‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 77 sur 239 · VERS-A-SOIE · texte numérisé non relu

VERS-A-SOIE

rescence blanchâtre que BauGNATSLU a démontrée être un phosphate ammoniaco-magnésien, mêlé à un peu d'urate d'ammoniaque et à une petite quantité de matière animale. Le cadavre ne tarde pas alors à se dessécher et à devenir friable.

Quelquefois les vers attaqués de la muscardiue vont jusqu'à la montée et meurent avant d'avoir terminé leurs cocons, qui sont mous, mal tissus et de peu de valeur, et connus sous le nom de chiques^ cafignons^ etc. Parfois, aussi, ils parviennent à compléter leur travail, et ne périssent qu'après leur transformation en chrysalide ; mais celle-ci se solidifie et ne présente plus qu'une matière jaunâtre désorganisée. Au bout de quelques jours, cette matière se dessèche, et la momie se recouvre de l'efQorescence saline blanchâtre. £n cet état on lui donne, en France, le nom de dragées; et, en secouant le cocon, elle rend un son sec qui fait juger, avec certitude, que la chrysalide est calcinée.

On n'a pas encore trouvé, malgré quelques annonces pompeuses, de remède efficace contre la muscardine. L'observation rigoureuse des principes généraux d'hygiène peut seule en affrancnir une magnanerie.

T Atrophie^ rachitisme {airofia^ graciUta, gattina^ covetta^niaciie/tzà)^ malaaie qui consiste, aux 1*" âges, dans un développement lent du corps ; le ver attaqué reste plus court et plus petit que ses camarades. Deux causes donnent Heu a cet étal pathologique : la l'* est l'altération de la semence, ou une couvaison ou éclosion mal dirigée : cet état est incurable. Quant à la 2*, elle est due à un défaut de som pendant les mues, à l'entassement des vers sur les claies, surtout dans les 1*" âges, cas dans lequel ils ne peuvent prendre une égale quantité de nourriture et profiter uniformément En séparant les vers malades, et en leur donnant une nourriture délicate et choisie, et des soins attentifs, ils ne tardent pas à rattraper le temps perdu, et, parvenus au 5* âge, ils filent un bon cocon. Faute d'attention et quand on les laisse avec les autres, ils périssent souvent affamés ou écrasés.

8* La gangrène, noir foncé {cancrena, ne* grone). Suivant M. le aocteur I. Lombni, la gangrène n'est que la terminaison de' 8 autres maladies dont nous allons parler. Elle a pour caractère distinct de réduire le ver en un liquide noir, très -fétide, que la peau amincie retient à peine et qu'elle laisse bientôt écouler à la moindre distension. C'est un état de sphacèle qui attaque et détruit l'humeur de la soie, et dont les caractères ne laissent pas de doute sur l'existence antérieure d'une inflammation universelle, lente ou aiguë, qui a donné naissance ou entretient les 3 maladies conduisant à la gangrène. Ces maladies sont les suivantes: A. Atrophie, Nous venons de voir qu'elle est due à une altération de la semence ou à une couvaison ou éclosion mal dirigée. Cette affection, dévelop-

Î>ëe, offre les symptômes su i vans: petitesse ae a taille, indolence daos tous les mouvemens, diminution et perte de l'appétit qui porte les malades à abandonner et a repousser toute nourriture. Ils quittent tout-à-coup le lit et se placent hors de la claie ou sur tes bords;

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ARTS AGRICOLES : EDUCATION DES VERS-A^OIE

UT. IV

ià ils vivent encore 2 ou 8 jours sans manger, puis finissent par mourir le corps vide, mou et d\m btanc sale; peu d*heures après, ils noircissent et exhalent une odeur très- fétide. Celle maladie, quoiqu'elle s'offre dans les 5 1"" âges, fait ses plus grands ravages dans le 4' et au comme uceme ut du 5^ Elle n'admet aucun moyen de guërison.

B. Grasserie^ jaunisse {giallume, itienzia, gtaldone), La jaunisse se manifeste, au contraire, par 1 augmentation de volume du corps et la proéminence des anneaux, aux côtés desquels commencent à se montrer quelques stries parallèles, jaunâtres, pâles d'abord, mais très-visibles ensuite. La tuméfaction croit souvent au point que la peau se crève spontanément en quelques points, ce qui, au reste, arrive au moindre attouchement, et qu'il en découle une humeur jaunâtre, la plupart du temps dense et opaque. Les vers atteints, qu'on connaît sous le nom de vaches, gras, jaunes j etc., ne cessent pas de manger, si ce n'est dans les dernières périodes du mal. La jaunisse se montre quelquefois au 3* âge, mais elle est plus commune au 5* et surtout dans les derniers jours, quand apparaissent les premiers signes de la maturité.

On croit que la jaupîsse a pour ori^ne une saison pluvieuse, de pandes variations atmosphériques, un abaissement prolongé de la température, qui troublent tes fonctions vitales et la digestion.

