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principe alcalin vénéneux (la vératrine), la fécule ne peut être obtenue immédiatement comme celle de la pomme de terre : il faut avoir recours aux procédés de l’amidonnier qui sont décrits dans la div. des Arts agricotes (Tome IIT). C. BaILLY DE MERLIEUX.
SECTION 1x1. — Plantes utiles dans divers arts.
L'Hypophæ rhamnoïides, arbuste trèscommüan en Suisse, dans le Dauphiné et autres contrées de la France, peut d’abord être utilisé pour contenir les eaux des ruisseauxet torrens, à cause de la propriété tracante de ses racines ; ensuite les fruits fournissent une substance colorante jaune-orangé, qui parait solide et qui pourra être employée avec avantage dans la teinture.
Le Houx commun (Ilex aquifolium, L..), arbuste toujours ver!, à feuilles piquantes, si commun dans les grands bois, se recommande par l'emploi qu’on peut faire de son écorce pour le tannage, par l'utilité de son bois que sa dureté fait parliculièrement rechercher pour certains usages spéciaux, enfin par l’excellence des haies qu’il compose. Mais l’emploi que nous devons indiquer ici, c’est à fournir la glu employée pour la chasse aux petits oiseaux; c’est avec la 2° écorce du houx qu’on la fabrique. Pour cela, on la fait à demi pourrir dans un vase enterré dans du fumier; on la pile et on la lave à grande eau. Du reste, cetie préparation est décrite dans le livre des Arts agricoles. — On a proposé les baies du houx comme succédanées du café. — En 1831, M. Rousseau découvrit que ses feuilles jouissaient de propriétés fébrifuges; M. DELESCHAMP»S parvint à en extraire le principe amer, fébrifuge, qu’il nomma :%cine; il fut constaté par M. MAGENDIE que les feuilles de houx macérées ou en infusion dans l’eau ou dans le vin, sont un bon fébrifuge; que si elles n’ont pas l’activité de la quinine ou de la salicine, leur effet, pour èlre moins prompt, n’en est pas moins certain ; qu’elles peuvent enfin être d’un utile secours dans nos campagnes, où la feuille du houx est commune et sans valeur.
Le Pistachier térébinthe (Pistacia terebinthus, L.) ne se trouve que dans quelques contrées méridionales de la France ; il est originaire de l'ile de Chio. C’est cet arbuste qui produit la vraie térébenthine. — Deux autres espèces de Pistachier, le P. lentisque (Pistacia lentiscus, 1.) et le P. atlantique (P. atlantica, Desf.), qui croissent dans les mêmes régions, fournissent par incision un suc résineux nommé Mastic dans le commerce, et qu’on emploie comme mastic dans les Etats barbaresques.
Le Fréne à manne (Fraxinus rotundifolia, Lam.), Fréne de la Calabre, Fréne d'Alep, est encore un arbre des parties les plus méridionales de la France; car, s’il résiste aux hivers du climat de Paris, il n’y donne point le produit qui nous engage à le mentionner ici, la manne, drogue si employée en méde-cine, et dont on distingue dans le commerce
lusieurs sortes. C’est principalement dans la Calabre et en Sicile qu’on recueille cette substance ; elle coule d'elle-même pendant les chaleurs de l’été, du milieu de juin à la fin de juillet, des branches et du tronc de ce
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frêne ; elle commence à couler vers midi, et continue jusqu’au soir sous forme d’une liqueur très-clare; mais elle s’épaissit peu-àpeu, et se forme en grumeaux qui durcissent et deviennent blancs. On ne les ramasse que le lendemain matin, en les détachant aÿec des couteaux de bois. Vers la fin de juillet, lorsque la liqueur cesse de couler naturellement, on fait des incisions dans l’écorce du frêne, et on en obtient une manne moins bonne, mais bien plus abondante. Enfin ii se forme encore sur les pétioles et les nervures des feuilles, des petites gouttes d’une liqueur que la chaleur transforme en petits grains blancs de la grosseur des grains du millet:
cette sorte est rare à cause de la difficulté de la ramasser.—Le Fréne à fleur (Fraxinus oraus) fournit aussi de la manne, et s’il en produisait dans nos climats, il présenterait l’avantage d’être plus vigoureux, plus robuste, et de mieux supporter les rigueurs de nos hivers.
L’'Astragalus bæticus est une plante légumineuse, qui atteint une grande taille, et dont les tiges se chargent d’une quantité considérable de cosses renfermant une dizaine de pois.Indigène de la Sicile et de l'Espagne, cette planteesi cultivéeavec succès en Suède, et est recommandée comme succédanée du café. L’ensemencement a lieu en avril, dans un sol bien préparé, et après avoir humecté les semences jusqu’à germination, en lignes espacées de 2 pieds et à la profondeur d’environ 1 pouce. Il faut arroser, si le temps est sec, une ou deux fois, jusqu’à ce que les pousses commencent à paraitre, ce qui a lieu, d'ordinaire, après une huitaine de jours. On donne ensuite des sarclages, quand le plant a 6 ou 8 pouces. C’est en juillet ou au commencement d'août quecommence la récolte, et elle continue jusqu’en octobre : deux fois la semaine, on enlève les cosses mûres, et on les met sécher à l'air. On conserve. les plus belles entières jusqu'aux prochaines semailles: celles dont on destine les pois à la vente sonL écossées pendant l'hiveroutout desuite, opération qu’on facilite en les faisant tremper penudaut quelque temps dans l’eau chaude.
Un arpent de terre produit jusqu’à 1600 livres de graines. La mesure ordinaire pour l’emploi des grains de l’astragale est de les mélanger dans la proportion de 2/3 avec 1/3 de calé en fèves; on fait brüler, et l’on moud ensuite le tout ensemble.
On a proposé également comme succedanées du café les graines du Gratteron ordinaire (V'aillantia aparine), plante grimpante de la famille des Rubiacées, très-commune dans les haies. C. B.de M.
M. Dueuc, de Rouen, cherchant des végétaux moins narcotiques et moins irritans que le tabac, a obtenu des résultats satisfaisans des larges feuilles des betteraves et de la poirée,et surtout de celles du PAytolacca decandra; cette plante,moins épuisante que le tabac, croit facilement dans des sols très-variés.
Stipa pennata, L. Plante de la famille des graminées, à feuilles roulées, paraissant touta-fait cylindriques, longues de 1 à 2 pieds au plus ; tiges de même hauteur; fleurs en panicules, peu nombreuses, ayant l’arête d’un pied à 15 pouces de long et garnie de soies