‹ Maison rustique du XIXe siècleChapitre 83 sur 239 · HISTOIRE NATURELLE DES ABEILLES · texte numérisé non relu

HISTOIRE NATURELLE DES ABEILLES

CCS personnes s'approchent près d'un essaim, une on deux abeilles volent aussitôt près de leur visa^, et par un mouvement vif de gauche à droite et de droite à gauche, accompagné d*nn son très-aigu, semblent les menacer. Il faut alors se retirer pour éviter leur aiguillon. Enfin, si elles manquent de vivres, elles se décident à attaquer un autre essaim bien approvisionné.

îfs abeilles sont très-laborieuses et trèS' actives. Douées d'un odorat très-fin, on les voit sortir, dès la pointe du jour, de leur habitation, pour se rendre directement, d'un vol rapide, vers les fleurs sur lesquelles elles comptent trouver du nectar qu'elles avalent, et du pollen ou de la propolis qu'elles placent dans la palette de leurs pattes de derrière. Pendant qu'elles s'approvisionnent, d'aulres s'occupent des travaux de l'intérieur. Elles ne souffrent pas de bouche inutile.

Leurs yeux sont disposés de manière à voir pendant la nuit comme pendant le jour. Aussi travaillent-elles à ces deux époques à la confection de leurs rayons.

Elles sont susceptibles d'attachement et reconnaissent ceux qui les soignent. Leur amour pour leur reine ou mère est tel qu'elles se sacrifient au besoin pour la sauver du moindre danger.

Quant à leur ùistincty leurs travaux démontrent qu'il est très-développé, comme les faits suivans le prouveront. Leur cri ou chant très-varié leur donne les moyens de s'entendre.

Leur gouvernement est maternel. C'est une mère de famille constamment dans l'habitation, qui surveille les travaux de ses enfans, qui s'occupe une partie de la journée de reproduire son espèce et qui ne demande en échange que le simple nécessaire. Ses sujets sont tous égaux. Ils s'occupent indifféremment, à l'exception des mâles, de tous les ouvrages utiles à la société, et ils jouissent en commun des provisions qu'ils ont déposées dans leurs magasins.

Ç lY.— Travaux des abeilles*

Dèscfii'un essaim a choisi pour son habitation, soit un trou d'arbre, soit un creux de rocher; sonpremier soin est de le nettoyer et d'en boucher tous les trous et crevasses, à l'exception d'une ouverture qui servira pour entrer et sortir. Pendant ce travail une partie des ouvrières s'attache, avec les crochets dont leurs pattes sont munies, au sommet du local, et d'autres s'accrochant aux 1'*% elles forment comme un ovale ou une grappe de raisin.— Bientôt le groupe se subdivise pour commencer le travail des rayons, gui représentent des rideaux séparés de iaçon a laisser un intervalle de quatre lignes entre eux. Ces dispositions faites, elles emploient les matériaux qu'elles ont apportés, et bientôt un grand nombre d'ou- '«rières se rendent dans les forêts ou les champSf jusqu'à une lieue de distance, pour butiner sur les fleurs, pour se procurer de l'eau et même d'autres substances qu'elles recherchent sur les fumiers, dans les urines et au bord des mares. Lorsqu'elles sont suffisamment chargées et remplies^ elles ren-

trent dans l'habitation et se suspendent à un des groupes. Elles y restent immobiles pendant que le nectar dont elles se sont gorgées se change en miel dans leur premier estomac on en cire dans le second, suivant les besoins de la famille ; alors elles dégorgent leur miel, soit pour le distribuer aux ouvrières, soit, plus tard, pour le déposer dans les magasins. Elles en font autant d'une partie de la cire qu'elles rendent sous la forme de bouillie et qui est employée sur-le-champ pour lier entre elles le surplus de la cire qu'elles ont confectionnée et qui sort de leur abdomen entre les écailles, sous la forme de

f)etites plaques. Ainsi elles produisent à voonté du miel ou de la cire avec le nectar comme avec la miellée, le sucre et toutes les matières sucrées.

Quant à lai propolis^ substance nécessaire pour attacher les constructions an haut et sur les côtés de l'habitation, des ouvrières la détachent des pattes de celles qui l'apportent, parce qu'elle y tient fortement. Elles en garnissent les parties supérieures où elles vpulent commencer et suspendre leurs constructions, car elles construisent de haut en bas.

Ce travail achevé en partie, elles s'occupent de /aire un V rayon. Lorsqu'il a 3 ou 4 pouces de longueur, elles en commencent un 2* et bientôt im 3* qu'elles placent h droite et h gauche du premier, et ainsi de suite jusqu'à ce que toute l'habitation en soit remplie.

Les rayons^ qu'on nomme aussi f*âteau.r^ dont on voit le plan dans la /f^.lSG, la coupe fig. 157 et la vue perspective/g'. 158, sont pla- FiR. 166. Fig. 157.

Fig. 168.

ces parallèlement et à 4 lignes de distance; ils sont faits avec de la cire et sont coniposésde cellules hexagones, alongées, nommées alvéoles^ de 6 2/3 lignes de profondeur sur 2 2/5 li^es de diamètre. Les alvéoles sont construits horizontalement et un peu penchés du côté du fond. Placés des deux côtés du rayon, ils sont disposés de manière que leur fond couvre le tiers du fond de trois alvéoles placés de l'autre côté, ce qui donne plus de solidité.

^ Les parois des alvéoles n'ont que 1/8* de ligne, mais les bords de leur ouverture sont

ARTS AGRICOLES : EDUCATION DES ABEILLES

fortifiés par un petit cordon de cire. Les rayons ont ainsi 11 1/3 lignes d'épaisseur. Ils sont destinas : 1** à élever des ouvrières auxquelles ils servent de berceau , 2*" à y placer du miel et du pollen. Mais s*ii existe dans l'habitation des parties qui ne sont pas propres à la première destination, les ouvrières font des alvéoles qui varient ae longueur suivant remplacement et qui peuvent avoir jusqu'à un uouce de profonaeur. Elles terminent quelques rayons des côtés par des alvéoles de même forme que les l*'',mais de 6 1/2 lignes de profondeur sur 3 1/2 lignes de diamètre, ce qui réduit un peu la distance entre lesra^^ons qui est généralement de4lignes.Ces alvéoles sont destinées à l'éducation des mâles et servent ensuite de magasin.

