‹ Maison rustique du XIXe siècle ... Rédigé et professé par une réunion d'agronomes et de praticiens appartenant aux sociétés agricoles de France sous la direction du Dr. Alexandre Bixio (volume 2)Chapitre 139 sur 467 · CHAPITRE II.— DE LA CONFORMATION EXTÉRIEURE DES ANIMAUX DOMESTIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE II.— DE LA CONFORMATION EXTÉRIEURE DES ANIMAUX DOMESTIQUES

INTRODUCTION

Le mot extérieur est l'expression consacrée ‘en vétérinaire, pour désigner l’étude de la vonformation extérieure du corps des animaux domestiques envisagés seulement sous Je rapport des services qu'ils peuvent rendre. — Le but de cette étude est la solution de cet important problème : Étant donnée La conformation extérieure d'un animal, déterminer le service auquel il peut être employé de préférence , et évaluer La somme et la durée des effets que sa machine est capable de produre.

Pour arriver à cet important résultat, pour trouver en quelque sorte la formule qui renferme la solution du problème, il suffit de savoir apprécier la valeur des signes extérieurs qui témoignent d'une manière plus où moins saillante, mais Loujours vraie. de la bonne ou mauvaise conformation interne, et ne sont pour ainsi dire que l’expression ou la traduction des effets qu’on doit en attendre. La valeur d’un animal se trouve donc écrite et toute formulée à la superficie de son corps ; elle se manifeste à la sinple inspection, mais son estimation n’est pas à la portée de tout le monde ; « tous les veux, comme le dit Bour-

GELAT, nont pas également le droit de bien voir,» et l’on ne saurait arriver par la voie la plus courte et la plus rationnelle à l’intelligence parfaite de l'extérieur, si l’on ne possède des notions élémentaires tout à la fois sur l'anatomie et la mécanique. L'anatomie démontre en effet comment, dans la machine vivante, tous les rouages s'associent, s’agencent et jouent les uns sur les autres; la mécanique explique les lois d’après lesquelles ces rouages ont été combinés et associés entr eux; une fois que les principes élémentaires de ces deux sciences sont bien connus, il est plus facile alors de trouver les raisons des beautés qu’on recherche dans la conformation des animaux et de comprendre les explications qu'on en donne.

Ceux qui ne pénètrent pas au-delà de la peau, qui, pour parler comme BoURGELAT, «n’outr'epassent pas la superficie, » peuvent bien par une longue pratique arriver à juger d’une manière à peu près certaine des qualités d'un cheval, d’après son inspection extérieure, mais les jugements qu’ils portent n’ont d'autre base qu'une habitude routinière. Combien ne voiton pas de marchands et de maquignons qui pos sèdent au plus haut degré l'instinct de leur mélier, qui savent à première vue distinguer dan .

un cheval ses bonnes ou mauvaises qualités; qui, doués d’une véritable intuition, jugent, à Ja seule inspection de son Jacies, de tout ce qu'on peut en attendre. Qu'on leur demande cependant sur quelles bases ils appuient lenrs décisions, quels sont les motifs qui les guident pour préférer tel cheval à tel autre? Le plus souvent ils gardent le silence, ou S'ils répondent, on est choqué de la discordance qui existe entre l’absurdité de leurs explications et le discernement dont ils ont fait preuve.

C'est qu'ils n’ont d’autres guides, ces hommes,

ue les connaissances qui leur sont léguées de père en fils, ou celles que le long tâtonnement de l'expérience a pu leur faire acquérir, et ne sauraient alors fonder leurs jJugemens sur des règles établies et démontrées.

Bien différente est la marche que nous allons suivre. En indiquant les beautés qu’on doit rechercher dans la conformation extérieuré des acimaux, nous essalerons toujours de pénétrer dans les raisons de ces beautés et de baser nos -explications sur les connaissances que nous. fournissent l'anatomie et la mécanique. Je renvoie, pour la première de ces sciences, aux considérations qu'a rédigées dans cet ouvrage M. le professeur RiGor, au-

uel je dois la justice de dire que la plupart

es idée que je vis essayer de développer ont été puisées laps le cours d'extérieur qu'il professe à l’école d’Alfort. C’est aussi à son crayon que j'ai eu recours pour la représentation des planches qui ‘eront annexées au texte.

De tous les animaux domestiques, le c2eval est celui qui, sou le rapport de l'extérieur, a principalement fixé l'attention des hippiatres et des vétérinaires. Seul, en effet, 1l peut remplacer plusieurs d’entre eux dans les services auxquels l'homme fes a employés, et seul il est apte à certains travaux auxquels les autres sont tout à fait impropres. Une

ANIMAUX DOMESTIQUES : CONFORMATION EXTÉRIEURE

fois donc que l’on a trouvé par le raison- ?

nement et l'expérience quelle est la conformaiion que l'on doit rechercher dans un cheval pour tel ou tel service, la question se trouve résolue pour tous les autres animaux soumis aux mêmes labeurs. Quelques exemples vont me faire comprendre. Si le gros cheval de trait doit avoir une encoiure chargée de muscles, un large poitrail, une tête pesante, un corps massif et lourd, parce que lorsqu'il est attelé le poids de son corps s’ajoute à l'énergie de ses muscles pour comattre la résistance qu'il doit vaincre, ne recherchera-t-on pas une conformation analogue dans un bœuf soumis au tirage? De même si le cheval destiné à porter le bât dcit avoir l'épine dorsale voûtée en contre-haut, la même structure ne sera-t-elle pas désirable dans le mulet et l’âne destinés au même service ? Nous aurons donc priücipalement en vue,dans cette étude, la conformation extérieure du cheval, et nous renvoyons pour celle des autres animaux à la partie de cet ouvrage qui traitera de leur éducation et de leur perfectionnement. PIE.

Avant de commencer l'étude proprement dite de l'extérieur, il est nécessaire d'exposer en peu de mots ce que l’on peut appeler la g'ossologie de cette partie de la vétérinaire. On donne le nom de beauté à ia réunion de toutes les conditions extérieures d’où dépen-

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