‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 78 sur 239 · OUP · texte numérisé non relu

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PREPARATIONS DE LA SOIE

des alimens: telles seraient des distnbutions de feuilles afTectées de la rouille. Cet embarras se transforme, en pea de jours, en un flax Tentral qui amène promptement la mort. Dans tous les cas, robsenration des priDcipes que nous atons poses dans ce chapitre, et l'attention de rejeter les feuilles qui sont tachées, mettent une magnanerie à Tabri des attaques de cette maladie.

T"" Les Ters^-soie sont encore scyets à quelques autres affections, tel les que la touffe, mal produit par une chaleur excessive qui suffoque les vers, unie à Tinsalubritë des litières. Quelques éducateurs promènent autour des claies une pelle chaude sur laquelle ils répandent du vinaigre dont là vapeur réveille les insectes. Une bonne ventilation, des aspersions d'eau fraîche sur le pavé pendant les grandes chaleurs, le changemetit des litières, quelones nuivens préservateurs contre la chaleur directe des rayons solaires, ont presque tonjours du succès dans ce cas. — "Lt^kémorrhoïdes surviennent lorsque le ver, en quittant sa tunique pendant la mue, ne peut se débarrasser, aux stigmates et à l'anus, des tuyaux d'ancienne peau qui les obstruent et causent des grosseurs on varices qu'on peut comparer a des hémorrholdes. On a indiqué comme remède de donner un bain d'eau fraîche aux malades; le ^er, se trouvant alors rafraîchi, expulse abondamment des matières fécales qui entraînent les tuyaux. Mais ce remède ne parait guère applicable en grand.— Les chutes, des violences extérieures, ou une pression trop forte entre les doigts quand OQ les saisît, occasionent souvent chez les vers des tumeurs, dans lesquelles s'extravase et se solidifie la matière soyeuse ; c'est ce qu'on nomme p^r/iff soyeuse. Les vers qu'on touche trop souvent sont atteints de flaccidité, c'est-a-dire que leur oorps est mou; ils perdent lentement la vie lorsque la pression a ete assez considérable pour meurtrir, léser on déchirer leurs organes.

On voit, d'iprès ce tableau des maladies 1« plus communes chez les vers-à-soie, que la plupart sont incurables, et que c'est par dessoms. de l'activité, de la vigilance, et plutôt par des moyens hygiéniques que thérapeutiques, qu'on peut les prévenir et les combattre avec succès dès leur début. Ces moyens hygiéniques se composent de pratiques simples et faciles à observer, mais trèspropres a bannir clés ateliers ces redouta- Mes affections pathologiques qui exercent tant de ravages chez les éleveurs négligens etignorans, et leur font éprouver des pertes considérables. Nous les résumons dans les préceptes suivans :

Mamlenir les papillons dans un local sec, à une température de 16*" à \^ centig. ; ne pas entasser les œufs, mais les étendre sur une surface suffisante, puis n'exposer ces œufs ou'à une température de 14'' ou 15'' <fu'on élève ensuite peu-à-peu jusqu'à ce que léclosion soit accomplief. ^ Mamtenlr les vers naissans à la température de 19** envi- W)û -, les préserver du froid et des vents insalubres, froids et secs: les distribuer sur un espace proportionné à leur nombre, et suffisant pour qu'ils puissent vivre et respira eu liberté. — Renouveler fréquemment

l'air des ateliers, ou entretenir des rourans qui l'agitent, l'entraînent doucement et avec lenteur; le purifier par les moyens que nous avons indiaués p. 133, lorsqu'il a acquis des qualités délétères. — Entretenir une température égale dans l'atelier; allumer de la flamme à propos, quand l'air est humide, ou Tarroser pendant les grandes chaleurs ou les temps secs et orageux. Admettre autant que possible la lumière solaire à l'intérieur, quand elle n'élève pas trop la température. —Préserver l'intérieur de fa magnanerie des variations brusques detempérature« et généralement de toutes les secousses ou phénomènes atmosphériques accidentels. — Ne distribuer aue des alimens sains, non humides, de bonne nature, et conformes en qualité et en quantité à l'âçe de l'insecte, et les donner avec une parfaite régularité. — Entretenir la plus grande propreté et enlever avec soin et ponctualité les litières avant qu'elles entrent en fermentation. — Séparer généralement les vers malades de ceux qui sont sains, et exercer une surveillance active et continuelle. — Enfin, redoubler d'attention à l'époque des mues et à celle de la montée sur les rameaux.

Il n'y a jamais de maladies, dit Dandolo, lorsaue l'œuf a été bien fécondé, bien conservé, et qu^on a observé rigoureusement les préceptes exposés par les plus habiles éducateurs. F. M.

Sbgtion VI. — Préparations de la soie.

