USAGE DES CENDRES PTRITEDSBS
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un excellent amendement sableux et calcaire pour les terres argileuses compactes; qu'en outre, la matière azotée et la petite proportion de sels lui donnent une action comme engrais et stimulant; il pourrait en outre avantageusement entrer dans la composition des terres de bruyères factices.
Les sables qui proviennent de la désagrégation des roches ont été pour la plupart recouverts par des terrains ae formation postérieure, très dilTérens par leur composition des sables proprement dits, dont ils n*ont reçu le nom que parce qu'ils en ont la forme pulvérulente ou grenue» Les sables aurifères, platinifères* cuprifères, stannifères, titanifères et ferrugineux renferment un grand nombre de substances, indépendamment de celle qui domine dans chacun d'eux, et que, dans beaucoup de cas, on exploite avec avantage, à raiae des irrigations qui laissent plus abondantes les substances métalliques plus lourdes, après avoir plusieurs fois décanté les parties suspendues dans le liquide.
Les sables fins sont. encore employés dans la oonrection des briqwêj tuiles et earreaux, soit pour mélanger avec l'argile plastique et diminuer ainsi son retrait à la dessiccation et au feu, soit pour saupoudrer l'intérieur des moules et favoriser le démoulage.
Sbction m. — Ik VextracHon el d$ Vuioge âe$ cmdm pyriteuses.
On connaît sous les divers noms de cendres pyriteiues^ cendres sulfUriques végétatives, cendres noires ds Picardie, terres noires sulfureux êtSy soit les résidus des pyrites alumineuses (bisulfure de fer alumineux), efSeuries et lessivées, soit la matière terreuse, brune, pulvérulente qui recouvre en différentes localités, et notamment dans l'ancienne province de . Picardie, les amas de pyrites ferrugineuses, ou bisulfure de fer natif On nomme cendres roisges le résidu de l'incinération des pvrites ou des terres pyriteuses dans lesquelles la combustion du sulfure de fer a laissé former du peroxide ou sesqui-oxide rouge de fer.
Les cendres rouges ayant, relativement à l'agriculture , des propriétés et des applications spéciales , nous en traiterons à part. Nous nous occuperons d'abord des cendres pyriteuses, et, pour donner une idée exacte de leur nature, nous exposerons brièvement les opérations industrielles dont elles forment le résidu, et qui d'ailleurs produisent le sulfate d'alumine impur vendu sous le nom de magmas aux fabncans d'aluns par les propriétaires qui se livrent à cette fabrication peu compliquée.
Le mHpÊTe de fir seul, par une calcination ménagée, se transforme au contact dé l'air en sulfates de protoxide et de sesqui-oxide de fer ; mais dans les schistes qui renferment en outre de l'argile, la présence de l'alumine change les résultais; le sulfate de peroxide de fer se transforme en sulfate d'alumine, et le sesouioxide devient libre, ou du moins passe à l'état de sous-sulfate , en sorte que, si Ton prolonge l'opération de manière a ce que la majeure partie du fer soitperoxidée, on obtient du sulfate d'alumine presque exclusivement.
Le schiste alumineux le plus convenable à
ces exploitations est ordfnairepient noirâtre, velouté, tendre et friable, à cassure lamelleuse. On y rencontre presc|ue toujours des cristaux de sulfate d'alumme et ae fer ou alun de plume. On extrait ce schiste de la terre et on l'expose plus ou moins long-temps au con« tact de l'air ; on le grille ensuite* Pour quelques schistes, comme celui de Frienwalde, le grillage n'est même point nécessaire ; il suffit, pour que les réactions utiles aient lieu , d'exposer la substance brute pendant un an à l'air. KxAPROTH suppose que dans ce schiste le soufbe n'est pas entièrement à l'état d^ pyrite.
Dans la plupart des cas , il est nécessaire de eriller ; ce erillage se fait en tas , sur une aire Battue, et dont le sol a une pente qui aboutit à une rigole, au moyen de laquelle les eaux pluviales se rendent dans un bassin. On dispose d'abord sur le sol un lit de fagots de 3 pi. de long, sur un diam. de 6 po. dans une longueur de 100 pi. et une largeur de 6 ou 7. On recouvre ce ht d'une couche de schiste de 3 pi. d'épaisseur. On allume les fagots au centre du tas , et on dirige la combustion en ouvrant ça et là des évents au moyen de la pioche, pour rendre la combustion plus géné« raie.
On dispose une nouvelle couche de fagots au-dessus du lit de schiste ; on recouvre les fagots d'une 2* couche de schiste et l'on attend qu'elle soit embrasée à son tour pour continuer l'élévation du tas, qui doit se composer de 8 à 10 couches de chaoue sorte, et se terminer par une couche ae schiste très menu , destinée à garantir le tas des eaux pluviales.
