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ARTS AGRICOLES : APPRÊT DES PLUBIES A ÉCRIRE

Hollandais ont ëté les premiers à découvrir le mode véritable de celte préparation.

Le procédé hoUandiUs le plus simple, celui qui est le plus généralement en usage, et qui, avec quelques modificatious devenues nécessaires, parait donner encore de bons résultats, consiste à passer à plusieurs reprises les plumes dans du sable chaud ou des cendres cnaudes, pour amener la matière grasse du tuyau à rétat de fusion, et donner plus de fermeté à celui-ci, et à le frotter ensuite avec une étoffe ou à le gratter î^yec le dos d'un couteau, pour enlever cette matière grasse fondue et lui donner le poli.

Quelquefois , on passe vivement et à plusieurs reprises les plumes au-dessus de charbons ardens, mais non flambans, et on les frotte avec un morceau d'étoffe de laine pour les débarrasser de la membrane grasse, les polir et les arrondir.

Ces méthodes sont difficiles à pratiquer avec certitude, parce que, dans les 2 cas, on ignore la température qu'on applique à la plume, et que la chaleur, n'étant pas régularisée, est tantôt trop élevée et tantôt trop faible. Dans le second il faut beaucoup d'adresse et d'habileté pour ne pas brûler les plumes, et pour les chauffer bien également.

On a régularisé le procédé hollandais en établissant le bain de sable sur un poêle ou une étuve, et en le maintenant constamment par des dispositions convenables à une température de 50*» R. On plonge alors la plume, de toute la longueur du tuyau, dans ce bain de sable, et on Tv laisse pendant un certain temps, au bout duqjuel on la retire pour la frotter de suite et fortement avec le chiffon de laine.

D'autres appréteurs font usage d'une méthode plus compliquée, mais qui parait donner aussi de bous résultais.

Pour hollander les plumes, on en plonge le tuyau dans une chaudière d'eau presque bouillante {fig^^l ^) contenant en dissolution une petite quantité ie potasse , d'alun ou de sel commun.

Dès que les plumes sont amollies, on les retire du bain et on les gratte à leur surface avec le dos d'une lame de couteau.

Ces opérations sont répétées jusqu'à ce aue le tuyau soit devenu transparent, et quon ait enlevé toute la matière grasse qui l'enduisait. C'est alors qu'on les plonge une dernière fois pour les amollir, puis les arrondir entre le pouce et l'index, et qu'on leur donne de la fermeté au moyen d'une immersion dans du sable chaud, de l'argile ou de la cendre chaude. Ces corps lui enlèvent les dernières portions de graisse et les rendent pins dures et plus brillantes. Un mélange de sable et d'argile est ce qui convient le mieux; la cendre n'est pas aussi bonne, L'apprêt se fait d'une manière convenable et sûre en opérant de la manière suivante : On chauffe le mélange de table et d'argile soi* une plaque

Lnr.i?

de tôle, ou mieux, dans un vase de fonte {fig. 81i^), jusqu'au point où l'eau d'une bouilloire, enfoncée au milieu du bain, commence à bouillir. On enlève cette bouilloire, et on pique dans le sable chaud les plumes qui peuvent y rester plongées pendant un quart d'heure environ. On les enlève ensuite et on les frotte vivement avec une flanelle.

M. ScHOLz, .de Vienne, a proposé de préparer les plumes à la vapeur, et de leur donner ainsi toutes les qualités des meilleurs plumes de Hambourg. Voici sa manière d'opérer. Dans une chaudière {^g. 8S ) munie d'un double fond Fig S2.

en toile métallique, il place, le tuyau en bas, des plumes de toutes les qualités.

Il verse ensuite de l'eau dans la chaudière jusqu'à ce

que le liquide vienne presque affleurer la pointe des plumes. Il ferme la chaudière au moyen d'un couvercle qui clôt hermétiquement, la pose sur le feu, et laisse ainsi les plumes exposées pendant 24 heures à la vapeur de l'eau bouillante.Au bout de ce temps il les retire, et le lendemain il en ouvre légèrement l'extrémité, en retire la moelle, les frotte avec l'étoffe de laine, et les met sécher dans un lieu modérément chaud. Le jour suivant elles sont transparentes comme du verre, et dures comme de la corne ou des os, sans être aigres ou cassantes.

