LIV. IV
fil, sert à déterminer sa valeur vénale. La longueur choisie est 400 aunes (475 met. 40), et c'est le poids en srains anciens de cette longueur de soie qui détermine le titre. Ainsi la soie dont une pelotte ou écheveau de 1200 aunes pèse un fgfos^ est au titre de 24 deniers; si elle pesait un gros et 24 grains, H le serait au litre de 82 aeniers , et a celui de 48 si elle pesait 2 gros.
La principale espèce de soie qu'on travaille au moulin est Porgansin^ qui est un fil composé de 2 bouts de soie gré^e^ quelquefois de 3 et même de 4, qui sont cfabord tordus séparément au moulin, tors auquel on donne le nom de premier apprêt ou filagCy et qui se donne à droite et varie suivant la qualité, la nature ou la destination de la soie. A ce V^ apprêt succède le doublage^ opération qui consiste à réunir au nombre de 2, 3 ou 4, sur des guindres ou sur des bobines, les fils tor dus, soit à la main, au moyen d'un rouet, soit avec des machines appropriées à cet objet et appelées moulins a doubler. Ces fils de soie réunis sont alors reportés au moulin à organsiner pour recevoir le second appni ou tors qui se donne à gauche, et qui roule les uns sur les autres les fils assemblés, de manière qu'ils ne paraissent n'en composer qu'un seul. C'est le fil, lorsqu'il a subi cette 2** torsion, beaucoup moins considérable aue la 1"^*, qui reçoit le nom d'organsin, etquou emploie principalement pour la chaîne dans la fabrication des étoffes de soie.
La trame, dont le nom indique l'usage, c'est-à-dire qu'elle est employée à faire la trame des étoffes, est une soie montée à 2 ou 3 bouts qui n'ont pas subi de 1*' apprêt, et dont le tors, qui se donne comme le 2* apprêt de l'organsin et dans le même sens, est très-léger et sert seulement à réunir les fils, en leur conservant la mollesse nécessaire à cette sorte de soie.
Le poil est une soie grége à ud seul bout qui a subi l'apprêt au moulin. Cet apprêt varie avec la unesse de la soie ; le principal emploi de cette soie, connue dans le commerce sous le nom de poil d'Alais, est pour la passementerie, la rubannerie, la broderie, etc.
On fait usage en France de plusieurs es^ pèces de soies grèges: V*\e& soies Jermes^i^rm lesquelles on distingue la grège d* A lais et de Provence, qui se compose de la réunion de 12 à 20 cocons, et se distingue en plusieurs
aualitës qui sont converties en soies ovalées e différentes grosseurs, en soies à coudre, en soies plates et cordonnets; la grège du Levant, dite Brousse^ la grége de Faïence, toutes deux tirées de 15 a 25 cocons, et la grège de Vérone, tirée de 15 à 30 cocons qui, avec la grége de Reggto, dite San-JBatilli, servent au même usage aue celle d'Alais, puis les grèges de Bengale, de la Chine, etc. ; T les soies fines (grége blanche et jaune de France), employées à la fabrication des rubans, gazes, barètes, etc., et ouvrées en trames et organsins.
Parmi les soies ouvrées on distingue l'organsin de Piémont, monté à 2 ou 3^utset qui s'emploie pour chaîne ; X organsin du pars ^ monté de même dans le Vivarais et en i't'<J' vcqce> et qui sert au même usager les trama
Oàp. 7*.
doubles qui, outre leur deslination ordinaire, fervent encore dans la passementerie et la bonoeterie; la trame double (nankin) du bourg de TArgental ( Àrdèche), qui est une soie d'un blanc supérieur» employée à la fabrication des blondes.
lAsoie ovale ou avalée réunit plusieurs boots de soie grége (2 à 12 et quelquefois 16) qui sont faiblement tordus au moyen d'une
rtite raacbine nommée ovale. Cette soie sert foire des lacets, des broderies, à coudre des gants et dans la bonneterie.
La méplate est une grége commune assemblée par 30 à 35 brins et employée pour broder la tapisserie. La grenadine est une grëge ouvrée à 3 bouts et tres-serrée, généralement employée à faire les effilés ou a la fabrication aes grosses dentelles des environs do Puy, et du tulle bobin. La plus fine sert à faire Ie$ blondes noires. La grenade ou rondelettine est montée à 2 bouts très-tordus; elle s'emploie dansla j)assementerie et la fabrication des boutons ; il en est de même de la demi-grenade ou rondelette pour la fabrication de laquelle on emploie communément les doupions.
La soie ond^ dont en se sert pour nouveautés est] montée à 2 bouts dont l'un est gros et l'autre fin. Le gros bout reçoit un premier apprêt à droite ou à gaucbe à volonté; le bout fin est avec ou sans apprêt, en observant, lorsqu'il y a de l'apprêt, que ce soit en sens inverse de celui du gros bout. Ces 2 bouts sont ensuite doublés pour recevoir le 2* apprêt toujours en sens inverse de celui du gros bout. (Test aussi par des procédés particuliers gu'on apprête en crêpe la soie grége ou cuite ou teinte en couleur, on avec brin cuit et brin cru, pour la fabrication de Tétoiïe de ce nom; et en marabouts pour la fabrication des rubans de gaze.
