‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 53 sur 239 · LIV.IT · texte numérisé non relu

LIV.IT

est bien connue, ou dont les toisons jouissent des qualités qu'on recherche dans le commerce. D'ailleurs, les laines supei'fines perdant en général jusqu'à 75 p. **/o au lavage, les frais de transport, qui en définitive retombent toujours à la charge du producteur , sont beaucoup moindres pour les laines lavées préalablement. Enfin, connaissant mieux sa laine, le nourrisseur sait ce qu'il vend, et ne peut plus être dupe du marchand, qu'une longue habi' tude et des achats journaliers rendent fort expert dans la connaissance de ces produits.

En Allemagne les laines sont toujours soumises à un lavages à dos ,et en Espagne à un tria* ge consciencieux et à un bon lavage en toison ,

3ui oDt contribué à faire rechercher les prouits de ces pays par lés peuples étrangers.

Le parti le plus sage, pour les propriétaires de troupeaux, serait donc d'avoir recours aux lavoirs a façon, quand ces établissemens lui offriront les sécurités désirables , ou bien de procéder eux-mêmes au lavage de la laine qu'ils récoltent dans leurs domaines.

Le lavage des laines sur le dos des animaux n'offre pas de difficulté, et est souvent suffisant, surtout pour les laines communes, pour procurer à l'éleveur les avantages dont nous venons de parler; mais quand on veut laveries laines en toison pour fixer d'une manière plus précise leur véritable valeur commerciale, dèslors il faut les soumettre aux opérations d assortiment, de triage et de lavage, qui exigent qu'on joigne à beaucoup de pratique une longue expérience , puisque la connaissance des laines ne s'acquiert qu en se livrant avec sagacité et pendant long-temps à ce travail. Cependant, comme un éleveur, à moins quil ne soit propriétaire d'immenses troupeaux, comme en Espagne, n'aurait ainsi par an qu'une quantité trop petite de laine pour apprendre et faire avantageusement le classement et le lavage lui-même, nous pensons qu'il serait peutêtre plus utile pour tous les propriétaires de troupeaux d'une commune , d'un canton ou d'un arrondissement, de former à frais cnmrauns un lavoir banal , d'après les principes des fruitières suisses (vo^.t lïL p. 57), où I on s'occuperait du classement, du triage et du lavage de leurs laines, pour leur propre compte, et où les marchands et fabricans, comme daus un dépôt central , trouveraient réunies des laines de toute finesse et de qualités diverses. C'est afin de mettre les éleveurs *et les propriétaires à même d'assortir, de trier et de laver à frais communs leurs laines, et de former de pareils lavoirs, ou seulement pour leur apprendre quels sont le but et les détails de ces opérations, que nous allons entrer dans les développemens nécessaires pour éclaircir ce sujet.

Pour exercer avantageusement cette branche intéressante de l'industrie agricole il faut apprendre: 1' à connaître les qualités et les défauts de la laine ; T à l'assortir et à la trier; 3° les divers procédés de lavage.

Section F*. — Qualités et défauts de la laine.

Nous ferons ici connaître les qualités qu'on doit surtout rechercher dans les lames fines ou de 1*' choix, parce que ces sortes de laines

deTant les réuiûr presque toutes au plus haut degré, il sera facile, d'après oe que nous en dirons , de juger de la nature des laines plus coomiunes; ensuite, nous procéderons, d'après les mêmes principes, à rénnmëration des dé- £iuts; feulement noiu rappellerons auparavant que les laines françaises peuvent être divisées en laines indigènes , lames de mérinos métis, laines de ménnos purs, et laines longues desmoutcms anglais , miportés en France, ou de leurs métis.

S i*'.— Qualités de la Uiue.

Nous pensons qu'il est superflu d'entrer dans des détails techmqaes sur la structure du brin de la laine, sur son mode de croissance et autres objels dont ia connaissance est de peu d'utilité dans la pratique; ce que nous croy<ms devoir rappeler ici, c'est que les laines indigènes, métis ou mérinos pures y ont des caractères propres et spéciaux qui ne permettent pas à un œil exercé de les confonore.

Ceci posé, voici les qualités qu'on doit surtout rechercher dans tes laines de 1*' choix , d'après les agronomes français et allemands les plus habiles dans cette matière:

1° La finesse. C'est la qualité prindpaie de la laiae, et celle qui lui donne généralement la plus haute valeur vénale. La finesse est le plus souvent un indice des autres qualités (vécienses qu'on recherche dans ce produit; elle se mesure par la grandeur du diamètre de chaque brin ; une laine est d'autant plus fine que ce diamètre est plus petit Les lames fines de mérinos sont ordinau'ement ondées on ondu-^ iées^ c'est-à-dire forment sur leur longueur un certain nombre de courbures ou ondulations; en générait plus ces ondulations sont petites, basses, étroites et multipliées, pins ta laine a de finesse.

2* XJégalité du brin. On entend par ces mots

2ue le brin est uniforme et d'un oiamètre par- Lîtement égal à l'extrémité, au milieu ou a sa racine. C*est une qualité précieuse pour la fabrication des beaux tissus, qui ne se rencontre gu^re que chez les troupeaux perfectionnés etaccoDip8^e presque toigours la grande finesse.

3* LfC parallélisme des brins. On désigne ainsi la structure identique, la netteté et l'uniformité dans la croissance et la longueur des brins. Ces brins, rapprochés par jgroupes de 10 à 15, uniformément ondes, se suivant parallèlement dans tontes leurs ondulations depuis leur racine jusqu'à leur extrémité, doivent se réunir en groupes pour former près de celle-ci une mèche bien distincte et dans laquelle on n'aperçoit pas des poils ou brins courantou se dirigeant au hasard. Une toison bien nourrie, c'est-à-dire celle où les brins se pressent et se tassent ainsi parallèlement , offre un des caractères d'une laine très-perfectionnée.

4* Véiasticité, Toutes les laines sont élastiques, mais non pas de la même manière. Une laine dont le brm est grossier, dur et roide, reprend presque instantanément son volume primitif quand on la presse en masse d'une manière quelconque; une laine fine, au contraire, ne reprend le sien qu'avec une certaine lenteur. En tirant un brin de laine entre les iloigta, jusqu'à le rompre, on remarque dans

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