‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 237 sur 239 · CHAPITRE XXVIIL-Travaox · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVIIL-Travaox

Nous nous sommes occupés jusqu'ici des travaux pouvant faire l'objet d'une petite fabrication et se rattachant a l'agriculture pour employer les loisirs de l'homme des champs, entretenir son activité, développer son intelligence et augmenter ses profits et son bienêtre. Parlons maintenant de quelques occupations auxquelles il pourrait se hvrer dans la saison morte ou dans les instans de désœuvrement que laisse quelquefois l'exploitation d'une petite culture.

Un assez grand nombre déplantes en usage dans la méoecine sont cultivées, soit dans les jardins botaniques publics, soit dans ceux des particuliers. Cette culture est alors du ressort du jardinage; mais il en est un certain nombre d'entre elles qu'on préfère recueillir à l'état sauvage, parce qu'alors leurs propriétés sont olus actives et plus développées. Dans tous

les cas, il faut savoir les récolter et les couserver. Cette récolte n'offrant aucune difficulté et pouvant procurer quelques avantages, nous allons dire en peu de mots comment elle se fait et comment on conserve les plantes qui ne sont pas employées à l'état frais. On doit récolter les racines annuelles vers le temps de la floraison, les bisannuelles au commencement de la V année, les racines vivaces au moment où les feuilles tombent, les racines aquatiques en tout temps, excepté en hiver, et les racines charnues avant l'hiver et peu après la maturité des graines. Les éeorost s'enlèvent au printemps, les bois en hiver ou au commencement dtu printemps. Pour les !**•, on donne la préférence aux jeunes branches, et pour les 2«*^ aux arbres d'un âge moven. Les herbes se récoltent dès que las feuilles sont entièrement développées, les

478 ARTS AGRICOLES : FABRICATIONS ET INDUSTRIES DIVERSES. «▼. i^.

/Zatfff, au moment de leur épanouissement ou peu après. Enfin, les fruits après Imir maturité. Les plantes étant récoltées, il faut les dessécher. Pour cela, on nettoie les racines, et, lorsqu'elles sont petites, fibreuses et peu chargées d*humidité, on les laisse entières; si elles sont grosses et charnues, on les coupe par tranches. On les étend ensuite sur des claies d'osier, ou les enfile pour les suspendre, etj dans l'un ou Tautre cas, il faut les dessécher à rétuve dont on élève la température de 30 à 40». Pour dessécher les hulbeên on en sépare les squames ou écailles qu*on coupe par languettes, puis qu'on étend sur un tamis, enfile en chapelets et dessèche à Yétuye,he&raeineset le$ bois n*ont besoin que d*ètre exposés dans un lieu sec et aéré. Les fmUles^ purgées de celles qui sont mortes ou moisies, sont étendues au soleil et remuées avec soin plusieurs fois par jour jusqu'à parfaite dessiccation. Les fleurs sont étendues sur des claies d'osier garnies de papier gris, exposées au soleil ou à rétuve ; on les couvre souvent aussi avec du papier gris pour leur conserver leur couleur. Les semences sont étendues dans un endroit sec et d'une température modérée. Les fruits doivent être desséchés promptement; on les place sur des claies dans un four chauffé au degi^é nécessaire pour cuire le pain ; au bout d'un quart d'heure, on les retire, on les expose au soleil ; on les replace ensuite dans le four ou dans une étuve, mais beaucoup moins chauffée qu'auparavant. Toutes les plantes séchées doivent être conservées daus un lieu sec, et celles qui sont aromatiques dans des bottes bien fermées.

