PLANTES ALIMENTAIRES
châtres, laiteuses, fusiformes et simples, originaire du pays d'Alger, et rapportée en France par DEsFowraines. Cette plante croit dans les terrains incultes, arides et brülés par le soleil; elle mériterait d’être cultivée dans nos départemens méridionaux, ses racines pouvant être mangées comme celles de la scorsonère, et son réceplacle comme celui de l’artichaut. Elie exigerait moins de soins,puisque lesterres sableuseslui suffisent, et qu'elle n'a pas besoin d’arrosemens. Peutêtre, sous le climat de Paris, pourrait-on la voir réussir en lui appliquant la culture et les moyens de conservation adoptés pour les artichauts. Les Mauresobtiennent encore de celle plante un suc gommeux, inodore, d’un jaune pâle, qui découle de la fleur, et avec lequel ils font une sorte de glu. PÉPIx.
La Belle-de-nuit où Nyctage (Nyctago mirabilis, Mirabilis jalapa) est une plante trèscultivée dans les jardins pour ses fleurs; elle s’y reproduit spontanément de semence chaque année ; ses racines vivaces, lorsqu'on les protége contre les fortes gelées ou lorsqu'on les rentre comme celles des dabhlias, atteignent souvent des dimensions très-considérables : il eu existe un pied à Soissons, dont la racine a 3 pieds de circonférence, et communément, dès la 1° année, ces racines ont le volume d’une carotte ordinaire. Déjà l’on a proposé d’en extraire la substance purgative connue dans le commerce sous le nom de Jalap ; il serait peut-être possible aussi de l'utiliser comme racine alimentaire, à cause de son volume. Quoi qu'il en soit, les graines de celte plante, qui sont fort nombreuses et fort grosses, contiennent une grande quanlité de fécule que M. PAYEN, qui les a analysées à notre sollicitation, a trouvée d'une blancheur parfaite, très-pure, et à grains tout-à-fait libres, d'une ténuité beaucoup plus grande que ceux de la fécule du panais que M. Bio avait déclarée plus fine que toutes les autres. La séparation mécanique de la partie féculente, des enveloppes et de l’endosperme, ne parait pas présenter de difficulté; seulement cet embryon, très-volumineux et composé de deux substances azotées en grande proportion, dont l'une est soluble el l’autre insoluble, renferme aussi un principe âcre probablement vénéneux qu’il serait nécessaire d’élimiver par deslavages à grande eau. On peut fonder de grandes espérances surla culture decette plante, etil est a désirer qu’on en fasse des essais en grand.
Du salep indigène.—Dans beaucoup de contrées de la France on rencontreabondamment dans les bois et les prés différens Orcais dont les buibes pourraient être utilisés à procurer un produit analogue au salep d'Orient, dont l'importation en France est, chaque année, assez considérable. Dès 1791, M.nE Mar- CILLAC et récemment M. A. CHEVALLIER Ont constatéqu'un homme peut, dans sa Journée, arracher de 15 à 18 livres de tubercules d’orchis frais, quien donnent de 5 à 7 livres secs, qu'on peut convertir en une fécule très-nourrissante et très-adoucissante, et qui, lorsqne la préparation a été bien faite, ne diffère en rien du salep du commerce. D’après M. pe DomBaAsLe, on doit récolter les orchis à l'époque où la plante commence à défleurir, et où