à une certaine profondeur du sol ou formant le lit des eaux des fleuves, des rivières, de la mer, qui les charrient continuellement et les déposent sur leurs bords, dans les endroits où le courant est encore trop ra-
Ïiide pour laisser précipiter aussi les matières imoueuses. Parmi ces sables, les uns paraissent avoir existé de tout temps à cet état et être le produit d'une cristallisation plus ou moins confuse, les autres sont évidemmment les détritus de roches quartzeuses, granitiques, micacées ou métalliques, divisées ou par l'action des eaux qui les entraînent dans leurs torrens, ou par tes chocs des fragmens de rochers les uns contre les autres. Enfin, on distiuKue encore les sables argileux ou débris puivérulens naturels ou factices des argiles cuites ; tels sont les pouzzolanes, les divers cimens de briques, tuiles et poteries pilées, des morceaux de gazettes à porcelaine, etc.
Les l«o, qu^n a nommés sables arUtallins, sont abondamment répandus dans la nature. Les platnea immenses» connues sous les dénominations de déserts^ de fleppef , de landes^ etc., si multipliées en Afrique en Asie et en Europe, sont entièrement recouvertes de ces sables; le fond des fleuves» des rivières en es( formé; l'Océan en rejette sur ses bords une grande quantité qui ^y amoncelle en dunes. Ces sables, presque entièrement composés de très petits grains de ouar tz hyalin ou de quartz laiteux, constituent la variété connue sous le nom de quiÈfix arimacé. Le plus souvent ces grains ont une forme irrégulière; ils sont tantôt arrondis, tantôt anguleux. Cependant, dans quelques localités, on en a trouvé qui, vus au microscope, offi*aient des cristaux réguliers de quartz à doubles pyramides. Les sables cristallins sont souvent mêlés de particules d'argile, de paillettes de mica, de sels, de détritus des végétaux et animaux ; tels sont ceux qu'on appelle vulgairement sables de rU «térs m» dis smr ; selon qu'ils sont purs ou imimrs, iU ioat propres à différens usages dans letarts^
Les plus purs et les plus blancs sont employés de préférence pour la fabriealion des
uv. rv,
Î places et des verres bUmes; ceux qui sont mées de carbonate de chaux d'oxidedefer et de détritus des plantes servent à la fabricatioa des verres noirs ; ils sont même plus propres, en ce que ces matières étrangères, en reagissant entre elles au feu, forment du silicate de chaux, favorisent ainsi la vitrification et qa'oa n'a pas besoin d'ajouter autant d^aleali pour l'opérer.
Dans l'art du fnouleur^ on rejette les sables trop secs et purement quartzeux; on préfère ceux qui, étant mêles d un peu d'argile et de mica, font corps avec un peu d'eau et sont susceptibles de se comprimer assez pour recevoir le moule des modèles. Dans les fonderies^ on recherche aussi les sables légèremeat argileux, destinés à former le sol dans lequel on opère le coulage des grosses pièces.
Des sables à gros crains, surtout mêlés de débris d'argile calcinée et de mica, sont préférés pour la fabrication des mortiers^ surtout de ceux qui, étant susceptibles de se darcir sous l'eau presque autant que la chaux hydraulique, peuvent remplacer celle-ci dans les constructions humiaes ou submergées.
Une partie de chaux grasse et 8 ou 4 [Mtrties de ces sables» dits arènes^îormeni un mélange convenable « à défaut de chaux hydraulique.
On se sert des sables de rivière, de carrière ou fossiles pour la fiUration des eauœ^ même dans d'immenses filtres applicables è épurer les eaux après avoir laisse déposer dans des réservoirs la plus grande pirtie de leur matière limoneuse; les eaux ae rivière qui doivent être distribuées dans les villes ou celles qu'emploient les fabriques de papiers blancst les blanchisseries, teintureries, doivent souvent être ainsi épurées; on en forme la cruche supérieure dans les filtres à charbon. On se sert journellement de ces sables pour recouvrir les allées des jardins; par cette addition, qui donne à la terre de la consistance, on prévient la formation de la boue dans le^i temps de pluie et l'on rend la marche plus agréeible.
Un usage bien plus important auquel ou emploie les sables cristalhns, est celui qui a pour objet Vamendement des terres. On donne la préférence aux sables marins, à cause des sels et des détritus de substances animales dont ils sont naturellement imprégnés et qui sont très propres à activer la v^etation. C'est une sorte de sable très fin de ce genre qui constitue la tanffue ou cendre de mer; elle renferme, sur 100 parties, d'après un échantillon envoyé d' Avranches et qui me fut remis par la société d'horticulture :
Sable et lamelles de mica 65fl95
Carbonate de chaux 42,330
Matières organiques azotées. • . • 2,000 Chlorure de sodium et de magnésium. 0,310 Sulfates de chaux, de potasse et de
soude j..-2:lî^
Le sable de cette tangue est assez un pour traverser presque en totalité un tamis de soie ordinaire ; ses grains se trouvent recouverts d'une incrustation formée de carbonate de chaux et des autres substances. On voit que, par cette raison, il doit être regardé comme