Les ouvrières laissent au milieu des rayons du centre, pour le passage d'un rayon à Vautre, une ouverture d'environ 1 1/2 pouce à 2 pouces dans laquelle elles construisent des alvéoles qui ont en dedans un pouce de longueur sur 3 1/2 lignes de laree; ces alvéoles sont ovales-oblong^ , très-polis dans l'intérieur, et leurs parois ont plus d'une ligne d'épaisseur; ils sont isolés, verticaux, ont l'ouverture en bas et suspendus de manière à figurer la cupule du gland avec son pédoncule , lorsqu'ils ne sont faits qu'à la moi»tié de leur longueur, ce qui a toujours lieu jusqu'à la ponte dans ces alvéoles. Ils servent de berceau pour les reines ou mères qui peuvent y développer facilement tous leurs organes.

Les ouvrières concourent en commim à tous ces travaux et s'entr'aident. On en voit en outre qui se mêlent dans leurs rangs uniquement pour leur donner de la nourriture en dégorgeant le miel de leur estomac sur leur trompe.

Indépendamment de ces alvéoles, les ouvrières font quelques travaux accidentels. Si des ennemis plus forts et plus gros les attaquent de temps à autre, elles bouchent l'ouverture de l'habitation et n'y laissent que quelques trous suffisans pour leur entrée et leur sortie. Un gros insecte ou nn petit quadrupède vient-il à s'introduire dans l'habitation, elles Tattaquent, le tuent, et ne pouvant le traîner dehors, elles l'enveloppent d'une couche de cire suffisante pour arrêter la putréfaction, ou au moins pour empêcher les miasmes putrides de corrompre l'air de la ruche. Elles s'entendent pour tous ces travaux et se reconnaissent si bien malgré leur ^rand nombre, cin'une ouvrière étrangère qui entrerait dans 1 habitation serait attaquée et tuée sur-lechamp, si elle ne pouvait s'échapper.

Pour se procurer les matériaux et les appro^ visionnemens nécessaires, des ouvrières sortent, au printemps, depuis l'aurore jusqu'au crépuscule; mais pendant les chaleurs fortes de Tété, elles restent sédentaires de midi à deux ou trois heures.

$ y.— Ponte, incubation, larves, nymphes.

Si la mère abeille est fécondée, elle commence tout de suite sa ponte. Si elle ne l'est pas, elle s'élance dans les airs de lia 3 heures, pour rencontrer un mâle. Elle rentre une demi-heure après avec les organes du mâle

iiv.nr.

gui se sont détachés de son corps par l'effort que la femelle a fait pour 8^en séparer après la fécondation, opération qui suffit au moins pour un an. Elle commence sa ponte 2 jours après. Cest alors qu'elle devient souveraine de l'habitation. Vierge, les ouvrières ne paraissaient y faire aucune attention ; féconde, elles lui donnent une garde qui l'accompagne partout, et de temps en temps une ouvrière vient lui fournir sa nourriture, qu'elle a l'art de varier, soit pour rendre cette reine plus féconde, soit pour diminuer sa ponte, soit pour la faire cesser. Cette ponte continue en France jusqu'à l'automne, et elle se prolonge même plus tard si, la saison étant belle, les abeilles trouvent du nectar et du pollen. Mais si elles ne pouvaient re^ cueillir que de la miellée, elles arrêteraient la ponte, après avoir consommé leurs provisions de pollen , cette substance leur étant indispensable pour la nourriture de leurs petits. La mère fait sa ponte en se promenant sur les rayons, en enfonçant son abdomen pour y déposer un œuf dans les alvéoles, après les avoir examinés pour s'assurer qu'ils sont propres. L'incubation ne dure que 8 jours, à raison de la chaleur du centre de rhaSltation

3ui est de 27 à 29» R. (34 à 36» cent.). Il sort e ces œufs un petit ver {fig. 159) sans pieds, blanc, mou et ridé, et roulé sur lui-' même : on le nomme larve. Des Fig. 159. ouvrières s'empressent de lui apporter une nourriture consistant en une bouillie composée de miel et de pollen dont elles varient les ' proportions suivant l'âge de cette larve.

La larve prend tout son accroissement en 5 à 6 jours. Alors les ouvrières bouchent l'alvéole avec une couche mince et un peu bombée de cire. La larvé renfermée garnit son alvéole d'une toile fine à laquelle elle travaille 86 heures. Trois jours après, elle est métamorphosée en nymphe très-blanche, et 7 1/2 jours ensuite, ou 20 jours après la ponte, en insecte parfait ou abedle ouvrière, époque à laquelle elle sort de l'alvéole après en avoir crevé le couvercle. — Des ouvrières la brossent sur-le-champ, lui donnent de la nourriture et nettoient l'alvéole dont elles ne détachent pas la toile. Il en résulte que ces toiles s'accumulant par des pontes successives dans les alvéoles du centre, ceux-ci diminuent ainsi d'étendue au point d'être réduites de 1/4 et même de 1/8, et que les dernières ouvrières

moins de taille et de grandeur. — Vingt-quatre à 36 heures après la sortie de l'alvéole, la jeune ouvrière peut se livrer aux mêmes tra* vaux que ses compagnes et aller dans la campagne.

Lorsque la saison continue à être favorable pour la cueillette du nectar et du pollen, le ventre de la mère s'alonge beaucoup et elle commence une ponte d'œufs de mêles. Les ouvrières traitent les larves des mâles avec les mêmes soins que celles des ouvrières. Cependant ces larves mettent 5 jours de plus pour devenir insectes parfaits. La ponte des

CTSAP. S*.

CULTURE DES ABEILLES

mâles est pins ou moins considérable suWaot la force des essaims.

Cette ponte est à peine terminée que la mère en commence une d'ouvrières. Alors aussi , en s*approchant des alvéoles destinés aux mèresy elle y pond un œuf chaque iour on tous les 2 ou 3 jours. Cet œuf ne diffère en rien de ceux qu'elle dépose dqns les alvéoles d'ouvrières, car l'expérience a démontré qu'on pouvait tirer un œuf d'un alvéole d'ouvrière pour le mettre dans un alvéole royal , et qu'on obtenait une jeune mère, et G n'en faisant l'opération inverse, on avait des ouvrières.