Les soies grèges et ouvrées sont soumises dans le commerce à un mode particulier de ràd^f, qui n'est pas toujours le même pour les diverses espèces et pour celles des diverses provenances. Généralement ces soies sont réunies en matteaux composés de 4, 5, 6, 7 ou ^flottes^ éiÂets ou écheveaux^ tordus et plies de façon qu'ils ne se dérangent pas. On assemble quelquefois un certain nombre de ces malteaux pour former des masses^ et c*est avec ces masses ou ces matteaux qu*on compose des balles qu'on recouvre de toile et dont le poids est très-variable. Par exemple, les soies grèges fines de France sont piiées en matleaux de 490 à 595 millimètres, pesant 90 I 100 grammes, réunis en masses de 1 à 10 et emballés en toile fine écrue recouverte de toile commune, les balles pesant de 60 à 75 kilog. L'organsin du pays est plié en matteaux tortillés attacbésà un des bouts par un fildesoie,pesantde60à70gram., et en balles de 75 kilog. environ, etc.
V Bourre ou filoselle, fantaisie^ blancktment et teinture des soies.
Les diverses parties des cocons qui n'ont pu être dévidés, les décbets qu'on fait au dévidage, soit par les bouts baisés ou les mariages, les bourres qui nuisent à l'égalité des tûies, etc., ne sont pas rejetés, et dans celte
PRÉPARATIONS DE LA. SOIE
industrie tout trouve un emploi utile et a van» tageux.
Toute l'enveloppe grossière qui entoure le cocon et qui est connue sous le nom dejiloselle, bourre de soie, fleuret^ bave^ etc., les cocons tacbés ou gâtés par une cause quelconque , et qui forment ordinairement une matière dure, sèche, tenace et cassante, sont jetés dans l'eau où on les laisse macérer |K>ur dissoudre la plus {;rande partie de la matière gommeuse dont ils sont imprégnés. On les soumet ensuite à la presse pour en faire sortir le plus d'eau gommée possible, on remet dans de nouvelle eau, et c'est en répétant ces opérations qu'on parvient à dégommer complètement. Alors on exprime l'eatf à la presse, on f^it sécher, on bat fortement, on enduit légèrement d'huile et on carde. C'est en travaillant ainsi cette bourre à plusieurs reprises qu'on la met en état d'être filée, tissée ou tricotée.
On file la bourre, soit au rouet et à la quenouille, soit au fuseau comme le chanvre et le lin, soit par machine, comme la laine et le coton. Dans cet état celle qui est cardée et filée à 1, 2 ou 8 tirages, ou montée à 2 bouts pour chaîne ou trame par des machines, prend le nom de Jantaisie fine e^ sert à la Donneterie, àla fabrication des châles de Lyon dits de bourre de soie, et à celle d'un assez grand nombre de belles étoffes. Celle qui est filée à la main s^SippeWeJantaisie commune et sert, à Nîmes, à la passementerie, à la fabrication des bas, à la tapisserie, etc. On connaît aussi,sous le nom àe fleuret monté^des déchets de soie écrue, cardes et montés très-retors dans les environs de Lyon, oii ils forment ce qu'on appelle des galettes oui servent à la passementerie et à former la cnalne dessalons d'or et d'argent. Ze^ déchets de cardes, nattus et cardés de nouveau, sont transformés en ouate de soie. On mélange quelquefois la bourre ou la soie avec la laine ou le duvet de cachemire, et on les file ensemble. Ce dernier article, qiron travaille surtout à Lyon, porte le nom de Tfiibet,
Les peoiur, ou dernière enveloppe du ver dans le cocon et qui reste dans les bassines sans avoir pu être dévidée, sont traitées de même que la bourre et employées au même usage. On ouvre aussi Quelquefois ces peaux et on les découpe avec des instrumens appro-
1>riés pour la fabrication des fleurs artincieles. Les côtes ei/risons, sorte de soie grossière de plusieurs pieds de longueur que Ta fileuse tire à la main de dessus les cocons jetés dans la bassine avant de trouver la bonne soie, sont, de même que la bourre, cuits, blanchis, cardés et filés, et transformés en fantaisie.
La soie ouvrée destinée à faire des tissus raides est simplement blanchie, au moyen de racide sulfureux, dans des soufroirs adaptés à cet objet. Quant à celle qu'on emploie pour la fabrication des tissus moelleux et ooux, elle est soumise à une opération particulière pour lui enlever le vernis naturel qui la recouvre et lui donne encore de la raideur. Celte opération , qui se nomme décreusage, consiste principalement en trois pré-
Sa rations : 1" le dégommage ou ébullition ans de l'eau pure contenant 10p. 0/0 de savon blanc; 2"* la cuite on immersion de la soie en*
ARTS AGRICOLES : ÉDUCATION DES ABEILLES
fermée dans des sacs dans un second bain d'eau, mais qui ne contient qu'une moindre
3uantité de savon; 3"* VazuragCy oui consiste à onner à la soie un léger reflet agréable au moyen du rocou ou de Tindico.
Lorsque la soie décreusée doit être blanchie y soit parce qu'on la destine à confectionner des tissus qui doivent être blancs, soit parce qu'on veut la teindre en couleurs claires,
Lit. IV.
brillantes et aussi pures que possible, on l'expose, dans un soufroir« à l'action de l'adde sulfureux humide. Enfin, les soies aiusi préparées sont mises en œuvre par le fabricant d'étoffes, ou envoyées au teinturier pour recevoir les couleurs dont les nuances peuvent varier à l'infini.
F. Debt.