‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 231 sur 239 · DE LA CHAUX ET DE SA FABRICATION · texte numérisé non relu

DE LA CHAUX ET DE SA FABRICATION

morGean en grès très dur. 3 piliers G sont disposes autour de la borne E, à 7 po. de sa base; il» sont également d'un seul morceau en erès très dur ayant SO po. de haut, et 6 po. de larç.; ces piliers et 8 autres piliers intermé* diaires, H, élerës à la même nauteur en briques dures, supportent 3 tailles I, formant réunies on cercle de 3 pieds et demi à l'intérieur. Elles ont 13 po. de largeur et une épaisseur de 6 po.

On voit que d'après ces dispositions, il reste près du centre du four 6 ouYertures ( dites gorgerom) R, ayant 15 po. de lai^e au fond et 18 po. de hauteur. Les détails de cette par« tie inférieure du four sont très importantes à bien observer et achever solidement avec soin; le reste de la construction ne présente pas de difficultés. On élève ^duellement évasée, la partie conique inténeure, les parois externes à plomb, en ménageant dans tonte l'épaisseur de la maçonnerie les trois grandes eorges ou portes voûtées A. Elles ont 8 pi. de haut et 8 pi. de largeur, et 3 pi. de hauteur dans le fond, à l'endroit le plus resserré.

A la partie supérieure dû four se trouve une plate-forme noriaontale M, N, oh se fait le princi|»al service. Les ouvriers y arrivent avec leurs brouettes chargées de pierres ou de combustible, par un plan incliné en bois {fig. 530) O, P. extérieur à la maçonnerie et maintenu sur aes poteaux, R R.

Pour le chauffage de ce four continu, on emploie de préférence comme combustible du charbon de terre un peu ou pas bitumineux, comme la houille de Fresnes; on peut réaliser souvent une grande économie en y ajoutant la moitié ou les deux tiers de son volume d'acarbUleê provenant des feux de for- Î gérons ou de loyers brûlant incomplètement a houille; cette sorte de résidu ne donne presque plus de fumée , n'a qu'une très faible valeur commerciale ; c'est même une sorte de coke.

La pierre brute à calciner doit être concassée en fragmenê d'épaisseur aussi égale que possible, d^environ 1 po. ; il convient que leur larçeur soit assez grande, quoique très irrégulière, afin qu'ils descendent plus uniformément et laissent assez de passaj^e entre eux pour les produits de la combustion. C'est en général un bon moyen dTéconomiser le combustible et de rendre la calcination régulière pour la chaux comme pour le plâtre, que de casser les pierres en morceaux peu épais, puisqu'alors la température utile se communique rapidement jusqu'au centre de tous les morceaux; on y parvient d'ailleurs aisément en frappant les morceaux de pierre de champ dans le sens de leurs lits naturels et à l'aide de marteaux en coins.

Manceuvre de rapération. Lorsqu'on veut commencer la calcination, on place autour de la borne quelques bourrées ou faeots de bois sec, au'on recouvre de lit formé oe 5 hectolitres de charbon de terre en fragmens dits gaillettes ; on étend dessus 3 hectolitres de pierres en une couche horizontale, puis on charge 6 fois alternativement un ht épais 1 po., de charbon menu mêlé d'escarbilles, puis un lit de 6 po. d^épaÎMeur de pierres concassées.

On allume alors le feu au fond des 3 gorgesil gagne peu à peu, et dès qu'on l'aperçoit vers les couches supérieures , on continue d'i^ou; ter successivement un lit de charbon de 1 po. et une couche de 6 po. de pierres, jusqu'à ce que le four soit complètement rempli.

Si l'on ne voulait faire qu'une seule opération, elle serait terminée lorsque toute la Sartie supérieure deviendrait rouge , incanescente . et l'on aurait environ une toise cube et demie, ou 13 mètres cubes , ou 170] hectolitres de chaux. Dans ce cas, S homme» de jour et 1 de nuit dirigent la calcination de la manière suivante.

Dès six heures du matin, toute la masse étant échauffée au rouge, on jette dessus 5 ou 6 pellées de charbon, et aussitôt on tire par le bas avec un grapin en fer 6 hectolitres par chaque gorge; on recouvre immédiatement ce produit ou bien on le charge dans un tombereau pour le transporter à destination.

