DU COUDRIER OU NOISETIER
flexibilité. On doit alors le cultiver comme une oseraie, le placer à l'ombre et dans un endroit frais.
Si au contraire on cultive le noïsetier pour son fruit, il faut lui donner un terrain frais à la vérité, mais ne pas lui donner trop d'ombrage. On a remarqué que dans les années et les localités où la pluie et la rosée ne peuvent s’évaporer promptement, les noisettes pourrissent facilement. — Pour faire la récolte ; il ne faut pas cueillir les fruits, mais secouer les branches, el ramasser ceux qui tombent ; ceux qui restent ne sont pas assez mûrs. — L’aveline se conserve dans du sable, du son ou de la sciure de bois. Ces substances empêchent l'accès de l’air qui ferait rancir l'huile qu’elle contient en assez grande abondance. Cette huile est d'excellente qualité pour les apprèts culinaires; on la conseille dans les toux opiniâtres ; les Chinois en mettent dans leur thé, et regardent ce mélange comme une boisson recherchée. — Pour conserver l’aveline avec toute la saveur qu’elle a lorsqu'elle est fraiche, on l'introduit dans des bouteilles de grès ou de verre, dont on scelle le bouchon avec un enduit imperméable, et on les descend dans up puits.
Les coudriers fleurissent en février ou en mars;les abeilles butinent sur les chatons mâles; on fera bien d’en planter quelques pieds dans les alentours du rucher.
On multiplie ces arbrisseaux par semis, par marcottes, par boutures et par greffes :
Le premier moyen donne des arbres qui dégénèrent, et fait attendre longtemps les produits; le second est le plus facile et le plus expéditif ; le 3° ne donne que des individus chétifs, et le dernier ne doit être employé que pour propager des espèces rares.
ANTOINE, prof. d'agriculture à Roville.
SECTION v.— Des plantations de bordure, des vergers agrestes et herbages plantés en général.
Dans l'Economie rurale, la destination principale des arbres dont nous venons de faire connaître la culture spéciale dans les articles précédens, c’est de former des plantations en bordureou des vergers agrestes.
Les Plantations en bordure faites le long des chemins, et sur la lisière des horles ou des cours d’eau qui séparent souvent les héritages, surtout à l'exposition du sud, c'est-àdire sur le côté nord de la pièce de terre, n'offrent, sans contredit, que des avantages sans aucun inconvénient. Car on obtient ainsi, avec très-peu de dépenses, des produits souvent considérables, sans que les arbres qui les fournissent gênent la culture, diminuent l’élendue du sol cultivable, ou que leur ombre porte préjudice aux plantes qui l’occuperont annuellement. On ne devrait donc jamais négliger de planter dans ces siluations.
Mais la richesse des kerbages plantés de la Normandie, des vergers agrestes des environs des villes, de ceux de la Belgique et de l’Angleterre, prouve bien qu’il est avantageux, en prenant les précautions qui ont été signalées, de ne pas s’en tenir aux plantations en bordure, et que très-souvent on enrichit considérablement son domaine en le couvrant d'arbres
fruitiers. — Il est essentiel de disposer alors ces plantations eu quinconce, d'espacer beaucoup les arbres, comme de 30 à 36 pieds (10 à 12 mèt.) en tout sens, de les choisir élevés etélancés et de les maintenir dans cetle direction, de ne faire ces plantations que dans un bon sol. Quelques agronomes, qui proscriventgénéralement les plantations en plein, préfèrent celles ex ceinture sur deux rangs.— Dans la plantation d'un verger, on doit placer au nord et à l’ouest les espèces et les variétés qui s'élèvent le plus, afin qu’elles protégent les autres arbres. Si le verger offre diverses pentes, on doit aussi mettre au nord les variétés à fruits précoces, qui arriveront encore à malurilé à temps,ouavec les autres arbres mieux situés, mais plus tardifs.
L'établissement des vergers agresles et des plantations d’arbres à fruits doit être considéré comme l’une des plus importantes améliorations d’un domaine et l’une de celles dont il convient de s'occuper le plus tôt. On ne peut guère compter sur le fermier, qui n’occupe la terre que temporairement, pour ce genre d'amélioration, à moins qu'il ne reçoive du propriétaire des encouragemens extraordinaires.
Nous ne devons pas omettre de citer ici une forét fruitière, fait qui mériterait peutêtre de trouver des imitateurs. M. GUYON DE Sainr-Vicror possédait dans l’arrondissement de Toul (Meurthe) un bois, dit le Boës- Monsieur, dans lequel il existait un nombre très-considérable d’essences fruitières, principalement Pommiers, Poiriers, Koetschiers et Noyers; il concut le projet, tout en conservant le taillis en naiure de bois, de convertir la futaie en verger, et. quoique les 600 mille pieds d’arbres qui s’y irouvaient excédassent de beaucoup le nombre qui devait couvrir le terrain, il ne les greffa pas moins dans le dessein de les vendre comme plants de pépinières. Il a fait connaître (47nales de la Société d’horticulture de Paris, mai 1830) que plusieurs agriculteurs ont préféré ces plants comme plus robustes que ceux sortant des pépinières; quant aux arbres destinés à porter fruit, il annonce que leur venue était alors en général aussi belle et aussi forte que dans les vergersordinaires; que cette position abritée semble plus favorable à la fructification; que les arbres y souffrent moins des sécheresses el des chaleurs, et que si les pommes, les poires,au moment de la cueillette, sont moins succulentes, elles acauièrent bientôt un plus haut degré de qualité, sont plus saines, plus de garde, plus fermes, et, par conséquent,supportent mieux le transport et se conservent plus longtemps.
A part les considérations de sol et d’exposition qui doivent être consultées d'abord pour le choix des arbres destinés à composer les vergers agrestes ei les plantations de bordure, leur produit principal est ce qui doit ensuite diriger, et on doit, à cet effet, tenir compte de la situation, des usages, des ressources et des débouchés du pays.
Sous le rapport de leurs produits, les plantations de bordure peuvent se partager en trois classes : 1° celles productives de bois qui offrentsouvent de grands avantages dans les pays où le bois n’est pas commun, sur les
CULT. INDUSTRIELLES : DES PLANTATIONS DE BORDURE, ETC