‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 117 sur 467 · PLANTES UTILES DANS DIVERS ARTS · texte numérisé non relu

PLANTES UTILES DANS DIVERS ARTS

longues, d’un blanc jaunâtre et nombreuses.

Il fleurit en mai et juin. On pourrait en faire de très-jolies aigrettes, qui prennent fort bien la teinture et qui donneraient certainement lieu à une industrie très-lucrative si cetle plante, très-rare dans la forêt de Fontainebleau, où elle est indigène, était multipliée. On fait aussi avec la base des arêtes, qui sont roulées en spirale, un appareil à ressort qui, par l'influence atmosphérique, fait mouvoir une aiguille et sert d’hygromètre. Cette plante croit dans les terrains sablonneux et montueux. Dans les jardins, il lui faut une terre sablonno-siliceuse, et quelques arrosemens pendant les chaleurs de l'été. Ses graines seront semées peu de temps après leur maturité, et la multiplication par éclat de sa touffe se fera en août ou septembre au plus tard, de manière à obtenir pendant l’automne quelques jeunes racines (ou chevelus) qui l’'empécheront de fondre ou de se décomposer pendant l'hiver.

L’Arundo donazx, ou Roseau à quenouilles, originaire du midi de la France, donne, même sous le climat de Paris, des tiges de 8 à 12 pieds, mais il n’y fleurit pas. Dans le Midi on en forme des haies vives qui atieignent de 18 à 20 pieds; on coupe ces tiges en novembre ou décembre, et on les lie par bottes serrées après avoir enlevé les feuilles. Ces Liges servent à faire des palissages ou treillages fort élégans et qui sont d’une longue durée : il en existe un au Jardin-des- Plantes qui date de 1825, et qui esl encore fort solide. On peut aussi en faire des soutiens d’espaliers et de contre-espaliers. Au centre de la France, les racines seules supportant les froids, il faut couper les tiges rez terre à l'approche des gelées ; on ne peut donc en former que des haies estivales vives. Sur le bord des fossés, l’Ærundo donax retient les terres par ses nombreuses racines; son port gracieux, et les massifs épais qu’il forme, le recommandent pour la décoration des lieux voisins des eaux. On le multiplie par l’éclat des pieds et par la bouture des tiges qu’on coupe à cet effet pendant la végétation, à l'insertion des nœuds, et en leur donnant une longueur de 2 ou 3 pieds.

Maclura auraritiaca, dit aussi Méärier des Osages, arbre originaire de l'Amérique septentrionale, très-propre à former des haies offensives par ses branches armées d’aiguillons très-acérés; ses feuilles peuvent en outre servir à la nourriture des vers-à-soie, dans le cas de gelées printanières auxquelles il est moins sensible que le mürier, ainsi que j'a fait connaitre tout récemment M. Bo- NAFOUS; On peut le planter dans tous les terrains.

Gatilier découpé ( Vitex incisa, Lam.), arbuste originaire de la Chine, qui ne dépasse pas 4 ou 6 pieds, très-élegant, et qui mérite surtout d'être cultivé par les personnes qui s'occupent de l'éducation des abeilles; ses fleurs, qui se montrent de bonne heure, offrent à ces utiles insectes une pâture trèsrecherchee. La culture de cel arbuste est très facile ; on le multiplie de graines qu'il donne chaque annee, de boutures ou de marcottes ; lorsqu'il a acquis assez de force. il ne craint pas nos hivers, et ce ne sont que

160 CULT. INDUSTRIELLES : DES VEGETAUX NON ENCORE CULTIVÉES. Liv. si.

les jeunes pieds qui ont besoin, pendant les fortes gelées, d'être garantis par quelques pouces de feuilles.