La combustion dure 6 semaines ou au plus 2 mois. Quand le schiste est suffisamment chargé de bitume ou de houille, le premier rang de fagots suffit ; on n'en met donc pas d'autres et, dans ce cas, on charge en schiste dès qu'on voit la flamme apparaître sur les divers points du tas.
La présence des cendres provenant de la combustion du bois complique les produits de cette opération ; la potasse qu'elle contient donne naissance à du sulfate dépotasse, et^par suite, à de l'alun de potasse.
On peut remplacer le bois par de la houille dans ce grillage; alors il se forme encore de l'alun au moyen de l'ammoniaque qui provient de la houille.. On a donc ainsi du sulfate d'ammoniaque, et par suite, de l'alun à base d'ammoniaque.
Les produits du grillage sont nombreux et les réactions compliquées. Pendant la calcination, une partie au soufre quitte le bisulfure de fer et s'exhale en vapeurs partiellement brûlées, au contact de l'air; il se dégage donc du gaz sulfureux et du soufre qui sont perdus pour la formation des sulfates d'alumine et de fer; malgré cette perte , le résidu contient beaucoup d'acide sulfurique combiné sous.diverses formes. Il renferme en effet, outre le schiste et le sulfure de fer non altérés^ du peroxide de fer , du sous-sulfate de peroxioe de fer, du sous- sulfate d'alumine, et probablement de l'alun alumine, produits insolubles. Il doit contenir en outre des sulfih tes d'alumine, d'alumine et de potasse, d'alaraiae et d'ammoniaque, des sulfates de prot-
/LRTS AGiaCOLES : PRODUITS MINÉRAUX.
oxide et de peroxide de fer , du suirale de
Ï^rotoxide de fer et d'alumine, enfio, du sulàte de peroxide de fer et de potasse ; produits flolubles qui ne se rencoatrent pas tous à la fois probai^lement, mais qui peuvent tous résulter du grillage et varier eu proportion, selon le temps et Ta température employés dans l'opération.
Parmi les produits solubUi , ceux que Ton cherche surtout à recueillir sont : Talun, le sulfate d'alumine et le sulfate de fer. On soumet pour cela le schiste grillé à 3 ou 4 lavages qui s'opèrent par décantation quand la matière est très divisée, et par fiitration à la manière des plâtres salpêtres quand elle est en poudre plus grossière. On repasse dans tous les cas, sur des schistes grillés neufs, les eaux de lavages faibles pour les enrichir , etc. On les amène ainsi à 10 ou 12*^.
Les solutions, ainsi obtenues le plus fortes possible, sont évapora dans des chaudières en plomb dont le fond est soutenu par des plaques en fonte garnies de terre; lorsqu'elles sont concentrées au point de marquer 35^ on les fait déposer afin d'éliminer plusieurs sous-sels insolubles, notamment parmi ceux à base de sesqui-oxide de fer; puis on achève la première concentration et on les verse dans des vases plats où le refroidissement fait cristalliser une partie du protosulfate de fer; le liquide sirupeux surnageant, ou Teau-mère, est rapproché dans la même chaudière, au point de se prendre en masse en refroidissant; arrivé à ce tertne, on le co.ule dans des baauets. Lorsque toute la masse dans chacun 'eux s'est figée, elle offre l'aspect d'un pain de graisse ; on l'expédie en cet état aux fabricans d'alun.
Le réiidu de la lixiviation ci-dessus décrite contient encore une petite quantité de toutes les substances solubles que nous avons énumérées, plus la totalité des matières insolubles ; parmi ces dernières, il se trouve du sulfure de fer mis dans les conditions convenables pour produire ultérieurement de nouvelles efflorescences , et se transformer ainsi, sous l'influence de l'air et de l'humidité, en sulfates de fer et d'alumine.
Ce sont ces réactions sans doute qui, mettant en jeu les forces électriqes, donnant lieu à la décomposition du carbonate de chaux sur les terres cultivées , peuvent échauffer quelques points du sol, dégager de l'acide carbonique, produire du sulfate de chaux, en un mot, agir de plusieurs manières comme stimulans des forces végétatives. On remarquera aussi
3ue ces agens de nature saline , doués même 'une réaction acide, ne sauraient être considérés comme aliments des plantes ou comme de véritables engrais. Il importe beaucoup d'établir cette distinction, afin que l'on comprenne bien le parti qu'on peut tirer de tels auxiliaires, et que Ton évite les mécomptes graves éprouvés naguère par suite de l'emploi exclusif de terres pyriteuses sur des terres argileuses où, soit la marne, soit la chaux, eussent été utiles et les véritables engrais indispensables.
On peut ranger dans la même catégorie des stimulans les ttrres noires pyriteuses qui recouvrent ordinairement les couches de i>yrites ferrugineuses. Ces terres, outre des dé-