Nous décrirons encore un procédé qui est usité en Allemagne, et parait aonner des produits aussi estimés que les plumes de Hambourg ou les meilleures plumes anglaises. On fait tremper à froid les plumes pendant 10 à 12 heures dans une lessive formée d'une partie en poids de bonne potasse et 10 parties d'eau pure, et seulement après avoir filtré la dissolution. La matière grasse qui enduit le tuyau est convertie en un savon solubie. Ainsi préparées, on les plonge pendant 6 minutes aans l'eau pure, de Feau de pluie de préférence, chauffée jusqu'au point d'ébullition, puis on les en retire pour les rincer à l'eau froide, et les faire sécher au milieu d'une atmosphère sèche et légèrement chaude. Il ne s'agit plus maintenant que de les raffermir et ofe les polir. Pour cela, ou prend une chaudière {fig, 83), ou une caisse decuivreoudetôle, d'une longueur et d'une largeur arbitraires, mais assez profonde pour que les plumes , placées debout , et réunies en paquets lâches et séparés, dont chacun n'en contient pas plus de 15, soient encore éloignées de 3 à 4 pouces du fond. On prévient encore miettl le contact des plumes sur ce fond en ajustant, quelques pouces au-dessus, un châssis a claire-voie, un treillis, ou mieux une toile métallique, sur lesquels les plumes iep<^

nf*. INCIJBiLTION

sent. On ferme alors la chaudière avêc on oouTerele au milieu duquel est un trou dans lequel glisse un thermomèlre dispos<$ de mauiere que sa boule soit an milieu «le la chaudière, et que la majeure partie de son échelle sVlève en dehors au-dessus du couvercle. Tout étant disposé, on porte la chaudière sur un fourneau contenant quelaues charbons allumés f et on chauffe Tair qu elle contient, et qui b;4igne les plumes, jusqu'à la température de 60** R.

Lorsque les plnmes sont assez amollies pour fléchir lorsqu'on les frotte un peu vivement avec le dos d*un couteau , on prend chacune d'elles en particulier de la main eauche, et on Tappuie sur le genou garni d'un linge de laine, ou sur une table couverte en drap, puis on la presse avec le dos d'un couteau qu'on appuie à l'origine ou extrémité supérieure du tuyau, en faisant glisser la plume en arrière sous la lame qui la presse, et en lui rendant en même temps la forme ronde qu'elle avait auparavant On opère encore plus facilement en la faisant passervivenient, et à plusieurs reprises, dans un morceau de drap ou de flanelle, pour enlever i'épiderme et la polir.

Quand on désire des plumes très-fermes, on peut les soumettre 2 fois de suite à cette opération, mais il faut avoir l'attention de ne commencer la 2* que quand les plumes ont entièrement perdu la température élevée que leur avait donnée la 1'*.

On a essayé beaucoup d*autres procédés p()ur la préparation des plumes à écrire. C'est ainsi qu'on s'est servi des acides nitrique et sulfunque; mais ces acides, quoique très-affaiblis, altèrent beaucoup la substance de la plume, la rendent aigre et sujette à se fendre irrégulièrement, etc.

Sbct. ui. — Coloration y assortiment , empaquetage.

On a commencé depuis quelques années à donner au tuyau des plumes a écrire des couleurs diverses. Les couleurs les plus communes sont le jaune, le bleu et le vert.

ART1FICI1LI£. 79

Pour donner aux plumet une ooulear jaune, on les plonge dans un extrait aqueux de safran jusqu'à ce qu'elles aient atteint la nuance désirée. Pour les teindre en bleu, on fait une dissolution d'une partie d'indigo broyé très-fin dans 4 parties d'acide sulfurique concentrée, puis on étend d*eau la dissolution, on ajoute un peu d'alun en poudre, et c'est dans ce liquide qu'on plonge les plumes, et qu'on les y laisse séjourner jusqu'à ce qu'elles aient acquis la teinte convenaole. On teint les plumes en vert en mettant pendant quelque temps celles qui sont déjà teintes en bleu dans la di^isolution jaune ci-dessus, etc.

On parvient, dit -on, à donner aux plumes cette couleur jaunâtre qui les fait rechercher, et qui est un indice d'ancienneté , en les faisant tremper pendant quelque temps dans un bain d'acide hydrochlorique trèsétendu.

En général, ces opérations de teinture ne se font qu'après que les plumes ont reçu t 'apprêt , c'est<à-dire ont été démisséeset polies.

Une fois apprêtées, les pTumes^sont Af^orties suivant leur poids ou leur grosseur, ou bien leurs qualités, ou suivant qu'elles proviennent de Talle gauche ou de l'aile droite. Quand elles ont été assorties, on les assemble en paquets de 36, dont 4 font le cent. Ces paquets, qui sont maintenus par une ficelle roulée plusieurs fois autour des plumes à la naissance du tuyau, sont assez difficiles à former d'une manière régulière. Ils doivent être carrés, c'est-à-dire composés de é rangs, chacun de 5 plumes. Queloues fabricant mettent ordinairement les plus belles à l'extérieur, et les médiocres dans l'intérieur du paquet Pour suppléer à l'habileté des ouvriers, on a inventé une petite machine en Allemagne que nous ne connaissons pas encore, et qui empaqueté 30 à 24 mille plumes par jour avec beaucoup de régularité.

Les qualités des plumes à écrire se distin-

fient par la couleur des ficelles qui servent lier les paquets, et par la couleur du papier qui réunit les paquets de cent. F. M.

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