Prunier d'Agen où robe de serpent (Prunus dactylifera); excellence des fruits de cet arbre lui donne une grande importance dans le midi; mais il parait qu’on pourrait étendre sa culture partout où prospère la vigne; c'est un des arbres fruitiers qui nuissent le moins aux récoltes, à cause de son feuillage léger et deses racines peu nombreuses ; sa cullure est facile, puisque c’est un arbre de plein vent; il n’est pas exigeant sur le sol ni l'exposition ; on doit le multiplier au moyen de rejetons francs de pied.

Pommier de Sibérie (Malus siberica) et P. à feuilles de prunier (M. prunifolia où baccata), s’élevant à 15 ou 20 pieds, à fruits très-nombreux,ayant, lorsqu'ilssont mûrs, l'apparence de cerises. Ces arbres ne sont pas délicats sur le choix du terrain, niexigeans pour les soins de culture; on les muitiplie de graines qui reproduisent exactement leur espèce, ou mieux par la greffe en fente ou en écusson.

Les fruits sont employés en Angleterre par les bonues ménagères à faire des conserves, des compotes ou une gelée d’un goût trèsfin et qui plaisent généralement; on peut aussi les confire à l’eau-de-vie comme les cerises. M. DEsLONGcHAMPS en a fait du cidre si mousseux qu’il a cassé toutes les bouteilles.

Pépin, chef de l'Ecole de botanique au Jardin-des-Plantes de Paris.

SECTION 1v. — Des cressonnières artificielles.

Dans l'hiver de 1809 à 1810, M. Cannon, aujourd'hui maire de Saint-Léonard. près Senlis (Oise), se trouvait à Erfurt (Prusse). En se promenant aux environs de cette ville, et la terre étant couverte de neige, il fut étonné de voir de longs fossés, de 3 à 4 mèt. environ de long, présentant la plus brillante verdure ; ces fossés étaient une immense culture de cresson de fontaine.Il apprit que cette culture était élablie depuis plusieurs années sur dessources d’eau de LÉnte hole fonds appartenait à la ville d’Erfurt qui le louait alors plus de 60,000 francs. M. Cardon sentit dès-lors de quelle importance serait, aux environs de Paris, l'introduction d’une telle branche d'industrie horticole; c’est ce qu’il a réalisé dans la vallée de la Nonette, à Saint-Léonard, sur 12 arpens où existent des sources jaillissantes. Il fit venir 2 chefs ouvriers d'Erfurt pour diriger ses travaux; mais ces étrangers le quittèrent bientôt pour établir d’autres cressonnières rivales de Îa sienne. C’est en 1811 que M. Cardon se livra aux travaux préparatoires pour l’établissement de sa cressonnière : il sépara son terrain par une longue et large digue, afin d'éviter le mélange des eaux sauvages que les grandes crues auraient pu amener dans sa Cressonnière. Il divisa ensuite son terrain en fossés de 12 pieds de largeur sur 250 de longueur, puis il dirigea les eaux de ses sources dans ces fossés, qui offraient une surface de plus de 2,000 pieds carrés; mais ses sources, quelque abondantes qu'elles soient, ne pouvant suffire à alimenter tant de canaux, et

perdant en hiver, dans un aussi grand parcours, la chaleur nécessaire à la belle végétation du cresson, M. Cardon fut obligé de réduire ses fossés de plus de moitié. AuJourd’hui son établissement se compose de 3 cressonnières, offrant ensemble une superficie de 92,000 pieds carrés.