L'expérience a également prouvé que si la mère abeille d'une habitation vient à périr, les ouvrières la remplacent en choisissant un ou deux œufs ou larves de moins de 3 jours, et en démolissant autour 3 ou 8 alvéoles pour en construire un grand. Nous présentons ici {fig, 160 A) le dessin très-curieux d'un rayon que Fig. 160.

nous possédons, dans lequel les abeilles ont Iranstormédes cellules d'abcillesouvrières en alvéoles de mères. Ainsi, d'une part la grandeur de l'alvéole, de l'autre une plus erande 3aantité d'une nourriture différente de celle onnée aux larves d'ouvrières, produisent cette métamorphose. La <lifférence de nourriture a tant d'effet dans ce chana^ment, que si les ouvrières en ayant trop, en donnent à des larves dans de petits alvéoles, il en sort de petites mères, mais qui ne pondent oue des mâles et qui sont détruites par la mère principale lorsqu'elle les rencontre.

Les ouvrières ont le plus erand soin des larves des mères ^ qu'elles veillent jour et onit avec facilité parce que leurs alvéoles sont isolés- C'est a la fin du 16« jour, depuis la ponte, que la jeune mère parvient a l'étal d'insecte parfait

% Yl.^Kssairaage, hivemage.

Cest \ cette époque que la famille prend la résotutîon d'envoyer une partie de sa population j^mieriiii nouvel etaolissemeni. Plusieurs raisons la déterraiment à cette séparation. Le nombre des ouvrières a considérablement augmenté: il y a déjà une partie des mâles parvenus a Té tat d'insectes parfaits, et des nymphes de mères sont sur le point d'achever leor métamorphose, si elles ne l'ont déjà fait; trois causes indispensables sans lesquelles les abeilles, ne pouvant compléter une nouvelle famille, nommé essaim^ M pourraient ftmner une colonie ou essai"

mer. Nous entrerons plus tard, relativement à ressaimage,dans les détails nécessaires pour le bien connaître et le diriger.

Les abeilles continuent cependtini de ramasser ce qu'elles trouvent dans les campagnes. A défaut de nectar, elles recueillent la miellée qni couvre les feuilles de plusieurs espèces d'arbres, et elles tirent parti des fruits sucrés, soit tombés et un peu crevés par leur chute, soit percés par de petits animaux, par des oiseaux et par des insectes, car elles ne lesattaquentjamais lorsqu'ils sont entiers. £lles mettent aussi de Tordre dans leurs

f provisions. Dès qu'elles n'ont plus de polen , elles arrêtent la ponte de leur mère par le changement de nourriture.

Les travaux ne cessent que lorsqu'une température pluvieuse et froide vient les interrompre. Alors elles ne sortent de leur habitation que lorsqu'un beau soleil réchauffe de temps à autre l'atmosphère. Elles y passent tranquillement l'hiver en usant sobrement de leurs provisions. Si le froid augmente beaucoup, elles s'engourdissent et restent dans cet état sans manger jusqu'à ce que la chaleur vienne les vivifier et leur rendre leur activité.

On a vu que les mâles ou faux-bourdons ne vivaient que quelques mois; les ouvrières n'ont pas beaucoup plus d'un an d'existence , parce que, pendant leurs travaux, elles sont la proie de plusieurs espèces d'oiseaux et d'insectes qui en détruisent un erand nombre, et que des orages subits et de très-forts coups de vent en fout périr un grand nombre. Les mères au contraire peuvent vivre plusieurs années, parce qu'elles ne courent de dangers que lorsqu'elles sortent pour se faire féconder.

Tels sont \e& faits principaux de l'histoire naturelle des abeilles, ceux dont la connaissance est essentielle aux cultivateurs pour établir leur culture sur des principes certains qui puissent les dédommager de leurs avances et payer avantageusement leurs travaux.

Secti0!« II. — Culture des abeilles.

Il }r a 3 considérations importantes )>our réussir dans Une bonne culture d'abeilles. La 1" est relative aux avantages et aux inconvéniens des lieux où l'on veut placer un certain nombre d'essaims. La 2* consiste dans la fbrme et dans la matière des paniers on bottes nommées ruches oui servent de logement aux abeilles, et dans la manière de les garantir autant que possible des orages, du vent et de l'humidité. La 3* est le mo€le de culture pour en tirer le plus grand profit possible.

Art. i". — Gantons plus ou moins favorables»

Tous les terrains ne fournissent pas aux abeilles la même quantité de nectar, de pollen et de miellée. Cela dépend des plantes qui y croissent spontanément ou que l'homme y cultive. Or le nombre des essaims doit être proportionné aux moyens de nourriture et d'approvisioanement des abeilles.

Dans les cantons couverts de praiHes aa-

turelles et arUficiell«s, de bois formes d'essences diverses poiirrépoq[ue de la floraison, et dont les fleurs très-muUipUëes produisent beaucoup de nectar et de pollen, enfin de jardins fruitiers et de jardins d'agrément, on peut réunir jusqu'à cent essaims dans un rucber, et si ces cantons sont rapprochés de collines ou montagnes couvertes de plantes odoriférantes, en les considère comme les meilleurs pour la quantité et la qualité du miel. — Si le terrain ne réunit qu'une partie de ces avantages, le nombre des essaims doit être réduit. — On ne peut en établir qu'un petit nombre dans les lieux où fort cultive en f^rand des céréales et des vignobles et dans lesquels les prairies et les arbres sont rares. Les cultivateurs ont des moyens sûrs d'atnéliorer ces derniers terrains en y plantant lin certain nombre d'arbres, tels que les chênes, mélèzes, robiniers, sophoras, féviers, et quelques pins ousapins; enajoutant à leurs céréales la culture de prairies artificielles^ comme trèfle, luzerne, sainfoin ou chicorée, et en semant quelques pièces de terre de plantes oléagineuses , ou en garnissant les environs du rucher de sarriète vivace , lavande, m«irjolaine, romarin, réséda et thym. La culture du sarrasin est très-utile dans les terres dénuées d'arbres, et conséquemment de miellée , parce que sa floraison est tardive et que cette plante a toujours des fleurs jusqu'au moment de la récolte.

