CHAPITRE y. — LATAOH DC8 LATNBS
On donne le nom de laine à des poils d'une 1 moutons. Ces nature particulière qui recouvrent la peau des |
poils, appelés brins, se raj urochent ordinairement les uns des autres, T. III. - 12.
A&TS AGRICOLES : LAVAGE DES LAINES
de leur extrémité supérieure, poar former des groupes réguliers ou des toufies auxquels on a donné le nom de mèches. Cest Tensemble des brins ou des mèches qui constitue la toison de ranimai.
Tous les brins de la laine, telle qu'on la recueille par la tonte sur le dos des moutons, sont revêtus d'un enduit gras naturel auquel on a donné le nom de snint. Cet enduit mas- Guant la blancheur de la laine, ainsi que son éclat, et formant, dans les opérations de la teinture, un obstacle à Tapplication desmordans et des matières colorantes , il est nécessaire de l'en débarrasser pour approprier cette substance filamenteuse à nos besoins; ce sont les manipulations que l'on fait subir à la laine pour la débarrasser de son suint, qu'on désigne sous le nom de lavage des laines.
Les lavages que re^it la laine avant d'être cardée ou peignée, puis filée et tissée, sont de 2 sortes. Les 1*'* lui sont donnés par les éleveurs ou propriétaires de troupeaux, ou par les laveurs de laine, et les 2", plus connus sous le nom de dégraissage, par les fabricans, avant de la mettre en œuvre Cette dernière maninipulation, n'étant pas du ressort de l'agriculture, ne doit pas nous occuper ici ; quant à l'autre, nous entrerons à son égard dans tous les détails nécessaires pour la aire bien comprendre aux cultivateurs.
Depuis un petit nombre d'années il s'est formé, dans diverses localités de la France où le commerce des laines à quelque activité, des établissemens, connus sous le nom de Icufoirs de laines^ qui achètent pour leur propre compte la laine aux éleveurs, l'assortissent, la trient, la lavent et la revendent aux fabricans. D'autres établissemens, sous le nom de lavoirs à fa^on^ se sont aussi élevés dans le but de recevoir en dépôt la laine récoltée par les cultivateurs, de l^sortir, de la trier selon ses qualités et de la laver, puis de la vendre aux manufacturiers, au profit des entreposans, moyennant une légère indemnité. Ces derniers établissemens ont rencontré dans leur marche des difficultés qui les ont empêchés de s'étendre, malgré les' avantages qu'ils semblaient promettre.
£n France, les laines communes et fines indigènes sont, la plupart du temps, lavées avec ou sans triag^ avant la vente ;^il n'en est pas de même des laines des races perfectionnées qui sont toutes vendues en suint. Cependant, en livrant ses toisons en cet état, le propriétaire ignore la qualité de sa laine, la proportion des oiverses sortes qu'elle contient, ainsi que son rendement au lava^ Il manque ainsi des connaissances nécessaires pour classer son troupeau, pour déterminer quels sont les animaux qui donnent des profits et ceux dont l'entretien offre de la perte. Il n'a plus de guide pour se diriger dans la voie des améliorations, ou pour suivre les changemens que réclament les goûts ou les besoins du public.
Quand la laine est triée et lavée , les propriétaires, au contraire, connaissent avec exactitude son reixdement au lavage, soit en !'•, 3r ou 3* qualités, ainsi que le mérite absolu de leurs récoltes. A l'aide des indications qu'ils obtiennent ainsi , ils peuvent classer les bêtes qui composent leurs ti*oupeaux , n'admettre à la reproduction que celles dont la finesse leur