‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 122 sur 467 · TISSU CARTILAGINEUX, OSSEUX ET VASCULAIRE · texte numérisé non relu

TISSU CARTILAGINEUX, OSSEUX ET VASCULAIRE

pendant quelque temps un os à l’action de l'acide hydrochlorique étendu d’eau, on ne tarde pas à s’apercevoir que presque toute la substance terreuse a disparu , et qu’il ne reste plus dans le véhicule acide qu'une substance analogue à du cartilage, ayant le volume et la forme de l'os soumis à l'expérience, maisayant perdu une partie de son poids. Cette partie organique que l’eau bouillante réduit complétement en gélatine peut étre divisée en lames et celles-ci en fibres.

En soumettantles os à l’action du feu nu, le résultat est tout différent ; car dans ce cas la partie organique est brûlée, et il ne reste plus après son entière combustion que la partie terreuse, conservant encore Ja forme et le volume des os moins une grande partie de leur poids. Cette substance ainsi obtenue est blanche, poreuse et très-légère.

Soumise à l'analyse chimique, on la trouve composée de phosphate de chaux et de magnésie, de carbonate de chaux, de silice, de fer et d’alumine.

Les résultats obtenus par l’action des acides et du feu prouvent donc de la manière la plus évidente que la fibre osseuse résulte de l'association de deux substances très-différentes, l’une cartilaginiforine contenante, et l’autre terreuse contenue, dont la proportion respective n’est point égale dans tous les os, et varie encore dans le même individu suivant l’âge, et une foule d’autres circonstances, soit hygides, soit morbides.

Les dénominations de substances compacte, spongieuse et réticulée, appliquées à certaines parties des os, n’indiquent que des modifications de texture de la fibre osseuse, et non des différences dans la composition intime de cette fibre.

SECTION vit. — 7ssu vasculaire.

Ce système se compose de l’ensemble d'une multitude de canaux ramifiés, que l’on nomme vaisseaux et qui sont préposés au transport des humeurs nutritives. Toutes les parties du corps, les productions cornées et épidermiques exceptées, en sont plus où moins abondamment pourvues. Ces canaux, que l'on distingue en artères, veines et lmpathiques, composent avec le cœur l'appareil circulatoire.

Le sang, fluide que charrient les artères et les veines, nommées à cause decela vaisseaux sanguins, et la liqueur appelée /ymphe, qui FRE rt le troisième ordre des canaux vascu-

aires, seront étudiés immediatement après les vaisseaux qui les transportent.

$ 1°". — Artères et veines.

1’ Des artères.—On donne le nom d’artéres aux vaisseaux quitransportent le sang des ventricules du cœur dans toutes les parties du corps. Elles composent deux systèmes dont la différence essentielle réside dans celle du liquide qui les parcourt; l'un estnommeé sys15me artériel pulmonaire, et l’autre système artérriel aortique. Le premier, qui a son origine au ventricule droit du cœur, transporte du sang norr etnon nutritif dans le poumon,oûce fluide est

usage. Si l'on vient. par exemple, à exposer 1! revivifié par l'acte de la respiration: le second,

qui prend naissance au ventricule gauche du même organe, est parcouru par du sargrouge, qui porte dans toutes les parties du corps les matériaux de nutrition et de sécrétion.

Dans ces deux systèmes les vaisseaux artériels forment une succession non interrompue de tubes, d’un calibre incessamment décroissant, dont l’ensemble peut être comparé à un arbre tenant au cœur par son tronc. Les derniers de ces canaux, nommés capillaires, à cause de leur ténuité, se continuent sans interruption avec les radicules veineuses dans la trame des organes, ainsi que le démontrent de la manière la plus évidente les observations microscopiques, qui nous font apercevoir sur les animaux vivans le fluide nourricier passant des premiers de ces vaisseaux dans ceux du second ordre.

Trois tuniques superposées, l’une externe celluleuse, une moyenne constituée par l’élément fibreux jaune, enfin, une interne analogue aux membranes séreuses, composent les parois de ces vaisseaux, dont la fonction est de conduire et d’étaler le sang, molécule à molécule, dans toutes les parties du corps en Jui imprimant par leur élasticité une partie du mouvement saccadé dont il est animé et qui constitue le pouts.

A mesure que les animaux avancent en âge, les parois des artères acquièrent une rigidité

ui, en diminuant l’activité de la circulation

ans ces vaisseaux nourriciers, doit être considérée comme une des principales causes de ce changement organique connu sous le nom d’atrophie senile.