Art. u. — Des ruches et des ruchers.

Les ruches sont des paniers faits avec de la paille de seigle, avec de l'osier ou des branches d'autres essences de bois bien sou-

Cles, ou ce sont des boites de bois légers dits ois blancs, de bois résineux (les meilLeursde tous), et enfin de liège. On les fabiique, dans certains cantons, avec des parties de tronc d'arbres creusés. Leurs formes et leurs dimensions varient suivant la qualité des terrains. Dans les meilleurs pour la culture des abeilles, on leur donne 2 pieds cubes. Elles ne doivent contenir qu'un pied et demi dans les cantons médiocres, et seulement un pied dans les mauvais.

5 !•*.— Des ruches simples.

On nomme ruches simples celles d'une seule pièce, sans division dans l'intérieur. .Les cultivateurs les faisant eux-mêmes eu paille, en vannerie ou en bois, il est inutile de les décrire; on doit seulement remarquer: V que plus les rouleaux de paille qu'on dispose en spirale sont serrés et réunis avec Técorce de la ronce commune, moins on laisse de vide entre les brins d'osier ou d'autres bois, et plus les ruches sont solides et durent longtemps; 2** que lorsqu'on ne recouvre pas avec des surtouts de paille les ruches fabri-

3 nées avec des planches, il est utile que le essus soit en pente sur le derrière, qu'il déborde pour écarter l'eau de pluie, et qu'il ait une couche de peinture grossière ; ce aerniei précepte est applicable à toutes les ruches en bois. On fait aussi dans le milieu de la couverture un trou d'un pouce de diamètre pour y placer un petit vase que les abeil-

LDUGATION DES ABEILLES. uv.iv*

les remplissent de miel. On bouche ce trou avec un morceau d'ardoise, de bois ou de fer-blanc quand on enlève le vase.

Rucheen vannerie (y^. 161) de bois debourdaine, d'osier, etc. : A manche, B entrée des abeilles. Rucheen paille {fig. 162): A poignée Fig. 161. Fig. 162

qu'on remplace par un manche lorsqu'on met à manger aux abeilles sur le plateau ; B ouverture dans laquelle on place le petit ^ase de fer -blanc Fig. 163.

dont le fond est garni de trous et le dessus couvert d'un bouchon en bois.

Ruche en bois (fe. 163): A entrée des abeilles s'il n'y en a pas une sur le plateau.

S II.— Ruches composées.

On fabrique les ruches composées de paille ou de bois. Les V" sont ordinairement de 2 pièces; la pièce supérieure A {^g* 164] a la forme d'une demi-sphè- Fig. 164.

re plus ou moins aplatie, et est de la contenance du quart au 5* delà ruche. On la nomme capote ou couvercle; elle a dans son extrémité supérieure un trou de 2 pouces de diamètre dans lequel on place le petit vase de ferblanc dont le fond est percé de petits trous:

ce vase sert pour donner de la nourriture aux abeilles. Souvent ce trou est rempli par un morceau de bois t^ rondi de 8 pouces, dont on se sert pour manier le couvercle, lequel dans sa partie inférieure a le diamètre du corps de la ruche qui doit être le même jpour toutes les ruches d'an établissement. Ce corps de rudie B est on cylindre couvert d'une planche mince G qu'on y attache avec du fil de fer recuit. Cette planchti a dans son pourtour des ouvertures DDde' 8 ou 4 lignes sur 3 pouces de long pour le passage des abeilles. On place dans le milieu da corps de la ruche deux tringles pour soutenir les rayons ou gâteaux. Si le plateau E sur lequel an pose la ruche n'a pas de passip

pour y pénétrer, on Tait une coupe F de 2 1/2 pouces de long sur S lignes de haut au bas de 12 ruche. Cette ruche est nommée ruche villal^coise^ ou ruche à la Lombard si le corps de la ruche est divisé en 3 parties.

Les ruches en bois se divisent de plusieurs manières :

l*Sur la hauteur, Cest la ruche à hausse de Paltbau avec des modifications faites par

BlâIVGI, BOISJUGAN, CuiNGHIBlV, DUGARN£ DE

Massac, Bbville et M. Martin. Ce sont tA^. 165] 3 ou 4 tiroirs ou hausses superposées, BB,

CULTURE DES ABEILLES

le fond en dessus, garnis d'ouvertures sur les côtés pour le passage des abeilles et recouverts par une planchette de même diamètre, maintenue par des barres AA fixées elles-mêmes en ce On maintient ces hausses avec des crochets ou des chevilles II, du fil de fer ou même avec de la ficelle ou de Tosier. On place res attaches au même pointa toutes les nausses pour pouvoir les changer de place ou les mettre dune ruche à une autre; toutes les hausses doivent être de même dimension pour toutes les ruches d'un rucher. M. Ra- , a fait de ces ruches en paille (fig. 166) ; Fig. 166. elles sont rondes com-

me les ruches villageoises, et les rouleaux sont doublés aux points de jonction.

On peut faire à chaque hausse, par-derrière, une ouverture D d'un pouce de haut sur 2 ou 3 de large.

On la ferme avec du verre qu'on recouvre d'une planchette mobille ou volet F.IVLMar- TiN a enlevé les côtés des hausses, et les a remplacés par 4 fortes chevilles d'une longueur proportionnée à la hauteur qu'il veut donner à chaque hausse. Ainsi, ces hausses sont entièrement ouvertes de 4 côtés; il recouvre le tout avec une toile forte et peinte, placée sur 4 cadres réunis plus larges que les côtés des hausses ; la couverture est en toiture à 4 pans terminés eu pointe. Au moyen d'une ncelle placée à la partie supérieure ou pointe et d'une poulie placée plus haut, on peut soulever cette couverture et voir les abeilles et leurs travaux. Les abeilles peuvent aussi prolonger leurs rayons en denors des hausses.

2* Sur la profondeur ou longueur , c'est la ruche fie Sbrain. On la compose (/^. 167) de

AGRICULTURB.

Fîg. 167.

2 ou 3 boites sans fond mises les unes derrière les autres, avec des trous à chaque boite pour la communication.