On répand autour de la superficie abaissée de la masse dans le four un cordon de houille employant 5 hectolitres, que l'on recouvre d'un cordon de pierres contenant 36 brouettées de 1 pi. cube et 1/2 chacune. Un quart d'heure après on tire encore 6 hectolitres de chaux par chaque gorge et on répand sur la fournée un 2« doiible cordon avec 4 hectolitres et 1/2 de houille, puis 30 brouettées de pierres ; 2 heures et demie après on tire encore des 8 gorges une tournée de 18 hectolitres de chaux, et l'on charge le four d'une double couche, dite mise sur toute la superficie avec 5 hectolitres et 1/^ de houille et 46 brouettées de pierres; 2 heures et demie après, on réitère la même tournée en employant pour la mise 8 hectolitres et 1/2 de houille et 46 brouettées de pierres ; enfin on tire en 2 fois, dans l'intervalle de 6 heures, 36 hectolitres de chaux, et l'on charge une double mise avec 9 hectolitres de houiUe et 52 brouettées de pierres.

En additionnant aussi les 9 à 10 hectolitres de houille employés pour réparer le feu et couvrir le soir, on verra que la consommation en 24 heures est de 42 hectolitres pour calciner 200 brouettées ou 300 pi. cubes de pierres, qui produisent 108 hectolitres de chaux ou 10 mètres cubes 8 dixièmes.

En conduisant ainsi ce four si l'on aperçoit quelques pierres mal calcinées ou crues arriver oans les gorees, on doit augmenter la quantité de houille ; si au contraire quelques pierres sont noircies, il y a excès de charbon ou défaut d'air; on diminue le combustible et l'on augmente le tirage en enfonçant une barre en fer en quelque partie de la surface ; c^est ce que l'on appelle bàrreyer. Enfin on ne doit jamais tirer la chaux en assez grande abondance pour que le charbon incanoescent descende aussi dans les gorges, ce qui occasionnerait une perte de chaleur.

On peut très facilement modérer la calcina* tion: ainsi le samedi on tire 3 ou 4 tournées de plus qu'à l'ordinaire, on charge 2 doubles mises plus haut, et on peut laisser le dimanche un seul homme régler le feu, couvrir les endroits où il devient trop actif, ouvrir avec la barre des passages là où trop de ralentisse* ment se manifeste, ménageant ainsi la jour-

A.RTS AGRICOLES : PRODUITS »IINÉRAUX.

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née que la plupart des ouvriers contructenrs

consacrent au repos.

Si le travail devait être interrompu 1 , 2 et même 3 mois, pour reprendre ensuite, on couvrirait complètement le dessus du four et Ton fermerait le fond des gorges avec de la cendre ou des poussiers de chaux, et lorsu'on voudrait remettre m train, il suffirait e déctmvrir ou enlever la couche supérieure, d'ajouter quelques hectolitres de gaillettes, tirer une ou 4eux tournées de chaux par les gorges, laisser respirer (ou le tirage s'activer)

Cendant 8 ou 4 heures, et reprendre l'allure abituelle.

Avec le même four on parvient encore soit à travailler à demi-charge en produisant seulement 50 hectolitres de chaux par 24 heures, ou charger comble (2 mises par-dessus les bords ) et retirer 120 hectolitres au lien de 108 chaque jour.

La même construction, en ôtant la borne et Tun des pieds en grès, pourrait servira la niisson de la chaux par les bourrées, fagots, etc.

Pour chauffer avec de la tourbe, il conviendrait de poser une grille sous laquelle on pût iirer les cendres. Avec ces combustibles l'opération ne serait pas continue; chaque fournée serait cuite en entier avant de Urer, et pour soutenir les fragmens de pierres, une première voûte en pierres plus grosses serait d'abord établie è sec, laissant le plus possible d^interstices pour le passage de la flamme, comme nous l'avons indiqué plus haut pour les autres fours intermittens.

J lY. — Propriétés asaellesde la chaax.

Cette substance, dont nous avons déjà indiqué les caractères à l'état de pureté, diffère un peu dans son état ordinaire; elle est d'un bianc jaunâtre on grise, caustique; bien que son poids spécifique soit de 2,3, Veau étant 1, le dégagement de l'acide carbonique ayant laissé la pierre très poreuse , 1 hectolitre ne pèse qu'environ 80 kilogrammes ; les graines ne germent pas dans sa solution, ce qui explique la nécessité de laisser aérer, on, pour mieux dire, carbonater la chaux dans les chaulâmes abondans, et de ne pas laisser longtemps immergées les graines dans le lait de chaux. L'hydrate de chaux retient l'eau en si intime combinaison qu'il ne l'abandonne pas, chauffé même au rouge brun, et que la pou-

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