La culture du cresson exige beaucoup de soins el d'attention, surtout en hiver, où une forte gelée peut détruire toute une cressonnière trop éloignée des sources d’eau vive pour qu’elles puissent y maintenir une douce température. Le terrain est divisé en grands fossés parallèles, séparés par des platesbandes élevées, destinées à divers genres d’horticulture maraichère. Le fond des fossés est recouvert de terre végétale sableuse, bien nivelée. Le cresson est planté par œilletous ou petites touffes, en quincontce, à 8 ou 10 pouces de distance, en mars et août. Il est essentiei de prendre du plant très-propre et d'éviter surtout la Lenticulaou Lemna, plante très-préjudiciable au cresson qui est en plein rapport dès la 1" ou la 2° année, suivant la nature du fond, la température des eaux et l’état de l’atmosphère. Des sarclages de loin en loin sont utiles; après cela il faut prévenir les efiets des gelées pendant les hivers rigoureux el éviter les eaux sauvages, bourbeuses dans les dégels et les orages.Les grandes chaleurs sont aussi nuisibles. La coupe se fait au moyen d’une planche mise en travers sur le fossé. Le cressonnier, couché sur cette planche,en soulevant les touffes, coupe le cresson avec une serpette. Si la saison est favorable, on coupe en été de 3 en 3 semaines; mais si la saison est froide, il faut quelquefois jusqu’à deux mois. Après la coupe, il faut refouler et rempiéter le cresson dans toute l'étendue de la planche. On se sert pour cela d’un instrument appelé schktel, qui est une planche de 4 à 5 pi. portant un long manche; avec cet instrument, 2 ouvriers marchent chacun sur les bords de la plate-bande, refoulent ensemble chaque pied de cresson et font rentrer les racines soulevées par la coupe, puis ils roulent toute l'étendue du fossé pour égaliser la cressonnière. On doit faire la coupe un peuavantla floraison.Une bonne cressonnière peut durer longtemps, mais il faut la renouveler aussitôt qu’elle dépérit; on arrache alors le cresson avec toutes ses racines ; on laboure le fond, on le ratisse, et on y apporte de la terre végétale, si besoin est ; on nivelle et on replante comme on l’a déjà fait. Si le fond du fossé est trop maigre, on le fume avec du terreau bien décomposé. Pour prévenir la gelée du cresson, on retient et on fait monter l’eau au-dessus; mais on doit se hâter de baisser les eaux aussitôt que le temps se radoucit. — Anciennement la vente du cresson, à Paris,se montait,en été, à 4 ou 500 fraucs par jour, et moitié en hiver; aujourd’hui la consommation journalière, tant pour les ménages que pour les pharmaciens et les hôpitaux, s'élève à 6,000 francs. On peut calculer que le commerce du cresson donne lieu aujourd’hui à un mouvement de 1,500,000 francs, pour une industrie créée par M. Cardon depuis 25 ans seulement.

V'e HeRICART DE THURY.

Fin ou JivRE DES CULTURES INDUSTRIELLES.

Ce) ivre

DE 4 Y/ NE aCSroisièeme,

INTRODUCTION

Sous la dénomination d'animaux domestiques, on comprend généralement tous les animaux dont l’homme a su dompter l’instinct et adoucir les mœurs sauvages, qu'il a contraints de vivre avec lui et d'attendre qu'il règle leurs penchans et leurs passions ou satisfasse à leurs besoins, et dont il a modifié les formes ou développé les qualités pour les appliquer plus utilement aux besoins de la société. j

Dans la classification générale du règne animal, les animaux domestiques appartiennent à 2 grandes classes, celle des mammifères et celle des oiseaux. 11 y a bien encore auelques animaux des autres classes, telles que ceiles des poissons, des crustacés, des insectes et des mollusques, qui peuvent vivre en domesticité et dont l’homme sait tirer des produits, mais nous ne nous en occuperons pas dans ce livre, soit parce qu'aux articles Etangs, Vers à sôte et Aberlles on est entré à l’égard des uns dans des détails suffisans, soit parce que l'éducation des autres est sans importance.

1° Les mammifères, Où animaux portant exclusivement des mamelles, réduits à l’état de domesticité, ont été rangés, dans cette classification, dans 4 ordres particuliers : ceux des carnassiers, des rongeurs, des pachydermes et des ruminans.

A. Les carnassiers domestiques sont le chien

et le chat.

B. Les rongeurs, le lapin et quelquefois le

lièvre.

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