3*" Sur la largeur y c'est la ruche de GsLito, modifiée par Huber, Bosc. puis par moimême. C'est une boite (Jig. 168) coupée en 2

irties égales

Fig. 168.

sur largeur ; chaque pa ri i r ^ aune cloison avec iJts; ouvertures de comïuunication. Bosc en i tranché les cloisons; HuBER, au lieu <le 2 parties, en a fait aulâ 11 I

qu'il a désiré de rajous de cire. Ainsi , chaque s^puent représente un cadre dont le bois a 16 lignes 1/4 de large; c'est une mesure qu'il faut établir pour les ruches coupées sur la largeur; il faut autant de fois 15 lignes sur la largeur, plus 4 lignes, qu'on y veut de rayons; on ajoute 4 lignes, parce qu'il a 9 ou 11 passages sur 8 ou 10 rayons. J'ai modifié cette ruche (^. 169), V en sup«

Fig.

primant le fond; 2^ en rétrécissant sa partie supérieure d'un tiers sur la profondeur, et en augmentant sa base d'un tiers, ce qui double la profondeur du bas de la ruche ; 3** en donnant à la couverture assez de pente pour

récoulemenl des eau\ de pUïie au dt:hors et de celles produites par la condensation des vapeursdansrintérieur.IlsutfitàcetefTetd'élever le derrière plus queledevantde la ruche. Ou maintient l'ecartement du devant et du derrière des 2 parties de la ruche au moyeu d'une tringle de 6 ligues qui traverse le» planches, el qu'on y assujétit avec un petit coin. On met la tringle à 4 ou 6 pouces de nauleur.avecraltention de la placersous un rayon, non sous un sentier, pour qu'elle ne bouche pas le passage des abeilles. On cloue une autre tringle à angle droit sur cette tringle pour soutenir les rayons. On peut faire un trou à chaque partie de la couverture pour y placer un vase de verre. On nomme cette ruche la ruche perfectionnée y pour la distinguer de celle de Bosc dont je lui avais donné primitivement le nom. On en réunit les parties comme on l'a dit poar les ruches à hausse. Les ruches du même rucher doivent avoir les mêmes dimensions.

La fig. 170 représente la ruche à expérien» ces y divisée en 8 segmens sur la largeur; elle est fermée sur les côtés par un châssis vitré, recouvert d'un volet si la ruche est dans un ru*

TOMS IIL — ai

ARTS AGRICOLES : ÉDUCATION DES ABEOXES

Fîg. 170,

cher couvert; si elle est en plein air, il ne faut pas de volet , mais on recouvre la ruche d'une boîte aux côtes de laquelle on place des planchettes à coulisse pour inspecter la ruche sans déranger la hoUc.

11 faut tîciaa les ruches divisées sur la largeur, diriger le premier travail des abeilles Ï)our n'être pas exposé à briser des rayons orsqu'on écarte les deux parties de la ruche. A cet effet, on suspend a chaque partie de lacouverture,à2 ligues des points de jonction, on morceau de rayon d'un pouce de hauteur sur 4 à 5 de longueur; on 1 y maintient avec du fil de laiton recuit. On a l'attention, en plaçant ces morceaux, de les mettre dans leur

Sosition naturelle, de manière que le bord es alvéoles soit plus élevé que le fond. Les abeilles prolongent perpendiculairement ces morceaux de rayon. Cette précaution n'est nécessaire que pour les ruches entières qui n'ont pas servi, car il suffit qu'un côté d'une ruche soit plein ou même ait servi pour que la propolis employée à attacher des rayons dirige le placement des nouveaux rayons à construire.

Si on désire nne ruche pour les expériences, on peut prendre la ruche perfectionnée, la diviser en autant de segmens c^u'on veut de rayons, maintenir la partie inférieure de chaque segment avec une tringle , et remplacer les planches des côtés par des châssis vitrés recouverts d'un volet si la ruche est dans un rucher; si elle est en plein air, il ne faut pas de volets, mais on recouvre la ruche d'une boite, comme nous l'avons dit ci-des* sus.

Toutes les ruches doivent être pesées et numérotées avant de s'en servir.

On place ces ruches sans fbnd sur des plateaux composés de planches, de plâtre coulé, d'ardoise épaisse, ou de pierre. La surface doit en être unie. Ces plateaux, de l'épaisseur d'un à 3 pouces, ont 2 pouces de large et 5 de long de plus que les ruches. On y creuse sur le devant, au milieu , un passage en pente douce de 2 1/2 pouces de large sur un pouce de profondeur au bord du plateau^ profondeur qui se réduit à zéro dans l'intérieur de la ruche et qui a au moins 7 à 8 lignes au point d'entrée et de sortie des abeilles, c'est-à-dire à 2 pouces du bord. Ces plateaux, qui sont soutenus par 4 pieux de bois d'autant plus longs que le terrain est plus humide, ont ordinairement 8 1/2 pieds. On enfonce la partie inférieure de ces supports^ qui est terminée en pointe, d'environ 1/2 pied en terre ; ceux de devant le sont de 10 à 12 lignes plus que les antres, afin de donner un peu de pente au plateau pour l'écoulement des eaux. Il faut que le plateau déborde les supports d'un pouce au moins. On fera bien de consolider ces plateaux au moyen de quatre chevilles qui les traverseront et qui entreront dans les sup«

pd^ts. On peut remplacer ceux-ci par une

fHcrre, un tronc d'arore, ou un cône ou cyindre de terre cuite rempli de terre.

Les ruches son t couvertes, au moins danslei pays pluvieux, par un surtout ou chemise^ o^ dinairement de paille de seigle dont on coupe les épis, qu'on lie fortement dans la partie supérieure , et qu'on ouvre pour le placer sur la ruche en donnant plus d épaisseur du côté d'où viennent les pluies. On peut le maiotenir au moyen d'un cerceau sur lequel ou le fixe. Dans les pays chauds, on doit augmenter l'épaisseur de la couverture des ruches si on ne se sert pas de surtouts, parce que le bois s'échau fiant, pourrait, s'il était mince, amollir beaucoup la propolis et détacher les rayons lorsqu ils sont remplis de miel ou de couvain.

