CULT. INDUSTRIELLES : DES VEGETAUX NON ENCORE CULTIVES
la bulbe de l’année précédente est presque entièrement flétrie. On doit procéder à la préparation aussitôt après l'arrachage:; elle consiste à séparer avec soin les bulbes des petites racines et du germe, à les jeter à mesure dans de l’eau fraiche, les laver, les enfiler pour en former des chapelets, puis les jeter dans de l’eau bouillante et les y laisser bouillir pendant 20 à 30 minutes, afin de faire disparaître uneodeur vireuse très-forte ; il ne reste plus ensuite qu’à retirer les chapelets de l’eau et les mettre sécher au soleil ou mieux à l’étuve, :
Partiqu’onpeut tirer du colchique d'automne.
—Le Colchique d'automne (Colchicum autumnale), vülgairement appelé tue-loup, safran bitard, ail de pré, est cette planté si abondamment répandue dans nos prairies, cont les grandes feuilles infestent l'herbe à l’époque de la fenaison, et dont la fleur tardive, d’un beau rose tendre, émaille les prés lors de la chute des feuilles. Dans certaines contrées, pour purger le foin des tiges et des feuilles de cette plante qui altère sa qualité et diminue sa valeur, on la fait arracher, vers le temps de la coupe des foins; moyen dispendieux, qui fait souvent gâler une assez grande portion de bonne herbe, et peu efficace, puisqu'il ne détruit pas les bulbes ou racines qui servent à la reproduction de ce végétal. — M. SERvA a lrouvé ces considérations d’un intérêt économique assez puissant pour l’engager à rechercher si la quantité de fécule contenue dans la bulbe du colchique serait suffisante pour indemniser le cultivateur des frais d'extraction à la bêche, unique moyen de destruction certain et possible sans retourner la terre et changer le genre de culture. - Le mois d'octobre, pendant lequel le colchique, seul en possession d'orner les champs, déploie sa Jolie corolle, doit être choisi pour entreprendre les travaux d’extirpation; on peut alors, sans inconvénient, parcourir lesprés ; les fleurs indiquent d’une manière certaine la place qu’occupent les bulbes : enfin les coupures faites au gazon par le fer de la bèche ont le temps de se cicatriser jusqu’au printemps.— Voici les résultats de l’essaitenté: un ouvrier, muni d’une bêche, a attaqué indistinctement chaque toutfe de colchique; il entamait le terrain à 3 ou 4 pouces de la fleur où du groupe, et enfonçait la bêche de 8 à 10 pouces; 2 ou 3 conps de bêche suffisaient pour soulever la motte et les racines ordinairement enterrées de 5 à 6 pouces. La motte était renversée, et l’ouvrier passail à un autre pied de colchique. Il élait suivi d’une femme munie d’un panier, qui détachait les bulbes des mottes, et replaçait celles-ci dans leurs trous, en ayant soin de les fouler avec les pieds. On a calculé qu’un ouvrier et une femme extrairaient, par journée, 74 kilos de bulbes représentant 11,025 kil. d’amidon, qui, à 12 sous le blanc et 4 sous le gris, donneraient un produit de 12 fr. 26 cent. Si l’on porte à 8 fr. 40 cent. les frais de journées des ouvriers, et à 1 fr. 80 cent. ceux de conversion en fécuie, ce qui fait 5 fr. 20 cent., on voit que le bénéfice serait de 7 fr. 6 cent. — Il nous reste à faire observer que le colchique, contenant une quantité notable de gluten et un