Nous avons déjà vu ( p. 121) quels sont les organes .dont le ver-à-soie fait usage pouf transformer en un fil continu le liquide visqueux qui est coatenu dans un appareil qur le sécrète en particulier. Nous sommes entrés aussi dans les détails nécessaires pour faire connaître la manière dont on amène cet insecte à former ce fil et à en faire une sorte de peloton qu'on nomme cocon. Dans cet état, ce fil précieux ne saurait être d'un usage bien étendu dans les arts, et il est nécessaire, an moyen de pratiques particulières, de dévider ce peloton en un fil continu, de le doubler et le tordre pour le rendre propre à la fabrication des tissus de toute espèce. Les travaux qu'on exécute pour cet objet prennent le nom général de mouU' nage aes soies. Ces travaux sont d'une trèsgrande importance, puisque, indépendamment de la nature et de la qifalité du fil en cocon, ils contribuent beaucoup par leur bonne exécution à élever la valeur de la soie, et à donner aux éto^es cette force, ce moelleux et cet éclat qui les font rechercher.

Le monlinage des soies se partage en 3 opérations principales : l'une appelée tirage de la soie, qui peut être exécutée facilement dans les campagnes par ceux qui élèvent des vers-à-soie ; l'autre, le moulinage proprement dit, qui exige généralement de grandes machines, et est plutôt du ressort des fabriques. Nous nous étendrons peu sur celle-ci, mais nous entrerons, relativement à l'autre, dans des détails plus étendus ; notre intention, toutefois, n'étant pas ici d'enseigner un art qui, comme bien d'antres, exige une étude et une longue pratique, mais da

N8 ARTS AGRICOLES : ÉDUCATION DES VEKS-A-SOIE

donner aux agriculteurs une idée des travaux auxquels il faut se livrer pour iilci* et préparer fa soie.

$ r'^.-^Du tirage de la soie.

1* Opérations qui précèdent le tirage.

Le cocon, tel qu'on le recueille sur les rameaux, après que le ver a terminé son travail, se compose à Textérieur d*une certaine «quantité de fils, jetés dans diverses directions, et formant un réseau lâche, mou, transparent, auquel on a donné le nom de bourre^ qu'on peut dévider, et qui, lorsqu'il est enlevé, laisse un corps ovoïde, creux, ferme et élastique, formé d'un fil continu, peloté régulièrement,dont la longueur varie de 227 à 367 mètres (700 à ItOO pi.). C'est cette partie du cocon, lorsqu'elle est dévidée, qui porte exclusivement le nom de soie.

La l*"' chose à faire quand on a recueilli les cocons ou quand on les a reçus, c'est de faire périr les chrysalides afin qu'elles ne se transforment pas en pa|3iilons et ne percent pas le cocon, ce qui lui enlèverait toute sa valeur. Cette opération, à laquelle on donne le nom â^étouffage, a déjà été décrite par nous, et nous avons donné ( p. 141 ) les diverses méthodes qui ont été proposées dans ce but, telles que l'emploi des gaz délétères, de l'eau bouillante, du camphre, de la chaleur des fours, des étuves, etc. Nous. n'avons donc plus \ nous en occuper ici':

Une fois que les chrysalides ont été étouffées, on doit, aussitôt qu'on le peut, dévider les cocons; mais cette opération étant im-possible à exécuter en même temps sur un grand nombre de cocons, surtout quand on se livre un peu en grand à l'éducation des vers-à-soie, il faut alors porter ceux-ci au grenier pour les faire sécher parfaitement y afin que les animaux morts qu'ils renferment ne se corrompent pas dans la coque et ne gâtent pas la soie.

Avant de procéder au tirage, il est ,es8en* tiel de faire une opération qu'on nomme triage^ et qui consiste à classer les cocons suivant leurs qualités. Ce triage est d'autant plus nécessaire qu'il sert à séparer les diverses qualités de soie suivant qu'elles sont propres à la fabrication de telle ou telle étoffe ou de telle partie des tissus, il con« tribue à maintenir la bonne réputation de la soie des magnaneries où il est pratiqué avec soin et bonne foi«

Dans le tria{;e, les cocons appelés doupions, c'est*à-dire ceux qui renferment deux chrysalides dans un seul cocon , ceux qu'on nomme chiques on/alloupes^ ou dont les vers sont morts avant d'avoir accompli entièrement leur travail ; les cocons tacnés, percés, et en un mot, tous ceux qui diffèrent des autres par des accidens particuliers, sont d'abord mis soigneusement de côté pour en former une soie à part, ou de la filoseile.

Les fileurs soigneux séparent aussi les cocons des divers pays et localités ; car la variété des expositions, l'état du sol, de la culture, de l'atmosphère, le régime, etc., ont une très-grande influence sur les qualités de

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