$ III. — Des rochers.

l*' Ruchers en plein air.

Un rucher en plein air est un terrain sur lequel on place les ruches à nne petite distance de l'nabitation, ducôtéopposéàlaconr des volailles lesquelles mangent les abeilles qui viennent y boire ou se poser sur le fumier. Si l^terrain est grand, on peut mettre beaucoup de distance entre les ruches, et garnir les intervalles d'arbrisseaux et de plantes qui produisent beaucoup de nectar. Si l'espace est petit, on plante en avant des roches, et on met celles-ci {fig, 171 et 172} sur 3

Fig. 171 et 172.

rangs, à 5 à6 pieds de distance en Ire les raoa et 3 pieds entre les ruches, à l'exposition du levant ou du midi, en lés abritant par un mur Q du côté du nord ou de l'ouest. On ne laisse pousser aucune plante sous les ruches ni à 2 pieds, et si le sol est humide, on enlève dans cette partie 6 pouces de terre qu on remplace par du gros fable. Quand on a un courant d^eau, on établit un bassin supérieur O, soutenu par un talus en ^on A et un bassin inféneur N, qui reçoit les eaux du baasin supérieur par 2 ou 3 filets très-minces

CKAP. S«. CULTURE DBS ABEILLES. 16S

II, couraol sur le lerraio ei où les abeilles . petite croisée et une porte à une de leurs exne peuvent se noyer. A défaut de courant | trémités, mais seulement une croisée à Tau

d'eau dans le rucher ou aux enTiroos^ on enfonce un ou deux baquets rex-terre. On y jette 6 pouces de terre pour y planter du cresson d*eau, et on les remplit d'eau. Enfin, on détruit autant que possible tous les insectes et les petits oiseaux dans le rucher, lequel doit être clos de murs, d'un treillis ou au moins d'une forte palissade. Si la température du canton était très-humide, il faudrait placer les ruches sur des arbres, et à diéùiut dans des greniers.

T* Ruchers abrités ei couverts.

Dans les lieux où les forts coups de vent, les orages, les pluies prolongées et la grêle sont fréquens, on établit son rucher sous des appentis lon^s et ouverts, ou seulement fermes du côté d'où Tiennent ces météores; c'est ce qu'on nomme ruchers ahrités{Jig. 178);

Fig. 178.

ou bien dans des bàtimens clos de toutes parts, appelés ruchers couverts \Jig. 174). Fig. 174.

Leur longueur on leur dimension estrelatire an nombre des ruches dont on foit 1 rangs l'un sur Tautre. Ces ruchers fermés ont une

tre. On fait sur le devant un petit passage pour les abeilles de chaque ruche, et on y met une planchette qui déborde de 8à4 po. Il y a 2 i pi. entre chaque ruche et la même distance entre le rang du bas et le rang supérieur. L'épaisseur aes ruches en bois peut être réduite d'un tiers parce qu'elles sont à couvert. Tous les ruchers doivent être à une certaine distance des lieux où l'on fait beaucoup de bruit, des chemins très-fréquentés, des marécages et des établissemens oui produisent des exhalaisons nuisibles, et même des raffineries, où les abeilles périssent j>ar milliers dans les chaudières. On détruit autant au'on le peut les nids de guêpes et surtout e frelons des environs des ruchers, et s*il y a de fausses teignes, on met dans 2 ruches vides des morceaux de vieux rayons pour les attirer, les faire pondre et les y détruire.

AmT. m. — Uode de culture des aheiUes,

% V. ^Acfaat et transport des abeilks.

On achète les abeilles : 1* à Vessaimage si on adopte une ruche différente de celle du canton, et on évite ainsi les fausses teignes ou gaUéries {Galieria cereana. Fab.) , s'il y en a dans le rucher où on achète. Les r** essaims, qui peuvent peser jusqu'à 6 livres au plus et ordinairement 4 à 5, valent le double des se* couds essaims, plus légers et venant plus tard; le grand nombre des ouvrières, et 8 a 15 jours d'intervalle entre la sortie des essaims secondaires produisent une différence considérable pour l'approvisionnement de l'hiver en miel.

3« Ju printemps et non à l'automne, pour éviter les pertes qui peuvent avoir lieu jusqu'au retour de la belle saison. A cette époque on connaît la valeur de l'essaim par le poids de la ruche qui donne celui du miel et de la cire après en avoir déduit celui de la ruche et des abeilles. On ne peut se tromper que dans l'achat des vieilles ruches qui contiennent quelquefois du pollen ou rouget dans beaucoup d'alvéoles.

Les acquéreurs voisins du lieu d'achat les font transporter le soir même de l'essaimage. Après la rentrée des abeilles, on soulève doucement et sans bruit la ruche pour la poser sur une toile claire ou un canevas qu'on relève tout autour et qu'on y serre avec de la ficelle. Un seul homme peut en porter 2 ou 4 sur Tépaule, attachées à un bâton. Mais si on a fait un achat considérable, qu'on enlève le tout à la fois, et qu'on soit à quelques lieues, on garnit bien de paille une

place, et une demi-heure après on tire la serpillière; et si ce sont des essaims nouveaux, on la remplace par une assiette contenant une demi-livre de miel couvert d'une toile très-claire ou d'un ;papier épais auquel on fait des coupures étroites et alongées, on même de brins de paille croisés. Le transport n'a lieu que la nuit

ARTS AGRICOLES : EDUCATION DES ABEILLES

S 11. — Soina généraux à donner aux abcfllcs.

Visiter souvent les abeilles pour qu*elles connaissent les apiculteurs, le faire sans bruit, parler bas, point de mouvemens brusques; se baisser si une abeille annonce par un bourdonnement particulier et par son Yol devant Tapiculteur Tintention de l'attaquer, et ne se relever que lorsqu'elle s'est retirée ; ne soulever ni ouvrir les ruches que lorsque les soins l'exigent, et toujours doucement; détruire dans ces visites les araignées, les limaces, ainsi que les fausses teignes qu'on trouve entre le surtout et la ruche ; brûler les guêpiers et les fourmilières avec le feu ou Veau bouillante; enfin, faire la chasse à la famille des rats et aux oiseaux.

S Ifi. - Yétement des apicultears.