Aucun moyen n'est encore connu pour guérir la grasserie, même dans les l*"symDtômes. L'animal atteint périt la plupart au temps, et son cadavre ne tarde pas a manifester les caractères de la gangrène. Dans le département de Vaucluse, pour en garantir les vers, on les saupoudre, dit-on, avec de la chaux vive en poudre, au moyen d'un tamis de soie, puis ou leur jette ensuite [des feuilles arrosées de quelques gouttes de vin.

C. Apoplexie^ mort subite {apoplessia, suf* focamento). Cette maladie, qui se développe surtout vers la fin du 5' âge, est précédée de la perte de l'appétit et d'une évacuation de toutes ou presque toutes lesmatières ingérées dans l'estomac. Les vers attaqués, dont on ne peut soupçonner l'état maladif, meurent tout-à-coup, et comme frappés de la foudre. Ils restent immobiles, avec toute leur fraîcheur, dans l'attitude qu'ils avaient sur la claie au moment oii ils ont été suffoqués, ce qui a donné lieu aux noms différens sous lesquels on les désigne Ae morts-plats, morts» blancs, tripes ou tripes. La gangrène succède promptement à la mort On croit que l'apoplexie, dont on ignore l'origine, se montre plus fréquemment dans les années où la sai-* son est très-variable et la nourriture de mauvaise aualité.

La gangrené, quelle que soit son origine,lfait périr non seulement le ver, mais détériore encore le cocon de ceux qui sont parvenus à filer et à se changer en chrysalide. On reconnaît ces cocons à leur odeur, à leur légèreté et à l'état d'imperfection où ils sont; l'animal, vaincu par le mal, cesse de filer avant d'avoir terminé son travail. Ces cocons, dé- ' \ sous le nom de chique t tes oxx/alloupes^

fournissent une petite quantité de soie, de couleur pâle et terne, et d'une odeur peu agréable.

Les vers atteints par la gangrène ou la grasserie parviennent quelquefois à se transformer en papillons, mais ceux-ci sont sou* vent privés d'ailes et impropres à la génération. Le duvet qui recouvre leur peau est de couleur sombre et sale, et cette peau, parfois dénudée de son duvet, est brune et terne. Telle est souvent l'apparence des phalènes qui sortent des chiauettes et des falloupes.

Quelquefois la cnrysalide, au lieu oe se résoudre en une humeur noire qui tache le cocon, se dessèche au point qu'A n'en reste plus que l'enveloppe adhérente à rintériear du cocon. C'est, sans doute, une autre espèce de gangrène qu'on pourrait désigner sous le nom de gangrène sèche, pour la distinguer de Tautre, qui est la gangrène humide.

4* Marasme, vers^courts, harpians, har*

Înons, passés on pai sis {riccione). Cette maadie est propre aux derniers jours du 5' âge. Elle parait être due aux mêmes causes que la gangrène, et c'est, comme dans celle-ci, un changement substantiel de [l'humeur de la soie ; mais le cadavre dans celle-ci ne noircit

{>as et ne tombe pas en sphacèle. Le ver maade est court, ridé, engourdi, paresseux, d'une couleur brunâtre et montrant déjà les linéamens de la future chrysalide. Cette maladie a divers degrés d'intensité, et tous les vers ne meurent pas sans filer. Ceux surtout qu'on place dans des cornets de papiers filent un cocon d'une assez bonne qualité.

5** Hydropisie, luzette, luisette y clairette (idropisia, lusarola, scoppiarola). Une locomotion lente, peu d'appétit, le corps enflé, surtout la tête, la peau très-luisante et presque diaphane, ce qui a fait donner à ceux attaqués le nom devers-clairs, sont les symptômes de cette maladie qui a le plus communément pour cause l'exposition des vers à un excès d'numidité atmosphérique, leur alimentation avec des feuilles trop aqueuses ou humides, couvertes d'eau de pluie ou de rosée, mal séchées après le lavage, etc. Oo a cherché à guérir rhydropisie qui se développe ordinairement depuis l'avant-dernière mue jusqu'à la montée sur les rameaux, par des fumigations aromatiques de vinaigre, de styrax ou de romarin, ou en aspergeant les feuilles de mûrier avec un vin généreux; mais ces remèdes sont peu efficaces, et le meilleur moyen, pour ne pas perdre toute la famille, est d'écarter les causes qui produisent l'affection; sans cela, les insectes attaqués ne tardent pas à être frappés de la mort, qui se manifeste par l'épanchement d'une grande quantité de sérosité, ce qui a lieu, presque constamment, par la rupture de la peau, surtout près de la tête ou des parties voisines.

6" Diarrhée (JlussOy diarrea). Les symptômes de cette maladie sont à peu près les mêmes que ceux de la précédente, mais le gonflement et la diaphanéité sont beaucoup moindres. Outre les causes de l'hydropisie

2ui occasionent la diarrhée, M. le docteur OMENi croit que cette maladie a encore pour origine un embarras pstrique ou intestinal provenant, soit des organes eux-mêmes qui font mal leurs fonctions, soît de l'insalttbnté

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