Les plantes employées dans les arts ne sont pas non plus toutes cultivées par la main des hommes ; quelques-unes croissant spontanément dans la nature, peuvent être récoltées dans les pajs où elles végètent, et faire l'objet d'un petit commerce. C'est ainsi que depuis un temps immémorial, les habitans du Grand -Galargnes (Gard) se rendent tous les ans au mois de juillet dans les départemens des Bouches-du-Rhône, du Var et ae Yaucluse, pour ramasser les plantes connues dans le pays sous le nom de mozellèie et par tous les botanistes sous celui de croUm des teinturiers (eroton tinctoriwn^ Lin.^, dont ils préparent une matière colorante d un beau bleu connue sous le nom de tournesol de Languedoc, et qui sert à différens usages industriels. Il en est de même des habitans de l'Auvergne et de la Lozère, qui, pendant l'hiver et dans les temps de pluie, vont errer sur les montagnes qui les environnent, armés de lames de fer flexibles d'un mèt^ de longueur, et d'un sac, pour détacher sur les rochers certains lichens ( lichen parellus^ Lin. ou le variolaria ordna^ selon d'autres). Ces lichens sont livrés ensuite à des fabricans qui les transforment par des manipulations convenables eu une matière tinctoriale très usitée dans nos ateliers, et connue sous le nom d*orseille de France ^ofseille de l«fre ou du pay<.Dans les Pyrénées les habitans, surtout ceuxde la vallée de Prats-de-Mollo(Pyrénées Orientales), font également la récolte d'une autre espèce de lichen {poHoUuia éeol»

haUs ou Udim ieaib&hu^ Achar), dont on prépare aussi de l'oneille.

La récolte des graines des arbres forestiers peut aussi procurer une occupation utile et des profits; on peut consulter a cet égard ce que nous avons dit, t* IV, p. 70, pour connaître l'époque à laquelle chacune d elle doit être récoltée, et les manipulations que plusieurs exigent avant d'être livrées au commerce ou aux propriétaires.

La récolte des mcusses^tA facile, si simple, peut donner de l'occupation à des enfans et a des personnes Agées, Ces mousses ont une foule d'usages et d'applications utiles : elles sont excellentes pour le transport des plants et pour entourer les greffes. Disposées en lit, on en fait des couches à melons. Beaucoup de

1>lant8s délicates ne lèvent bieu que dans a mousse. Tout le monde sait qu'avec la mousse on fait des paillasses et des mate|{M ; qu'on en rembourre des sièges , Qu'elles sont très bonnes pour emballer des objets fragiles on des fruits qui s'y conservent bien ; qu'elles sont précieuses après avoir été mêlées avec de l'argile pour les constructions hydrauliques. On en calfate aussi les bateaux» et en les pétrissant avec du menu de houille on en lait on combustible facUefc transporter. Les glacières dont les parois sont construites avec ces plantes^ conservent aussi bien la glace que celles bâties en pierre. Enfin, dans les Vosges, les habitans recueillent une espèce de mousse du genre polytric, qu'on rencontre dans les bois marécageux ou les pars montaeux, et dont on fabrique à Rouen et oans les autres trilles manufacturières les brosses qui serrent aux tisserands è étendre sur leurs toiles l'encollage nommé paroii.

Les fbugères qui croissent spontanément dans les bois et les lieux incultes peuvent fournir aux arts des produits utiles. Dans les Vosges et le Jura, on les recueille avec avantage avant la maturité pour les brûler et en tirer de la potasse ; dans d'autres lieux , on en fait de la litière pour les animaux domestiques, ou on les expédie pour l'emballage des poteries et autres objets fragiles.

Plusieurs populations des provinces méridionales de la France emploient , à certaines époques de l'année, leurs momens de loisir à la récolte du chiendent (andronogon diffiiatum), dont on fait des brosses et aes balais, qui se consomment en grande quantité; dans les Ardennes, on recueille de même la brugère d balais (erica scopariaj, dont on fabrique les mêmes produits qui n'ont pas un débit moins considérable. Dans nos départemens méridionaux de l'Aude, de l'Hérault , etc., on récolte en abondance une petite fougère à tige Î;rêle et lisse, connue dans le commerce sous e nom de capillaire de Montpellier fadianthum eapillus veneris)^ et dont on prépare dans la pharmacie et dans l'art du confiseur un sirop aromatiaue assez agréable. Dans la Charente, laDoroogne et la Corrèze, on va chercher eu automne et en hiver, dans les forêts de charmes, de chfttaigners et de chênes^ les truffes qui y croissent naturellement et qm se vendent ordinairement à un prix élevé.

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