Les abeilles sont en général assez douces et n'attaquent que ce qu'elles considèrent comme nuisible.

On s'oppose aux piqûres des abeilles en se couvrant : 1** d'un pantalon à pied ou d'une

Î>aire de guêtres pour recouvrir le soulier et e bas du pantalon ; 2*" d'un eilet qui ferme bien ; 3* de gants épais, assez longes pour être liés sur la manche; 4"* d*un camail de coutil ou de toile cirée qui enveloppe la tête et le cou. et qu'on serre dans le bas pour que les abeilles ne puissent pas piquer ces parties. On fait devant la figure, pour pouvoir respirer, une ouverture suffisante pour y mettre un masque bombé, composé avec de la toile fine de laiton, dont les mailles permettent de voir et empêchent les abeilles de passer. A défaut de camail, les dames peuvent employer la gaze blanche, en Técartant un peu de fa figure. Ainsi vêtu, on opère tranquillement et sans crainte dêtre piqué par les abeilles ou de les tuer.

Comme on ne prend pas ces précautions dans les visites de simple inspection, on doit avoir sur soi un flacon d'alcali volatil. Dès qu'on est piqué, on s'empresse d'arracher 1 aiguillon ae la plaie et d'y verser une goutte de ce liquide. Les autres alcalis peuvent au besoin le remplacer, même la chaux vive, et à défaut un peu d'huile ou de miel. On presse et on suce la plaie, si on le peut, avai4 de rien mettre dessus.

$ IV. — Soins à donner aux abeilles à l'entrée de la mauvaise saison.

Dès qu^il n'y a plus de fleurs, de feuilles et de fruits pour fournir de la nourriture aux abeilles , on doit peser toutes les ruches. On défalque de leur pdids, celui de la ruche, plus 5 livres pour les abeilles et 2 livres pour la cire. Le surplus doit être du miel dont il faut 12 à 15 livres par essaim ybr^ ou yâi^/e, fait étonnant, mais constaté par l'expérience. Ce poids est une moyenne proportionnelle, car plus l'hiver est doux , plus les abeilles consomment de miel.

On ne prend pas de miel aux essaims qui n'ont que 20 à 25 livres, parce que les abolies aussi bien approvisionnées seront plus actives au printemps , qu'elles seront moins exposées à manquer de vivres pour elles ut

UV. IV.

leurs vers, s'il survient, dans cette Sii8oo,un vent très-sec qui enlève le nectar à mesare que les fleurs en produisent, ou un temps pluvieux qui délaie cette substance; qu'elles fourniront plus t6t des essaims et produiront une récolte plus abondante de miel. En effet, plus les abeilles sont dans l'abondance à Ventrée du printemps, plus le renouvellement d'une ponte considérable a lieu; plus les abeilles multiplient, plus elles recueillent de miel et peuvent en déposer dans les magasins, puisque s'il faut la récolte journalière de lOa 15,000 ouvrières pour la consommation de l'essaim, c'est-à-dire pour la nourriture des vers et des abeilles, et qu'il ^ ait 30,000 ouvrières dans une ruche, la moitié de leur récolte peut être économisée, pendant qu^un essaim qui n'a que 10 à 15,000 ouvrières ne peut pas faire une réserve en miel s'il a un fort couvain à nourrir, et est exposé à la disette s'il survient un mauvais temps.

Si les ruches contiennentmoins de 12 livres de miel au moment de la visita , et que le temps ne soit pas froid, on leur donne le soir, comme ou l'a dit plus haut, des sirops faits avec des fruits sucrés et préparés d'avance, ou du miel commun jusqu à la concurrence d'une livre qu'elles ramassent pendant la nuit. On continue jusqu'à leur com* plet approvisionnement. Si la température est froide la nuit, on donne le sirop ou le miel un peu tiède, le matin, après y avoir mêlé un peu de vin ou du cidre, et pendant

Su'on le chaurfe on saupoudre le plateau avec u sel de cuisine ; mais en donnant la nourriture le matin, il faut pousser la ruche en arrière pour réduire la hauteur de l'entrée et empêcher que les ouvrières des ruches voisines ne viennent s'emparer d'une partie da miel.

Si on avait trop retardé cette opération, etque le froid et l^humiditéeusseot augmenté, on donne alors aux abeilles des rayons rem" plis de miel dont on enlève les couvercles avec une lame mince. On les pose à plat sur le plateau qu'on a préalablement saupoudre de sel.

Si on se servait de la ruche perfectionnée, ou autres divisées sur la largeur, et qu'on eàt des essaims fortement approvisionnes et d'autres qui ne le fussent pas assez, on cherche à égaliser leurs vivres. On donne à l'essaim mal approvisionné la moitié de la ruche qui a beaucoup de miel , et on remplace cette moitié pair celle de l'autre ruche. Mais pour réussir on prend les précautions suivantes : Après s'être vêtu pour se garantir des piqûres , on enlève le surtout de la forte ruche , et on défait les crochets qui réunis* .sent ses 2 parties. On frappe 2 ou 3 coups contre le côte de la ruche qu'on veut laisser en place pour y attirer la reine. Des abeilles veulent-elles sortir, on les en empêche au moven de vieille toile ou serpillière roulée au bout d*un petit bâton, et dont on meta l'entrée de la ruche, l'extrémité à laquelleon a mis le feu, mais sans flamme. C'est ce qu'on nomme fumeron, La fumée qu'on souffla dans l'entrée s'oppose à la sortie des abeilles et les détermine à environner la reine. Elles y font un bourdonnement qu'on nomme hntissement. Alors on soulève la moitié de II

GSàP. S*.

CULTURE DES ABEILLES

niche qu'on ireat emporter. On passe dessous lefumeronau'on secoue ponrproduireplus de fumée afin d'en chasser les abeilles cjai y restent. Eoauile on enlève celte moitié pour la remj>lacer par une moitié vide dont on s'est muni. On la rapproche d*abord par le derrière en poussant sur les joints de la fumée pour écarter les abeilles et ne pas en écraser. On apporte la moitié pleine auprès de la ruche faible à laquelle on Tadapte par le même procédé. Ensuite on revient à la ruche forte à laquelle on retire promptement la moitié TidTe pour la remplacer par celle de i3 rache faible. On fournit facilement du miel aux ruches villageoises et aux ruches à hausses en échai&zeant leur couvercle ou hausse supérieure, s*ils sont vides, contre un couvercle on ane hausse qui contient du miel et qu'on a conservé à cet effet.