2° Desveines.— Plus nombreuses,beaucoup moins élastiques, et d’une capacité plus grande que les artères qu’elles accompagnent ordiuairersent et avec lesquelles elles se continuent , les verres sont les vaisseaux qui rapportent le sang de toutes les parties du corps au cœur. Ainsi que les artères, les veines forment deux systèmes. L'un est le système pulmonaire, l'autre est celui des veines caves.

Le système veineux pulmonaire prend naissance à l’extrémilé du système artériel du même nom, et conduit le sang revivifié dans le poumon par l'acte de la respiration, dans l'oreillette gauche du cœur.

Lesystème des veines caves, qui, dans l’ordre de la circulation, correspond au système artériel aortique, à l'extrémité duquel il prend naissance, vient aboutir par deux troncs principaux à l'oreillette droite du cœur, dans laquelle 1l verse un sang noir, résidu de la nutrition et des sécrétions qui se sont opérées au sein des organes.

Les veines sont, comme les artères, composées de trois tuniques superposées : l’externe est celluleuse, la moyenneoffre dans quelquesuns de ces vaisseaux les caracteres des membranes fibreuses, tandis que dans d'autres, dont la situation est superficielle, la tunique moyenne a quelque analogie avec les parties charnues de la vie organique. La membrane interne des veines, mince comme celle des artères. se replie à l'intérieur de ces vaisseaux pour former des espèces de soupapes, dont le jeu favorise le cours du sang.

Un grand développement dans toutes les parties qui composent le système artériel

ANIMAUX DOMESTIQUES : ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DES ANIMAUX. iv. rt

aortique, et dans l'organe essentiel de la respiration, tel qu’on l’observe dans le cheval, est toujours le cachet d’un tempérament sanguin et d’une constitution très- énergique.

Un grand développement dans le système veineux, ainsi qu’on le remarque dans les animaux de l’espèce bovine, est bien aussi l’indice d’un tempérament sanguin, mais avec beaucoup moins d'énergie.

3° Du sang. — Le sang est un fluide rouge d’un toucher visqueux , d'une saveur salée, d’une température égale à celle du corps, et d’une pesanteur spécifique un peu supérieure à celle de l’eau; il est contenu dans le cœur et dans les vaisseaux connus sous le nom d’artères et de veines.

Examiné au microscope dans les canaux où il se meut, le sang apparait formé d’un fluide séreux dans lequel roulent des globules composés eux-mêmes d’une partie centrale blanchâtre, fibrineuse et d'uneenveloppe rougeâtre à laquelle ce fluide parait devoir sa couleur.

Sorti des vaisseaux, le sang perd peu à peu sa chaleur, se coagule et se divise bientôt en deux parties, dont la proportion respective varie suivant uné foule de circonstances :

l’une, solide, est le caillot, et l’autre fluide, est le sérum. Si l’on agite le sang à mesure qu'il sort des vaisseaux, on empêche jusqu’à un certain point la séparation de ces deux parties composantes.

Le carëllot est formé de /tbrine, substance animale, globuleuse, blanchätre, filamenteuse, très-élastique, et d’une matière colorante rouge. Pour séparer ces deux principes l’un de l’autre, il suffit de laver le caillot sous un petit filet d’eau en le malaxant dans la main. La matière colorante qui reste en dissolution dans l’eau paraît être un composé quartenaire, dans lequel il entre du fer à l’état d'oxyde.

La partie fluide du sang où le serum est composée d’eau, d’albumine,de soude et de sels de soude. Le sang n’a ni les mêmes propriétés physiques ni lesmêmes propriétés vitales dans les deux divisions de l’appareil vasculaire sanguin. Le sang artériel est d’un rouge vif et plus chaud que le sang veineux, qui a une couleur brunäâtre; le premier apporte dans les organes les matériaux de nutrition et de sécrétion, le second en charrie le résidu, avec de nouveaux matériaux réparateurs, parmi lesquels se trouve en première ligne le chyle.

La quantité de sang varie non-seulement dans les animaux d'espèces différentes, mais encore dans les individus d’une même espèce, suivant leur stature, leur constitution, leur état d’embonpoint, etc. Le tableau ci-joint, que nous extrayons de l’anatomie vétérinaire, donnera un aperçu de la moyenne en quantité du sang dans les différens animaux domes tiques.

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