Bientôt le froid augmente d'intensité et annonce la gelée, la neige et le givre. Alors il est utile £; tourner l'entrée des ruches au nord-est pour empêcher les abeilles de sortir, ou de les transporter dans un lieu obscur et sec qui ait une ouverture du côté des vents secs. C'est le temps de surveiller les souris, les rats, les pic-verts, les mésanges, surtout lorsque les ruches sont de paille ou d'osier, parce que les abeilles engourdies sont sans défense.

La méthode employée ci-dessus pour travailler sans danger une ruche et qu'on nomme état €ie bruissement, est toujours celle qu'il faut suivre quand on veut se rendre maître des abeilles.

S V.— opérations au commencement du printemps.

Dès que la saison se radoucit, que les saules, marsaults, coudriers fleurissent, et que les abeilles ranimées commencent leurs mouvemens, on visite de nouveau les ruches pour nettoyer les plateaux et y répandre un peu de sel, couper 2 ou S pouces du bas des rayons, pour peu qu'il y ait de la moisissure, enfumer les ruches pour en renouveler Pair, et en6o couper 1 ou 2 rayons des côtés s'ils sont vides , et qu'on y soupçonne des œufs ou larves défausse teigne. Ensuite on remet chaque ruche dans sa position ordinaire après s*étre assuré de son approvisionnement.

Aux premiers beaux jours^ on place devant les rucnes des assiettes remplies d'un sirop tiède qui contient un peu de liqueur fermentée, comme du vin, etc., pour les préserver, conjointement avec le sel, de la diarrhée qui peut les attaquer dans cette saison, surtout si le temps ou la température du canton est humide. Cest principalement dans ces cantons que la fausse teigne multiplie le plus et que r abeille est moins active. On place en conséquence 2 ruches vides sur le plateau desquelles on met des débris de vieux rayons de cire pour attirer et détruire ces parasites. C'est aussi le meilleur moment pour faire la chasse aux guêpes et frelons avec des filets dits échiquiers.

La saison est-elle favorable aux abeilles , on les visite 1 ou 2 /o/x fMir semaine pour s'assurer à la simple vue s'il v a de Tactivité dans les travaux. Seulement, dans les cantons où les fausses teignes sont communes, on

soulève les surtouts pour tuer celles qui s'y cachent pendant le jour ; et si on aperçoit des ruches dont les abeilles font peu de mouvemens, on les lève un peu par-derrière pour vérifier s'il n'y a pas des crottes de fausses telles sur le plateau, ou de leurs fils entrecroisés entre les rayons. Dans ce cas, après avoir mis les abeilles en état de bruissement, on enlève les rayons des côtés ou partie de ces rayons qui sont attaqués par ces insectes ; on nettoie le plateau et on remet la ruche en place. Si les dégâts étaient considérables, il vaudrait mieux transvaser les abeilles et leur donner le soir du miel pour commencer des rayons dans leur nouvelle ruche. On nettoie tout de suite rancienne,et on y passe le feu, et après avoir extrait le miel, on fait tout de suite fondre les rayons pour détruire les œufs et les vers des fausses teignes, ainsi que les rayons mis dans des ruches vides pour attirer cette vermine, ruches qu'on visite en même temps que les autres. S'il y avait du couvain on le rendrait aux abeilles, soit en le suspendant, soit en posant les ravons verticalement sur deux petites fourches de bois fendues dans le haut ou de fil de fer dont l'extrémité inférieure est enfoncée dans un morceau de planche de4 à 5 pouces de long sur 21/2 pouces de large pour y poser au besoin 2 morceaux de rayons. Le tout préparé est placé sur le plateau dans la direction des rayons.

Mais s'il survient dans cette saison des pluies qui durent plus de 8 jours, qui empêchent les abeilles de sortir, ou des vents secs qui enlèvent le nectar à mesure de sa production, et forcent les ouvrières, qui ne trouvent que du pollen à consommer le miel en provision, il faut redoubler de vigilance, s'assurer s'il reste du miel dans les ruches, ou si les ouvrières en manquent, ne pas leur épar^er le sirop ou le miel, car la consommation en est considérable à cette époque pour le couvain. Si on négligeait de le faire , on serait exposé à perdre une partie de ses essaims, les uns parce que la famine les détruirait, les autres parce que le couvain qui aurait péri entrerait en

tiutréfaction et occasionerait non seulement a mort des ouvrières de la ruche, mais pourrait encore entraîner la destruction du rucher en y développant une maladie épidémique. Il ne sortirait pas des ruches des essaims précoces qui sont la richesse de Fapiculteur, et on trouverait dans beaucoup d'alvéoles des ruches conservées du pollen découvert qui durcit, dont les abeilles ne peuvent faire usage, et qui par son poids trompe sur la quantité de miel contenu dans les ruches. I^ sirop et le miel qu'on leur donne jusqu'au retour de la saison favorable ne sont qu'une avance que les abeilles rendront plus tard avec un grand bénéfice. Dès que le temps change, on enlève les ruches mortes, on tire des ruches conservées le couvain qui a péri, et on en extrait, s'il est possible, la cire. Dans le cas contraire, on enterre le tout pour empêcher les ouvrières d'en approcher.

Les amateurs des ruches villageoises dont les corps ont 8 ans, profitent du moment de la grande abondance du nectar pour les renouveler. A cet effet ils tirent le couvercle et le remplacent par une nlanchetle ; ils soolè*

ARTS AGRICOLES : EDUCATION DES ABEILLES

tent le corps de la ruche pour placer dessous un autre corps; ils garnissent les points de contact des 2 corps avec du pourget (mélaoee de chaux, de bouse de vache, d'argile et drun peu d'eau), et s'il y a une entrée au corps supérieur, ils la bouchent. Us peuvent également faire cette opération sur quelques ruches avant le commencement de la ponte, lorsqu'ils désirent augmenter la récolte et diminuer la production des essaims.- Dans ce dernier cas ils laissent le couvercle.

$ VI.— -Essaimage.

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